‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 36 sur 89 · JI L · texte numérisé non relu

JI L

saint

LE TOMBEAU DE LA SAINTE VIERGE, saint dent:

Nous sortons par la porte saint Etienne; au Gabr nord de la grande esplanade du temple, Le nonc nom de cette porte lui fut donné parce que le lui re premier martyr fut lapidé dans le voisinage. triom De cette porte, nous desceridons au Cédron, Uf qu'un pont de pierre nous fait traverser, et endré nous sommes presqu'aussitôt sur le parvis de appai la basilique de l'Assomiption, autrement appelée Ma tombeau de la sainte Vierge. fe l':

Vingt-cinq ans s'étaient écoulés depuis l’as- aucüt cension de Jésus ; sa Bienheureuse Mère; qui âme ; avait passé la majeure partie de ce temps au taine milieu de l’Eglise naissante, à Jérusalem, était: soupi arrivée à un âge avancé, et malgré le poids de EI ses années, elle conservait la santé la plus flo- mont rissante et la plénitude de ses forces. Un La mort de Marie n'eut aucun caractère de marqt

violence, et Dieu dénoua doucement les liens

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La tradition, consignée dans les écrits des saints Pères, nous apprend qu'un jour, la très sainte Vierge se trouvait sur le penchant occidental du mont des Oliviers, lorsque l’archange Gabriel; ce messager de bonheur, vint lui annoncer s4 prochaine entrée dans le ciel, et lui remettre une palme comme signe de son triomphe,

Un petit otatoire fut bâti plus tard au même endroit, pour perpétuer la mémoire de cette appätition,

Marie n'avait point À rédouter la mort : rien ne l’attachait à la terre, aucune incertitude, aucune crainte de l'avenir ne tourmentait son âme ; tout l'appelait au ciel, et elle était certaine d'y arriver aussitôt après son dernier soupir.

Elle renträ donc dans sa demeure, sur le mont Sion, près du cénacle,

Un pan de mur, comte nous l’ivons vu, marque encore le lieu occupé jadis par la Maison dâtis laquelle habitait la très sainte

Vierge, en compagnie de quelques saintes femmes et de saint Jean, son fils adoptif, qui célébrait chaque jour les saints mystères, et donnait à Marie la communion eucharistique,

Marie fit elle-même les préparatifs de ses funérailles, et recommanda au disciple chéri de donner, après sa ‘mort, ses deux tuniques à deux vierges pauvres qui l'avaient servie.

C'était là tout son testament, et toute sa fortune,

Le délai annoncé par l'ange allait bientôt expirer ; les apôtres ét les disciples, résidant * Jérusalem, s'étaient acheminés vers lé mont Sion, l'âme navrée de tristesse,

L'heure était venue, où la femme bénie par excellence allait déserter ce monde. Les apôtres allument des flambeaux, Sur l’ordre de Dieu:

les anges descendent dés hauteurs du ciel, et sont salués par Marie, Jésus lui-même apparaît aux regards de sa mère, environné de la gloire qui n'appartient qu'à lui. Ayant béni l'assistance, Marie ramène ses mains jointes Sur sa poitrine, et prend le maintien qu'elle veut avoir au tombeau; puis se laissant aller

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Cet événement eut lieu dans la nuit du 14

au 15 août, l’année 52 de notre ère, alors que Marie avait atteint l’âge de soixante-douze ans.

Un spectacle touchant se manifesta autour du corps de Marie; les apôtres et tous les membres de la chrétienté se sentant déjà sous l'influence bienfaisante de la Consolatrice des afigés, firent entendre, non de tristes plaintes, mais des chants de réjouissance et d’actions de grâce, et la nuit tout entière se passa à rendre gloire à Dieu et hommage à sa divine Mère,

Dès que l'aurore commença à colorer lorient, les apôtres se disposèrent à conduirent, avec toute la solennité possible, le corps de Marie au lieu préparé pour la sépulture.

C'était l'usage chez les Juifs, de se faire ensevelir auprès de ses parents et de ses ancêtres, et le tombeau de la famille de Marie se trouvait dans la vallée de Josaphat.

Une procession se forma, composée de tous

les membres présents de l'Eglise naissante.

Elle laissa le mont Sion pour:travesser la ville, et se diriger vers le pied.dumont des Oliviers : déjà l'on avait franchi les murs, ‘et l'on .descendait tranquillement au jardin de Gethsémani, lorsque un-groupe de Juifs se prégipita soudain au-devant du cortège pour l'arrêter dans sa marche.

L'un de ces misérables, encouragé et enhardi Par ses Coreligionnaires, plus furieux qu'aucun d'eux, se rue sur le convoi dansile but de renverser le cadavre et de le profaner. Déjà il a saisi la bière, mais au même instert ses mains, détachées de ses poignets, adhèrent au cercueil, tandis que tous ses Campagnons sont frappés de cécité,

Les chrétiens se mettent alors. en prière, ils demandent la santé du .Corps .et de l’âme de ces malheureux, qui se relèvent guéris et.convertis, et grossissent de leur nombre les rangs de la procession funèbre,

Bientôt après, on atteignait:leilieu de la sépulture, situé tout près de la grotte deil’agonie de Jésus, et le corps virginal de Marie était

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déposé dans un sépulcre neuf, lequel, taillé dans le roc vif, offrait une analogie parfaite avec celui du Sauveur, au Golgotha,

Toute l'assistance accomplit fidèlement :les rites usités dans les cérémonies des funérailles, et, durant trois jours, les apôtres veillèrent au tombeau, psalmodiant les chants les plus propres à exprimer leurs sentiments.

Le sépulcre ne devait pas rester longtemps en possession d’un trésor aussi précieux, et que le ciel réclamait,

L'auguste Vierge le quitta bientôt en effet pour s'élever, rayonnante d'un éclat incomparable, au-dessus de a vallée de Josaphat, accompagnée des anges, des patriarches, de tous les justes, et environnée d’un cortège d’âmes, que ses prières avaient déjà fait sortir de la prison ténébreuse, où les avait enfermées la divine Justice.

Jésus vint à sa rencontre, pour introduire luismême ce chaste corps, dans sa demeure éternelle, et mettre désormais toute la personne de Marie en possession du trône préparé ‘pour elle, à la droite de son divin, Fils,

Depuis la sépulture, les apôtres ne s'étaient pas éloignés du tombeau de la Vierge, et pendant tout ce temps, leurs oreilles avaient été réjouies par des chants mélodieux-qui venaient d'en haut.

Or Thomas, l'un des douze, le fameux incrédule, n'était pas avec eux au moment des funé- -ailles ; au bout des trois jours, il descendait le mont des Oliviers pour aller rejoindre ses frères, lorsque tout à coup, il vit monter dans les airs la Mère de Jésus ; Marie laissa tomber sa ceinture que l'apôtre ramassa, et que l'on conserve aujourd’hui à Prato, en Toscane.

Saint Thomas arriva ensuite en toute hâte au tombeau, et supplia les apôtres de lui laisser contempler une dernière fois les traité de sa sainte Mère,

On fit rouler de côté la pierre qui fermait l'entrée du sépulcre..…. le Corps ne s’y trouvait plus ; Il ne restait que le linceul soigneusement plié. Un parfum des plus suaves remplissait toute la chambre sépulcrale ; les apôtres se prosternèrent, rendirent grâce à Dieu, et hommage à Marie pour sa glorieuse résurrec-

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tion, baisèrent avec respect la sainte relique et refermèrent la tombe,

Toute l'Eglise apprit bientôt le prodige, dont la connaissance se transmit aux générations suivantes,

Au cinquième siècle, l'impératrice Pulchérie, croyant que le saint corps de Marie reposait encore en son tombeau de Gethsémani, bien que l'église qui y était déjà construite, portât le nom d'église de l'Assomption, écrivit à Juvénal, alors évêque de Jérusalem, pour le prier de lui envoyer des reliques de la très sainte Vierge.

L'évêque, pour instruire l'impératrice et en

| même temps satisfaire sa dévotion, ouvrit le | tombeau, sachant bien d'avance qu'il le trouve- | rait vide ; il n'y avait en effet que le linceul, | laissé par les apôtres ; Juvénal en envoya une partie à Pulchérie, en lui reprochant son igno-

rance au sujet de l’assomption de Marie.

L'impératrice fit construire à Constantinople l'église des Blaquernes, pour y déposer les

| objets qu'elle avait reçus.

D'après la tradition, ce sanctuaire qui ren-

ferme le tombeau vide de la très sainte Vierge, recouvrirait aussi les sépulcres de sainte Anne, saint Joachim, saint Joseph et du saint vieillard Siméon.

L'édicule, destiné à Ia sépulture de Marie, | avait été taillé dans le rocher, et isolé tout autour ; l’intérieur renfermait deux chambres dont la dernière était plus spécialement appelée le tombeau,

On croit que la première basilique fut édifiée par Constantin à la demande de sainte Hélène, Sa pieuse mère, Pulchérie parle de cette église au cinquième siècle, et saint Antonin la mentionne en 600.

Elle fut ravagée par Chosroès II en 614, et visitée en 636 par Omar, qui y fit deux fois ! Sa prière de musulman,

Au commencement du douzième siècle, Godefroy de Bouillon la restaura, et lui adjoignit un couvent de bénédictins.

Il y avait alors deux églises Superposées :

mais les croisés furent chassés, le couvent et l'église supérieure détruits ; la vénération que les sectateurs de Mahomet ont pour la Mère

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de Jésus préserva seule, d’une ruine totale, l’église souterraine et le tombeau lui-même,

Les musulmans eurent longtemps les clefs de ce sanctuaire, qui était pour eux une source de revenus.

Les catholiques étaient rentrés dans la jouissance de leurs droits lorsque, au dix-septième siècle, les schismatiques accusèrent les franciscains d’avoir vendu au pape, le corps de la

sainte Vierge: ces religieux furent dépos- .sédés, puis réintégrés en 1666.

Depuis 1759, les catholiques sont exclus tout à fait d’un sanctuaire auquel seuls ils ont droit, et dans lequel, eux exceptés, tous, et les musulmans eux-mêmes, peuvent aller en paix faire leurs prières et accomplir leurs cérémonies,

L'église est encore, sauf les réparations, celle qui a été construite par sainte Hélène,

On y pénètre par une porte ogivale, qui donne immédiatement sur un escalier de quarante-huit marches, s'enfonçant dans le'sol,

C'est le long de cet escalier que se trouvent, d’un côté, les autels de saint Joachim et de sainte Anne, de l’autre, ceux de saint Joseph et du saint vieillard Siméon,

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La basilique a la forme d'une croix latine j elle est voûtée en berceau, et tout à fait obscure, ne recevant de lumière que par la porte du haut de l'escalier, et les fenêtres étant complètement disparues sous l'accumulation de la terre et des décombres de la vallée, qui ont exhaussé le sol autour de la basilique.

Aucune sculpture ne décore l'église, et pour tout ornement, il y a quelques pauvres lampes entretenues par les Schismatiques des divers rites,

Le tombeau de forme Carrée, et surmonté d'une petite coupole écrasée, est recouvert d'une vieille tapisserie qui le cache aux regards, L'intérieut de la chambre sépulcrale peut contenir quatre ou cinq personnes ; les parois sont voilées, et la voûte Supporte quelques lampes ;

le sépulcre, taillé en forme d’auge ou de banquette, s'élève au-dessus du pavement à environ

trois pieds ; le devant et le dessus sont revêtus de marbre blanc,

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