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Ce sont les portiers turcs, chargés, moyennant finance, d'ouvrir et de fermer les portes, et de faire la surveil'ance dans toute l'étendue de l'édifice : Voilà où nous en sommes ; la première église du monde; le sanctuaire le plus vénérable,-est entre les mains des mécréants, au bon vouloir de qui les pays catholiques du monde entier sont obligés de se soumettre ; comme dit un guteur, il faut payer Mahomet, peur adorer Jésus-Christ, Hélas !
Détournons nos regards de ces figures repoussantes, et montons de suite au Calvaire, situé au sud-est de la basilique,
L'escalier qui nous y conduit, composé de dix-huit marches, est à droite en entrant, On arrive alors à une plateforme d'environ 45 pieds carrés, reposant en partie sur le roc même de la montagne, en partie sur des voütes artificielles et des piliers disposés pour cette fin.
Deux chapelles, séparées ‘Par une simple ligne de convention, partagent le Calvaire en deux parties à peu près égales. La partie sud appartient aux catholiques et contient deux autels ; l'un est érigé à l'endroit où Jésus fut
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étendu et cloué sur la croix, l’autre marque la place où se tenait la Sainte Vierge Marie, lorsque le Sauveur, descendu de la croix, fut remis entre ses mains.
En dehors de ces deux autels, il y a encore, sur le pavé même du Calvaire, dans le côté réservé aux catholiques, l'endroit, marqué par une rosace, où Jésus fut dépouillé de ses vêtements.
Une fenêtre grillée, au Sud de cette première chapelle, permet de voir dans un petit oratoire, situé au niveau du Calvaire, mais en dehors de la basilique ; il porte le nom de Notre-Dame des sept douleurs, parce que là, dit-on, se trouvait la Sainte Vierge avec saint Jean, pendant que les bourreaux enfonçaient les clous dans les mains et les pieds de Jésus. A cet oratoire, qui est la propriété des catholiques, on arrive par un escalier appuyé sur la
façade, à l'extérieur de l’église,
Dans la chapelle accordée aux grecs, est le lieu précis de la mort du Sauveur, surmonté d’un autel soutenu par quatre colonneites,
espacées, et qui laissent voir l'ouverture prati-
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quée dans le roc, pour recevoir la croix de Notre Seigneur, C'est là que Jésus fut élevé, qu'il parla à sa mère, à saint Jean, au bon larron, à son Père céleste, et même à ses bourreaux ; qu'il fut abreuvé de fiel, là qu'il prononça le consummatum est, là qu'ayant poussé un grand cri, il expira....., que la lance du soldat ouvrit son côté, dont il jaillit du sang et de l'eau...
Malheureusement le morceau de pierre qui renfermait la cavité, fut coupé et enlevé par les Grecs, après l'incendie de 1808, et chargé sur un bâtiment qui devait le transporter à Constantinople ; le vaisseau fit naufrage, et la pierre fut engloutie à jamais.
A la mort de Jésus, nous dit l'Evangile, le voile du temple se déchira du haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres furent ouverts... Or, à côté même de l'autel grec, qui recouvre la plac: du crucifiement, On peut admirer la fissure miraculeuse produite dans le rocher, au moment solennel où le Rédempteur rendait le dernier soupir.
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la plus violente, cette fente, contrairement à ce qui arrive selon les lois ordinaires, ne suit pas les veines de la pierre, mais les traverse perpendiculairement, jusqu'à une profondeur considérable, dans les entrailles mêmes de la terre, Au-dessous du Calvaire, à l'endroit qui prite le nom de chambre d'Adam, on peut en suivre encore les capricieux détours, et voici, à ce sujet, ce que nous apprend une tradition touchante, admise par plusieurs Pères de l'Eglise : Melchisédech, ayant reçu comme un précieux héritage, le chef d'Adam, l'apporta avec lui, lorsqu'après le déluge il vint fonder la ville de Salem, et le déposa dans une excavation naturelle, sous la montagne qui s'appela ensuite Cranion, ou Calvaire; et, lorsqu'à la mort de Jésus, les éléments bouleversés reconnurent, par leur trouble, la présence et la majesté de leur Créateur, qu'il se fit un affreux tremblement de terre, et que le rocher se fendit tout à côté de la croix qui portait le Sauveur, le crâne d'Adam fut mis à découvert, et le sang du Juste, offert pour le rachât du monde, çoula sur la tête du premier homme coupable,
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dont le péché avait causé la perte du genre humain tout entier,
Les voûtes souterraines du Calvaire renferment les tombeaux, plusieurs fois profanés, des deux premiers rois latins, Godefroy et Beau:
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Au pied du Calvaire, en face, mais à quelque distance de la grande porte, est un bloc de Pierre rouge, couché par terre, mesurant huit pieds de long sur quatre de large, et orné à chaque angle d'un pommeau doré, Ce marbre remplace une ancienne mosaïque, que la piété
de sainte Hélène y avait d'abord placée, et couvre l'endroit où le corps de Notre Seigneur, après la descente de la croix, fut placé, pour être embaumé par les soins de Nicodème et de Joseph d’Arimathie : pendant cette opération préliminaire à la sépulture du Sauveur, les saintes femmes se tenaient à quelques pas,
en un lieu que marque une petite colonne entourée d’un grillage,
Si maintenant, nous tournons le Calvaire Pour nous diriger à l'Est, nous arrivons à un
escalier de 26 marches, par lequel nous des-
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cendons dans une église souterraine, appartenant aux Abyssiniens, et connue.sous le nom de sainte Hélène, parce qu’elle conserve le souvenir des travaux et des prières de la pieuse reine, cherchant les instruments du supplice de son Dieu, et assistant de là aux fouilles qu'elle faisait faire, au pied du Calvaire. À l’extrémité Sud-Est de cette église, qui, comme on le voit, appartient encore et d’une manière exclusive aux schismatiques, nous trouvons un nouvel escalier de treize degrés, qui mène au fond de la citerne où furent trouvées les croix ; c’est maintenant une chapelle, sous le titulaire de l'Invention de la Sainte Croix, et dans laquelle les catholiques seuls ont le droit de célébrer. Elle est située à 75 pieds à l'Est du Calvaire.
Voilà les deux sanctuaires principaux qui se trouvent au:Sud, et au Sud-Est dans la basilique.
Remontant de la citerne, et de l’église de sainte Hélène, longeant le chœur des grecs qui forme presqu’à lui seul la partie Nord-Est de l'édifice, nous arrivons à l'extrémité Nord-Ouest
et nous entrons dans l'église, dite de l’'Appari-
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“tion de Notre Seigneur à la très sainte Vierge.
Elle appartient aux latins, et s'élève sur lemplacement de la maison de campagne, que Joseph d’Arimathie mit à la disposition de Marie, pour le temps que Jésus devait rester dans le tombeau, Selon la tradition, Notre Seigneur sortant du sépulcre, honora sa Mère de sa première visite en ce même lieu. Le maître autel, de marbre et dédié à la Vierge, pérpétue la mémoire de la divine Apparition, dont il indique précisément l'endroit,
Il y a de plus, deux autres autels ; l’un du côté de l’évangile, conserva longtemps un morceau considérable de la Vraie Croix, que les arméniens schismatiques dérobèrent, pendant l'incarcération des franciscains, en ‘1557, pour l'envoyer dans leur pays. A l’autre se trouve encore aujourd’hui, une nartie de la colonne de porphyre à laquelle Notre Seigneur était : lié, pendant que, sur l'ordre de Pilate, on le battait de verges, au prétoire, Cette précieuse relique est protégée par deux grilles de fer, qu’on n'ouvre que le mercredi saint, pour permettre au peuple de Ïa voir de plus près, et de la baiser.
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A côté de la chapelle de l’'Apparition, est la ; sacristie des Franciscains, dans laquelle on pie garde les éperons aux larges molettes, et la édi
| vaillante épée de Godefroy de Bouillon. On larg
| | | se servait autrefois de ces objets, pour la récep- zail | L tion des chevaliers du Saint Sépulcre. 1 | | Adossés à la chapelle et à la sacristie fran- calc | , | ciscaines, sont les chambres formant le cloître mai | ou le monastère des religieux qui y sont en- I | | | fermés pour desservir les sanctuaires, et dans plus | Lo lequel sont reçus les prêtres pèlerins. faça | 1h La coupole qui surmonte ie Saint Sépulcre l'Ou A et couvre, pour ainsi dire, une quatrième église | un € Ni à { + dans l'immense basilique, se trouve immédiate- aux LE | ment au sud de la chapelle de l’Apparition que dan, 14 | nous venons de visiter; par rapport au reste côté
A A du temple, le tombeau de Notre Seigneur se deu: | IS trouve donc au Sud-Ouest ; la rotonde qui le L | | renferme a cinquante pieds de diamètre, et est cout
1 | | formée de dix-huit colonnes soutenant deux l'An, | |. | fi | à rangées de galeries, et un dôme qui, réparé gneu [or LR | insuffisamment par les Grecs, dut être recons- tion | | | truit en 1863, aux frais communs de la France, Le F de la Russie, et de la Turquie, pierr
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Au centre même de cette rotonde, à 90 pieds du Calvaire, est le Saint Sépulcre, petit édifice rectangulaire, long de vingt-cinq pieds, large de quinze, et mesurant aussi une quinzainc de pieds de hauteur.
À l'extérieur, à part seize pilastres de pierre calcaire, il est décoré grossièrement et avec mauvais goût, par des ouvrages en maçonnerie,
La façade contient quatre colonnes torses, plusieurs bas-reliefs et tableaux; entre cette façade et le chœur des grecs, qui s'étend de l'Ouest à l'Est, jusqu'au pied du Calvaire, est un endroit, libre ordinairement, mais qui sert aux ministres sacrés, lorsque les latins officient dans la chapelle du Saint Sépulcre ; de chaque côté de la porte d'entrée de l’édicule, se voient deux bancs en pierre placés en guise de stalles,
L'intérieur est partagé en deux chambres, doit la première porte le nom de chapelle de
l'Ange, parce que c'est là que l’ange du Sei-
gneur annonça aux saintes femmes la résurrection du Sauveur,
Le centre est occupé par une portion de la pierre qui fermait l'entrée du Saint Sépuicre,
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et sur laquelle le messager céleste était assis quand Marie-Magdelèine et ses compagnes vinrent avec des parfums, pour embaumer Île corps de Jésus. Cette pierre est encadrée dans du marbre blanc. L'autre fragment de cette pierre se trouve dans l’église arménienne, élevée sur l'emplacement de la maïson de Caïphe. Cette première chambre remplace l’ancien vestibule, que Joseph d’Arimathie avait fait pratiquer dans lé roc, et qui ne faisait qu'un avec le tombeau lui-même; ce vestibule fut démoli par sainte Hélène, qui; pour plus de facilité dans la construction et lornementation de la basilique demandée par Constantin,-avait
: fait creuser et niveler le sol, entre le pied du
Calvaire, et le caveau sépulcral. Plus tard, on éleva un vestibule en marbre pour remplacer celui que l’'impératrice avait fait disparaître. De cette première chambre, on pénètre dans la dernière partie par une baïe cintrée, basse, étroite, et percée dans le roc vif; on se trouve alors dans le tombeau proprement dit; c'est une excavation de six pieds de haut sûr autant de large, et surmontée d’une lourde coupole,
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Cette chapelle est revêtue de marbre blanc cachant le rocher, qui forme réellement les parois, de telle sorte que, si on enlevait les plaques qui le recouvrent, on apercevrait le roc dans lequel fut creusé le sépulcre neuf, qui servit à la sépulture de Notre Seigneur. Quarantetrois lampes, entretenues par les diverses communions, y brûlent constamment ; en outre, les pèlerins viennent sans cesse déposer des cierges allumés, sur le Tombeau.
I n'y a guère, à l’intérieur de cette chapelle, d'autre ornement qu'un bas-relief en marbre blanc, appartenant aux grecs, et deux tableaux, dont l'un est la propriété des arméniens, et
l'autre y fut placé par les soins des Pères fran-
ciscains.
À droite en entrant est la tombe sacrée, sorte de banc creux, travaillé en forme d’auge, à même le rocher, et surmonté ‘’--ne arcade pareillement taillée dans la pierre vive; il est tout entouré de marbre, et au-dessus, se trouve placée une corniche, qui sert à porter la pierre d’autel, que les catholiques y déposent pour dire la messe, afin de ne pas célébrer sur le même autel que les schismatiques.
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C'est ‘dans ce banc creux, recouvert tout uniment d'un morceau de marbre, que le corps divin de Jésus-Christ fut déposé.
Le saint tombeau de Notre Seigneur fut ouvert en 1555, et le P. Boniface de Raguse, qui était présent, et même dirigeait l'opération, raconte qu'on trouva dans l’intérieur, des traces du sang du Sauveur, mêlé à l’onguent qui avait servi à l’embaumer ; et aussi, un morceau du bois de la Vraie Croix, enveloppé d’un linge
précieux, dont le tissu se pulvérisa aussitôt, à
l’action de l'air, ne laissant que quelques fils d’or entre les mains de celui qui le tenait, Le bois portait encore quelques vestiges illisibles d’une inscription, et en tête du parchemin qui fut trouvè en même temps, on put déchiffrer ces mots, Æelena Mas.
Voilà donc le sépulcre, que Joseph d’Arimathie avait fait construire pour lui et sa famille, et que, dans sa piété, il céda pour la sépulture de Jésus ; voilà où Notre Seigneur fut déposé, et
d'où, au troisième jour, pendant le sommeil
des gardes, il ressuscita par sa propre puissance,
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ert tout le corps neur fut Raguse, ération, es traces qui avait ceau du in linge ssitôt, à ques fils ait, Le illisibles Inin qui échiffrer
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Ce sépulcre glorieux, visité et honoré par les premiers fidèles, et depuis, à tous les siècles, but de tant de pieux pèlerinages, objet de tant de controverses, et de profanations, ce sépulcre qui fut la cause première des croisades, et qui, aujourd’hui encore, devrait être le véritable nœud de la question orientale, le voilà pauvre, mesquinement orné, et disputé par de pauvres religieux laissés presque à leurs propres forces, à l'ambition d’un schisme, soutenu, au moins d'une manière détournée, par de formidables puissances hétérodoxes,
Après avoir parcouru en tous sens la vaste basilique, et avoir prié à chacune des innombrables chapelles qu'elle renferme, nous nous étions retirés dans nos cellules pour prendre un peu de repos. Soudain, nous fûmes réveillés en sursaut par le bruit des cymbales, qui appelaient les arméniens à l'office, au Saint-Sépulcre ; les grecs vinrent bientôt après, et enfin notre tour arriva ; Monseigneur de Goesbriand dit la première messe, que j'eus le bonheur de servir ; je lui succédai, et Monsieur X, faisant appel à sa plus belle voix, chanta la grand'messe au lever de l'aurore, :
MN L | | | NE ul Bi | À: