LA MARQUISE DU DEFFAND
Je me rappelle très-bien d'avoir été mené par la maréchale de Mirepoix chez madame duDefTand, dont les lettres viennent de rajeunir la célébrité. Tétais d'un âge à être plus frappé du tonneau qu'elle habitait que de l'agrément de son esprit ; mais l'on m'a conté d'elle un trait qui n'est peut-être pas indigne d'être conservé. Elle n'aimait pas l'exagération, comme on en a la preuve dans sa correspondance, et pourtant elle était condamnée à voir sans cesse des personnes engouées , enthousiastes, et des prôneurs étemels encore plus fatigants que tout le reste. Un jour, excédée des éloges excessifs que M. de *** faisait d'un honmie très-médiocre, en ajoutant, par forme de refrain , que tout le monde pensait comme lui , elle répondit : « Je fais , Monsieur, assez peu de cas du monde depuis que je o me suis aperçue qu'on pouvait le diviser en trois parts : les « trompeurs , les trompés et les trompettes. » M. de *** était évidemment dans cette dernière classe , et je ne le rencontre guère sans penser à cette saillie.