‹ Souvenirs de guerre de M. ErzbergerChapitre 4 sur 39 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

AU VATICAN

A mon arrivée à Rome, en février 1915, ma première visite fut pour la vénérable église Saint-Pierre au Vatican. Je sollicitai une audience privée de Sa Sainteté le Pape Benoit XV. Avec une extrême bonté et une affectueuse franchise, le Saint-Père me reçut le deuxième jour à la porte d'entrée de la petite salle de la bibliothèque. Je pus dans l'après-midi parler de la rénovation religieuse en Allemagne. Sa Sainteté s'enquit avec la plus grande sollicitude de certains prélats allemands qu'il avait personnellement connus lors de son passage au Secrétariat d'Etat. Je pus dissiper en toute conscience les craintes manifestées en certains milieux au sujet de la possibilité d'un nouveau Kulturkampf en Allemagne. Je dis que la lutte des idées continuerait, que, touchant l'éducation du peuple et la question scolaire, de vives discussions continueraient; mais il n'y aurait pas de Kulturkampf. L'entretien roula ensuite sur la situation internationale. Sa Santeté affirma que son grand désir était la réalisation prochaine d'une paix juste. Dans le cours de la conversation, nous parlâmes des prétendues atrocités commises par des soldats allemands, particulièrement des Poméraniens et des Mecklembourgeois protestants. Le Saint-Père avait reçu à ce sujet des documents transmis par des autorités compétentes. 150 religieuses auraient été souillées par des soldats allemands. Certains de ces crimes auraient

AU VATICAN

même été commis dans l'église en présence du Saint- Sacrement. (Le 30 mars, on m'avait communiqué une dépêche de notre ambassadeur à Washington au sujet d'une propagande entreprise à ce sujet aux Etats-Unis. On avait mis en circulation une liste de religieuses violentées par des soldats protestants : 2.000 religieuses belges étaient — disait-on— enceintes). Je priai le Pape de me soumettre les documents dont il disposait afin que les coupables fussent poursuivis. Ma demande fut acceptée. Des expériences passées m'interdisaient de croire a priori à de pareils faits. Mais s'ils étaient exacts, disais-je, l'Allemagne prendrait des sanctions. Peu après mon retour en Allemagne, les bureaux furent chargés de procéder à une enquête. L'administration militaire de Bruxelles demanda aux évêques belges de citer des cas de violences exercées dans leur diocèse contre les religieuses. Les réponses qu'elle reçut permirent de constater qu'on « ne connaissait pas un seul cas de violences exercées par des soldats allemands sur des religieuses ». Le 16 avril 1915, le cardinal Mercier écrivit au Gouverneur Général qu’il protestait comme lui contre ceux qui « répandent des accusations aussi infâmes sans apporter de preuves ». Il faisait remarquer combien il était difficile et même impossible de procéder à des enquêtes sérieuses. Pour lui, il n'oserait « interroger personne sur un sujet aussi délicat ». C'était cependant — ajoutait-il — le devoir de l'Episcopat et du Gouverneur militaire d’empêcher par tous les moyens que le public ne prît un plaisir malsain à de pareils récits. « Je serais heureux si la justice exerçait une pression sur ceux qui les inventent ou les rapportent, soit par préjugé, soit par une impardonnable légèreté. Mais je pense que nous pouvons continuer, sans fouler aux pieds le droit de la conscience et sans courir le risque de blesser la liberté morale ». Le 24 février, peu avant mon départ, je fus prié au Secrétariat d'Etat de transmettre à l'Empereur d'Allemagne le vœu de Sa Sainteté. Il s'agissait d'accélérer la nomination de l’archevêque de Posen- Gnesen, de renoncer à l'élection par le chapitre, avec toutes les modalités qui s'y rattachent, et de procéder

à la nomination par le Pape, de concert avec le Roi de Prusse. Une fois qu'on se serait mis d'accord en principe sur la question, le Saint-Père nommerait son candidat. On me dit alors que le défunt archevêque, von Likowski, avait désigné en premier lieu comme son successeur son vicaire général Dalbor. L'Empereur et les autorités berlinoises compétentes approuvèrent aussitôt la proposition du Pape. La rédaction du décret de nomination fut retardée, il est vrai, jusqu'au mois d'août : ce fut parce que le candidat du Saint-Siège manifesta longtemps de la répugnance à accepter des fonctions lourdes de responsabilités. Il finit par s'incliner devant le désir exprès du Pape.

Le samedi-saint 1915, j'eus, lors de mon deuxième séjour à Rome, une nouvelle audience privée chez Sa Sainteté. Le Pape se montra très attristé devoir continuer le massacre européen. Il me dit : « Si la guerre dure encore longtemps, nous aurons une révolution sociale telle que le monde n'en a pas encore vue». Le conflit devenu public entre l'administration allemande et le cardinal Mercier fut l'objet d'un long entretien. Sa Sainteté m'assura avec énergie qu''Elle ferait tout pour empêcher que ce conflit ne prît une forme plus aiguë. Le Pape émit l'idée d'un armistice de deux jours pour permettre d'enterrer les milliers de combattants tombés dans le Nord de la France. Dès le dimanche de Pâques, je pus apporter à Sa Sainteté une réponse favorable du gouvernement allemand. Elle fut accueillie avec une grande satisfaction. Ces jours-là, on parla beaucoup dans le public d'un entretien du Saint-Père avec un journaliste américain que je connaissais, M. von Wiegand. Les passages principaux de cette interview étaient les suivants :

• « Transmettez mon salut et ma bénédiction au peuple américain. Dites à ce noble peuple quel est mon unique désir : travailler avec constance et abnégation pour la paix, afin que cet horrible massacre finisse le plus tôt possible. Vous rendrez ainsi un grand service à Dieu, à l’humanité et au monde entier. Le souvenir de votre action sera éternel. Si votre pays évite tout ce qui peut prolonger la guerre, qui fait répandre le sang

AU VATICAN

de centaines de milliers d’humains, l’Amérique, par sa puissance et par son influence, contribuera puissamment à finir cette guerre monstrueuse. Le monde entier a les yeux fixés sur l’Amérique et attend d’elle une initiative en faveur de la paix. Le peuple américain saura-t-il saisir le moment favorable? Je prie Dieu qu’il en soit ainsi ». Tel est le message pascal que le Pape me confia au cours de cette audience mémorable, la première interview accordée à un journaliste étranger depuis la mort de Léon XIII. Le Saint-Père continua : <( Priez et travaillez infatigablement pour la paix : tel est mon vœu de Pâques. Mes prières de tous les jours, tous mes efforts sont pour la paix ». Dans ses yeux se reflétaient sa bonté, sa sincérité entières. Le Pape conclut : « Je mets tout mon espoir dans le peuple américain, dans l’influence qu’il peut exercer sur le monde entier. Equitable, impartiale et neutre dans tous ses efforts, l’Amérique, quand le moment sera venu d’entamer des négociations de paix, peut être sûre de tout l’appui du Saint-Siège. Je fai déjà fait savoir au Président par ses amis les plus éminents. »

La publication de cet entretien provoqua une forte pression de la part de l'Entente, surtout de l'Angleterre, sur le Vatican. La presse de l'Entente s'en saisit, lui donna un tour tendancieux et s'éleva contre le Pape. L ’Osservatore Romano publia une note contre cette interprétation systématique de l’interview.

Dans mes conversations avec le Saint-Père, j'eus également l'occasion de mentionner une série d'œuvres de charité en faveur des prisonniers de guerre (échange de prisonniers civils, repos dominical, etc.). Le gouvernement allemand m'autorisa à promettre la plus grande mansuétude à condition que la réciprocité fût consentie. Il s'agissait surtout de la mise en liberté des prisonniers civils et des missionnaires. Le Saint-Père me répondit que la France avait déclaré que c'était l'Allemagne qui s'opposait à l'échange des grands blessés. Je pus lui faire remarquer que, lors du premier échange, les Français avaient commencé par ne pas renvoyer d'officiers gravement blessés; que, sur l'intervention de la Suisse, ils avaient fini par rapatrier 5 officiers et 20 sous-officiers, tandis que l'Allemagne avait immédiatement échangé 29 officiers et 160

sous-officiers français. Il y avait en tout en France au moins 70 officiers, 70 sous-officiers et 300 hommes qu'on devait échanger comme grands blessés. Le Saint-Père prit connaissance, avec un grand intérêt, de ces données. Lorsque la guerre éclata entre l’Italie et F Autriche, les relations avec la Curie ne purent continuer que par écrit. Ces relations n'en ont pas moins eu plus d'un heureux effet. A l'occasion du discours adressé par le Pape aux membres de « l’Opera délia preservazione délia Fede », le 22 novembre 1915, l'émotion fut grande en Allemagne. Certains milieux protestants estimèrent que le discours était dirigé contre eux. Le 7 décembre, je reçus de source compétente la déclaration suivante :

<( En ce qui concerne le discours de Sa Sainteté, je puis vous dire que le Saint-Père ne Fa prononcé qu’à cause des menées des méthodistes à Rome. Les méthodistes sont uno secte protestante qui, grâce à l’argent des francs-maçons, a pris pied à Rome, se moque à chaque occasion de l’Eglise catholique et de son chef et emploie comme pasteurs des ecclésiastiques catholiques renégats. Ils payent les gens qui fréquentent les offices, ils amènent leurs élèves non pas au protestantisme, mais à l’athéism ( eet les livrent aux francs-maçons. Les plus fanatiques partisans de la guerre sont, à Rome, les méthodistes. Ils prononcent dans leurs églises des conférences contre les barbares allemands, etc. On peut dire en un mot que ce sont des succursales de la franc-maçonnerie qui ne négligent rien pour tourner en dérision l’Eglise catholique. Sa Sainteté s’est montrée très étonnée qu’on suppose seulement qu’il ait voulu offenser les protestants allemands. Le Saint-Père n’y pense aucunement, ainsi que le montre le texte authentique de VOsservatore Romano : on peut y voir qu’il n’est question que de la situation à Rome. »

Au mois de novembre, se produisit un événement qui fut un certain succès pour la cause allemande en général et une grande joie pour les catholiques allemands. Le correspondant du Corriere délia Sera au Vatican répandit la nouvelle que trois cardinaux français seraient nommés au prochain Consistoire. Le nombre des cardinaux français atteindrait donc, pour la première fois, le chiffre de

AU VATICAN

huit. Le journal ajoutait que le Saint-Siège voulait manifester ainsi ses sentiments d’amitié à l’égard de l’Entente. Par mon intermédiaire, le gouvernement allemand suggéra au Saint-Siège qu’on serait satisfait en Allemagne si, lors du prochain Consistoire, on accordait aussi la pourpre à un évêque allemand. C’était l’évêque de Breslau, Bertram, dont il s’agissait en premier lieu. Les catholiques allemands seraient de leur côté très heureux de voir nommer trois cardinaux de leur nation, et le gouvernement allemand serait agréablement affecté par la nomination du prince-évêque de Breslau. En effet, la France, avec ses 36 millions de catholiques, avait huit cardinaux, tandis que l’Allemagne n’en possédait que deux bien qu’elle eût 24 millions de catholiques. L’Allemagne et l’Autriche- Hongrie n’en avaient que sept pour 70 millions de catholiques. Le 21 novembre, on m’informa que le désir de l’Allemagne avait été exprimé trop tard à Rome. L’Autriche aussi avait fait parvenir trop tard sa demande au sujet de la nomination du prince-archevêque de Salzbourg au rang de cardinal. Le Saint-Père accorderait la pourpre au prince-évêque de Breslau au prochain Consistoire. Une nouvelle demande eut ce résultat que, dès le 4 décembre, au Consistoire secret, le Saint-Père nomma cardinaux le prince-évêque de Breslau et le prince-archevêque de Prague, et qu’il réserva « in petto » les deux princes de l’Eglise. Ce qui veut dire qu’à dater de ce jour ils furent cardinaux et en eurent le rang, comme si leurs noms avaient déjà été publiés au Consistoire. En Allemagne, Cologne seulement avait un droit d’ancienneté à la pourpre, en deuxième ligne Breslau, si une demande spéciale était faite. Lorsque Son Eminence Kopp devint cardinal, l’Empereur s’employa lui-même près du Saint-Père pour cette nomination. Il en fut de même de la nomination du cardinal de Munich.

Les tâches de la Nonciature apostolique à Munich avaient considérablement grandi durant la guerre. Des milliers de gens ayant leurs parents prisonniers de.guerre ou prisonniers civils s’adressaient au Saint-Siège pour obtenir leur libération ou une amélioration de leur sort.

Gomme les représentants diplomatiques de l'Allemagne et de F Autriche avaient quitté Rome, l'unique intermédiaire resta la Nonciature de Munich. Celle-ci, de son côté, voyant que ces sortes d'affaires ne pouvaient être réglées qu'à Berlin, me demanda en plus d'un cas de m'entremettre. J'acceptai toujours volontiers. C'est alors que j'appris à connaître et à apprécier l'impartialité absolue de la diplomatie pontificale. En effet, les vœux relatifs aux internés et aux prisonniers allemands suivaient, en sens inverse, exactement la même voie que les désirs exprimés par les Anglais, les Français et les Italiens à l'adresse de l'Allemagne. Le secrétaire d'Etat Gasparri est intervenu plusieurs fois près des gouvernements italiens et français, avec plein succès, en faveur de la libération d'internés allemands (citons par exemple le cas du grand industriel allemand Fritz Rochling). C'est par la Nonciature que les nombreuses œuvres de charité internationales du Saint-Siège pour l'amélioration du sort des prisonniers de guerre ont été préparées et exécutées : par exemple l'internement des prisonniers malades ou blessés, malgré les longues résistances françaises. En août 1915, je soumis au nonce Früfiwirth une proposition relative au repos hebdomadaire dans les camps de prisonniers. J'ajoutais que le gouvernement allemand donnerait son approbation à toute initiative du Pape à cet égard. Le Saint-Siège transmit cette suggestion à toutes les nations belligérantes et, dès septembre, l'accord était réalisé entre l'Allemagne, l'Angleterre et la Russie. 11 en fut de même au sujet du sort des prisonniers civils et militaires retenus en Russie. Des évêques français sollicitèrent d'autre part le Saint-Siège d'obtenir le retour des prêtres prisonniers de guerre en Allemagne. Je pus transmettre l'approbation du gouvernement allemand, naturellement avec cette réserve que la France rendrait, de son côté, les prêtres évacués de la Haute-Alsace. L'exercice du culte dans les territoire occupés de l'Ouest fut réglé d'une façon conforme aux instances du Saint-Siège. Au début de 1916, je pus obtenir le retour dans son diocèse de l'évêque de Sejne. En mai 1916, sur l'initiative des

AU VATICAN

évêques belges et sur la proposition du Saint-Siège, le plus grand nombre des prêtres belges détenus en Allemagne fut placé, comme je bavais proposé, dans des couvents allemands. Gomme les négociations que le Comité américain pour le ravitaillement des territoires polonais occupés menait avec le gouvernement britannique étaient sur le point d'échouer, en mai 1916, une solution définitive put être obtenue. En juin 1916, je suggérai au nonce Frühwirth de demander à Sa Sainteté de faire une démarche près des Puissances belligérantes pour que les prisonniers pères de plus de trois enfants, en captivité depuis plus de dix-huit mois, fussent évacués en pays neutre. Après de nombreuses et pénibles négociations, le Saint-Siège obtint l'approbation de tous les belligérants. En mai 1917, le gouvernement français, par l'intermédiaire du cardinal Amette, archevêque de Paris, fit une démarche près du Saint-Siège. On craignait que les autorités allemandes n'imposassent le travail forcé à la popu- " lation des territoires français occupés et ne décidassent de nouvelles déportations. Je pus aussitôt répondre que <( les autorités allemandes n'avaient point cette intention ; que les déportations n'avaient point lieu. Là où la situation agricole rendait ces mesures absolument nécessaires, les travaux pressants étaient exécutés dans les frontières de la commune. J'ajoutai que la population n'avait pas quitté le pays, qu'on avait recommandé aux autorités allemandes d'agir avec de grands ménagements et de n'imposer le travail que dans le cas d'absolue nécessité ». Les travaux de la Nonciature de Munich prirent une ampleur énorme lorsque le nombre des prisonniers italiens s'accrut en Allemagne. Elle s'acquit bien des reconnaissances.

Outre de nombreuses questions de détail, un ou plusieurs rapports d'ensemble étaient régulièrement rédigés chaque semaine sur la situation en Allemagne ou sur d'autres questions susceptibles d'intéresser la Curie. Une copie en était adressée au ministre de Prusse près du Vatican.

Plus la guerre se prolongeait et plus les misères s’adressaient au Saint-Siège pour implorer son appui. Le

besoin se fit sentir d’un contact direct et immédiat entre le Saint-Siège et le gouvernement allemand. C'était à Berlin que se décidait le sort de l'Empire, mais c'était Munich qui était le siège de la Nonciature. Cette situation comportait naturellement des inconvénients. Au début de 1917, on reprit donc l'idée déjà ancienne d'une Nonciature à Berlin. On n'était pas d'accord sur la forme à donner à la représentation diplomatique du Saint-Siège à Berlin. Le Vatican préférait, en égard à la Cour catholique de Munich, conclure une convention aux termes de laquelle le Nonce de Munich serait en même temps accrédité à Berlin. Cette solution soulevait de graves objections au ministère des Affaires étrangères qui estimait qu'en transportant à Berlin le centre de gravité de la représentation diplomatique, on désavantagerait Munich. Des raisons d'ordre technique assez importantes s'opposaient à ce que le nonce de Munich vînt seulement à Berlin de temps à autre. Les expériences de la guerre avaient prouvé que des relations diplomatiques ne peuvent être fécondes que si un continuel échange de vues est possible entre les personnes. On croyait en outre que l'Empereur ne serait pas favorable à une telle proposition. Jusqu'ici on ne voyait pas à Éerlin d'inconvénients à ce que des ambassadeurs et des ministres accrédités à Berlin communiquassent à d'autres Cours allemandes leurs lettres de crédit. Mais Berlin qui, conformément à la Constitution, dirige les affaires de l'Empire, ne pouvait admettre facilement qu'un diplomate, accrédité près d'un Etat de la Confédération allemande, assumât « accessoirement la représentation diplomatique près de l'Empire allemand ». Berlin exprima donc le vœu qu'on installât une représentation diplomatique du Saint-Siège dans cette ville, et sous la forme durable d'une Nonciature de première classe. Le nonce Aversa estima, il est vrai, que les raisons que faisait valoir Berlin n'étaient valables qu'au cas d'une Nonciature durable, mais ne l'étaient point si l'on songeait seulement à une représentation diplomatique pour la durée de la guerre. La suite des négociations menées par moi révéla que le Saint-Siège était très disposé à mettre

AU VATICAN

une Nonciature à Berlin. Mais, comme cette solution ne serait pas agréable au gouvernement bavarois, le Saint- Siège qui ne voulait pas, dans des circonstances aussi difficiles, provoquer un dissentiment entre les Etats allemands, estima, à contre cœur il est vrai, indiqué de ne pas insister pour le moment sur ce plan. Peut-être la question pourrait-elle être reprise après la guerre. En effet, elle fut résolue après que fut votée la nouvelle Constitution de l'Empire allemand : la Prusse, puis la Bavière, renonçaient pour l'avenir à avoir une représentation particulière au Vatican, de sorLe que, dans le premier semestre de 1920, une ambassade allemande put être créée près du Vatican. Quant à l’installation d’une Nonciature à Berlin, elle n’est plus sans doute qu'une question de semaines.

Page 1