II
sut gagner \^ confiance et ^affection générales, en faisant entendre au foyer des familles le langage de la prière et de l'exhortation : alors tout prît une autre face, et Ton ne tarda pas à recueillir les iQappréciables fruits dVne nussion toute deréconc^liatioi\ et de çliarité.
)) Ahl monsiieur, quil fut grand le bien que cet hpinni^e de Dieu répandit parmi nous! Que de faniilles divisées lui durent la concorde et le bonheur! Que de personnes touripaentées par les ren^>i:ds, ei^ versant dans son cœur leurs chagrins ou leupcs^ fautes, reti'OMvèrent en l'écoutant le calme et la paix de conscience!
» Sa providentielle influence s'étendait sur tous et à tput : sur les jeunes gens , auxquels ses instructions, aussi paternelles que convaincantes, faisa^ient connaître et aimçr les vérités saintes de la révélation ; sur les hommes d'un âge plus mûr, que ses pieux exemples ramenaient doucement à la pratique de notre divine religion; sur les vieillards, qu'il préparait à la mort en leur montrant la fin de la vie comme une source de biens éternels pour ceux qui , pleins de foi dans le Seigneur, mettent ep lui leur unique çq)érançe,..
» Mais c'est surtout pour consoler lesaffligésqu'il savait trouver de ces mots inspirés par une charité toute d'amour, et par un cœur que la soufirance avait initié aux mystères du malheur. Qui en a reçu des preuves plus touchantes et plus efficaces que moi 9 pauvre orphdiine, dont la mère venait de mourir au moment n^ie où le pasteur Gonthi^r arrivait à Nimes avec son angélique femme ^ sa Louise , déjà souffrante , et pour laquelle il avak abandonné la Suisse, sa patrie, dans Tespoir qu'un climat plus doux ranimerait une santé si chère?
n Accueillie pai: eux comme une sœur delà petite Louise, leur en&nt chérie, j'appris, en vivant dan» leur édifiante intimité , à les aimer, à les bénir ; jamais union plus pure n^exista sur la terre; jamais liens plus forts et plus doux ne furent mieux sanctifiés par les bonnes œuvres et l'amour de Jésifâ- Gliîist. Toutes leurs pensées , toutes leurs actions n'étaient qu'une constante application des préceptes de l'Évangile : Aimez votre Dieu de toutes vos forces, de tout votre cœur, et votre prochain comme vôus-màaae.
» Gomment, en admirant tant de vertus , n'au^ rais-je pas désiré de puiser comme eux à la source
OQie
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sainte qui leur en rendait la pratique si douce et si «ûre?... Guidée par notre bon pasteur, je lus, j'étudiai , je gravai dans mon cœur les divins livres où l'on peut seul apprendre à servir Dieu, et à aimer véritablement ses semblables. Grâce à de si bons exemples, je cherchai de toutes les forces de mon âme à devenir chrétienne et à mériter d'être un jour aussi méritante, aussi heureuse en ménage que mes incomparables amis.
» Mais que les félicités du monde sont courtes et passagères ! Ce bonheur sans mélange, cette ineffable identification des âmes dont ils jouissaient connue un avant'^oût du ciel , devaient bientôt être brisés. La santé de madame Gonthier , que le climat du midi avait d'abord améliorée, redevint de jour en jour plus chancelante ; sa faiblesse augmentait, et les symptômes du mal se montrèrent enfin si alarmants, que l'on dut abandonner l'espoir de conserver celle que je vénérais, que je chérissais à l'égal d'une mère... Elle mourut, hélas! malgré l'incomparable dévouement de son époux adoré , qui , consacrant les journées aux devoirs de son ministère, passait les nuits entières à veiller, à soigner sa Louise bien-aimée...
» Si répreuve fut grande, sa résignation fut sublime , et il n y a que lui qui puisse en faire connaître Tinappr&iable étendue...
» Laissez-moi donc vous lire quelques passages d'une lettre qu'il écrivait, un an après son irréparable perte, à l'ami qui lui avait demandé de lui faire part de ses douloureux souvenirs... »
Madame C*** ouvrit alors un petit cahier qu'elle porte toujours avec elle, et me lut les lignes suivantes , dont elle eut ensuite la bonté de me laisser prendre copie. «
» Quelle journée je viens de commencer, mon » ami ! quel déchirant anniversaire ! C'est à pareil » jour, il y a un an, que furent brisés les liens qui » m'unissaient à l'amie la plus tendi*ement aimée, » la plus digne de l'être ! mais que dis-je, brisés? » non , jamais mon cœur ne cessera de chérir cette ' » angéUque amie , il sera toujours plein d'elle et de )> sa pensée... Les onze années que nous passâmes » ensemble dans l'intimité la plus parfaite ont » formé entre nous une chaîne que rien ne peut » rompre ; et ne nous aimàmes-nous pas avec la » pensée de notre Dieu sauveur, avec le besoin de
» nous attacher ensemble à lui, avec Fespoir d'être » un jour réunis dans son sein paternel?
» Que cette idée est puissante pour me soute- » nir, pour soulager la plaie profonde de mon » cœur ! elle me donnera la force de rassembler les » souvenirs de ces dernières heures que vous me » danandiez depuis longtemps, mon ami, et que » je me réservais de vous adresser en ce jour; sou- » venirs si cruels pour moi , et toutefois adoucis » par tout ce que mon amie m'offrit alors de con- » stance, de sérénité, de piété, de résignation véri- » tablement céleste.
» Vous le savez , quand la mort va frapper ses » derniers coups, alors quelle les prépare, elle » parait quelquefois s'éloigner un peu ; un l^er » mieux-être semble ranimer le malade près de sa )) fin. Ainsi s'écoula la dernière nuit que mon amie )) passa sur cette terre; elle se trouva un peu moins » mal que les journées et les nuits précédentes ; elle » reprit quelques forces. Et je bénissais Dieu si vi- » vement ! je le conjurais avec tant d'ardeur d'aug- » menter ce mieux-être ! Mon amie dormit peu , » mais elle était moins agitée. Je lui lus, à plusieurs » reprises, quelques chapitres de nos livres saints ;
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» cette lecture était devenue le premier bèsbiti de » son âme et sa plus chère consolation.
» Cependant , ce calme qu'elle éprouvait lie fut )) pas de longue durée. Vers le matin y de chielles » angoisses commencèrent pour elle. Au milieu de » ses scmfirances ^ elle ne put retenir ces paroles : » Bienheureux sont ceux qui jouissent du repos ! ... » Alors elle m'exprima le désir d'être quelques mo- » ments toute à ses pensées; elle s'entretint pendant » ce temps avec son Dieu; puis elle me dit :
»... Maintenant, j'ai prié; et, grâce au Sei- » gneur, j'espère n'avoir plus un moment d^inquié- » tude ! ... De quelle expression elle accompagna ces » paroles! Quelle expression d'humilité, de piété ^ )> de calme [ Les maux s'a^ravaient toujours... A » huit heures environ , elle demanda à voir sa fille » chérie, à l'éducation dé laquelle elle s'était dé- » vouée d'une manière si touchante , malgré l'é- D puisement de ses forces... Je lui dis que noire » amie madajne *** venait de l'emmener chez elle, » que j'allais la faire chercher... Elle réfléchit un » instant : Non , me ditreHe , il vaut encore mieux » qu'elle ne me voie pas...
» Cette pauvre enfant, qui relevait d'une maladie
m SOUVENIRS
» grave , était encore extrêmement faible : son an- » gélique mère craignit que sa vue ne produisit sur » elle une secousse fâcheuse , et , sacrifiant en ce » moment, selon son habitude constante , son bon- » heur à l'intérêt des autres , elle se décida à se pri- » ver de la consolation si naturelle et si douce de » revoir une dernière fois sur la terre son enfant » bien-aimée. «Tinsistai pour qu on la lui amenât » au moins quelques instants... Non, merépondit- » elle.:., cela vaut mieux. Mon ami, tu sais tout... j> tu lui diras tout
» Hélas ! ses forces s'épuisèrent de plus en plus ; » elle pouvait k peine parler; mais ses regards î) cherchaient les cieux et s'animaient dans cette )) contemplation d'une sorte de béatitude anticipée. )> Elle ouvrit la bouche : toute mon âme était là » pour recueillir ses paroles; elle dit : La mort! » Dieu ! le ciel! ... Ainsi, du sein de sa faiblesse » extrême, elle cherchait à me préparer au coup » affreux qui m'attendait , et à m'entourer en » même temps des consolations qui pouvaient for- » tifier mon âme et la sauver du désespoir
)) Mon ami , me dit-elle , dans un moment où ses » souffirances devinrent moins vives, mon cher » ami, soulève mes bras... Je les soulevai. Elle les » passa autour de mon corps. moment indéfinis- » sable ! où tant de sentiments divers se confondiv rent dans mon àme, où tant de déchirements s'y » firent sentir J Mon ami, reprit-elle avec une )) expression d^tendresse que les mots ne sauraient » rendre ; mon excellent ami, je te bénis pour tout » le bien que tu m'as fait... Dieu te rende ce que » je n'ai pu te r«idre... Ah! j'avais tout reçu » d'elle, tout ce qu'un mortel peut connaître de » bonheur. J'avais trouvé en elle l'àme la plus » chrétienne, le caractère le plus noble et le plus » généreux , les sentiments les plus profonds et les » plus tendres : elle ne respirait que pour ma féli- » cité. Et moi, j'avais fait si peu pour elle à mon » gré!
» Cependant, je la sentais faibUr; et dans le » trouble inexprimable qui m'agitait, ne pouvant » me soutenir par mes seules forces , j'invoquai ce- » lui dont la vertu est toujours prête à venir au se- » cours de notre faiblesse : je priai à haute voix et » pour die et pour moi. Nos cœurs, tout près l'un
iM SOUVENIRS
» de Tautre^ s'unissaient une dernière fois dans nos » épanchements chrétiens.
» Quand notre prière fut achevée , je lui dis pour » tempérer un peu l'horreur de ces moments :
» Mon Angélique amie, le Seigneur nous accor- » dera peut-^tre la grâce de l'aimer, de le prier » encore ensemble ici-bas. — Je ne le crois pas , n me répondit-elle; mais s'il nou& accordait cette » faveur, nous nous aiderions de plus en plus ^ » n'est-il pas vrai, à dégager, avec son puissant se* » cours, nos actions de toutes vues terrestres, à les » rapporter uniquement à notre Dieu, au pur dé- » sir de lui plaire ?...
» Que ces paroles restent à jamais gravées dans » mon âmcf ! il me semble qu'elles sont comme un » dernier legs que m'a fait ma céleste amie, l^s » inestimable, le plus précieux de tous; car qu'y » a-t-il d'important ici-bas , si ce n'est de dégager, » avec le secours d'en haut , nos actions de toutes w vues terrestres y et de les rapporter uniquement à » Dieu , au pur désir de lui plaire ?
» Voilà la seule chose utile dans la vie ; tout le » reste n'est que vanité- Et n'est-ce pas comme un » appel solennel que le Seigneur a fait ouBir à mon
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» âme de le chercher avant tout ^ que ces paroles )» qu'il a voulu que mon amie m*adressôt à une » pareille heure? Oh ! qu'il daigne m' aider à en » profiter! Le pourrais-je jamais sans lui ?
» Mon amie souffrait moins, toujours moins; » mais ses forces s'affaiblissaient aussi sensible- » ment. Qui l'eût vue dans ces derniers mo- » ments; qui eût vu la tristesse de ses r^ards » quand elle les tournait vers poi , et la sérénité » qu'elle reprenait quandj-euë les reportait vers » les cieux; qui eût vu l'Apèce d'avant-goût des » félicités éternelles qui semblait arriver à sôn » âme au milieu de ses souffrances, serait devenu ^ chrétien s'il ne l'eût pas été, à moins que son » cœur ne se trouvât fermé à tout sentiment hon* » nête.
» Sa dernière heure approchait , et néanmoins » elle trouva encore la force de m'adresser ces pa- ». rôles: Mon ami, Dieu te reste... il consolera » ton âme... Elle me donna un dernier baiser... » Hélas ! je sentis le froid de la mort qui s'appro- J) chait déjà de ses lèvres... Enfin elle ouvrit la » bouche et articula confusément ce mot sacré : » Jésus-Christ!
H ËUe ne put en dire davantage. Son di\in Sau- » veur, qui entendit ce dernier élan de son âme » vers lui, appela et reçut cette âme toute céleste, » l'introduisit au sein des délices suprêmes, et la » réunit au fils chéri qui Tavait devancée dans ces » immortelles demeures.
» Et moi je reste sur cette terre de passage et » d'épreuves avec sa fille. Que de devoirs il me
» reste à remplif|
a Cette enfant, reprit madame de C***, sur laquelle reposaient désormais toutes ses espérances... cette petite Louise que j'ai tant aimée, et chçz qui les souffrances avaient développé prématurément les facultés du cœur et de l'intelligence; cette compagne, cette amie du meilleur des hommes et des pères, dont elle faisait la consolation , devait aussi lui être enlevée quelques années après , comme sa pauvre mère, à laquelle elle ressemblait si bien par l'inaltérable douceur de son caractère et par une sensibilité extrême.
» Nous la vîmes s'éteindre lentement, et mourir comme elle sous ses yeux et dans les bras de notre bien-aimé pasteur.
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» Sa tête s'indina sous ce dernier coup, son âme s'abattit... et s'il n'eût eu une foi inébranlable... s'il n'eût été chrétien... Mais c'est encore lui qu'il faut entendre parler d'une si grande infortune pour se faire une juste idée de la résignation surhumaine qui lui fit dire avec Job : Le Seigneur me l'avait donnée, le Seigneur l'a reprise, que le nom du Seigneur soit béni ! C'est ainsi qu'il écrivait, quelques semaines après son ii^lheur, à la meil-* leure amie de sa femme :
Join iSil.
« Quelle semaine s'est écoulée pour moi , mon » excellente amie ! quels jours que ceux que je » viens de passer ! et quel avenir m'attend !
» Aux coups qui m'avaient frappé successive- » ment vient de s'unir un dernier coup. J'avais » perdu mon fils, j'avais perdu son angélique )) mère ; je viens de perdre ma dernière consola- » tion, ma fille bien-aimée... ils m'ont tous » quitté.
)) Si je n'étais chtétien , et surtout si je n'éprou*- )) vais le pressant désir de le devenir véritable-
» ment, complètement, autant par mes sentî- » ments intimes et tous les détails de ma vie que "» je le $uis par mes opinions; si ce désir ne ram- » mait pas maintenant mon cœur, que l'existence » serait affreuse pour moi !
» Mais je demande iostamment au Seigneur » cette grâce, que les épreuves qu'il m'a dispen- » sées ne me trouvent pas rebelle à ses desseins » sur moi; quelks m'attachent dès ce jour à lui » sans réserve; qu elles m'éclairent pleinement suie » le néant des joies de ce monde; qu'elles con- » sument tous les sentiments terrestres et vils que » je porte en mon sein... S'il daigne exaucer mon » ardente prière , il pourra y avoir encore quelque » paix en mdn âme , je le sens.
» Sainte résignation des Job et des David , de- » venez ma résignation! religieuse obéissance » d' Abraham , soyez la mienne ! Le sacrifice n'est » pas seulement demandé , il est consommé. Que » je m'incline humblement sans me permettre » aucune plainte devant la volonté du Très-Haut.
» Je trace ces lignes à Lyon , dans le même hôtel ,
DE GENÈVE. lit
y^ dans la ixiéme chambre où , l'année dernière , je » passai douze jours avec ma bien -aimée Louise, » alors que nous revenions ensemble de la Suisse , » et qu'une crise soudaine mit ses jours dans un )) imminent danger. Quelles vives angoisse*s j'é- » prouvai ! Mais le Seigneur daigna Jes dissiper, et » l'espérance rentra dans mon cœur : aujourd'hui
» toute espérance m'a été ravie
)) Angélique enfant!... Vous 'savez, ma digne » amie, quelle âme était la sienne î quels trésors » elle renfermait... trésors dMntelligence et de teny^ dresse! Oh! j*en atteste tous ceiix qui l'ont vé- » ritabkment connue, sa raison n'était pas de son » ^e» Et quelle sensibilité ne remplissait pas son » cœur ! comme elle savait aimer son père ! . . . Mais )? surtout quelle n'était pas sa piété véritable et » piu'e !... C'est bien là ce qui fait ma consolation » dans ma douleur... Oui, son âme appartenait » déjà ici-bas à son Dieu, à son Sauveur... Oui, » elle était chrétienne; je crois avoir tout dit par
» ce mot
« Ce$t à cette soumission parfaite aux décrets de la Providence, continua madame G***, jointe à la
charité et au dévouement, qui étaient un bonheur pour lui parce qu'ils étaient dans sa nature , qu'il dut de ne pas succomber à de si terribles assauts. Tout entier désormais à ses pieuses fonctions , et auY malheureux surtout sur qui il répandait les trésors d'affection que son cœur contenait pour ses deux Louise, il s'associa k toutes les douleurs, il vécut en s^utrui , épousant les souffrances de l'humanité comme ses propres souffrances...
» C'est lui, dit madame C*** en soupirant profondément, qui, après avoir béni mon mariage et pris part à ma joie, sut faire descendre la résignation dans mon cœur à la mort de mon premier-né; c'est lui qui, tout courbé encore sous le poids de ses récentes infortunes, m'apprenait à louer le Seigneur au sein des afflictions, et à accepter ses épreuves comme un gage de sa miséricorde...
» Si j'ai dansl'àme quelques penchants à la vertu, si j'aime la vérité et la justice, si mon plus cher désir est de servir mon Dieu en n'offensant personne et en faisant du bien à tous, c'est à lui que je le dois , à lui qui a reçu du Seigneur le don de la persuasion et de la consolation a un degié au-
quel bien peu d'hommes ont été appelés depuis que l'Évangile est prêché sur la terre. ^
» Ce dévouement infatigable, cette touchante onction qui gagnaient tous les cœurs à Jésus, en élargissant chaque jour la sphère de son apostolique mission , ne tardèrent pas malheureusement à altérer de plus en plus une santé déjà si rudement atteinte par les douloureuses pertes de sa femme et de son enfant. Ses forces épuisées ne pouvaient plus soutenir la pesante tâche qu'imposait une église aussi considérable que la sienne : en veillant, en exhortant les malades , il avait perdu le sommeil; et bientôt il tomba dans un tel état d'épuisement et de soufirance , qu'il céda aux prières de ses vénérables parents et s'en retourna en Suisse, laissant aux protestants de Nimes un éternel souvenir des bienfaits de son ministère.
» Depuis lors , malgré les maux qui l'accablaient et les soins qu'il donnait k sa nouvelle paroisse, il n'a cessé d'entretenir un doux échange de sentiments et de pensées avec ses amis du Midi; jamais un mois ne s'est écoulé sans que j'eusse moi-même le bonheur de recevoir une de ses lettres pleines d'évangéliques exhortations et de témoignages II. 8