LA PLAINE DE SAARON
DE ROME A JÉRUSALEM 29 rçons. Deux trouvons en compagnie d'une quarantaine d'Es. ir les D'imes | pagnols, qui venaient de Jérusalem et attenutre par les | daient un vaisseau Pour retourner dans leur
pays, Les récits enthousiastes qu'ils nous firent * Simon le ! excitèrent encore l'ardeur de nos désirs, et nous iée musul. 0 décidâmes de partir aussitôt pour la Ville. b; et pour Sainte, prière en Le frère Liévin, Pour nous sauver du temps lants sou-
et de l'argent, se chargea de veiller au matériel,
iX maho- | Toutes nos valises furent enfermées dans de (1 ! que de grands sacs et placées en équilibre sur le dos de r le mal- l
quelques mulets ; d'excellents petits chevaux du faux i furent mis à notre disposition, et à deux heures, nous sortions de Jaffa pour chevaucher à travers la plaine de Saaron, dans la direction de Lydda.
Le vice-consul français, M. Chevalier, excellent chrétien et archéologue distingué, accompagnait,
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nous
Les jardins de Jaffa, que nous traversons d’abord, ont une réputation bien justifiée ; les 4 $ , F* , , Éduos fi fruits qu'on y récolte sont d’une saveur, d'une variété et d'une grosseur extraordinaires ; ils
font penser à ces grappes de raisins, rapportées T
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au Camp des Juifs par les envoyés du peuple de Dieu ;' les oranges surtout sont merveilleuses,
et forment la plus grande Partie du commerce
de Jaffa. Elles parfument l'air à une très grande distance autour de la ville,
Il y a aussi’ des bananes, des pêches, des abricots, des dattes, des prunes, Ces jardins, assez incultes, véritables champs plantés d'arbres fruitiers, forment une étendue de deux milles.
Contigu à ces jardins, est un ancien cimetière dans lequel se trouve l'emplacement de Ja maison de la veuve Tabithe, et son caveau sépulcral, Ce cimetière, Comme la plupart de traces d’un usage auquel Notre Seigneur fait allusion quand il compare les Pharisiens à des sépulcres blanchis, beaux au dehors, mais ne renfermant que Pourriture et Corruption ; les Orientaux, en effet, recouvrent les sépulcres d’une couche de
chaux qu'ils ont soin de renouveler de temps à autre, |
ceux de Palestine, conserve les
N'oublions pas de mentionner que chaque année, au quatrième dimanche après Pâques,
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s du peuple de merveilleuses, du commerce
1e très grande
s pêches, des Ces jardins, plantés d'arlue de deux
en cimetière ment de la son caveau plupart de traces d’un asion quand ilcres blancrmant que entaux, en couche de de temps à
ue chaque
s Pâques,
toute la population de Jaffa se transporte au tombeau de Tabithe, pour célébrer, par des chants et des prières, les vertus de cette sainte veuve, dont l’Ecriture Sainte dit, qu'elle passa sa vie à faire des bonnes œuvres, et à répandre des aumônes,
Nous voici maintenant dans la plaine de
Saaron, dont la beauté fut chantée par les pro- :
phètes,
Cette plaine s'étend ; usqu'aux montagnes de la Judée; sa fertilité est proverbiale, et les
douces ondulations du terrain lui donnent un
aspect agréable, Voici comment la décrit Chateaubriand :
“ Le sol est une arène fine, blanche et rouge, “ et qui paraît, quoique sablonneuse, d’une ex- ‘“trême fertilité Mais, grâce au despotisme “musulman, ce sol n'offre de toutes parts “ que des chardons, des herbes sèches et flé- ‘tries, entremélées de chétives plantations de “ coton, de doura, d'orge et de froment, (Çà “et là paraissent quelques villages toujours en
‘ruines, quelques bouquets d'ofiviers et de PSomors, ;
C'est dans cette plaine que Samson lança les trois cents renards, à la queue desquels il avait attaché des torches enflammées, pour incendier les moissons des Philistins ; aujourd’hui le cri lugubre des Chacals, et le chant nasillard des moukres rompent seul le silence qui plane tristement sur cette plaine, jadis, si riche et si florissante,
A de rares intervalles, on aperçoit des constructions en pierre, qui rappellent les tours de garde mentionnées dans l'Evangile ; elles abri. tent les Bachibouzouks, espèce de gendarmes
Qui surveillent le pays et Chassent les brigands,