MONTAGNES DE JUDA
La route perd ici le peu de charme qu'elle avait eu jusqu'alors,
I] faut, désormais, escalader des rocliers escarpés, descendre au fond des ravins par des sentiers abruptes, glissants, à peine visibles, suivre le lit raboteux et desséché de quelque torrent, Pour remonter ensuite, et tourner sans cesse des » NOUS nous trouvons au milieu d’un véritable labyrinthe de montagnes de forme conique, à peu près semblables entre elles, enchaïînées l'une à l'autre par la base, et dont les Corniches parallèles sont disposées
comme les gradins d'un amphithéâtre romain,
On se figurerait difficilement un
pays plus sauvage :
la terre à Presque partout disparw laissant un roc nu, aride, grisâtre, et n'offrant dans ses crévasses, que de pauvres touffes de buis ou de chênes nains, Aucune verdure, point d'arbres, point d’eau, point d'habitation. age n'était rompue par de petites cara- Vannes, composées ordinairement de’ cinq ou
six chameaux Pesamment chargés, et précédés d’un âne portant son maître.
n'étaient pas s encore novices,
La monotonie de ce pays qu'à de rares intervalles,
Ces rencontres ans danger pour des cavaliers et sans notre obéissance parfaite aux fécommandations du frère Liévin,
nous eussions fait quelque dégringolade aussi f
uneste que désagréable, Mais notre guide nous
avait dit : “laissez vos chevaux à leur fantaisie,
ils connaissent la route et se guideront mieux
que vous ne pourriez le faire ;” et nos montures,
Comme fières d’un compliment qu’elles méritaient bien, allaient bride sur le cou, ne bron-
Chant jamais, et sachant toujours choisir,
pour les mon tées,
les descentes et les rencontres, le :
lieu le plus sûr et le plus commode.
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