GEORGES III, BOI D^ANGLETEBBB
anciens navigateurs, qui côtoyèrent longtemps les rivages avant de s'élancer en pleine mer. ^
Georges III conserva sur le trône , où il monta de bonne heure , ta déférence que la princesse de Galles , sa mère , lui avait inspirée pour mylord Bute ; ce sentiment était augmenté par les habitudes de Fenfance , car ce seigneur écossais avait présidé à son éducation ; son ascendant devint même si fort qu'il put, avant de mourir, en transmettre une partie à son secrétaire Jenkinson, homme de talent et de mérite, créé d'abord baron sous le nom de Hawkesbury, et depuis comte de Liverpool. C'est le père de celui qui est aujourd'hui ministre', et l'on prétend que, s'il conserve ce poste important, il le doit plus au respect filial du régent pour le roi et la reine, princesse dont cette famille a aussi la conGance , qu'à la conflance personnelle du prince. Le crédit de mylord Bute est regardé comme l'origine de cette faction écossaise dont il est si souvent question dans les mémoires et les pamphlets que l'on publie depuis cinquante ans. A ce sujet, je remarquerai que les Anglais qui n'ont rien perdu de leurs anciens préjugés, ou plutôt de leur haine nationale contre leurs voisins du Nord , assurent qu'il est d'autant plus dangereux de leur laisser^ prendre du pouvoir qu'ils s'en servent pour remplir toutes les places de leurs parents, de leurs amis et de leurs compatriotes. Ce patronage s'étend, dit-on, depuis les plus grandes charges jusqu'aux plus minces emplois. Ou cite, comme un exemple assez curieux, que, depuis le ministère du lord Bute, le fameux jardin botanique de Kew est toujours dirigé et cultivé par des Écossais ; ils y ont même établi, pour ainsi dire , une pépinière de maîtres et de garçons jardiniers de leur nation , qui exclut presque entièrement les Anglais de cette branche d'industrie. J'espère que l'on me permettra de placer ici une espèce de dicton, ou plutôt d'apologue, qui explique d'une manière sensible et pittoresque la différence caractéristique des deux peuples, accolés plutôt qu'unis. « Lorsqu'un Écossais, disent-