‹ Souvenirs de Genève: complément des mémoirs d'un prisonnier d'étatChapitre 11 sur 35 · FRAGMENTS DE JOURNAL · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE JOURNAL

Loi da dçnble Tote. ^- Économie politique. — Promenade au Salère. — Voltaire et madame de Staël. — Saint- Antoine et la Treille. — Le café Pappon et ses habitants.^

35 mal.

Toutes mes pensées s'arrêtent sur la France : les débats auxquels la loi du double vote donne lieu dans la cbambre des députés s'animent, se grandissent ; toute la France , toute l'Europe suivent avec intérêt, avec anxiété le développement de cette crise où les partis ont pris franchement position , où les idées rétrogrades sont aux prises avec les idées nouvelles, le siècle passé avec le siècle nouveau, les hommes stationnaires qui s'éteignent avec cette jeune génération qui veut briller et aller en avant. La lutte est grande et solennelle!... toutes mes idées s'y concentrent.

quelque effort que je fasse pour les en détourner... Je suis à la chamhrey j'assiste aux discussions , j'écoute les orateurs et je lesapplaudb... Brisons là, brisons là !... tournons ailleurs nos pensées... revenons à mes livres... Mon tour viendra peut-être un jour de défendre aussi les liberté de mon pays du haut de la tribune... Que Vétude m'y conduise donc et m'en rende capable !

3o mai.

Smith, Garnierf Tracy, Say ^ Sismondij Ricardoj Malthus, sont rangés, empilés , ouverts sur ma table; Smith, digne fondateur de l'économie politique queSay a mise en ordre et que tous ont développée. Que de volumes sur une science à son berceau! science dont on ignorait les premiers éléments il y a soixante ans, et dont la connais* sance apportera, dit-on, des améliorations notables, soit dans l'administration intérieure de chaque pays, soit dans les rapports des nations entre elles. Cette opinion sm* l'importance de l'économie politique, dont je reste chaque jour plus convaincu, est seule capable de me faire surmonter l'aridité que je rencontre souvent dans ces matières ; c'est

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elle qui ïa$ retient sur ma chaise k lire des volumineux àuyragesy et m^empèche d'alW bourir sur les montagnes, jouir de ce beau solcâl^ de cette douce brise qui agite mollement les feuilles!... Ah ! qu il tue &ut de courage pour ne pas sortir sans but} sans dessin» errant à Taventure dails ces vertes campagnesl*.* le cœur s'y dilaterait ^ la santé j gagnerait^ Timagination s'enrichirait d'impressions nouvelles... Au lieu de la sèche nomenclature des chapitres de Say ^ j'aurais le grand livt« .de DieU) le Mont-Blanc ^ le beau lac et ce ciel ai pur et si bleu!,.. Allons! il y a plus de poénie dans mon âme que d'analyse dans mon esprit.i. partons.

Je rentre £itigué. A une lieue d'ici est le Salève» montagne qui» vue du Jura , semble servir de mur et d'abri à Genève ; je l'ai gravie » je suis allé me poser sur sa cime, j'y suis demeuré des heures entières en contemplation I Ma vue embrassait à droite tout le klc jusqu'à Lausanne, jusqu'à Yevay; devant moitié Jura; derrière, le Grand-Mont et ses blancs satellites; à gauche, l'Arve et le Rhône , puis Genève à mes pieds; j'étais en extase!... L'air est si pur, si vif sur les montagnes ,

que le corps même semble s'y qpiritualiser. Les pages qui seraient écrites dans une telle disposition d'âme se ressentiraient de son âan vers le cielL.

Pourquoi faut-a, hélas! que le génie méconnaisse si souvent sa noble vocation !... Que d'écrits immoraux sont sortis de ce Femey que j'apercevais dans le lointain!... quel compte, juste ciel! un esprit si vaste n'a-t-il pas à rendre dans cette autre vie, où il est demandé à chacun ce qu'il a fait des dons qui lui avaient été accordés!... Alors, j'ai détourné les yeux pour les porter sur Gbppet, dont madame de Staël a fait un lieu si célèbre par l'auréole de sa gloire... étonnante femme qui vous attire , vous séduit , vous enlève y vous fait prendre foi à la destinée de l'homme en montrant ce qui peut jaillir de grand, de bon, d'un cœur que l'amour du vrai et du beau inspire et embrase. Pour exprimer ce qu'elle est dans ses ouvrages , pour spécifier le caractéristique de son génie , il faudrait composer un mot... et ce mot est cœur-mentalisme , c'est-à-dire association de la sensibiiité et de la finesse , de l'enthousiasme et de la raison , de la poésie et de l'analyse.

Ce n'est pas elle qui dégrade l'espèce humaine!

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Son histmre , si elie eût eu le temps de nous en don-^ ner une, n'aurait point été un plaidoyer, une phi* lippique contre la race entière , mais une leçon pour ceux qui sont appelés à la conduire.

En la lisant, je me sens fier de la comprendre, fier de sentir jusque dans les moindres nuances les pensées , les jugements , les poétiques élans d'un esprit qui est seul, et restera seul peut-être, comme une preuve éclatante que Dieu n a pas exclu des hautes sphères intellectuelles le plus bel ouvrage de sa création.

De la cime de ma montagne, mon œil s'arrêta aussi quelques instants sur la maison qu'habita , il y a deux ans, lord Byron, dont le nom remplit toute TEurope. Si Dieu me prête force et courage ^ je pourrai dans quelques mois jouir de ses poésies dans Toriginal; le penchant que j'éprouve pour lui me servira de stimulant dans mon étude de la langue anglaise ; dès demain, j'achèterai ses œuvres et je les mettrai sur mia table.

Les difficultés vaincues ont pour moi tant de charme, que de mon autorité privée, au grand effroi, au grand scandale de mon maître d'italien , je me suis mis a déchiffi^... quoi?... Dante! Les

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comédies deGoldoni, Métastase màtne, malgré le charme de sa poésie , ne stimulaient pas assez mon esprit. Mais , me dit le bon homme , c'est mettre la charrue avant les bœufs , c'est vouloir atteindre la cime du Mont •* Blanc d'une seule enjambée... n crie dans le désert, mon pauvre maître I... je vais, je travaillq , j'arriverai.

LETTRE A M(XS AMI FEROIIVAND,

Saint- Antoine et la Treille senties deux promenades de Genève où les oisifs, les politiques, les penseurs et les amants vont tour à tour, à différentes heures , donner carrière à leurs discussions, à leurs m&iitations ou k leurs rêveries amoureuses. De Saint-Antoine, on domine ce beau lac du Léman , aux ondes bleues , aux rives incertaines, à la ceinture de montagnes étagées se perdant dans les nues... perspective vaporeuse où les pensées se dilatent et s'harmonisent avec l'horizon.

De la Treille , au contraire , on promène ses regards sur les plates-*bandes du nouveau jardin bo-

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tanique et ^ir les remparts, qui, là comme ailleurs , attestent leurs inconvénients et leur inutilité ; cette vue circonscrite laisse aux promeneurs toute la possession de leurs idées. Cest lài que je vais à peu près chaque jour, quand cinq heures sonnent, et c'est là que je me trouvais encore hier au café Pappùn.

Qui peut rester à Genève vingt-quatre heures seulemoit san$ connaître Thonnête M. Pappon et la plus chère moitié de lui-même, sa fenmie , qu'il comble d'attentions , qu'il adore , qu'il rend heureuse malgré ses soixante ans à lui, et les cinquante ans à elle?

Voulez-^ous voir là jouissance du présent , l'in*^ souciance de l'avenir , le contentement de la hcm^ homie , le rire de la bienveillance et d'une conscience tranquille, allez au café de la Treille, et contemplez cet homme de taille moyenne , d'embonpoint respectable , de démarche posée ; preness^ le depuis ses ailes de pigeon, que couvre une casquette à visière relevée, jusqu'aux bas blaiics que laisse voir dans tout leut beau, un6 culotte courte de Casimir à couleur tendre , et vous aurez dans son ensemble, dans sa tenue d'hiver comme dans

sa tenue d'été, Fimmuable M. Pappon, qui, dans ce bas monde, est un des mortels auxquels je porte le plus d'envie. Rien ne le trouble , rien n altère ni sa santé, ni son humeur; dès l'aube du jour jusqu'à minuit, il travaiUe, il fonctionne, il sourit... parlant peu, écoutant beaucoup, connaissant ce que vaut chacun de ses habitués ; ce qu'il vend est bon , ce qu'il dit est juste , ce qu'il fait est toujours marqué au cachet de la bonté , de la probité ; que dirait«-on de plus d'un sage?

Sa femme, objet constant de tous ses soins, mérite aussi que je lui consacre quelques lignes, car elle a de Tesprit, et cet esprit, l^èrement entremêlé d'une aimable causticité , donne à sa conversation un je ne sais quoi de piquant qui vous charme d'autant plus qu'on y est moins habitué en causant avec une Genevoise. Si j'ajoute que madame Pappon appartient à une bonne fanodlle, et qu'elle est fort au courant de la chronique de la ville, il sera facile de comprendre pourquoi j'aime parfois à passer quelques minutes auprès de son comptoir, m'enquérant des on {//Mu jour, et des nombreux originaux qui fréquentent son café.

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J'ai donc su d'abord, grâce à elle, qu'un grand monsieur à redingote bleue, dont la figure mâle y le regard vif et fier, la voix éclatante et le geste impérieux m'avaient frappé dès les premiers jours , n'était autre que le lieutenant-général Chastelj ex-commandant des grenadiers à cheval de la garde impériale, et l'un des généraux de cavalerie les plus distingués de l'armée française*

— Regardez-le , me disait ma toute gracieuse cicérone , au moment où le courrier venait d'arriver, r^ardez-le s'emparer des journaux, s'animer en les lisant, les rejeter, puis les reprendre, pestant, jurant si haut contre tout ce qui se passe en Franco et en Europe, qu'il en jette le trouble parmi nos pacifiques habitués. Suivez-le maintenant sur la Treille où il va chaque jour exhaler sa. bile au milieu d'un groupe d'officiers à demi-solde qui gravitent autour de lui comme autant de satcl^ lites, et l'écoutent comme un oracle. Ce gros homme décoré, vêtu de brun , c'est le colonel Z. dont les lèvres ne quittent le cigare que pour articuler un approbatif cest vrai , à topt ce que prononce le général.

Cet autre tout voûté, avec son habit gris et sa I. 8

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ceniie à ptAiime d'ivoire , sort aussi des î^ngs de la grande amiée où il avait gagné le grade de chef de bataillon t à thaque aftimiation de son impératif interlocuteur, il répond ouï, en souriant d'un ait dtâ conviction , quoique Ife bon sens dont 11 abcttide lui Commande souvent de repondre par un lion..... mais il a hne fille, et l'espoir d'avoir un joui* pour îgendre un îieuteiiant-général est uii talisniali hlerveilleux pour lui inspirer une dcKîilité à tonte épreuve. A ses côtés maix:he tout d'une pièce , en s'appu yaut sur ses talons , le colonel dé cavalerie B. qu'on croirait un penseur à la grtivité de sa figure, si le peu de paroles qui sortent de sa bouche , ne trahissaient bientôt que jamais deux idées de suite ne se sont enehAînées dans BOii pauvre cerveau.

Quant atix huit ou dix autres personnages que vous voyez à droite et à gauche de leur chef de file, ce sont des officiers de tous grades et dé toutes aitnie», pk^que tous Savoyards, niais restés au service de France qu ils pi^fèrenl ^ celui du roi de Saitlaigne.

Tel est , ajouta madame Pappon , l'état-major oitlimaire du génénd Chtustcî , auquel viennent

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s^adjoîndre, une ou deux fois par mois, quand ils se rendent à Ferney pour y toucher leur demi-solde , plusieurs autres généraux et colonels. Malheur alors k cdiul qui voudrait soutenir devant ces représentants de la vieille armée , que les Bourbons resteront SUF le trôné ou que Napoléon est pour toujours à 8ainte4Iélène , car il serait traité de fou ou dHmjbécile par laos braves bonapartistes que Ton aime aprè6 tdut , malgré leur brusquerie et leur intolémnte niamèife de raisonner.

Quelques instants après, madame Pappon dirigea mou attention mir un vieillard de haute taiUe dont la marche paraissait si lente, et les pas si incertains, qu'on suLivaitpu douter qu il atteignît jamais an bout de la p^m^nade.

-*- PouîTteï^voue vous îtotaginer, continna-t-eîle, en v<3yafit cet octogénaire qu'un souffle renverserait , q« il fiit Fun des manbres de la Convention, et die ce tribunal révolutionnaire dont le nom seul me £ttsait tremMer aux jours de ma jeunesse?

Rien n'est plus visai pourtant, et vous voyez en lui le £imeux Forestier de Moulins que son grand âge fli'a pu soustraire à l'exil.

N'aller pas croire, au moins, reprit madame

Fappon^ en ni entendant plaindre le sort de ce faible vieillard si durement chassé de son pays, n'allez pas croire que la vie manque à Tàme, comme elle semble manquer au corps. Mettez-le sur la politique , parlez^ui de la révolution et des rois, alors ses yeux éteints se ranimeront , sa figure jaune et desséchée se colorera, et de ses lèvres violettes et pendantes sortiront d'énergiques paroles qu'un patriote du bon temps n'aurait pas reniées. Il est seul en ce moment ; mais si vous restiez ici une demi-heure seulement , vous verriez arriver successivement près de lui tout ce que Genève renferme de Français exilés ou mécontents; c'est ce que M. Pappon appelle le club des républicains , tandis que le général Ghastel et ses amis forment le camp des impérialistes. Un autre soir je vous ferai connaître un à un ceux de vos compatriotes que nous voyons chaque jour , et dont les noms méritent d'être cités.

L'heure était venue de retourner à mes chères études; mais je ne m'en allai pas sans remercier l'obligeante femme de ses spirituels renseigne-* ménts, et sans jeter encore un regard curieux sur le groupe d'officiers où pérorait le général Chaste] , ainsi que sur les personnes qui venaient d'accoster

le vieux conventionnel avec lequel elles paraissaient s'entretenir très-confidentiellement.

On se lie vite et facilement quand on est sur la terre étrangère; il est donc tout simple que peu de jours m'aient suffi pour faire connaissance et me lier avec le général Ghastel et l'ex-menibre de la Convention ; accueilli par l'un , comme ayant appartenu à l'armée, considéré par l'autre, comme un jeune patriote plein d'espérances, je ne pouvais tarder d'apprécier à leur juste valeur le caractère et le mérite de ces deux personnages, si exclusifs dans leurs opinions et leurs principes.

Considéré comme homme de guerre , le général Chastel est sans doute assez haut placé , assez expérimenté pour qu'on l'écoute avec intérêt et déférence lorsque la conversation roule sur les campagnes de Napoléon et sur la stratégie en généitil ; mais hors de là , il est tellement excentrique dans ses raisonnements, que mieux vaudrait discuter avec un enfant qu avec Tex-commandant des gr^ nadiers à cheval de la garde. A ses yeux le r^ime constitutionnel n'est qu'une absurdité, la liberté qu'une chimère... Napoléon! voilà son Dieu, sa loi, son imiquecvspérancc!... prenez-le entons sens,

il ne sortira pas de ce cercle; coutrariezrlei il éclate, offrant aux yeux de ceux qui Tobserveut, le triste spectacle d'un esprit supérieur que la passioa domine, et quelle a réduit à n avoir plus quun« seule idée, qu un seul vouloir; excelleat konune du reste 9 malgré son despotisme de paroles, et fort intéressant , fort instructif, pour ceux qui , comme moi, prennent à coeur de le ramener toujours sur la science militaire où il est maître passé : unicmque suwn*

Quant au vieux Forestier, type unique peut-«être du plus exalté jacobinisme, il s'est arrêté à la «constitution de 9^ comme le nec plus ultra des institutions sociales* Aiissi ardent dans ses opinions qu'au temps où il si^eait sur les baacs de la Mon<tagne, s^ns nul regret , sans nul remords de ce qu il fit dans ces jours 4e sang, comme conventionnel et comme membre du tribunal révolutionnaire , ^il serait prêt , tant la haine contre les rois^ et l'aristocratie est invétérée dans son âme , à rétablir le régime de la terreur pour le triomphe d'une Uberté imaginaire et d'une république insensée*

Hélas! tel est l'homme et sa triste nature!... Quand les années ont glacé dans son cœur tout^

sensibilité et tout «mour ppur ses semlJa|j}ps, ^uan4 ïe soin qui h préoccupa est 4e prplonger s? frêle içxistepce , si malgré s^ vHlle^se vftup pp^^v cevez CR lui quelque lueur d'éuergip , poyp?; J^ipp assuré qu'unp p^spion h^inep^e e» p^t presque tWjpur^ l'unique cause,

PplitiquTOieut et ratiounellement parl^«K le mo^tagu^rd Forestier serait doue pour WPi w» ^typ

fort peu attraput et fort; ppu utile; mais epi^TWe jeteur du graud dr^me de l^ réyolutio» fmpçîii^e^ il est intéressant à entendre , . et c'est pour çel^i que je ntx'astr^in^ à piareher lentewi^nt pend^Rt de longs quarts d'heur^ à ses (îptés , bien cert^iu , en le reportant sur ses .souvenirs de prédilection , d y ' gagner quelque çhqse pour la cppu^isj^ancp die^ faits , et ce qui vaut mieux encprCi pour 1^ connaisr sance des hommes.

Je manquerais toutefois à la stricte équité, si je ne me hâtais d'ajouter que l'ex-terroriste est dans sa vie privée aussi bon et aussi juste qu'il fut cruel et arbitraire dans ses actes publics; donnant ainsi un exemple de plus de ces étranges anomalies de caractère et de conduite , de ces monstrueux contrastes de principes qui frappent d'étonnement , et

vous laissent souvent incrédules, parce qu'on a peine à concevoir que celui-là même, qui foulait aux pieds les lois les plus sacrées dé la morale et de l'humanité , quand il avait à prononcer comme législateur ou comme magistrat sur le sort de son pays et sur celui de ses semblables, pût en .observer les plus doux préceptes quand il agissait comme homme et simple citoyen ; mais qui ne sait, hélas! que les révolutions et leurs terribles péripéties enivrent, aveuglent et dénaturent momentanément les esprits les plus élevés et les coeurs les plus droits!... Indulgence donc plutôt quanathème pour ceux qui, entraînés de bonne foi dans la lutte des partis , ont malheureusement oublié que la morale est une en politique , comme dans toutes les actions privées de la vie.

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