‹ Souvenirs de Genève: complément des "Mémoires d'un prisonnier d'Etat"Chapitre 9 sur 33 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

CONTINUATION |»U lOURNAL*

Voyage « Lyon. — H^nconire a Ddie <ftine dame protestaate. Quelques traita de la rie du paateur Gonthîer» miaiitre du saint Érangile.

10 ttiirf.

Me voilà donc enfin revenu dans ma paisible retraite ; que Dieu en soit béni !

J'avais abandonné mes chèi*es étttdes^ j^avais quitféLucy, ma douce lumière.... et pourquoi? pour voir, pour me convaincre que toutes les présomptueuses espérances , que toutes les forfanteries des ourdisseurs dé complots n'étaient qu'illusimis ou mensonges , et que ceux qui tiennent maintenant en France le fil âes conspirations, jouent la liberté et la vie de leurs adhérents avec autant de l^èrcté que s'il s'agissait de la perte de quelques écus.

Que d'imprudence, mon Dieu! et que d'aveu-* glement n'ai-je pas trouvé cheis les personnes mêmes

que l'âge et rexpérience auraient dû garantir de l'exagération et de la crédulité! Avec quelle inconcevable bonie* foi- Vie* ^afcuéaîenl- elles pas jusqu'aux derniers moments sur le résultat d'une entreprise dont 1 exécution et le succès dépendaient de coopérations (|piitQU9e;s et de v«gue$ pmrnesie»! Qpëh mécm huitiaîw^ ttt, hélaï^! faiMe et impuissante , quand elle est aux prises avec les séductions de l'égoisme et le^ désirs insensés de l'ambition ! ..* Qiielles tristes preuves n'en pourrais-je pas çw^lgnor ici, pft y(^^Kaç^nt twt >w qi|i, al^st p&ssé sous mes yeux penda»(t h^ '}m^ Ol< l'oft m pi^par mt k arborarle drapeau ^ Ym^mAmuù d«ll3 la «ecoftde >tiHe de l'^r^mse!

Maif qu^ le o^p^u 4^ l'oubU CQuyre k jamAÎa de $(m cpiibfe t^ d'abprratiofiô d'^esprit ^t. de tur^ pitudei^ de çcB^r,M Félicitoj^^-i^us 8»ule»iXBàl; dV voir pwcQf^tréi 4a«5. upp tdle abawce de wnt^ nieptÉi génér/ei^x, quelque! homni^s ^os et dévûu& pour le^quoli^, lç« niolf . dç p^triis et de liJbevté w sont vi de crei^s^ paro\es, m de v^ûP préte^te^ pour satisfaire leurs passions et leurs: iipitéràta pe|v SQnpi^.. , ;

os asNBVE. ai

peiwis que c^t^ coQJurationi û inUmpestivo et si ^1^]LC9}«l|lé6 X u pit pa^^i pas* de$ vieCimc»^ eoirime XéchàiiSçkXkf^e de Vî^fprtuné géiâéral Beiteo ^ qui , plu3 ardeiit et plus fidèle h t^oir sê» engagieiiietita que bien d^autres gén^raiA nur Vappuî des^uela il comptait, se Jetait à Sa^iur tête baisai d^uB \e péril , . tandis qu oq délibérait eacore/ à Lyon quand et comment on pouvait agir.

Le généraj Chastel, à qui jV rendu œmff^ du résultat de ma mission , s'est frotté )e» , mi^iw «T 8 écriant : -r- Ah! ^h! je V^yFiiîî' bien prévuii,, je les connais... •

— Sîil en était ainsi y r^pris-je sèdbenient) pour^ quoi m' envoyer auprès d'eu;if?.„ •

Il a rougi.,., pâli..., balbutié quelquesniote} puis il s'est tu,.,, et moi j'ai juré de ne pllis xxk^x^ poser au mpindre danger pour un homme dont l'ambition est grande, mais qui n'a de déterminer tion et de vouloir que juste ce qu'il en faut pour compromettre ses amis.

Laissons la désormais un sujiet si pénible pour de$ souvenii's plus doux et plus consolants.*.

Fatigué de la vie orageuse qne je venais de mcH ner, et séduit par la beauté f xtra^dioftire de la

9e SOUVENIRS

saisan, je résolus en q[uittant Lyon de me rendre en Frandie4!îomté, pom* revenir ensuite à Genève par la route de Laitsanne. Je partis donc ; et le premier sentimait de satisfaction que j'éprouvai , après de. si tristes expériences du cœur humain , fut la rencontre d'une dame protestante des environs de Nimes , que j*avais connue pendant mon séjour à Beaucaire^ et que je trouvai établie depuis quelques jours y avec son jeune fils , dans un des hôtels de Dole.

Elle venait de Nyon dans le canton de Vaud , et se sentant indisposée, elle s'était arrêtée pour reprendre des forces avant de continuer son long et pénible voyage. Ce furent de doux moments que ceux que je passai auprès de cette intéressante femme dont tous les discours étaient inspirés par une bonté si bienveillante et par une religion si éclairée, que je trouvais à l'écouter un charme inexprimable.

Jamais je n'oublierai les intimes entretiens que nous eûmes ensemble pendant notre séjour à Dole, ni la preuve de confiance et d'estime qu elle voulut bien me donner en me racontant, avec une simplicité touchante, les causes' de son voyage en

Suisse et les consolations qu elle en avait retirées. Puissé-je être assez heureux pour rapporter fidèlement ses véridiques paix>les!...

« J'ai déjà bien souffert en ce monde , me dit madame G***, mais Dieu a eu pitié de moi en m'accordant un pieux ami qui m'apprit à supporter mes épreuves avec patience et résignation. Cet ami sûr, ce guide spiritupl, pour lequel j'ai quitté, au milieu de l'hiver, notre beau soleil du Languedoc, c'est M. Gonthier, ministre du saint Evangile, que la divine providence nous avait envoyé à Nîmes , à une époque et dans des temps où nous avions besoin, dans notre pasteur, d'une foi vivifiante et d'une voix persuasive pour ramener dans nos temples déserts les populations tièdes ou égarées.

» C'était en 1 8o5 ; la France , vous le savez , sortait a peine alors des orages de la révolution ; la religion, la piété ne remplissaient plus les âmes : on pensait à tout, hormis au ciel, et l'on vivait comme s'il n'y avait plus de Dieu.

» Le zèle évangélique de notre nouveau pasteur

triompha de tous les obstacles. Bientôt, grâce à ses

édifiantes prédications, les fidèles revinrent en

foule dans la maison du Seigneur; bientôt aussi il

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