‹ Souvenirs de Genève: complément des "Mémoires d'un prisonnier d'Etat"Chapitre 29 sur 33 · II · texte numérisé non relu

II

— Vdus nie cottipt-enez itiël, itiaatrë... 3é lië Soutiens pasTbrdrë dé chos^ eiistant, voite ïe savez} rtials à*il fetit poui* le changer i^ourir à defe corti- |riots et à des énièutës, j'y fenônce pour ma part , iJarce iju*il rii est impossible dd ne jja^ êtfe cbnvaincu que toutes les tentatives Aë ce genre n^a-^ bôùtitttht désorihais qti'k Mte des dut)es et des vîctlthés. '

-^ Âitisi dônfc, tu désertes nos drapean:t ! nae dit te Vifetti fcoiispiratéttt d'tm air sbtnbré et mécori-' tèïlt j tu ne Veux plus travailler à Ftfeuviié ^SLctèê dé lalibéraiîdn des peuples, et tu préfères ton iiôpoS aux misons honorables tjùe je te destinais et dont je tfe Jugfeàii seul éajtable... Oh ! mes espétancesl..; mes ésjià*ahces, tjn'êt^-Vous dëvetiueS 1

Bdortoi*otti t^nrit lé M^te ktf h table , puis saûè iùé fèn^ k ïAàin , syné ll^H>fedi^ à nfiëé |>i^testa^ tkitts, ïl s*élolghâ h pas lents, secouant h iéte èomme un bomirtië qui se dit datis FaittertUttle de Sdtt tœût : Êûdore une déception !

Phl^etits membres des èOciétés sécrètes de Pâtis soht vèiiùs aujourd'hui mé demander, me àup^ ffter 4e me rendre sur les frontières rfEJspaghc

pour cenArUiuer k gagD«r lis fi^ii«eate forkttal:^ raitnëe destinée à agb iSHttre h gouverpem^t dg^

cortès J'ai l'efuiié, irréveoièilematlt tafti$é, î^

métier d^eitlbaUchéu^^ «fudqu ^i^woé en |rwd qiu il puisse être f répugne k mes pmçipçs ^ à nm oqnf* sciehce : je n'im pus- *

3$ août.

Malgré ma fetfifie i^ésolutieh de ne fi^s p^eodr^ part à FÎeii de oe 4(ui ^agite eu ae tramé Mm fMM pays, j'ai faibli, j'ai eédé> quand ila na'ont dit qp^t jt$ pourrais £tre iMiile à l'fiBfortoné génàrâi) li^fl^n, et auJË jeunes sergents de La RocheUe^ ep ^k^mo^* ciant à eeux qui «'efibroent de fea muv^.^.*.;

Je par^ pour la Fwinde..* J^nn k P^i^b^»^ pvni à F^ris... Puissent mes tootinives âte^ colironnéos de succès! a . i. ^ •*.#««• 9

a octobre.

Mes vœux n'ont pas été e^uo^s I J'ai travaillé de cœur pour dâivrer les malheureux prisonniers ^ mais tout a été vain !... Mes efforts et ceux de personnages \Àqn autrement importants que moi , ont

échoué devant ded^flificukés insàrmontables, tant du coté du pouvoir que de celui des libéraux même, si peu unis d'opinion et de vouloir...

J'ai "Vu les braves sei^ents de La Rochelle devant la cour d'assises; je les;ai vusau moment où on leur lisait la sentence ; je les m vus sur ht fatale charrette marchant à l'échafaud , çt leurs figures , leur maintien, leurs paroles, m'ont appris comment on affrontait dignement la mort, conxment on y allait sans bravades et sans ostentation.

Mon Dieu! qu'ils étaient jeunes encore! quel long avenir ils ont sacrifié à l'honneur et à leur cause!... Mais on les plaint, on les admire, mais leurs noms vivront dans l'histoire , et un jour viendra où ils seront nationalemait honorés conmie des martyrs de la liberté.

28 octobre.

— Quelque pénible qu'il me soit de quitter Genève avant mon départ pour l'Italie , je le ferai cependant pour me soustraire aux instances sans cesse renaissantes de Buonarotti, dont la manie des missions politiques, d'assemblées, de conciliabules, ne fait qu'augmenter chaqi|e jour. Personne ne déplore plus que moi de voir mon pauvre pays si

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mal compris et si peu sagement gouverné : mais c'est aux irrésistibles progrès de Tesprit publie , et non à d'impuissantes conjurations, qu'il faut s'en remettre pour y porter remède. Tous les moyens 4e répression des Bourbons , soutenus de toutes les forces de la sainte-alliance, n'empêdberont pas les germes de liberté de se développer et d'arriver un jour à maturité.

Bien convaincu de cette consolante vérité, j'ai résolu définitivement de ne plus prendre part aux inutiles menées des sociétés secrètes , et de ne plus me déranger de mes chères études. Mon ami Laine, venu de Lausanne tout exprès pour me voir, a si amicalement insisté pour que j'allasse passer quelques semaines au milieu de sa charmante famille , que j'ai accepté avec empressement son affectueuse invitation : encore trois ou quatre jours, et je quitterai Genève jpour me rendre chez lui. Ah ! de quels heureux moments ne vais-je pas jouir dans un intérieur si bon , auprès de son excellente femme et de ses chers en&nts !

39 octobre.

— J'ai annoncé à Buonarotti que je quittais Genève.

Sl« SOUTENIRB

^ Est-ee ftmr longtemps ? m'a-4rU dem^in}^»

r^ Satt6 dootc poup tqiij#tti»*

•-^ J'en suis £maé...^trèi-»£ldii» r^Crili par c'eal une peite pour liotii; iwi» taa ¥<qrcige d'Ita- .lie) ^[nand le fiaraniu? «

«r-- Dans ^ôlques moifl » je peiuM»,

«t^£h bian! ffiufài b ee êujet quel^ut «b99P d'important à te communiquer ; . y'ums ùkw mpi dfo^in 8oir*

Je fus raaot au rondas-i^^m : Buf^toXti i9ie paria d'abord loAguamenti &ta¥«o fm d# Vasservi?smnent de la Loinbardiia squ» le joi}g autrichien, «( 4q9 jeraémiticHi» enduréfi« prias patrio^ de qe inalbeii!PeuJL.payfl f pui^ il aj^utH d'u» t^ fiokn«el : Ce mm% «lia bçll0 et mhh tAcb^ qw^ d^ c^pémi* Ji rindépend^iice italienne K*. t'a» B0p1»^^fâs4tt W* pabjp?

. — P^livr^r i»n peupla du jopg de$ 4t|«it)^r6 , Ui pépondia^ja viv^inept » eat k me3 y^p^ mie oeu^^e xnéfi%oiT^,i,. O^i , je B^rai^ b^mraux de prouver pi»r des faits aux réfugiés italien^ , poailHen ^ur c^uie m'est ehère.

— C'est bien y iwpn fils, c'est bien | je wis que lé feu sacré de la liberté brûle encore dans ton cœur :

dans quelgues sen^aines; si tu jpiHrs^tes dans )a g^ ^léreuae résolution de t^ dévouer à Y\n^é:g!p^^nçf dç ritalie , jeté donnerai , de concert ^yec î^ exilés, 1^ renseignenientg et les instruction? pépç^ saires à cette patriotique entreppse cji^e tu pQurir^ mener à bien, sans nuire ^ tes prqjets ^ptu^ ; pensesry donc , et ppépare-toi*

C'est aimi qu'il n^> pa^lé, pt dppvj^s |pjs napR ifflagina^H fist eft tray^ • toutefi jpfie^ pçn^ si^ ppncentf f ut sur cpttq flW3»ipn quç îm^s périls reude^Ç ip]qc9rie plu^ ^l^tr^auts-... ït^Ue |... 4ouçp tçr^rç 4f souvenirs et d'espérances , quç jfj^i^ifi fipr de pp)ir voir briser un des anneaux de la lourde chaîne que les étrangers font peser sur toi depuis tant de ^çftle^l.-..

3d dctbbl'e.

— J'^ éî^é prendfe oongé de M, 4e Sismpncji^ dont Je «prdial ^Q^^^^p, IçS^Rs m^ me fur^n^ si précieux ef si u^ile? pew49P* mOft ^JPW k Pp- »^ye ; janjais je ^'^ ^^ncpntré plu§ de niodestie jointe k plus 4e îuérite ; ja^i? la bpnbpniie et Ja j^in^plicité ne se sont fnieux unies ^ l'élévation 4es pensées et k U grai^w ^e% çentiment§^ Pe tpq^

les écrivains que j^aj pu connaître jusqu'à ce jour, M. de Sismondî est le seul qui ait échappé à cet egoisme dont on accuse avec raison la plupart des hommes de letti^es : jamais la vie de cabinet, presque toujours incompatible avec le moindre dérangement, n'a mis d'entraves aux élans de son cœur; ce temps qui lui est si précieux , il le prodigue sans hésiter pour rendre service à ses amis et à tous ceux qui sollicitent soii appui et son secours..... Cest là ce que j'éprouverai le besoin de répéter, partout où l'on parlera de bonnes actions et cFâmes généreuses.

5 novembre.

Ces derniers jours ont été employés à faire mes visites d'adieux : j'ai été à Femey pour voir le général Chastel que je n'avais pas aperçu depuis ïnea des mois, tant il craint de se compromettre... Le pauvre homme est devenu tellement circonspect , et a une si grande frayeur d'attirer sur lui les soupçons du gouvernement, qu'il m'aurait, j'en suis certain , laissé firapper des heures entières à sa porte sans ouvrir, s'il avait pu prévoir que c'était moi qui venais ainsi le relancer dans sa retraite.

— Méfiez-vous de la poiice autrichienne , m'at-il dit au moment où j'allais le quitter; les paroles en Italie sont plus dangereuses que les faits nlêmes rie le sont en France. Soyez donc sur vos gardes , et surtout ne vous mêlez pas. de politique... Puis il m'embrassa en ajoutant d'une voix émue: — Je n'oublierai jamais les services que vous m'avez rendus.

C'est avec un sentimaitde tristesse que je me suis séparé de lui ^ car il est bon et franc malgré sa pusillanimité en politique et sa rude brusquerie en société.

6 novembre.

Aujourd'hui , le coeur gros de soupirs , j'ai pris congé de mes chers professeurs : de M. Schaub, mon respectable maître de mathématiques; de M. Manget, quijfut pour moi un guide si éclairé dans mes études; de «lonami Delaplanche, auprès duquel et par lequel j'ai tant gagné pour le cœur et pour l'esprit. Mes larmes ont ooulé en disant adieu k cet homme de bien que sa piété profonde , sa jeune sensibilité jointe à une imagination de poëte,, rendent si attachant et si digne d'être aimé.

3i4 SQpVE^fRS

I^e crcHraitron?...' Iç cœur pi'a manqué pouf > aqpoDpqr^ mon pauvre yieqx Mikéli et à m^idaipe MettQp , ma tonné hpj^^e , que c'est demain que je ^8 qujtte pour (oujouYs.

— Monsieur va à Ijapsapne, me disa^t-eUe, il R y a qu uiî instant,,. Çpmbiep, pao^sieur, comptet-il y rester? j'aurais besoin de le savoir pour fairp 1^ petits arrangement^ nécessaires à l'appartement de fppnsieur, parce que je veux qu'il n'ait pas froi4 cet Jiiver, et qu'il y soit encore mieux que les autres années.

— Je yQi|^ éciirai de Lausanne, ma chère madame Metton.

•^ (Test bien , três-bien... Que nous alîôtië nous ennuyer jtisqU*au retour dé monsieur!

Bonne, excellente femme! que Dîeu la récompense des soins qu'elle à pris de fnoi !

* I Déjà onze heures, et pas un paquet de ftiit, pas un papier de rangé... Je suis resté plongé dafi^ mes rêveries, devant mon feu, h i*epasser le livre de ma vie... Hélas î mon Dieu! qû*il s'y trouve peu de bonnes pages ! Si j' ai valu quelque chose , c'est ici» dans cette chambre que j'abandonne aVec re«

PP GfiNBYS. 3f5

p9$^ t^l^ dô jpHTs trQiH{ui|les^ tant de jpiii^ aituilieux el ks plu» lieuveifx de tous ^eifi^ qm^ 3ppf 'éscM^é^ dfipfiù que j'e^p^te!...

Ah! ma pauvre ealU^e, ^ p^i? pt ^ *?Bakpç .i}uHl.Q^ iuidmit qifqfl verrou et dfs K^deQadpqqr tdchai^r m pri^p», je yais^d^fiçtc quitte^ !.,,,te q»itt^ po^H- toiyour^!... Cette t^bje où j'écps mnmUm^t ^JMOipey ^à ta^X de foi$ je mp suis septi découragé , abattu , pppr la'e» relever fort et plein d'i^pér^nees? retrempé que j'éfais par quelques hpure^ d'up, heureux t^av^il, je ne p^'y a6$iérs^i doiKî pIusL* Je ne m'y f^puiprai plusppur reposejp m^ tète iatjgiiée par Tétyde , poi^ y inciter, povp' y élaborer mes projets et mes pensées!... Je n'y ^rf ^^lerai plp3 d'^dmiçatiçn et d'eijvip , k la lectare de ces grands écnvfiinç privi)^ié$ de Dieu, qui s élèyept s^ haut qu'on se cfoit d^à que}i^e chose quand on a le bonheur de les suivre , de les devinef, de les comprendre h.. Dis-moi, chère tahle^ compagne de ma solitude, ne t'ai-je pas été |idèle? n'airje pas quitté pour tof les joies du monde, et les jpies des montagnes? ne rendrais-tu pas témoignage, si tu pouvais parler > de mon

assiduité, de mon obstination à vaincre les diflicultes de mes arides études? ne dirais-tu pas tous mes efforts pour dompter l'exagération et la mobilité de mon esprit?... et tu ajouterais encore que celui qui a si longtemps passé les jours et les nuits à pâlir sur ses livres , n a jamais eu dans le fond de son cœur qu'un désir, qu'une seule ambition, devant laquelle toute autre considération a fini par céder : celle d'être, avant tout, un honnête homme dans toute l'acception du mot '

Tes sons étaient bien aigres, tes accords bien ciîards , «ion pauvre piano que je veux entendre encore avant de m'endormir; mais que d'instants heureux n'ai-je pas eus, en parcourant ton misérable clavier.

Non, non, je ne veux plus chanter.... ces dernières notes ont laissé dans mon âme une impression de mélancolie, comme les adieux d'un ami mourant.

J'ai été m'assefoir sur mes chaises une à une, sur mon canapé, ce magnifique fleuron du mobilier de madame Metton; j'ai voulu y penser pour la dernière fois à tout ce que j'aime : à mes parents , à ma sœur, k Lucy !.... Dans l'angle de ma cheminée,

sous ma bibliothèque, était ma place habitueUe, mou lieu de prédilection : quand j'avais froid, quand mes doigts engourdis ne pouvaient plus tenit ma plume, j'y venais, j'attisais mes tisons, joyeux et fier, en les voyant se consumer lentement , de mon économie et de mes habitudes d'ordre. Combien de fois ne me suis-je pas applaudi d'avoir rétréci chaque jour le cercle de mes besoins.... Que me faut-il maintenant pour vivre? bien peu de chose!.... Que les revers de fortune, que l'adversité viennent , ils me trouveront pr^...* la médiocrité, la pauvreté même n'ont plus rien qui m'effraye; le pain du jour, voilà tout ce que je demanderais à Dieu !....

Mais que je fus bien inspiré de porter mes pas vers Genève en m'èloignant de France ! que les trois années passées dans cette ville ont été bonnes, utiles, fructueuses pour mon esprit et pour mon cœur ! Car je me sais habitué, au milieu des studieux Genevois, à ne parler que de ce que je connais bien, et à vouloir beaucoup apprendre pour ne pas rester au-dessous d'eux. A leur exemple, j'ai cherché k être grave dans ma conduite et profond dans mon instruction ; comme eux, j'ai pensé que

sis «dUTBtdllS

la richesse sans le savoir n étak qu'une fert^tir de la fortune ; Comme eux aussi j'ai appris à motti?é les talents au-dessUs des hotineurs, et la àiot'alité au-dessus de tout.

Si Dieu ni'accordaît un jouf la joie d'être père^ c est à Geiiève que je voudrais envoyer Inès enfants, pour leur apprendre àpeiiser, à raiâ(mlier> à être simples et vei*tueux dans leur intérieur, k aimer la vie de famille, la vie d*étude6, à & haMiu^ à chercher leurs amis, non parmi ceuitqtt} mM riches d'écus, mais, parmi ceux qui soiit riches dp sciences et de vertus. Plus d'une fois je te iregrette-» i*ai, Gehèv€ où fai tant appris, où je pouvais ofr* core tant apprendre.... Plus d'une fois je péûaérai tptt dans ton aein où Ton jouit d'-uné tranquillité parfahe, l'on petit Ée demande^ après des années de s^our s^l y existe des gouvernants, tant la dibse publique est sagement et simpl^Bent réglée. Puisses-tu prospérer pendant des mèclte micore el continuer à être & la fbis un foyer de lutmèra et uile école de mœurs pour les étrangers qui viete^ dtônt, comme moi, se réfugier dans tes murs.

Ma laihpe touche à sa fih , mon feu s'est éteinft , ma chambre est froide. . .Mon grand lit de seJge verte

ne me recevra plus qu'une seule fois!... Que les derniers'mots que je trace sur mon journal , dans cette chambre , sur cette table , soient des actions de grâces à Dieu de m' avoir conduit ici pour y apprendre à être vrai , à être bon , à être juste ! J

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