‹ Souvenirs de guerre, 1870-1871Chapitre 4 sur 36 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Combat de Wissembourg

Reconnaissance en avant de Wissembourg. — Attaque et défense de Wissembourg. — Le 74° de ligne. — Le commandant Liaud. — Spectacle grandiose. — Le i^^ turcos. — Le colonel Maurandy. — Entrée en ligne du V^' corps prussien. — Attaque de la gare. — Valeureuse résistan«;e des turcos. — Leur retraite. — Le générai Douay mortellement frappé. — Prise de Wissembourg. — Manœuvre du Xio corps prussien. — Attaque du Geissberg. — Le 50° de ligne. — Opiniâtre défense du château. — Le régiment des grenadiers du roi. — Prise du cbâteau. — Retraite. — Télégramme du prince royal. — Les responsabilités. — Au camp de Seltz. — Concentration du corps d'armée à Reichshoffen. — Emplacement des troupes. — Description du terrain.

4 août. — Au point du jour^ le 78® de ligne^ de la 2® brigade, se met en route pour aller relever, au col du Pigeonnier et à Glimbach, le dQ% de la division Ducrot. Deux escadrons de chasseurs, auxquels est adjoint un bataillon d'infanterie, partent en reconnaissance ; ils rentrent à 7 heures sans avoir rien rencontré.

Cependant, une heure plus tard, le canon se fait entendre.

L'ennemi tire sur Wissembourg des hauteurs au sud de Schweîgen, et bientôt de fortes colonnes, précédées de tirailleurs, descendent vers la ville.

Voici, à ce moment, la situation de notre division.

Ire brigade. — Un bataillon du 74® à Wissembourg, les deux autres sur le Geissberg, ainsi que les deux bataillons du 50®.

Le l^^ régiment de tirailleurs algériens de la 2® brigade occupe, à gauche, le plateau du Vogelsberg ; la brigade de cavalerie (général de Septeuil) est à Steinseltz, ainsi que Tartillerie.

La cavalerie, par suite de la disposition du terrain, ne peut être d'aucun secours. Pour soutenir la lutte, le général Douay ne peut donc disposer que de huit bataillons d'infanterie et de trois batteries d'artillerie, dont une de mitrailleuses. — Effectif des combattants^ environ 5,300.

Nos soldats commençaient à préparer la soupe, — ils n'avaient presque rien mangé depuis le départ de Soultz, — lorsque éclate la canonnade. Immédiatement on se précipite aux faisceaux ; mais le 50®,

protégé par la compagnie de grand'garde du capitaine Œsinger, n'a à craindre aucune surprise ; il ne prend les armes que trois quarts d'heure après le premier coup de canon.

Le 1^^ bataillon est formé en bataille un peu en arrière de la crête du plateau qui plonge dans la vallée de la Lauter, sa droite à environ 200 mètres du château de Geissberg; il couvre son front avec une compagnie déployée en tirailleurs. Le 3® bataillon se déploie en bataille à la gauche du 1^^, formant avec lui un angle presque droit; il fait face à Wissembourg; son front est également couvert par une compagnie de tirailleurs.

Un peu en arrière du 50®, dans l'angle formé par les deux bataillons, et abrité par un pli de terrain, un bataillon du 74® est mis en soutien; l'autre bataillon de ce régiment est déployé à la gauche du 3® bataillon du 50®.

Deux pièces d'artillerie et quatre mitrailleuses placées près du château commencent le feu. En moins d'une demi-heure une pièce est démontée et les autres si maltraitées qu'elles doivent prendre en arrière, près de l'éminence des Trois- Peupliers, une position plus tenable. Il devient évident que l'artillerie ennemie a sur la nôtre une

énorme supériorité numérique et que la portée de ses pièces est plus grande.

A ce moment, rengagement autour de Wissembourg devient fort vif. Toute une division bavaroise est entrée en ligne. Une compagnie de chasseurs bavarois essaie de pénétrer dans la ville par la porte de Bitche; elle est repoussée, ainsi que les attaques sur les autres fronts de la ville. Le bataillon du 74®, sous les ordres du commandant Liaud, se défend avec une énergie indomptable. Deux bataillons du 1^^^ régiment de tirailleurs algériens se portent avec une batterie à Test de la ville, en arrière de la Lauler et en avant de la gare; Tautre bataillon de ce régiment prend position à l'angle sud-ouest de Wissembourg, près de la porte de Bitche, pour défendre l'intervalle compris entre la ville et la forêt des Vosges.

Du Geissberg, où se trouve le 50®, le spectacle est grandiose. Le cri de guerre des turcos : « you! you ! you ! » se mêle au bruit de plus en plus intense de la canonnade et au crépitement de la mousqueterie. Des hauteurs du Schweigen, les batteries bavaroises tirent sur les monuments de la ville et y allument de nombreux incendies; notre artillerie riposte; les mitrailleuses fauchent

de nombreuses files d'Allemands : à l'horizon^ vers Pest^ on aperçoit des masses noires qui se détachent sur le vert des prairies.

Autour de la gare et de la ville^ le combat devient acharné; nos braves turcos résistent aux efTorts du IP corps bavarois^ qui cherche à déboucher d'Altenstatt.

Vers dix heures, de fortes colonnes prussiennes (XI® corps) se montrent vers la droite et cherchent à gagner les hauteurs du Geissberg : en même temps, des masses profondes (V® corps) s'avancent sur la chaussée de Lauterbourg, menaçant de tourner la droite des tirailleurs algériens; plus de quarante pièces d'artillerie concentrent leur feu sur ce régiment. Son colonel, M. Maurandy, fait exécuter un changement de front au bataillon de droite et le place face à l'est; lui-même, debout sur la chaussée, dirige le mouvement au milieu d'une grêle de projectiles. Les turcos, établis derrière les vieux épaulements de Wissembourg et dans les prairies de la Lauter, accueillent par un feu meurtrier de front et de Qanc les colonnes du Vecorpsprussienetles obligent à reculer. Mais l'ennemi, dix fois plus nombreux, reprend sa marche; nos braves turcos défendent pied à pied le terrain.

SooTenirs. 3

Les Bavarois, encouragés par l'arrivée du V® corps, reprennent TofiTensive. Autour de la gare, de ses abords et de la ville, le combat devient de plus en plus sanglant. Les turcos, n'ayant presque plus de cartouches, font, à la baïonnette, d'énergiques retours offensifs; la batterie d'artillerie chargée de les seconder est obhgée de se reporter plus en arrière; l'ennemi, constamment renforcé, menace de les envelopper autour de la gare.

Le général Pelle apprend que le général Douay, qui du Geissberg suivait la marche du combat, vient d'être mortellement frappé par un éclat d'obus ; il prend le commandement et donne Tordre au régiment de tirailleurs de battre en retraite par échelons. Les turcos, mettant à profit tous les obstacles du terrain, reculent pas à pas, faisant toujours tète à l'ennemi, le tenant à distance par leur fière attitude et leur indomptable énergie. Arrivés au pied des hauteurs, ils poursuivent leur retraite par la route de Haguenau ; à mi-côte, ils se reforment et brûlent leurs dernières cartouches.

II est midi. — A Wissembourg, le bataillon du 74« continue à repousser victorieusement lesassauts des Bavarois. L'ordre d'évacuer la ville donné par le

général Pellé^ne parvient pas au commandant Liaud. A 1 heure la ville est complètement entourée^ les munitions presque épuisées, le commandant blessé. Les Bavarois^ après avoir défoncé la porte de Landau à coups de canon^ pénètrent dans la ville, tandis que les Prussiens se présentent à la porte de Haguenau. Cernés, sans cartouches, les braves soldats du 74® sont obligés de poser les armes.

Au Geissberg, depuis 9 heures du matin, une de nos batteries, placée sur une hauteur au sud-ouest de la gare, et celle de mitrailleuses, à l'éminence des Trois-Peupliers, secondées par un feu très vif de tirailleurs du 50®, luttent contre deux batteries prussiennes, soutenues par une troupe nombreuse d'infanterie, établies au nord du GutheilhofT, à l'angle des chemins de fer de Strasbourg et de Landau, et d'autres batteries placées au Windhoff.

Pendant que la lutte se continue autour de Wissembourg et de la gare, le XI® corps prussien, débouchant du Niederwald, manœuvre pour envelopper le Geissberg par le sud-est. Après la retraite du régiment de tirailleurs, le commandant du V® corps prussien (général von Kirchbach) lance à Tassant des hauteurs du Geissberg les 9®

et 21® divisions; le cercle de feu s'étend depuis la staUon de Riedseltz jusqu'à la gare do Wissembourg.

Il est environ 1 heure. Ordre est donné aux bataillons du 50« et du 74® de se replier par échelons sur la ferme de Schafbuch .

Le 3® bataillon du 50® rallie ses tirailleurs et exécute ce mouvement de retraite avec un grand calme, arrêtant l'ennemi, qui cherche à le déborder par sa gauche par des feux à volonté ; après avoir, à deux reprises, rejeté les Prussiens dan^ les bois, il dépasse le château du Geîssberg et s'ar* rête près de la ferme de Schafbuch.

Le 3® bataillon du 74® opère le même mouvement de retraite, protégé par le tir de la batterie établie au sud-ouest de la gare. Cette batterie prend en écharpe les bataillons prussiens et emporte des files entières. Les Allemands l'accablent de projectiles : elle est obligée de se replier ; une pièce, faute d'attelage, ne peut suivre le mouvement. L'ennemi s'en aperçoit et se précipite pour l'enlever. Une section du 74® de ligne vient au secours des artilleurs; une mêlée sanglante s'engage. Les artilleurs essaient d'emmener la pièce à bras; ils ne peuvent y réussir, les roues ayant été

brisées par un obus. Entourés, nos soldats se fraient un passage à la baïonnette et continuent leur retraite sur le Geîssberg.

Le 1«^ bataillon du 50® remonte les pentes du Geissberg sous un feu terrible et subit de grandes pertes ; son commandant (Boutroy) est frappé mortellement ; le capitaine Œsinger, blessé, refuse de se laisser emporter : il est tué bientôt après. Le i^^ bataillon du 74® est également fort éprouvé; par un retour offensif, il dégage le 1®^ bataillon du 50®, serré de très près par l'ennemi. Arrivés près du château de Geîssberg, sur le point d'être enveloppés, le 1®^ bataillon du 50® et une partie du 1«^ bataillon du 74® se précipitent dans le château, s'y enferment, résolus à se défendre jusqu'à la dernière extrémité.

Après un temps d'arrêt, la ligne ennemie, précédée par le régiment des grenadiers du roi, se lanc« à l'assaut du château; elle est reçue par un violent feu de mousqueterie partant de tous les étages du bâtiment. Le porte-drapeau du régiment des grenadiers du roi est renversé; ceux qui successivement prennent l'étendard, un grand nombre d'officiers, le général commandant le V® corps, sont mis hors de combat. Les défenseurs, ayant à leur tête le

commandant Cécile, du 74% se précipitent à deux reprises à la baïonnette pour faire une trouée ; ils échouent dans leur tentative.

L'ennemi renouvelle ses attaques et essaie en vain d'incendier le château ; ses sommations^ ses assauts sont repoussés ; la résistance est opiniâtre, désespérée ; le feu se continue par toutes les ouvertures. Mais l'artillerie ennemie arrive; trois batteries avec de l'infanterie prennent position sur l'éminence des Trois- Peupliers qui domine le château, pendant que dix-huit pièces établies à 500 mètres en avant du front ferment le cercle de fer et de feu.

Il est 2 h. 1/2. Les intrépides défenseurs ne peuvent compter sur aucun secours; ils brûlent leurs dernières cartouches et déposent les armes.

Pendant l'attaque du château de Geissberg, les deux bataillons du 50® et du 74®, placés dans un chemin creux, près de la la ferme de Schafbuscb, exécutent des feux de salve d'une précision meurtrière sur l'aile gauche ennemie. Le château enlevé, le général de Montmarie donne l'ordre de battre en retraite, et ce mouvement est précédé d'un vigoureux retour offensif qui contient l'ennemi. Les Prussiens pénètrent dans la ferme; ils

n'y trouvent que des blessés et des morts^ parmi lesquels le général Douay, dont le corps n'a pu être emporté. Notre division n'a reçu ni voiture d'ambulance^ ni même un seul cacolet I

La retraite n'est pas inquiétée; elle s'effectue vers Climbach, — où se trouve le 78®, — sauf les débris du !«' bataillon et le 3® bataillon du 50% qui, ralliés par le lieutenant-colonel de la Tour d'Auvergne, gagnent Soultz, puis Haguenau, où ils arrivent à H heures du soir, n'ayant plus ni vivres, ni sacs, ni campement; ils rejoignent le lendemain le corps d'armée à Frœschv^iller.

Dans cette journée, les Allemands ont 91 offiders et 1,460 hommes hors de combat. Nous avons perdu environ 1,100 hommes, sans compter les prisonniers de Wissembourg et du Geissberg.

Au 50®, 7 officiers sont tués, 8 blessés, 6 prisonniers ; plus de 400 hommes sont mis hors de combat. Mais notre énergique défense du château de Geissberg a infligé à l'ennemi des pertes plus con* sidérables : celles du régiment des grenadiers du roi sont de 11 officiers et 157 hommes; les trois chefs de bataillon ont été frappés.

(( Brillante, mais sanglante victoire », tel est le

texte du télégramme envoyé par le commandant de la III® armée à son père^ le roi de Prusse.

5,000 hommes ont, pendant six heures, résisté aux efforts successifs de plus de 40,000 Allemands, sans compter les troupes qui, pendant le combat, ont exécuté des mouvements dans le but de les envelopper.

Le 50®, en particulier, est resté digne de son glorieux passé.

« Je ne pense pas, a dit plus tard le maréchal de Mac-Mahon, qu'à aucune époque une troupe d'infanterie ait combattu avec plus de vaillance (1). »

Mais, si la division Douay a accompli tout son devoir, qui doit supporter la responsabilité de cette défaite ?

Il faut d'abord reconnaître que la cavalerie, en ne poussant pas à fond la reconnaissance du matin, nous avait endormis dans une fausse sécurité. Il est également certain que le général Douay, au début de l'action, avait commis une imprudence en envoyant un régiment dans la vallée sans sa-

(i) Déposition devant là commission d'enquête sur les actes du gouvernement de la Défense nationale.

voir quelles étaient les forces de l'ennemi. S'il avait gardé toutes ses troupes sur les positions indiquées par le général Ducrot, tout en conservant ses communications avec Wissembourg, il aurait vu déboucher toutes les forces ennemies, et, devant leur supériorité numérique, il aurait pu, après avoir fait évacuer la ville, se replier à temps avec sa division par le col du Pigeonnier et faire sa jonction avec la division Ducrot. Sa mort, longtemps ignorée, l'attente toujours vaine de l'ordre de retraite, l'éloignement de la première brigade expliquent comment les bataillons ont été si longtemps dans leurs positions et se sont trouvés si gravement compromis.

En effet, toute retraite était coupée, si l'ennemi, en même temps qu'il tournait notre droite, n'avait pas hésité à aborder notre centre, complètement sans défense, ou s'il avait seulement suivi, à 11 heures du matin, la 1^® brigade dans la vallée qui, à l'ouest, court parallèlement à la grande route.

On a prétendu que le général Ducrot aurait pu venir au secours de notre division. Le 4 août, la 2® brigade de la division Ducrot se portait de Wœrth à Lembach, oii se trouvait depuis la veille la 1^® brigade. Pendant cette marche, et à Lem-

bach, la configuration des terrains boisés et la direction du vent ne permirent pas d'entendre le bruit du canon ; seul^ le 96®, au moment où il venait d'être relevé au col du Pigeonnier et à Glimbach par le IS^, avait eu connaissance du combat. Le général Ducrot, prévenu, après avoir donné des ordres pour hâter la marche de sa division, gagna lui-même au galop le Pigeonnier, où il fut bientôt rejoint par le maréchal deMac-Mahon, qui arrivait de Strasbourg. A ce moment, la division Douay battait en retraite sur toute la ligne.

L'éparpillement du 1®^ corps est la véritable cause de notre défaite; la division Douay ce était en l'air » ; elle ne pouvait être soutenue en temps utile.

Au camp de Seltz, où se trouve le 2® bataillon de mon régiment, on entend très distinctement le bruit de la canonnade et de la mousqueterie dans la direction de Wissembourg. Les officiers entourent le colonel, le questionnent. Pourquoi ne marche-t-on pas au canon ? Aucun ordre de départ n'arrive. A 4 heures le bruit cesse. Dans la nuit on apprend l'issue du combat et la mort du général Douay. Des ordres sont donni's pour battre en retraite sur Haguenau.

5 août. — Le camp de Seltz est levé au point du jour; la brigade de lanciers Nansouty se dirige au grand trot sur Haguenau. Les gardes forestiers coupent les routes et font des abatis dans la forêt de Haguenau. Les habitants des villages sont consternés. Pauvre Alsace ! C'est l'invasion qui commence 1

Le 16® bataillon de chasseurs à pied et le 2® bataillon du 50® arrivent à 4 heures du soir à la gare de Haguenau; ils doivent se rendre par le chemin de fer à Reichshoffen, où se fait la concen- U*ation du corps d'armée ; mais le nombre des wagons étant insuffisant^ le 16® bataillon de chasseurs est seul embarqué et le bataillon du 50® passe la nuit à la gare.

Ce même jour, le maréchal de Mac-Mahon est investi du commandement en chef des 1®^, 5® et 7® corps d'armée ; il appelle à lui la division Conseil- Dumesnil (1^® du 7® corps) et dispose toutes ses forces sur les plateaux de la rive droite du Saûerbach, la droite appuyée à Morsbronn, la gauche à Nechwiller; le front de la ligne a une étendue de 6 kilomètres. La division Ducrot (1^®) forme l'aile gauche, dont l'extrémité, un peu repliée en arrière, fait face au nord-est. La division

Raoult (3®) s'étend de Frœschwiller au hameau d'Elsasshausen^ ayant à sa droite la division de Lartigue (4®), qui se prolonge dans la direction de Morsbronn, occupant fortement la route de Gunstett à Eberbach. Notre division, si éprouvée à Wissembourg, est en réserve derrière la 3« et' massée au sud-est de Frœschwiller ; la brigade de Montmarie occupe la croupe entre les deux ruisseaux qui ont leur source au sud de Frœschwiller, La division Conseil-Dumesnil, au fur et à mesure de son arrivée, est placée derrière la division de Lartigue, ainsi que la cavalerie et la réserve d'artillerie.

Le terrain que nous occupons est accidenté et 1res couvert sur certains points. De la gauche à la droite, les hauteurs — couvertes de vignes et de jardins, — et le bois de Frœschwiller, la butte du Calvaire, le hameau d'Elsasshausen, le petit bois formant îlot sur une éminence, le bois de Niederwald, la ferme d'Albrechtshausen, le village de Morsbronn présentent à l'assaillant des obstacles sérieux. En arrière, la forêt de Grosserwald couvre le bourg de ReichshofTen et notre ligne de retraite. La Saûer, qui coule devant notre front, a des berges d'un accès diflRcile ; les hauteurs de la

rive droite commandent généralement celles de la rive opposée, battent la vallée et les nombreux chemins qui y conduisent. Sur la rive gauche^ nous n'occupons aucune position ; le pont de Wœrth est détruit, celui de Bruch-Mûhle, qui conduit à Gûnstett, est conservé.

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