S. Gl. et An
dernière catégorie, et je reçus quarante-cinq francs. Ce fut l'ordonnateur en chef de l'armée, Villemanzy, qui eut le travail de la répartition. On ne doit pas ignorer que chaque officier recevait une gratification chaque fois qu'il entrait en campagne.
Nous arrivâmes dans les cantonnements qui nous étaient affectés près de Francfort-sur-le-Mein. L'étatmajor du régiment et la compagnie d'élite se trouvèrent logés dans le beau village de Bockenheim, dont la plupart des maisons sont habitées par des juifs. Ce fut dans ce cantonnement que mon ami Henry, qui croyait probablement repasser le Rhin pour rentrer en France, me dit un jour :
« Parquin, est-ce que le Petit Caporal ne mettra pas son lampion de travers (il appelait ainsi le petit chapeau de Napoléon) ? Est-ce qu'il ne se fâchera pas? Est-ce que nous ne ferons pas une autre campagne ? Est-ce qu'il ne nous faut pas ça ? dit-il en me montrant son épaule gauche, où se trouvait la place de l'épaulette. « Et à toi ça et ça? » dit-il en me mettant la main sur le cœur, où se place la croix de la Légion d'honneur, et sur l'épaule, place de l'épaulette.
Hélas ! le brave et digne garçon ne se doutait pas qu'il trouverait une mort glorieuse dans cette campagne qu'il appelait de tous ses vœux, et où il devait acquérir cette épaulette, objet de ses désirs, qu'il ne porta que trois mois !