‹ Souvenirs de François de CézacChapitre 13 sur 38 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

M. de Vaissière, nombre de gentilshommes de la fin du xviii' siècle avaient perdu l'usage de diriger eux-mêmes leurs forces. Ils manquaient d'initiative. Les évolutions politiques, en commençant à les dépouiller de leur autorité, leur avaient appris à se défier d'eux-mêmes, à se soustraire aux responsabilités, à chercher une direction.

Cet état d'esprit, qui fut une des causes nombreuses de l'émigration, oii on allait s'enrégimenter sous les ordres des princes, est frappant chez Cézac. Il est à noter que cet homme d'énergie possède une merveilleuse facilité de discipline. Cet actif est en même temps un passif. Et cela apparaît à merveille, lorsque, nous contant les faits et gestes de sa carrière d'émigré, il n'a nul souci de nous faire connaître, et peut-être de connaître lui-même les dispositions émanées d'en haut qui les motivent.

Point n'est besoin d'ailleurs d'ajouter que je n'entends nullement parler du soldat. La subordination de Cézac et des autres Condéens devient sur ce terrain une qualité admirable, indispensable, qui fait honneur à l'esprit militaire de l'ancienne France, laquelle, sur ce point, a engendré la nouvelle. C'est le « politique » que j'envisage seulement ici :

Lorsqu'il rédigea ses souvenirs, l'émigration

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