METRA LE NOUVELLISTE
Tandis que la fortune laisse dans Tobscurité des personnages dont les talents ne demandent que des occasions de se signaler, eHe accorde une célébrité passagère à des hommes faits pour rester dans un étemel oubli. 11 y avait à Paris, quatre ou cinq ans avant la Révolution, un certain Metra, bourgeois désœuvré, qui n'avait rien de remarquable dans toute sa personne qu'un nez d'une longueur démesurée. Son esprit était au-dessous du médiocre, et cependant il avait acquis de l'importance, uniquement par son goût pour les nouvelles politiques et son assiduité aux Tuileries. C'était là , sur la terrasse des Feuillants , qu'il avait établi son quartier général , et sa gravité ministérielle l'avait rendu l'oracle des politiques subalternes, qui avaient déserté le Luxembourg pour s'établir au nord de la rivière. Peu à peu, des personnes de bonne compagnie eurent la curiosité d*écouter ce que l'on disait dans ce cercle. Ils Orent connaissance avec Metra, qui ne manquait pas d'un certain juge ment, et qui, depuis vingt ans qu'il lisait régulièrement les gazettes , avait contracté l'habitude d'apprécier assez bien les nouvelles. M. d'Aranda lui-même, qui logeait près des Tuilerips et qui s'y promenait souvent, ne dédaigna pas sa conversation ; et, ayant remarqué qu'il répétait exactement ce qu'il lisait et ce qu'il entendait dire, sans y rien ajouter ou retrancher, il finit, ainsi que plusieurs autres membres du corps diplomatique, par lui envoyer dire les nouvelles qu'ils voulaient répandre. C'est ainsi qu'après avoir commencé par être un objet de dérision il finit par faire autorité dans la haute société , où cependant il ne fut jamais admis.
Metra mourut au commencement de la Révolution ; il n'a
MO
MITBA UB HOirVELLISTK.
Jnoate été Templaoé. Avant lui, il n*y avait eu personne de bien BUffqoanft parmi les nouvellistes de Jf^rdin, si ce. u'est un certain al4>é qd se rendait tous les jours sous Tarbre de Cracovie, au Lmcemboorg (ssbre «nsi nommé à Toccasion des troubles d^ Pologne). Ûnn*a jamais su le nom de ce personnage, mais tout le monde rappelait t'abbé Trente miiie hommes^ parce qu'U •avi^tôujouris ce nombre de ^Idats a sa disposition, uî plus i moins, pour effectuer ses planç de campagne et battre tous ; ennemis.