LA GROTTE DE L’AGONIE
En sortant du tombeau de la sainte Vierge, ayant fait quelques pas vers le nord, nous péné- | trons par une petite porte de fer, dans une cha- | pelle souterraine, que la nature a façonnée, et dans laquelle Notre Seigneur a bu jusqu'à la | lie, le calice d'amertumes. | |
Après la dernière cène sur le mont Sion, Notre Seigneur, ayant fait ses adieux à sa sainte Mère, se rendit avec ses apôtres jusqu’à l'entrée du jardin de bic à huit d’entre eux, il ordonna de rester à à l'écart, et | prenant avec lui Pierre, Jacques et Jean, les |
témoins privilégiés de sa glorieuse transfigura- , tion sur le Thabor, il voulut les faire assister au douloureux spectacle de sa cruelle agonie, au fond de cette vallée de Josaphat, si sombre je et si solitaire, Il se sépara même bientôt de H | ces trois disciples pour s'enfoncer dans le creux |
d’un rocher, et s’y soumettre À tous les tourments de l’âme,
Ce lieu qui existe en son état naturel porte le nom de GROTTE DE L'AGONIE,
Nous descendons six marches de pierre, et nous sommes dans une sorte de caverne, creusée sous le roc, de forme très irrégulière, et faible. ment éclairée par un peu de lumière qui vient d'une ouverture pratiquée dans la partie supérieure,
Sa longueur est de trente pieds, et dans sa plus grande largeur, elle mesure à peu près vingt-cinq pieds. ni
Au fond est l'autel principal, surmonté d'une peinture représentant l’agonie de Jésus ; on y lit l'inscription suivante :
Hic factus est sudor ejus sicut £ulle sanguiris, decurrentis ên terran. (Luc, XXII, 14.)
Cet autel couvre, à peu près, l'endroit précis où Notre Seigneur, prosterné la face contrg terre, fut pris de terreur, versa des sueurs de sang, pria son père d’éloigner le calice d'amertL.ne, se soumit à la volonté divine demandant sa Passion, reçut la visite de l'ange consola-
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Plusieurs lampes, entretenues par la piété des franciscains, y brûlent continuellement, et l'un des Pères vient, tous les jours, dire la sainte messe dans la grotte.
Nous-mêmes avons eu cet inappréciable bonheur d'offrir le sacrifice eucharistique en ce lieu, qui vit l’âme de Jésus accablée de tristesse et d'effroi, et où il accepta de devenir, par ses souffrances et”par la mort Ja plus ignominieuse, notre Sauveur à tous.
Cet endroit est un de ceux qui ont le mieux conservé leur forme et leur apparente primitives ; à part les trois autels et les objets indispensables pour la célébration quotidienne de la sainte messe, il n'y a que la pierre nue ct humide,
Le désir de l'orner n’est pas venu lui ravir ce qui fait son p'us grand prix, et aucune plaque de marque ne dérobe aux regards et n “éloigne des lèvres le roc encore tarh4 par le sang de Jésus,
Au- dessus de la grotte de l'agonie, qui a toujours été l'objet de la plus grande vénéra-
tion, il y avait dans les premiers siècles une
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église mentionnée par saint Jérôme, et dont malheureusement il ne reste rien, pas même quelques ruines,