ROUTE DE JÉRICHO
Aussitôt après le repas, nous partîmes aussi, en prenant le chemin qui allait nous conduire à Béthanie en quelques heures ; nous allions laisser la plaine presrue subitement, pour nous engager de nouveau dans les montagnes.
Sur la voie qui mène de Jérusalem à Jéricho, Notre Seigneur plaça la parabole du bon samaritain : “ Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains des voleurs qui, l'ayant dépouillé et couvert de plaies, s'en allèrent, le laissant à demi-mort. Or il arriva qu'un prêtre descendait par le même chemin ; et l'ayant vu, il passa outre. Pareillement un lévite, se trouvant près de là, le vit et passa aussi: Mais un samaritain qui était en voyage, vint près de lui, et le voyant, fut touché de compassion, Et s’approchant, il banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin; et le
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mettant sur sa monture, il le conduisit en ue hôtellerie, et prit soin de lui, Et le jour sui: vant, il tira deux deniers, et les donnant à l'hôte, dit : Ayez soin de lui, et tout ce que vous dépenserez de Plus, je vous le 1:ndrai à mon retour, Lequel de ces trois semble avoir été le prochain de celui qui tomba eritre les mains des voleurs ?” Et Je docteur à qui Fésus. s'adressait répondit : « Celui qui a été compatissant, ”
Ce passage de l'évangile de saint Luc semble indiquer que la route de Jéricho était, du du temps du Sauveut, malfamée, et connue pour les actes de brigandage. qui s'y commet. tient ; c'est encore la même chose aujourd’hui, et à peine avions-nous relu la parabole du bon samaritain, que Liévin, apercevant un monceau de pierres au milieu du chemin, demanda au bédouin ce que cela signifiait :
Car l'usage ancien de Marquer par des pierres entassées, le lieu d'un fait extraordinaire, est toujours en vigueur chez les peuples de l'Orient, et les bédouins, Surtout, ne manquent jamais de marquer ainsi les théâtres de leurs ex:
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ploits; notre soldat répondit : “ Ces jours derniers, un homme fut tué en cet endroit ;” ceci se passait de commentaires, et nous né demandâmes point si le malheureux, qui avait perdu la vie en ce désert, était un voyageur inoffensif se défendant contre d'impitoyables brigands, ou un malfaiteur, pris en flagrant délit de vol ou de meurtre.
À mesure que nous montions vers Béthanie, la température changeait rapidement, et à la douce chaleur d'un soleil d'été, succédait, au milieu d'humides brouillards, une fraîcheur et même un froid dont l'intensité augmentait graduellement. Une pluie glacée nous surprit en route, et nous n'avions que la ressource de nous presser un peu plus, pour abréger de quelques demi-heures, le temps où nous resterions exposés à l’in:lémence de l'air,
Il fallait cependant voir, en passant, le coyvent de Jean Chozewithe, bâti sur. le lieu du jeûne de saint Joachim, dont nous avons parlé plus haut, et la fontaine des Apôtres, où Notre Seigneur et ses disciples arrêtèrent plus d’une fois, en. allant de Jérusalem à Jéricho.