SIDON
Pour nour rendre de Tyr à Sidon, trajet qui nous prit toute une journée, nous suivons encore la plage presque toujours déserte, n'offrant qu’à de rares intervalles des khans solitaires, des tombeaux mal entretenus, des débris de ponts, de temples, de places fortes, et les vestiges de Sarepta, où ie prophète Elie se retira, pendant une sécheresse qui désolait le pays, par l'ordre de Dieu, dans la maison d'une veuve où il multiplia l'huile et la farine, et ressuscita un enfant. Un petit temple mahométan s'élève à la place .de la tour, qui marquait autrefois l'endroit de la maison de la veuve, et où sainte Paule alla faire une prière, pendant son pèlerinage aux lieux saints.
Quant à la ville même de Sarepta, elle a complètement disparu, sauf qu'on peut reconnaître encore une partie de la cathédrale qui y fut construite par les croisés,
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Sidon, qui tient son nom du fondateur de la ville, le fils ainé de Chanaan, et qui échut comme Tyr à la tribu d’Aser, envoya jadis à Salomon d'habiles ouvriers, pour aider à la construction du temple. Plus tard, sur l’ordre de Darius, les Sidoniens firent parvenir des cèdres aux Juifs pour la même fin.
La ville fut complètement détruite, vers l'an 405 avant Jésus-Christ, par le fait même de ses habitants, et bien qu'on l'ait rebâtie, elle ne recouva jamais son indépendance, Prise par Alexandre, elle passa plus tard aux Ptoléimées, et tomba ensuite sous la domination romaine,
Notre Seigneur passa par Sidon, et saint Paul s'arrêta dans cette ville, pour visiter les frères.
La ville de Sidon posséda, dans les premiers siècles, un siège épiscopal ; tombée sous le marteau de Chosroës, elle vit ses belles églises remplacées par d’affreuses mosquées,
Les croisés la soumirent, pour la posséder jusq'en 1187,
Sidon fut rendue aux chrétiers deux ans
après la défaite d'Hattine. 1253 et 1260 furent deux années de massacres affreux, et la malheureuse ville tomba pour toujours entre les mains des Sarrasins, en 1280,
Les franciscains y ouvrirent leur couvent en
La ville était entrée dans une voie de prospérité, lorsque à la fin du siècle dernier les chrétiens-furent de nouveau chassés, et le commerce disparut avec eux,
Sidon appartient à la sublime Porte qui s’en CMpara en 1840, avec l'aide des anglais et des autrichiens, après six heures de bombardement.
La population de la ville, qui s'appelle au- Jourd’hui Saïda, est de douze mille âmes ; les Catholiques de tous rites y sont au nombre d'environ deux mille deux cents. Les franciscains et les jésuites se partagent les labeurs du ministère et de l'instruction des garçons ; deux écoles pour les filles, sont sous la direction de
sœurs de saint Joseph de l’Apparition.
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