GEORGES III, BOX D*ANGLETERBE
« ils , monte à l'échelle du pouvoir, il tend la main à ses com» « patriotes pour leur aider à monter ; un Irlandais, au con- « traire, dans la même position , donne des coups de pied aux « siens pour les en empêcher. » Cette opinion populaire est sans doute sujette à exception, comme toutes celles de ce genre ; toujours est-il certain que lovd Bute donna à beaucot^ d'Écossais des emplois dépendants de la couronne Quant à l'influence qu'il exerça dans les commencements sur les déterminations du roi, il eut d'autant moins de peine à la conserver qu'il était tory par principes, et cela dans le sens le plus étendu^ cherchant de tout son pouvoir à augmenter la prérogative royale. 11 ne daignait pas même déguiser ses sentiments ; il les montrait, au contraire, dans toutes les occasions avec une hauteur choquante, qui le rendit bientôt l'objet de J'animadversion publique. Ce fut lui qui commença la fameuse querelle avec les colonies américaines , qu'il prétendait traiter comme un domaine direct et exclusif de la couronne , tandis que les habitants de ces provinces , qui descendaient pour la plupart de puritains et de niveleurs réfagiés, trouvaient que la liberté dont jouissaient les citoyens anglais était encore trop restreinte. Le roi adopta avec chaleur la doctrine de son ministre et la soutint avec toute l'opiniâtreté de son caractère. Mylord Chatam (le premier Pitt), qui voyait de loin le danger d'un pareil système, et qui , avec des talents bien supérieurs à ceux du lord Bute , avait des principes politiques absolument contraires aux siens , s'opposa constamment , dans le conseil comme dans le parlement, aux mesures rigoureuses qui, sans vaincre la résistance des colons , ne pouvaient manquer d'aliéner à jamais leurs cœurs; à la fin , voyant que, malgré la retraite plus apparente que réelle du pair écossais , ses projets étaient toujours contrariés, il se retira du ministère, après avoir dit dans la Chambre haute ces paroles mémorables : « Mylords, je vois derrière le trône quelqu'un plus grand que « le trône qui entrave mes opérations , qui détruit mon ou-