XXII INTRODUCTION
était déjà lobjet de discussions passionnées. On aimerait à l'entendre louer, excuser ou défendre la sienne. Mais il ny songe que bien superficiellement.
Quand il quitta la France, personne ne voyait plus clair dans les événements. Selon l'expression deRivarol, « la couronne du malheureux Louis XVI lui-même tombait de son iront sur ses yeux ». Le point d'honneur était essentiellement mobile. Tandis que pour le constitutionnel cet honneur était auprès du roi, tandis qu'il était à l'hôtel de ville pour les révolutionnaires, u l'émigration pour les royalistes en faisait son apanage exclusif ».
Il est aisé, maintenant que nous avons la sérénité du recul, de blâmer ce mouvement auquel Taine a démontré que la noblesse aux abois était presque contrainte. Ce mouvement, Gézac le suivit donc pendant dix ans... sans le juger... et, rentré en France, il ne songea jamais assurément qu'il y avait eu là une désertion funeste. Pour lui — et on le comprend— l'armée de Condé fut sans doute « la vieille France militaire qui veut reconquérir le royaume, comme au temps de la Ligue, en compagnie de bandes étrangères, oubliant que, lorsque la frontière est menacée, il faut d'abord la défendre (') ».
La cause était discutable. Cézac et ses compa-
(') Bittard des Portes, Histoire de Vai-mée de Coudé.