‹ Souvenirs de FélicieChapitre 9 sur 82 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

« êtes le seul ici > dit la reine en baissant la voix , qid a ne me demandiez jamais rien I » Malheureuse princesse, en effet, qui, coupable devant la cour de ses refus et devant la nation de ses bienfaits, ne fit presque jamais que des ingrats ou des mécontents l *

Bien s'en fallait pourtant que Versailles et Trianpn renfermassent une foule de courtisans avides. La reine comptait auprès d'elle et dans sa cour des hommes et des femmes du plus noble, du plus généreux caractère. Une amitié sincère, un dévouement pur les attachaient à sa personne ; mais une longue succession de règnes leur faisait regarder les faveurs du pouvoir, non comme un revenu, mais comme un privilège de leur rang. Les splendides profusions d'un grand roi étaient toujours présentes aux yeux de la noblesse ; elle s'y trouvait encore les mêmes droits et se croyait peut-être aux mêmes temps. Une observation attentive découvre seule en quoi diffèrent les choses qui paraissent semblables ; mais ces seigneurs, si séduisants dans un cercle, si finement polis à la cour, si brillants à la tranchée, tout préoccupés d'intrigues, de plaisirs, de galantei^ies, avaient-ils, dans la situation où se trouvait la France , le temps de voir et de prévoir ?

De là vint donc que V aristocratie , puisque Ton prononçait déjà ce nom, vit sans effroi^ comme les autres classes, la convocation des états généraux. Cette convocation souriait aux idées nouvelles. Le clergé seul les avait énergiquemenl, combattues; peut-être, en présence des états , se flattait-il de vaincre la philosophie. La cour ne désespérait pas d'obtenir des subsides au prix de quelques remontrances ; car t^o/eance^ n'étaient plus de saison. Pour la noblesse, rien ne l'effrayait. De quoi s'agirait-il ? Au pluB

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