‹ Souvenirs de FélicieChapitre 56 sur 82 · LE CARDINAL DE ROHAN · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE ROHAN

X Le cardinal de Rohan, celui que là malheureose et ei;igKdiiv9 affoire du collier n'a rendu que trop fameux, ava^ nae belb taille, une figure noble etdes mainières agréables. 1) aunait b monde et il y levait des succès. On ne pouvait lui refuser de l'eq^rit; mais, pour du jugement, il en était totalement dépourvu. Une ambition fort au-dessus de sa capacité lui avait fiait dédrer Fambassade de Vienne, et le crédit de inadame de Marsan la lui avait lait donner, à Fexclusion du baroli de Breteuil , qui était déjà nommé. Pendant que le cardinal de Kohan, qui -s'appelait alors le prince Louis, remplissait ce poste important, et qu'il était plus occupé d'étaler un grand Êiste et de jouir de la société de Vienne, une des plus aimables de VEo* rope, que des affaires diplomatiques^ le partage de la Pologne se tramait à son insu. Je ne sais si le cabinet de Versailles aur rait eu la fermeté de s'y opposer ; mais cela n'excuse point Tambassadeur, qui devait avertir d'un pareil événement. Il eut encore la maladresse d'écrire d'une manière défavorable sur le compte de la jeune princesse destinée à régner sur la France; elle le sut, ne lui pardonna point , et ce fut une des causes de l'infortune du cardinal ; mais la principale fut certainement une incoofcevable crédulité, qui le rendit la victime ridicule de la plus impudente supercherie aue l'on ait jamais tentée. Cette crédulité est réellement le nœud de toute l'affaire , et dispense de recourir aux explications non moins incroyables que la malignité n'a pas manqué de suggérer. .Fe puis moi-même en fournir une preuve. Je dînais chez lui, l'année qui précéda sa catastrophe; on parla de Gagliostro , qui habitait alors Strasbourg, dont les Rohans étaient , depuis près d'un siècle, évé-

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