‹ Souvenirs de FélicieChapitre 40 sur 82 · LA MARÉCHALE DE BEAUVAU · texte numérisé non relu

LA MARÉCHALE DE BEAUVAU

sexe , à laquelle il n'est pas donné au nôtre d'atteindre , et l'on ne savait, en se rangeante son opinion, si Ton était séduit ou convaincu. Enfin, esprit, sentiments, principes, tout en elle était recommandable et distingué. Je dirais volontiers que c'était une personne parfaite ,' si, par une singulière inconséquence qui n'est peut-être au fond qu'un mouvement d'envie , on n'attachait une certaine idée d'insipidité à cet éloge qui devrait les comprendre tous.

Née Rolian-Chabotet veuve d'un Clermont, elle avait épousé, en secondes noces, le prince de Beauvau ,'avec qui elle vécut longtemps dans une union aussi inaltérable que bien assortie. Tout était noble comme son origine dans ce vrai modèle d'un chevalier français , sa valeur, ses opinions , sa taille , sa figure. Il avait le goût des lettres, et, membre zélé de l'Académie française , l'étude de la langue était son occupation favorite. Personne à la cour ne parlait plus purement que lui ; mais, s'il n'y avait jamais rien à reprendre dans son langage, celui de madame de Beauvau ne laissait rien à désirer. Ses amis ne l'oublieront jamais, et quant à ceux qui ne l'ont point connue, ils ne peuvent se faire une idée de ses manières nobles et gracieuses qu'en voyant sa belle-fille, à qui elle semble avoir laissé ce prédeux héritage.

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