HISTOIRE
LITTÉRMBE ET DRAMATIQUE DD Xir SIÈCLE
La Tour de'Nesle. — M. Alex. Dumas. — M. Tiaillardel. — M. Jules Janiii. — M. Harel. — M. Barba.
Une seule phrase, jetée au milieu d'un article publié par le Ulusée des Familles^ a fait naître de tristes débats que la loi autant que notre esprit d'impartialité nous contraignent de reproduire.
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Si nous avons consenti k le faire aussi longuement, c'est afin de mettre un terme a cette lutte littéraire, de clore cette véritable mêlée dramatique dans laquelle ne manque aucun personnage.
L'auteur célèbre, l'auteur en vogue malgré l'éclat qui s'altache a son nom, — l'écrivain inconnu malgré Tintérêt qu'inspire tout jeune homme a ses dé^ buts dans une carrière difficile, — le directeur de théâtre, malgré ses habiles combinaisons pour faire payer au parterre ses victoires dramatiques, — l'éditeur théâtral marchandant la valeur littéraire du drame moderne, — et enfin , enfin le redoutable feuilletoniste des Débats , celui dont les deux seules initiales sont la terreur des vaudevillistes et qui jusqu'à présent avait joui du pri-
Tilége de pouvoir attaquer sans réplique. Dans ce drame, qui se passe hors la scène et dans les colonnes du journal à êèux sous 5 tous les rôles sont remplis , tous les caractères se développent parfaitement, quelque confuse que paraisse Faction , et quelque hérissées de notes et de pièces que soient les pages du récit.
Un seul espoir affaiblit le regret que nous éprouvons de servir d'organes à une si triste révélation des mœurs littéraires de notre époque.
L'immenBe publicité que lui donne le Mtisée des Familles éclairera , nous Tespérons, cette foule déjeunes hommes, qui , trompés par leur imagination , aspirent à quitter leur province , leuT famille, leur foyer, leur profession ma-
dpsté et lucrative pour les échanger contre la gloire et le bien-être de la vie littéraire et artistique de Paris.
Qu'ils regardent de près quelle est cette gloire, quel est ce bien-être !
A M. S. Hem y Berihoud.
« Monsieur le directeur,
» J'ai publié dans le n^ XXI du Musée des Familles un article que vous m'avez fait l'honneur de me demander sur Tancienne Tour de Nesle. Dans cet article , j'ai conté en passant et sous forme de causerie, sans prétention aucune, comment l'idée m'était venue de faire un drame , dont personne ne m'a contesté la pensée première; drame imprimé, publié, depuis plus de deux ans, et
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représenté aujourd'hui pour la deuxcentième fois sous mou nom, de l'aveu de M. Dumas lui-même.
» Du reste, je n'ai pas dit un mot de M. Dumas , je n'ai fait aucune allusion a la discussion juridique et littéraire qui s'éleva jadis entre lui et moi. (On peut s'en convaincre par la lecture de mon article.) J'aurais eu scrupule, en effet, de ranimer en quoi que ce fût une querelle depuis longtemps éteinte, et a laquelle une transaction amiable a mis fin ; transaction proposée par M. Dumas lui-même, ainsi que je le dirai dans la suite, et par laquelle fut arrêté, dans son principe, le débat publie que j'avais alors, moi, désiré, provoqué.
)) Quoi qu'il en soit, aujourd'hui M. Dumai revient nur cette affaire! il
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en réunit les cendres froides et éparses, les tasse dans sa main, et les attisant de tout son souffle , en rallume le feu , au risque de s'y brûler les doigts. Puisqu'il m'a jeté le gant, je le ramasse. Il m'a provoqué, je lui réponds. Tant pis pour lui s'il est blessé dans ce jeu, si sa réputation s'y trouve compromise : il ne dépend pas de moi d'éviter le combat...
Je suis l'offensé, l'insulté! et si jamais le talion fut permis, c'est a celui qui n'a point recherché l'attaque... A celui-là la vengeance est sacrée et les représailles saintes. Il use du droit de naturelle et légitime défense!
« J'arrive donc a l'histoire complète et vraie de la Tour de Nesle. J'apppuierai mon récit sur des preuves écrites et signées par les personnages mêmes de
cette histoire 5 et quand les preuves me mauqueront, je mettrai sous les yeux du lecteur les présomptious et les vraisemblances de la cause , en lui disant : Méditez et jugez!
» Mais dans un pareil procès où Vhonnetir est tout, où la preuve écrite de bien des faits généraux ne peut êtrerapportée (il eût fallu pour cela avoir pressenti Favenir et deviné ce qui arrivô), où chacun des plaidants a besoin d'être cru dans certains cas, parce qu'il a toujours dit vrai dans les autres, où celui qui a menti une fois, au contraire, n'est plus digne de créance ; dans une afifairé enfin où la bonne foi doit l'emporter sur le mensonge, quand tous deux n'ont plus pour garant qu'une parole , je dois et je veux , avant toutes choses , convaincre
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mon adversaire d'inexactitude (je serai poli dans les termes) , et cette inexacti-tude prouvée, je la lui cloue au front comme l'écriteau du flétri au faîte de la potence, afin que le stigmate en survive et plane incessamment sur le coupable, aux yeux des juges de ce procès. » M. Dumas déclare (je commence par la première phrase de son article ayant rapport a la Tour de Nesle) , il déclare qu'ayant reçu la visite de M. Harel, celui-ci lui dit : *la pièce esl amoi^ elle % m'appartient par un bel et bon traité, 1 foi le droit de la faire refaire à mon gré^
> par qui bon me semblera » ... et plus loin : ^' Vous avez fait signer un traité au
> jeune homme ^m^avez-vo us ditf — Oui. — » Sur quelles bases ? — Mais d'après le
> marché de la VorltSaint-Mariin : deux
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» louis par représentation^ un louis pour » luij un louis pour Janin , et douze francs >} de billets. > Puis en note M. Dumas ajoute : « Ce traité est encore entre les )) mains de M. Harel. » Eh bien, autant de mots , autant d'inexactitudes. Voici le seul traité qui ait jamais existé entre moi et M. Harel, c'est celui qu'on me fil signer , je dirai par quelle manœuvre , quand on me fit accepter la collaboration de M. Janin.
« Entre MM. Gaillardet et Jules Janin,
> hommes de lettres , d'une part , et
> M. Harel, directeur de la Porte-Saint- » Martin, d'autre part, il a été convenu
> ce qui suit :
> MM. Gaillardet et Jules Janin re* » mettent et cèdent a M. Harel^ pour
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» être joué au plus tôt sur le théâtre de » la Porle-Saint-Marlio, un drame en » cinq actes intitulé la Tour de ISesle.
» M. Harel reçoit l'ouvrage et le fera » représenter très incessamment.
» Faitdoubleà Paris, le29 mars 1832.
» Harel. »
Que Ton compare ! Et M. Dumas dit en note : Ce traité est encore entre les mains d'Haral! » Ce qui signifie : je l'ai vu et lu. Mais continuons.
Le drame fut joué, dit M. Dumas. « On » nomma le jeune homme (M. Dumas a » employé d'un bout a Tautre pour me » désigner cette expression). Entendre p trépigner tout une salle, demander » votre nom, et livrer a la place du » sien, un nom inconnu à l'auréole de
» la publicité ; et cela lorsque on peut foire > autrement^ lorsqii aucune promesse ne » vow lie^ lorsqu'aucun engagement n!a été 9 pris^ c'est la philosophie de la délica- » tesse poussée au plus haut degré. »
Eh bien ! voici la lettre qu'avant la représentation je reçus de M. Dumas, et les conditions auxquelles seules je consentis à laisser jouer la pièce.
c( Monsieur, Harel, avec, qui jç suis » en relation continue d'affaires, est >> venu me prier de lui donner quelques p conseils pour un ouvrage de vou^ qu'il » désirait monter.
* J'ai saisi avec plaisir cette occasion » de faire arriver au théâtre un jeune » confrère que je n'ai pas l'honneur de 9 connaître, mais que je désire bien
souv£Nms )27
Bincerexaeut y voir réussir. J'ai aplaoi » toutes Les difficultés qui se seraient » présentées a vous pour la mise eu ré->
> pétition d'un premier ouvrage, et ro- » tre pièce, telle qu'elle est maintenant,
• me paraît susceptible d'un succès.
> Je n'ai pas besoin de vous dire,.
» monsieur, que vous en restez seul au- » leur y que mon nom ne sera pas pro- >) nonce; c'est une condition sans laquelle
• je reprendrais de l'ouvrage ce que J'ai » été assez heureux pour y ajouter. Si » vous regardez ce que j'ai fait pour vous y> comme un service, permettez -moi de
> vous le rendre et non de vous le ven- » dre.
»> Alex. Dumas. « c( Maintenant, lecteur, parlez.
Laquelle est portée plus haut chez M. Dumas, ou la philosophie de la délicatesse, ou bien celle de Vassurance?
« Duvernoy vint me trouver , poursuit M. Dumas, « et nous réglâmes^ » séance tenante, les conditions du » marché. La vente fut arrêtée di 1,400 » francs, dont 700 devaient être remis » au jeune homme. Celle somme ne pa- » rut pas sans doute, di\x jeune homme ^ » proportionnée au mérile de son » drame... Au bout de quinze jours, il » signa celte vente pour une somme de » 500 francs. Le jeune homme aurait » mieux fait, vous le voyez, de conti- > nuer à me charger de ses affaires d'in- » térêt. >
souvcMiis 129
> Voici une déclaration signée de M. Duvernois :
€ Par le même esprit d'impartialité > qui m'a fait donner a M. Alexandre D Dumas une déclaration dans laquelle » j'ai reconnu que M. Gaillardet m'avait » proposé le manuscrit de la Tour de » Nesle (nous verrons ceci plus tard), je » déclare qu!U n'a jamais élé question de ') 1,400 francs pour le prix duditma- » nuscrit , mais d'une somme que je » crois être de 1 ,000 francs.
- Duvernois.
» Paris» 8 septembre 1834.
» J'en ai bien d'autres , et de toutes leâ; pJiilosophies a citer! mais elles trouveront place dans mon récit ; car mainte-
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aant) qui, mamteaaat Je m^ s^m asgez fort pour l'entreprendre ! ^
» Ce fut le 27 mar§ que je lus mon drame de la Toitr aM. Harel en présence de M. Janin et de mademoiselle Georges- Le drame fut reçu. « Dumas ne ferait » pas mieux, s'écria le directeur avec )) enthousiasme I il y a pourtant (juel- » que chose a retoucher au style qui » n'est point scénique^ mais ne yous en » inquiétez pas; commencez un autre » drame, et Janin nous fera le plaisir, à » vous et a moi, de réviser quelques pa- » ges, » Je ne compris pas trop comment
M. Janin, qui n'avait jamais faitdedrame, aurait un style scénique, suivant l'expression du directeur, mais s'il n'en a pas fait, me dis-je a p?irt moi, il en a beaucoup entendu, ce qyi peut-être re-
vient au même; je déclarai donp que je serais très flatté, et surtout très reconnaissant, si M. Janin voulait bieu me sa*
2^/er que}quesphrases. M. Janin y consentit de la meilleure grâce du monde, et je sortisjoyeux, enchanté,et de M. Janin et de mademoiselle Georges. J'étais au septième ciel... L'ivresse ne fut pas longue. » Deux jours après, le 29 mars, j'allais voir ce qu'était devenu mon drame /anvméf... Quelle fut ma surprime en voyant tout un acte écrU ! mais c'est un travail bien grand, dis-je a part au directeur : M. Janin fait beaucoup plus que je n'avais désiré, car je ne crois pas mon style si mauvais qu'il faille... — r Non, non, certainement, me répondil M. Harel, mais Janin y met de l'amourpropre, il veut au moins faire sa part.
iôî
SOUVENIftS
— Comment sa part? — Oui sa moitié.
— Mais c'est donc une collaboration ? il y a un mal entendu ; je vais le dire à M. Janin. — Ah ! malheureux qu'allezvous faire? vous aller offenser Janin, Janin le plus puissant des feuilletonistes! Vous vous créez un ennemi pour la vie. — Bah!— C'est comme je vous le dis. Vous ne savez pas ce que c'est que le théâtre! — Mais... -- Et puis d'ailleurs, il y a commencement d'exécution ! les choses ne sont plus entières. Vous êtes liés de part et d'autres, etc.. Si bien que M. Harel, me voyant étourdi, prit une feuille de papier, y griffonna le traité que j'ai transcrit plus haut, me le fit signer,. . et voila comment j'eus mon premier collaborateur.
> Alors j'attribuai cet événement a un
malentendu^ aujourd'hui je l'attribue a un très bien entendu : les idées changent avec le temps !
> Mais le jour est venu où M. Janin devait nous lire son travail. Je n'en dirai rien, car je pratique, autant que je le puis, la charité avec mes ennemis mêmes!... Qu'on sache seulement que, d'un commun accord, ce travail fut jugé non avenu. Janin se retira else désista complètement (j'en donnerai la preuve écrite), el M. Harel revint purement et simplement a mon drame.
> Or, depuis le jour où j'avais lu ma pièce, j'avais conçu de nouvelles idées et des améliorations dues, tant a la discussion et aux critiques du directeur, qu'a mes réflexions propres.
' i>M^ig afm d'éclairer Ip public sur les
mystères vrais de Tenfantement de la Tout de Nesle^ et de Finitier, pour ainsi dire, aux phases et aux développements du travail, par lequel fut engendré ce drame monstre par son succès et par les querelles qu'il soulève ; je vais dire et établir succinctement ce qu'était, en gros et dans ses rapports avec le drame représenté, le drame que je lus a M. Harel, et qui me revint a l'époque dont je parle. Il sera facile a tous de me comprendre d'abord (qui n*a vu la Tour de /Ypsîc?), de me vérifier ensuite, M. Dumas ayant entre les mains le manuscrit primitif, et le montrant a qui le désire : aussi peuton être assuré que je dirai moins qxxephs. Je cite de mémoire , et mon adversaire tient le livre ! »
Ici M. Gaillardet donne le résumé de
son premier manuscrit, et continue :
« Le lecteur a déjà saisi par quels points se touchent les rfewoî drames. Ces points, dans le peu que j'ai cité, et cité fidèlement, on pense (car si j'étais homme a m'affubler audacieusemerit d'un mensonge, moi^ mon adversaire aurait en mains de quoi me démasquer) , ces points ne sont-ils pas déjà les bases fondamentales du drame joué? N'en sont-ce pas et les os et la moelle, les matériaux et la charpente!... Oui, j'ose ledire,n'eussé-je fait que cela dans la pièce, j'aurais fait plus de la moitié du drame, par conséquent dix fois, vingt fois plus que M. Dumas ne m'accorde, puisqu'il ne m'accorde rieri. Rien^ il a osé l'écrire et l'imprimer en toutes lettres ! Mais d'après ce que nous savons de lui, de quoi pou-
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vons-nous et devons-nous nous étonner?
» Mais M. Harel m'avait exprimé plusieurs regrets. Le premier, que le drame ne fut pas en tableaux. Ce genre convenait mieux aux allures de son théâtre, et le succès de Richard appuyait cette opinion.
» Le second, que je n'eusse pas fait Buridan père de Gauthier et de Philippe, dont on ne connaissait que la mère (Marguerite). Cela compliquerait Tin- Irigue, me disait-il.
» En fin il trouvait invraisemblable que
Marguerite, reine et toute puissante,
ne fît pas arrêter et disparaître Buridan
dès les premiers mots de sa révélation,
» Du rapprochement de ces deux der*
nières objections jaillit pour moi , so^■•
daiOj upç lumière imtoense,
ôOUVENins
» Que Buridan soit père en effet au moyen d'une intrigue préexistante, et qu'il soit arrêté par Marguerite qui voudra s'en défaire; puis, au moment de son plus grand péril , qu'il se fasse reconnaître, et voila l'occasion d'une scène magniflque, capitale !
> La scène de la prison était trouvée. » Deux jours après , le jour où Janin
avait renoncé au drame, comme l'athlète épuisé a la tâche trop ardue, je portai au directeur de la Porte-Saint- Martin, M. Harel, un scénario qui était, à peu de chose près, celui de la Tour de ISesle.
> Je vais pourtant indiquer les différences.
» Orsmi n'était point un ta ver nier : c'était Landry^ quoique tous Ueux fussent
des homoies de la Tour de Ne$le. Quant h Orsini, c'était un de ces magiciens fort redoutés, dans ce temps, sous le nom à'envoûteun. Confident de Marguerite, il recevait chez lui les seigneurs de la CQur, rôle a peu près semblable au Ruggierid'Henri ///; c'est pour cela, je pense, que M. Dumas Ta fait tavernier a la place de Landry.
» Deuxièmement, la scène de la prison était ainsi tracée, que Buridan devait
terminer son récit en tendant les mains a Marguerite, et lui dire : « Délie ces cordes / > Marguerite tombant à genoux obéissait, et le déliait d'un seul coup.
» M. Dumas a triplé cet effet en faisant délier Buridan en trois fois ; voila ce que je dois avouer et dire. Il a été au-dessus de moi de toute la hauteur du talent
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éprouvé sor la faiblesse qui s'essaie, du faire sur Tinexpérience,
» Quant a la vérité de ce que j'avance, elle se trouvera/pour tout lecteur impartial, d'abord dans la précision, la textualité des détails, si je puis m'eiprimer ainsi ; je ne cite pas seulement ce qui se trouve dans la Tour de JVesle actuelle, maisce^m ne s'y trouve pas^ entreautres une scène du quatrième tableau.
Buridan venait en Bohémien et non en capitaine, chez Orsint sorcier. Celui-ci voulait en imposer au Bohémien, qui lui révélait les meurtres de la Tour de JSesle comme il les avait révélés a Marguerite; et bientôt Yenveûieur tomlmit aux genoux du Bohémien , pris aux propres superstitions que lui-même inspirait au vulgaire, à savoir que peut-être il y
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avait de vrais sorciers! Cette scène a dur disparaître du moment qvCOrsini était fait tavernier,
» Ensuite, j'ai pour probabilité, je devrais dire pour preuve de ma parole, la parole même de M. Dumas, dans cette lettre où il me dit : Harel est venu me demander des conseils pour un drame de vous qu'il désirait monter. Votre pièce.... Ce que j'ai été assez heureux pour y ajouter'... etc. On ne parle point ainsi d'un ouvrage dans lequel on a tout fait. Puis un mot de M. Harel, ^ue je reçus avant mon départ [après la retraite de Janin), et dans lequel il me dît : « Ecriyez-moi, soignez votre santé, et surtout travaillez ! » Il y avait donc des modifications, des changements arrêtés, un tvanil à faire-.,. On le nje, je ratHrrpe,
SOUVENIRS fH
et j'affirme avec pièces/... C'est au lecteur à juger ! (1)
» Et* maintenant vous concevez qu'il m'importera peu que M. Dumas ait eu,
(1) « Je soQSsîgQé, Tua des directeurs da joaraal » VAvant'Seène^ ancieo iospecleor-gênéral do théâtre
• de la Porte'Saiot-illartiD, sous M. de Lhéry, prédé- » cessseur de M. Harel, déclare que peu de temps > avant la retraite de M. de Lhéry, M. F. Gaiilardet
• me communiqua un manuscrit de la Tour de Nesie^
• en cinq actes, sans tableaux, dont il était seul au- » teur; que plus lard, et avant son départ pour la pro-^ » vince, M. Gaiilardet memontra un nouveau plan dm
• même drame en tableaux, et dans lequel était, à très-
• peu de choses près, toute la Tour de Nesle actuelle ,t » plan qui venait d'être arrêté, m'a-t-il dit, entre Itii '» et M. Harel.
* Eu foi de quoi, etc.
> DOPeBBET.-
> 'il septembre 1834. *
142 souvËNmiK
oui oa naii) entre les mains mon premier manuscrit.
» J'ai démontré qu'il a eu un sei^ond plan? D'un autre côté, il avoue lui^ même avoir possédé et copié en partie le manuscrit de Janin, qui était le mien gâté... Que me faut-il de plus? •
» Je reprends donc mon histoire où je l'avais laissée. Les félonies \ont s'y succéder comme un feu de file.
>) Ce fut le 8 avril que je portai k M. Harel mon scénario. Le 9, mon père mourut. Mon père; venu:lout exprès a Paris pour m'arracher a la contagion qui régnait sur la ville , et que la joie d'assister à ma première pièce fit rester auprès de moi ! Mon cœur se serre a ce souvenir !..- Le 10, messager de mort, j'allais consoler ma pauvre mère. Ce fut
la Teille de ce jour que M. Harel m'écris yit le billet dans lequel il me disait : H Soignez-voM bien. » Misérable ironie^ qui m'était jetée entre un malheur qui m'atteignait et une spoliation qui allait m'atteindre ! « Partez, m'avait-il dit, j'ai une pièce avant la vôtre, vous avez trois mois devant vous. Soyez tranquille et écrivez-moi! »>
» Il y avait a peine un mois que j'étais parti, quand j'eus besoin d'écrire a M. Janin pour lui demander une annonce relative à la ITowr de Nesle Un livre venait de paraître sur le même sujet (L'J^colier de Cluny]^ et je ne voulais pas qu'on crût ma pièce tirée du livre. Janin me répondit :
• Je ferai volontiers ce que vous me » demandez ; mais mais à quoi bon ? Je
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» vous anndûce la prochaine représen- » tatioD de votre pièce. Je dis votre et pas
> mtre^ parce que je n'y suis plus absolu biment pour rien : vous le savez/ la
> chose est entre vous et M. Harel, cela )> est depuis longtemps convenu, etc.
» Sf^wé ; Jules Janin.
> 10 mai 1832. »
» Du reste, pas un mot de plus. J'écris a Paris, et j'apprends que M. Dumas a été fiiit et s*est fait mon collaborateur. Je laisse au lecteur a penser quels sentiments furent les miens !... Hors de moi, tremblant de colère et d'indignation, • j'écris a M. Harel pour lui défendre de jouer la pièce; a M. Dumas, pour le prier d'y mettre obstacle. < Sans doute, » vous avez été trompé, lui disais-je, la
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> pièce m'âppartienè en propre et a • moi seul ; je ne veux point de colla- » borateurs , surtout de collaborateurs » fur tifs et imposés , je vous prie donc,
> au nom de votre honneur, et vous 3» somme au besoin, d'interrompre les
> répétitions, etc. » Point de réponse, ni deM. Harel, ni de M. Dumas I... Je pars, et avant de descendre chez moi, j'entre en habit de voyage chez M, Harel. — « Je » suis un hommp ruiné, me dit-il, je vous » ai trompé , c'est vrai... — Maintenant, » qu'allez - vous faire ?. . . Arrêter la
> pièce?... Vous n'y parviendrez pas...
» J'en change le titre et je la joue. Vous » m'attaquez en contrefaçon , vol, plap giat, tout ce que vous voudrez. Vous » obtiendrez 1,200 fr. de dommages et » intérêts. Demandez a un agréé! Si
1 46 SOUVENlRf
» vaus laissez jouer au contraire, vous ^) gagnerez 13,000 fr., etc. » II disait vrai, car telle est la protection que d'ordinaire nos jug^s accordent a l'écrivain qu'on dépouille !.. Je rentrai chez moi, pâle de rage , et ce fut alors que je trouvai la magnifique lettre de M. Dumas, citée par moi au commencement de cet article.
Tels sont les premiers faits.
B Que direz-vous maintenant de ces lignes de M. Dumas ? « J'écrivis au jeune homme, et le jeune homme ne me fit pas ïhomieur de me répondre- » Cette fois, c'est la philosophie de la véracité a sa quatrième puissance ! On u'y croirait pas, si je n'avais entre les mains les titres et les moyens de prouver ce que j'avance !
D M. Dumas n'avait point accédé à la
prière, à la sommation que je lui avais faite d'arrêter les répétitious de la pièce ( ce qui fut la première, sioou la seconde de se^ fautes^ dont ilue se lavera jamais, psirce qu'^lte prouve sa complicité)^ et M. Harel, me menaçant déjouer maigre moi, ce qu'ij était capable de faire mora" lement et physiquement.^ il ne me restait plus qu'a laisser représenter mon drame aux. conditions stipulées dans la lettre de
M. Dumas, et dans laquelle il était dit i «Que son nom ne serait pçis prononcé ^ que je restais setd auteur^ que c'était un service qu'il voulait me re^re et non pas meioendr£... »
>j Eh bien ! le lendemain de la l'eprésentation, des étoiles parurent sur l'affiche avaîit mon nom , et aujourd'hui Mr Dumas veut remplacer mon nom par
*1 48 souvENins
Je sien : On voit qu'il y a progression! • Ce n'est pas tout. Quand il s*agit de paiement, on ne voulut plus me donner qu'une part. Or, écoutez bien. La cornmission des auteurs avait fait, dans le courant d'avril, avec M. Harel, et avant la représentation de ma pièce, un traité qui stipulait un droit de dix pour cent pour les auteurs, dans les spectacles ci venir de laPorte-Saint-Martin. J'avais donc droit au bénéfice de ce traité.
M. Dumas en jouissait, et au-delà : aussi touchait-il deux et trois cents francs par soirée. Que me réservait-on a moi?
48 fr., prix d'un ancien traité ! et M. Dumas m'en prenait ta moitié... \o\\k le service qu'il avait voulu me rendre et non me vendre ///
ji II n'y avait que les tribunaux a in-
voquer contre de pareils actes, comme il n'y a que la police correclionnelie contre le vol et la filouterie. C'est donc aux tribunaux que j'eus recours.
» Et si l'on veut encore la preuve de tout ceci, je l'ai en main tracée et libellée dans les actes juridiques et aiuhenii" ques qui commencèrent Tinstructiou de ce procès.
» Mais ce procès effrayait un peu la conscience publique de M. Dumas, a ce qu'il paraît, car il me proposa de Tarréter par une transaction.
» Dans cette transaction , nous nous reconnûmes de part et d'autre : 1® auteur en commun de la Tour de Nesle.
1 2° Il fut spécifié que cette pièce serait a tout jamais imprimée et jouée sous mon nom^ suivi d'étoiles.
» 3*^ M. Dumas me garantit une somme fixe de 48 fr. par représentation , et moitié de ses billets. — A quelle somme s'élèvent-ils 5 lui demandai-je de bonne foi? — A 36 fr., sur mon honneur, répondit-il en regardant Harel, et j'acceptai 18 fr. de billets.
» Le lendemain, M. Harel ne voulut plus exécuter, en ce qu'il le concernait, la transaction ci-dessus, dont il a été l'instigateur et le témoin. Il fallut un jugement pour l'y contraindre, et M. Dumas le blâma cette fois. J'eus a le remercier... C'était la première Jois et la . dernière. Aussi a-t-il cité ma lettre !
» Peu de temps après, j'appris que M. Dumas, qui m'avait déclaré sur l'honneur n'avoir que â6 fr. de billets, eu
avait pour plus de 50 ! mais en faisant le serment, il avait regardé M. Harel.
» Le manuscrit était encore a vendre ! Barba qui m'en avait donné i ,000 fr., ei jamais 1,400 Tr., n'en donna plus que 800 fr. La moitié de cette somme devait être payée comptant, a chacun de nous, et le reste a six mois de date.
- * Au bout de quelques jours, quand j'allai chez M. Barba pour toucher mes 125 fr., j'appris que M. Dutnas était venu réclamer ma part de comptant avec la sienne, s'y disant autorisé par moi!
» 11 y a dans un pareil fait quelque chose de si incroyable, de si petit, de si dégradant pour /'Aomme de lettres, que je n'aurais osé le citer, si je n'en possédais la preuveécrile, et écrite par M. Dumas lui-même!
» En effet, quand Barba m'apprit ce/a> n'osant y croire, j'écrivis a M. Dumas, qui me répondit : « qu'il avait en effet » touché 250 fr. ; mais que Barba lui » avait dit avoir avec moi des conven- » tions particulières (ne dirait-on pas » que c'est Barba qui a voulu payer » comptant? que du reste, il m'avait » mis a même d'exiger le même avan- » tage pour moi que pour lui... que je » me ser\^ de sa lettre pour me faire » aussi payer comptant, qu'il m'y auto-^ > risait,,etc.) •
» C'était se servird'un premier cfo/ pour en commettre un second : deux indélicatesses au lieu d'une ! j'aimai mieux être réglé en papier de six mois (1).
(1) Voir la déclaration de M. Barba.
« Je crois me Bouveuir (il y a t>lui de deux ans de
SOUVENIUS 1 33
» Or 5 savez-vous , monsieur Dumas, vous qui dans votre lettre m'avez traité de pauvre diable^ savez-vous ce que je pourrais vous répondre? Je suis homme de trop bonne compagnie pour vous le dire.
> Maintenant, et pour sortir au plus
tôt de ces indignités dont le tableau fait mal, je dirai que je ne me serais point opposé a l'insertion de la Tour de Nesle dans les œuvres complètes de M. Dumas, (quoique ce droit résultât rigoui;eusement pour moi des termes mêmes
» cela) qae la moitié du prix de la Tour de Nesle a élé
> donné à M. Domas en espèces, disant que cela était » convenu avec M. Gaillardel, ce que nia ce dernier^
> U fui donc obligé aux termes de n9s conventions, » d'accepter mon billet pour ma part.
> Le 29 août ISSi.
* Barba* >
de notre transaction) , si M. Dumas avait consenti a faire une simple mention de ma collaboration sur cette pièce. Telle est la méthode que suit aujourd'hui M. Scribe. Mais a une lettre polie, M. Dumas répondit par une de ces politesses dont il brigue le monopole (1).
(f) Voas avez fait S^rti^n^ée me dit-il. M.Dumas ereil-il proaver par là que je n'ai rien fait pour la Tout deNesle ? Il oublie doDC qu'il a fail.lui, IskChasse et T-imour, de la Noce et V Enterrement (Qu'est ce qui a entendu parler de la Chasse et YÀmour^ de la Noce et V Enterrement?) Poi» le malheureux Napoléon, qui a eu deux Waterloo, dont le second entraiaa dans sa chute t'Odéon de M. Harel ! Puis, immédiatement après la Tour de Nesle, le Ftls de rémigré, qui a eu Irais représentations avec M. Anicety Ângèle, qui ep a eu I rente avec Jtf. Anicef, la Vénitienne, qui en a eu vingt avec JH . Anicet, Catherine Howard, qui en a eu quinze sans M. AnicetîM. Dumas ne serait donc
souvENias lo5
> Enfin, si j'ai demandé par huissier à M. Dumas mon manuscrit premier^ c'est qu'il y a une déloyauté inouïe, de sa part, a mettre en regard de ce seul et unique manuscrit une pièce qui en eut trois pour modèle, et dont elle est en tous points le calque ou la copie.
» Voila la vérité sur la Tour de Nesle^ et la vérité tout entière. Aux documents que j'ai fournis, aux preuves que j'ai données, je dois ajouter qu'appelé devant la commission des auteurs ^ notre pairie, j'ai cité et énuméré tous ces dé-
pas l'auteur des beaulés d'Antonyt de Henri III, de Christine ? Oo Ta bieo dit un peu, et même un peu démontré',. C'est peut-être à cela que je dois l'attaque de !^. Dumns! Mais qu'il soit tranquille, je ne ferai jamdis Gaule et France^ et surtout Madame ei la Vendée !
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tails et tous ces faits en face de M. Dumas lui-même!... Et là, comme ici, j'ai senti plus d'une fois mes joues se colorer d'une pudeur^nvolontaire. C'est que naguère encore, M. Dumas était grand et saint a mes yeux, de la grandeur du talent, de la sainteté de Tart.
» Aussi, quand a cette lutte qu'il a provoquée succédera une autre lutte, peutêtre ma main tremblera. .. car il y a dans M. Dumas Taras/e au-dessus de rfeomme.^ et sous une honte une gloire.
» P. S. A l'appui de ses attestations, M, Dumas a appelé divers certificats a chacun desquels je n'accorderai que ce qui est nécessaire pour en faire appré-^ cier la valeur et le poids.
» Je ne dirai rien de M. HareL M. Harel, le premier coupable dans tout ceci, et
dont M. Dumas est le complice. Il devrait y avoir pudeur à M. Dumas d'invoquer un tel témoignage..,
» M. Verteuil, secrétaire de M. Harel^ assure « avoir été chercher chez M. Du- » mas, au fur et a mesure qu'il les écri- » vait, les cinq actes de la Tour de Nesle » (très bien) ; les avoir recopiés entière- » ment sur mon manuscrit (parfaite- » ment bien !) qui n'avait aucune res- ^) semblance avec celui (lequel ?) de 1 M. Gaillardet, manuscrit qui était de- » puis trois mois environ entre mes 9 mains... i>Ah! monsieur Verteuil, je vous arrête!... La Tour de Nesle a été représentée le 31 mai. C'est le 29 mars (voir plus haut la date) qu'a été reçu mon manuscrit... Je suis parti le 10 arnV, M.Dumas était mon collaborateur le 11 Il
déclare avoir fait son travail en huit jours, et vous déclarez, vous, que mon manuscrit était alors depuis trois mois environ entre vos mains!... Oh! vous êtes, en effet, monsieur Verteuil, secrétaire de Af. Harelt...
» M. Duvernois certifie que j'ai voulu vendre le drame (Je le crois bien) ! Il m'a certifié a moi que M, Dumas a cité un prix faux^ c'est un peu plus positifs (1).
» 11 ne reste plus maintenant que l'altestatîon de M. Janin. Ah ! celIe-la, je l'avoue, je né m'y attendais guère.
M. Janin écrit que rien n'est plus vrai que les détails de M. Dumas, dont il croit se souvenir, et qu'en somme la ré-
(!) Vo^j;>la6 baat Ja âéclar«tioii de M. Duvernois.
ponse de M. Dumas est iféridique/ et M. Dumas déclare que Janm^ accepté par moi pour collaborateur^ lui avait cédé ses droits et envoyé M. Harell... C'est tr.op fort! M. Janin oublie donc qu'i/ n'avait plus de droits^ qu'il s'était désisté^ qu'il me l'a déclar dans une lettre écrite et signée de sa main.
» Ce n'est pas tout, et puisqu'il faut que je vous le dise, apprenez donc, lecteur, qu'après la première représentation de la Tour de Nesle^ ce fut M. Janin qui m'engagea à réclamer ; ce fut chez lui que j'écrivis ma réclamation ; ce fut lui qui voulut me la dicter ^t me la dicta/ Il était furieux contre MM, Harel et Du-
mas!
» Ce n'est pas tout ; a la suite du procès
;qw «'éleva entre M. Hardi et moi de-
y diiït le tribunal de commerce ^ M. Janin écrivit lui-même à M. Darmaing, pour appuyer une réclamation que je fis a la Gazette des Tribunaux : « Je prie M. Dar- » main g d'insérer la petite note ci-jointe. » Je l'en prie en mon nom et en celui de » M. Gaillardet. Je ne comprends pas » Topiniâtreté avec laquelle on cherche » a dépouiller ce jeune homme de ce qui » lui appartient^ etc.») Voir l.a Gazette des Tribunaux du l^r juillet 1822).
» Qu'en dites-vous, lecteur?... J'avais promis de conter les petits secrets de cette apostasie , mais la place me manque ; et puis , j'ai réfléchi que cela n'en valait pas la peine!
» Et je signe : F. Gaillardet.»
M. Dumas, en partant pour Marseille,
a prié le directeur du Musée des Familles de joindre a la réponse de M. Gaillardet , pour toute réplique , les quatre lettres suivantes , publiées déjà dans le Courrier des Théâtres , et reproduites par d'autres journaux (1).
Après celle réponse, on comprend que M. Gaillardet n'avait aucun droit de retarder notre duel, puisqu'ayant gardé moins de mesure que moi , c'était moi qui me trouvais l'offensé.
Aussi, sur une nouvelle visite de mes témoins, la rencontre fut-elle fixée au 17 octobre 1834.
(I) Saivaieot les quatre lettres d'Harel, de Jauin, de Verteail et de Daveraois, qu'il est inutile de reproduire puisqu'elles ont déjà passé sous les yeux du
lecteur.