AUTOUR DU LAC
Les bords du lac de Tibériade, aujourd’hui déserts, arides, désolés, furent jadis couverts de villes populeuses et florissantes, presque toutes mentionnées dans le saint Evangile ; la visite de l'emplacement de ces cités nous occupa toute la journée qui suivit notre arrivée à Tibériade,
Quelques masures groupées au hasard, abritant de pauvres misérable, et formant, à l’ouest du lac, un petit bourg sous le nom de Medijel, indiquent l'emplacement de Magdala, Magédan, Dalmanutha, tous noms différents pour désigner la patrie de sainte Marie:Magdeleine : on y voit quelques ruines insignifiantes: qui jonchent le terrain, autour du village,
La première ville qui vient ensuite est Bethsaïda, au nord du lac: la patrie des trois apôtres Pierre, Philippe et André, Cette ville,
témoin de plusieurs miracles du Christ, encourut cependant ses plus effroyables malédic-
tions, à cause de l’endurcissement dont elle se :
rendit coupable : “ Malheur à toi Corozaïn, malheur à toi Bethsaïda, car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous, avaient été accomplis dans Tyr et Sidon, elles auraient fait pénitence autrefois, sous le cilice et dans la cendre. Aussi je vous le dis: Pour Tyr et Sidon, il y aura plus de rémission au jour du jugement, que pour vous. ”
Une autre ville, que Notre Seigneur a habitée à diverses reprises, et dans laquelle il se montra prodigue de ses bienfaits, est Capharnaüm, au nord de la mer de Galilée, sur les confins de Zabulon et de Nephtali. Jésus y guérit un paralytique après lui avoir dit, au grand scandale de quelques scribes: “ Mon fils, tes péchés te sont remis.” Il y mangea avec les publicains et les pécheurs, disant qu'il n’était pas venu appeler les justes. Il guérit aussi, à Capharnaüm, le serviteur d’un centurion qui avait fait cette profession d'humilité : “ Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison,
Christ, enes malédic-
dont elle se :
| Corozaïn, es miracles avaient été es auraient ice et dans our Tyr et au jour du
ur a habitée se montra irnaüm, au les confins y guérit un rand scantes péchés publicains : pas venu à Capharui avait fait eur, je ne
ma maison,
mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.”
C'est encore à Capharnaïüm que fut prononcé le discours, consigné dans le chapitre sixième de saint Jean, pär lequel le divin Sauveur promettait l'institution de la très sainte Eucharistie : “.,,En vérité, en vérité, je vous le dis: Qui croit en moi a la vie éternelle, C'est moi qui suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et sont morts. Voici le pain qui descend du ciel, afin que si quelqu'un en mange, il ne meure point. Je suis le pain vivant, moi qui suis descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde... si vous ne mangez la chair du Fils de l'Homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous, Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour, Car ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment breuvage. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui..."
De même que Bethsaïda, Capharnaüm s’attira, par ses scandales, les reproches les plus amers du Sauveur, qui lui disait : “ ....Et toi, Capharnaüm, t'élèveras-tu jusques au ciel ? Tu descendras jusqu'aux enfers, parce que si, dans Sodôme, avaient été faits les miracles qui ont été faits au milieu de toi, elle aurait peut-être subsisté jusqu’à ce jour. Bien plus, je te dis que, pour le pays de Sodôme, il y aura, au jour du jugement, plus de rémission que pour toi... Venez à moi, vous.tous qui avez de la peineet qui êtes accablés, et je vous soulagerai, Prenez sur vous mon joug, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau est léger. é
Que reste-t-il de Capharnaüm, cette ville si considérable qui avait, sous les Romains, un bureau de douane, une garnison, et une synagogue importante ? Rien que des ruines pour marquer son emplacement, et faire admirer avec effroi, les suites des effroyables malédictions d’un Dieu vengeur.
Jusqu'au quatrième siècle, il n’y eut guère de
habi meut étant Jésus vint
belle.
mala
suppl
rnaüm s’at-
es les plus ‘4, Bt:toi, au ciel? Tu que si, dans les qui ont t peut-être , je te dis ura, au jour pour toi...
: la peine et rai. Prenez moi que je 1s trouverez n joug est
tte ville si omains, un une synauines pour re admirer es malédic-
ut guère de
chrétiens à Capharnaüm, où les Juifs doininaient, Le converti loseph, qui bâtit une église à Tibériade, avec la permission de Constantin, obtint la même faveur pour Capharnaüm, et une basilique superbe s’éleva, à cette époque, sur l'emplacement de la maison de la bellemère de saint Pierre, où habita Jésus. L'église disparut sous Chosroës, et ne fut jamais rebâtie. À Capharnaüm, au milieu des pierres énormes qui couvrent le rivage, et appartenaient sans doute aux édifices de l’ancienne ville, il y a aujourd’hui quelques pauvres cabanes, ouvertes et abandonnées, dans lesquelles nous avons aperçu quelques sauvages bédouins, qui étaient venus s’y réfugier,
Selon plusieurs, la belle-mère de saint Pierre habitait Capharnaüm, et Notre Seigneur demeura chez elle avec sa sainte Mère. Or, étant sorti de la synagogue de Capharnaüm, Jésus, accompagné de Jacques et de ‘Jean, vint dans la maison de Simon et André. La belle-mère de Pierre était gisante dans:son lit, malade d'une fièvre ardente, Les disciples supplièrent le Sauveur de guérir la malade, et
Ph ES à 2 9 à
400 VOYAGE EN TERRE-SAINTE Jésus s'approchant, la souleva de la main, et commanda à la fièvre, qui disparut aussitôt,
Chorosaïn, qui fut pareillement maudite par le Sauveur, et dont il ne reste que le souvenir, se trouvait au nord-ouest de Capharnaüm, à la distance de trois ou quatre milles.
À une lieue et demi au nord-est d': lac, est un monticule, couvert de broussailles et de ruines, seuls restes d’une ville mentionnée dans l'Evangile sous le nom de Bethsaïda : À Bethsaïda, on amena à Jésus un aveugle, et on le priait de le toucher, Or prenant la main de l'aveugle, il le conduisit hors du bourg, mit de la salive sur ses yeux ; et lui ayant imposé les mains, il lui demanda s’il voyait quelque caose. Celuici regardant, dit: ‘Je vois les hommes qui . marchent semblables à des arbres.” Jésus lui mit de nouveau les mains sur ‘les yeux, et il commença à voir, et il fut guéri, de sorte qu'il voyait clairement toutes choses. Alors le Sauveur le renvoya chez lui, disant : “ Va dans ta maison ; et si tu entres dans le bourg, ne dis rien à personne,”
Près de cette Bethsaïda, appelée transjor-
NTE
e Ja main, et arut aussitôt.
t maudite par e le souvenir, harnaüm, à la
d': lac, est un s et de ruines, e dans l'Evan- À Bethsaïda, on le priait n de l’aveugle, t de la salive sé les mains, cuose. Celuihommes qui s.” Jésus lui >s yeux, et il de sorte qu'il Alors le Sau- # Va dans ta
bou rg, * ne dis
elée transjor-
danienne pour la distinguer de la patrie de Pierre, le Sauveur prit un jour cinq pains et deux poissons, et levant les yeux au ciel, il les bénit ; puis il romp't les pains et les donna à ses disciples pour les mettre devant la multi. tude ; et il Partagea les deux poissons entre tous, Ils en mangèrent et ils furent rassasiés, Et ses disciples emportèrent les restes, douze paniers pleins de morceaux, et une partie des poissons, Or ceux qui mangèrent étaient au nombre de cinq mille hommes.
Au sut du lac, sur la rive orientale était, le pays des géraséniens, dont parle saint Marc, au ch, V de l'Evangile, Jésus y délivra un malheureux, possédé de l'esprit impur : I] lui disait : “Esprit impur, sors de cet homme ? ” Et il lui demanda : « Quel est ton nom ? ” Et il lui répondit: « Légion est mon nom ; Car nous Sommes beaucoup.” Et il le suppliait avec instance de ne point le chasser de ce pays. ‘Or il y avait là, le long de la montagne, un grand troupeau de Pourceaux qui paissaient, Et les esprits Suppliaient Jésus, disant : “En-
VOyez-hous dahs ces Poufceaux, afin que nous
entrions en eux.” Et Jésus .le leur permit aussitôt. Les esprits impurs, sortant do” : du possédé, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau, d'environ deux mille, se précipita impétueusement dans la mer et s'y noya..….
C'est encore sur les bords du lac, vis-à-vis le pays de Gérasa, que Jaïre vint supplier Notre Seigneur de guérir sa fille, réduite à l'extrémité,
Pendant que le Sauveur allait à la suite du chef de synagogue, pour ressusciter son enfant, une femme, affligée depuis douze ans d'une cruelle maladie, toucha le vêtement de Jésus, disant : “ Si je puis seulement toucher le bord
. de sa robe, je serai guérie...” Jésus lui dit: “ Ma fille, votre foi vous a sauvée; allez en paix, et soyez guérie de votre infirmité, ” Enfin, pour ne rien omettre d'important, il
faut mentionner, à quelques lieues au nord de la mer de Galilée, aux sources du Jourdain,
Banaias, l’ancienne Césarée de Philippe. Jésus
s'y rendit un jour, et dans le chemin, après avoir
prié, il dit à ses disciples : “Que dit le peuple du Fils de l’homme ?” Ils répondirent : “ Les
uns :
autre propl suis ?
Sit le Fil Tue:
Eglis point
Afi tant de N:
circui:
droit:
Qu.
envirc lieu o foule
TE
leur permit ant. do” : du ceaux, et le se précipita | NoOy a...
ce, vis-à-vis le plier Notre e à l'extré-
la suite du r son enfant, e ans d'une it de Jésus, cher le bord ésus lui dit:
rée; allez en rmité, ”
important, il s au nord de du Jourdain, ilippe. Jésus n, après avoir dit le peuple dirent : “Les
uns disent que vous êtes Jean-Baptiste, les autres Elie, d'autres Jérémie, ou quelqu'un des prophètes. ” “ Et vous, que dites-vous que je suis ? ”
Simon Pierre répondit : “ Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant...” “Et moi, je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon
Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle, ”