Voyez Pappendice
elle avait expulsé les moines de leurs capucinières, don Carlos de la Navarre, et la reine mère du pouvoir souverain. Espartero était régent du royaume; Argûellès, tuteur de la jeune reine ; Olozaga, président des certes. Connu de tous les hommes principaux du parti victorieux pour avoir rendu quelques services à leur cause, j'étais sûr de recevoir d'eux un accueil courtois et presque reconnaissant.. Les douaniers] d'Irun, en lisant mon nom sur le passe-port de l'ambassade espagnole, avaient laissé passer, mon fusil français, malgré la prohibition formelle des tarifs ; je pouvais donc compter qu^à Madrid on lui ouvrirait l'accès des domaines de la couronne et de l'État,
Pendant que mes amis demandaient pour moi les permissions nécessaires, d'autres m'offrirent, pour me faire la main et prendre patience, bne chasse aux lapins dans un 50^0 voisin Je Madrid. J'acceptai de grand cœur, sachant bien qu'à la façon dont l'esprit de l'homme est tourné, lui qui veut toujours monter et qui doit toucher au faîte avant qu'il aspire à descendre, les lapins me seraient fort agréables après le souvenir des cailles, et fort indifférent peut-être dès que j'aurais goûté aux sangliers et aux chevreuils. Il faut en tout de la progression. Nous partîm^es donc, par une belle matinée de mai, trois ou quatre compagnons entassés dans une berline du temps de Philippe V ,
lOcore dorée sur tranches. Elle se composait d'une l^)èce de coffre étroit et bas, où, sans chapeau, Aous étions obligés de baisser la tète ; ledit coffre, posé sur deux brancards longs, droits et carrés, qui ressemblaient à des poutres de maison, posés eax-mèmes sur deux paires de roues égales, qui couraient Tune après l'autre à trois toises de distance. Cet antique wagon avait pour locomotive un im de six mules bien empanachées, bien chargées de sonnettes ; leur grave mayoral, pjBrché sur le siège, menait l'attelage du timon, tandis qu'un jeune zagal, chaussé d'espardilles, couraient entre les deux mules du devant, pendu par les deux, mams à leurs brides.
En Espagne, on appelle soto un endroit sans cul^» lare, abandonné aux buissons et aux ronces, qui ne peut» servir qu'à la pâture du bétail et à la chasse. Celoî-ci, nommé soto delPiul^ est situé à trois ou quatre lieues de Madrid, sur la route de Yalence. La chasse en était louée par la succession du mar* quis de.... à quelques associés, et j'appris avec une surprise extrême qu'ils la payaient 24000 réaux par an ^ Mais je fus bientôt rassuré par mes com* pagnons sur l'emploi de cette grosse somme, et je vis qu'ils étaient plutôt de sages spéculateurs que des prodigues écervelés. « Outrç le plaisir