CHAPITRE ‘il
De Jerusñlem na Nazareth.
Nous avions à peu près tout vu dans la ville sainte ; nous connaissions au moins ce qu'elle offre d'intéressant pour le pèlerin chrétien, ayant visité, non seulement les monuments qui
rappellent le Sauveur et sa Passion, mais encore les édifices qui, datant des croisades ou de quelqu'autre époque glorieuse, nous faisaient connaître les faits et gestes de ces vaillants chrétiens, venus d'outre-mer pour enlever à
infidélité, et entourer de justes honneurs, le
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tombeau du Christ ; autour de la ville; nous avions parcouru en tous sens la vallée de Josaphat et les collines voisines; nos courses À Bethléem, à la mer Morte et à Saint-Jean, avaient éveillé en nous mille souvenirs non moins précieux, en nous faisant fouler partout une terre que Jésus avait sanctifiée, par divers mystères de sa vie,
Il restait encore, pour le sud de la Judée, Hébron et les vasques de Salomon, le mont des Francs et la grotte de saint Chariton ; malheureusement la tempête de neige avait rendu les chemins impraticables, et il nous fallut faire le sacrifice de la visite de ces endroits, vers lesquels d’ailleurs, ne nous attirait aucun souvenir évangélique.
Le moment était donc venu de partir de Jérusalem, pour nous diriger du côté de Nazareth.
C'était le 9 janvier, Nous avions dit la sainte messe sur le calvaire, et après une longue et dernière visite à chacune deg chapelles dé la basilique, et surtout au saint sépulcre, nous dûmes nous arracher à ce lieu sacré, et préparer immédiatement le départ.
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À une heure, nos gens étaient réunis dans la cour de l’hospice ; le bagage était chargé sur des mulets, et Francis, notre drogman, tenait la bride de nos chevaux, Le Révérendissime Père Custode nous remit nos ü'plômes de pèlerins, en même temps Que des reliques du saint
-sépulcre, du calvaire, et :’: «vers autres sanc-
tuaires ; nous remerciâmes aussi chaleureusement que possible, ces vénérables gardiens de Terre-Sainte, pour les soins si empressés dont nous avions été les objets de leur part, et exprimâmes le vœu, bien sincère, de les voir plus
efficacement appuyés et secondés par le monde
catholiqué, dans leur œuvre et leur mission si belle et si glorieuse ; tous s'agenouillèrent pour recevoir une dernière bénédiction de Monsei.
gneur de Goesbriand, et nous partimes, chargés des souhaits de bon voyage de nos hôtes.
La vallée de Josaphat fut bientôt franchie,
: et une petite demi-heure après, nous étions sur + le plateau du Scopus, où le grand-prêtre Jaddus
vint à la rencontre d'Alexandre. Comme
.cette montagne allait nous dérober la vue de
: Jérusalem, nous nous arrétâmes quelques ins-
tants, pour contempler encore une fois la vi!le sainte, où nous avions, à la fois, éprouvé tant de douces émotions, et aussi, hélas! de si cruels sérrements de cœur ; et comme dernier adieu; nous chantâmes le psaume : Supér flumina Ba- ® bylonis.… Oh! Jérusalem, si jamais je t'oublie, qué ma droite se dessèche ; que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens Pas de toi, si Jérusalem n’est pas toujours à la Source de ma joie! Non! je ne l'oublierai jamais, le temps trop court que j'ai vécu dans tes murs, aux pieds de Sion dévasté, et du calvaire honteusement traité, près des ruines de ton temple, sur les bords de la ‘vallée du Jugement ; non, je ne laisserai jamais échapper de ma mémoire, le souvenir de ta Voie douloureuse, de Gethsémani et de la montagne des Oliviers, où j'ai pu baiser la trace des pieds de ton Szuveur méconnu : toujours, et jusqu’à Mon dernier soupir, je me rappellerai avec dé. lices, les saintes effusions de l'amour et de la reconnaissance, éprouvées pendant cette nuit passée sur le Golgotha, à côté du saint tom-. beau, ou pendant les sacrifices divins, offerts
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en ces autres endroits, encore humides des divines sueurs de Jésus, où l’on croit entendre comme un lointain écho de la flagellation, et des cris de mort de la populace juive!.....,.....
Nos yeux restèrent longtemps fixés sur le dôme qui recouvre le saint tombeau et domine tous les édifices de la ville sainte; mais enfin, le guide dut nous rappeler à nous-mêmes, et nous inviter à poursuivre notre route,
GABAATH, GABAON, ETC,
Tout en nous conduisant, à peu près en ligne droite, vers le nord, notre digne Liévin nous fait remarquer l'emplacement, et nous rappelle l'histoire de plusieurs villes, mentionnées dans les saintes Ecritures,
C'est ainsi qu'il nous signale d'abord, une colline déserte, où se trouvait autrefois Gabaath, patrie de Saül : cette ville fut le théâtre de plusieurs faits tragiques, racontés dans l'An-
cien Testament : les benjamites qui- possédaient cette ville, commirent une atrocité, qui amena la destruction presqu’entière de leur tribu par celle de Lévi.
Au deuxième livre des Rois, nous trouvons aussi le récit suivant, d’ün événement qui eut lieu à Gabaath: Du temps de David il y eut une famine qui dura trois ans. David consulta l’oracle du Seigneur ; et le Seigneur lui répondit que cette famine était arrivée à cause de Saül et de sa maison, qui était une maison de sang, parce qu’il avait tué les gabaonites. Le roi ayant donc fait venir les gabaonites, leur dit: “Que puis-je faire pour réparer l’insulte que vous avez reçue, afin que vous bénissiez l'héritage du Seigneur.” Les gabaonites répondirent: “...Qu'on nous donne sept des enfants de Saül: afin que nous les mettions en croix, pour satisfaire le Seigneur à Gabaath d'où était Saül, qui fut autrefois l’élu du Seigneur.” Le roi leur dit : “ Je vous les donnerai...” Et il les mit entre les mains des. gabaonites, qui les crucifièrent sur une montagne, pour satisfaire le Seigneur, Et ces:sept
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- de la moisson jusqu'à ce que l'eau du ciel q
tombât sur eux, et empêchât les oiseaux. de détruire leurs corps pendant le jour, et les bêtes de les manger pendant la nuit.
Vint ensuite du côté de l’est, Anatoth qui fut la patrie d’Ahiezer et du prophète Jérémie ; là aussi, le grand-prêtre Abiathar, impliqué dans une révolte contre Salomon, fut envoyé en exil.
Gabaon est à l’ouest ; les habitants de Gabaon, ayant appris les premiers exploits de Josué, prirent des vivres, et mirent de vieux sacs sur leurs ânes, et des vaisseaux qui avaient été rompus et recousus, de vieux souliers raccommodés avec. des pièces pour les faire pa-
raître encore plus vieux ; des habits râpés ; et
les pains qu’ils portaient pour leur nourriture durant: le chemin, étaient fort durs, et rompus par morceaux. Ils vinrent en cet état trouver Josué, à Galgala, et lui dirent : “ Nous venons d'un pays très éloigné, désirant faire la paix
avec vous. Et ils firent voir leurs vivres et leurs vêtements, pour faire croire qu'ils venaient d’un pays fort lointain. Josué fit alliance avec eux. Mais trois jours après, apprenant que ces erivoyés venaient d’une ville assez rapprochée, Josué leur dit: “Pourquoi avez-vous voulu nous surprendre par le mensonge ?.. vous serez sous la malédiction, et il y aura toujours, dans votre tracé, des gens qui couperont le bois, et qui porteront l’eau dans la maison de mon Dieu...”
C’est pareillement à Gabaon, que Josué arrêta. le soleil dans sa marche, afin d'achever sa victoire sur Adonisédech, roi de Jérusalem,
Abner vint à Gabaon, suivi des gens d’Isboseth, fils de Saïül ; Joab marcha contre lui, avec les troupes de David, et ils se rencontrèrent. près de la piscine de Gabaon. Abrier dit à Joab : “Que quelques jeunes gens s’avancent, et qu'ils s'exercent devant nous.” Joab y consentit, Aussitôt douze hommes de chaque armée se présentèrent, et chacun d’eux ayant pris par la tête celui qui était dev..:i lui, ils.se
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tombèrent morts tous ensemble, et ce lieu s'appela le champ des Vaillants à Gabaon.
Près de Gabaon, Joab tua Amasa que David voulait faire général de son armée ; coupable encore du meurtre d'Abner, il vint se réfugier à Gabaon pour éviter le châtiment que Salomon avait prononcé contre lui; s'étant refugié dans le tabernacle du Seigneur, il saisit la corne de l'autel, mais fut tué en ce même lieu, sur les ordres du roi, par Banaias,
Salomon alla à Gabaon pour y sacrifier, parce que c'était là le plus considérable des hauts lieux, et il offrit mille hosties en holocauste sur l'autel qui était à Gabaon: c’est en cette ville que le “ni demanda et obtint la sagesse, ainsi que beaucoup d’autres faveurs.
A l’ouest encore, et un peu au-delà, sont deux petits villages portant le nom de Bethoron : les Amorrhéens fuyaient devant les enfants d’Israël, et étaient dans la descente de Bethoron, lorsque le Seigneur fit tomber du ciel de grosses pierres sur eux, jusqu'à Azéca, et cette grèle de pierres qui les assaillit, en fit périr beaucoup plus, que les enfants d'Israël n’en avaient
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