CHAPITRE VII
LES LIEUX SAINTS A JÉRUSALEM
Les Lieux Saints de Jérusalem ont été depuis longtemps l'objet d'ardentes compétitions. Les catholiques latins, les Grecs et les Arméniens se disputent l'Eglise du Tombeau et le sanctuaire de Bethléem ; les catholiques et les Arméniens, l'Eglise de Marie dans la vallée du Cedron : tandis que le Cenaculum (Salle de la Cène sur le Sion) et l'Eglise de l'Ascension (sur le Mont des Oliviers) sont en possession des Musulmans. Au moment où la Turquie entra en guerre aux côtés de l'Allemagne, mon devoir de catholique était de profiter de cette situation politique favorable pour mettre les catholiques en possession des sanctuaires qui restaient entre les mains des Mahométans. Pour mettre fin aux continuelles querelles, il s'agissait d'attribuer chaque sanctuaire à un propriétaire seulement. Enfin, je songeais à l'utilité de transformer de la façon suivante le patriarchat latin qui était toujours aux mains de l'Italie : chacune des nations fournirait tour à tour le patriarche. Les mêmes efforts furent faits bientôt au sujet de la Custodie. Toutes ces tendances étaient justifiées par la situation intolérable qui régnait alors aux Lieux Saints. Les ruines s'y accumulent parce que rien ne peut être fait sans l'assentiment de tous les intéressés. Les incidents sanglants qui se sont produits aux Lieux Saints sont un scandale pour le christianisme tout entier. J'ajoute que le moment était venu où l'on pouvait faire
échec aux visées russes, soutenues par le clergé grée orthodoxe, et relatives au patriarchat sur les Eglises orientales. La <c Congrégation du Saint-Sépulcre », qui possédait les Lieux Saints les plus importants, était composée seulement, aux termes de ses statuts, de nationaux grecs. La population orthodoxe, de langue arabe, établie dans le pays, en était éliminée. Tout le haut clergé et le patriarche grec appartenaient à cette confrérie. Une tentative faite par les éléments indigènes en 1908 pour briser par une révolte sanglante la tyrannie de cette caste hellénique n'eut point ce succès. L’inlluenee russe devint encore plus forte, même quand les éléments de langue arménienne et arabe réussirent à occuper le siège patriarcal d’Antioche Comme catholique allemand, j’avais un intérêt particulier à voir régler d’une façon satisfaisante la question de la propriété du Cenaculum; car, le 30 octobre 1898, l’Empereur avait accordé, dans l’intérêt des catholiques allemands, la libre jouissance du terrain voisin, la Dormitio, à l’« Association de la Terre Sainte ». Le sanctuaire allemand qui fut alors bâti sur le terrain impérial n’est séparé que par un intervalle de trois mètres du bâtiment où se trouve la Salle de la Cène. Cette construction monumentale, bâtie dans sa forme actuelle au xiv° siècle, est considérée comme l’emplacement du dernier repas pris par le Sauveur et est liée à la Fête de la Pentecôte et à une série d’autres grands souvenirs bibliques : c’est donc un des plus grands sanctuaires de la Chrétienté. Jusqu’en l’année 1520, ce sanctuaire appartint aux catholiques. Maintenant, c’est une mosquée sans ornements, presque inutilisée, une sorte d’annexe à la mosquée située en dessous et qui est très fréquentée. Les Musulmans y vénèrent à tort le prétendu tombeau de David (d’où le nom Nebidaud, fréquent chez les Arabes). Le rez-de-chaussée, avec le prétendu tombeau de David, est aujourd’hui interdit aux chrétiens. De la cour, on atteint le Cenaculum par un escalier de vingt marches. A l’est du Cenaculum sont deux petites salles plus hautes, la Chapelle du Saint-Esprit. Depuis longtemps, les catholiques songeaient à acquérir le Cenaculum. Une dame de
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l'aristocratie française avait, en 1861, mis à cet effet, à la disposition du cardinal uniate arménien Hassun, qui séjournait alors à Rome, la somme de deux millions de francs. Le grand vizir ne se montra point hostile à la proposition, mais il demanda l'avis du gouverneur de Jérusalem. Le gouverneur, Reuf Pacha, s'éleva contre le projet et lit tout pour en empêcher la réalisation. L'acquisition de la Dormitio éveilla naturellement le désir de posséder la Salle de la Gène. Au début du siècle, les catholiques allemands prirent une initiative en ce sens, mais le gouvernement allemand n'y donna pas suite, afin « de ne pas exciter les Musulmans ». En 1913, la Gustodie de la Terre Sainte entreprit des démarches pour l'acquisition du Cenaculum, près de membres éminents de la Cour d'Autriche. Les catholiques allemands ont, par voisinage, l'intérêt le plus immédiat au règlement de cette question (voir l'esquisse). Dès le début, j'estimai tout naturel que si le Cenaculum passait, directement ou indirectement, entre les mains des catholiques allemands, il serait mis à la disposition des catholiques du monde entier.
Une question préalable était l'acquisition du « Cimetière américain » par le propriétaire, soit de la Dormitio, soit du Cenaculum. Ce cimetière américain était, il y a dixhuit ans encore, destiné à recevoir la dépouille des membres de la colonie américaine de Jérusalem. A cette époque, il devint, par l'intermédiaire du procurateur du patriarchat schismatique arménien, propriété de la Custodie. Le terrain est petit (environ 350 mètres carrés), mais il fait enclave de deux côtés dans la Dormitio, et il constitue un voisinage gênant. Durant vingt ans, on a tenté d'acquérir le terrain. Le prix élevé qu'on en demandait rendit l'achat impossible. En face du portail de l'église allemande, à quatre mètres seulement de lui, un mur fut bâti, et les Bénédictins allemands de la Dormitio se trouvèrent à l'étroit. Mes premiers efforts furent pour acheter le cimetière américain. Malgré de grandes difficultés, l’affaire fut bientôt en bonne voie. Dès les premiers entretiens que j'eus dans les milieux ecclésiastiques
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et officiels au sujet de la situation religieuse en Orient, je démontrai combien il était nécessaire et urgent d’acquérir le Cenaculum. On demanda un rapport au Consulat général de Jérusalem, qui répondit : « qu’en y consacrant les moyens nécessaires, l’acquisition du sanctuaire n’était pas absolument impossible ». La somme qu’on suggérait était de trois millions de francs. On intéresserait par ce moyen les habitants du Nebi Daud à la réussite du plan. De cette façon, les principaux intéressés ne feraient point de résistance, surtout si on laissait aux Mahométans la propriété ou la jouissance du prétendu tombeau de David. Lorsque l’action catholique allemande en Orient fut mise en train, l’acquisition du Cenaculum prit de l’importance bien que — je l’écrivis au mandataire allemand — il fallût se garder de s’en occuper de telle sorte que le travail de la mission en souffrît. Il vaudrait mieux renoncer aux souvenirs mémorables du christianisme que de perdre l’influence sur la population et que de permettre la décadence de nos missions ». L’affaire prit une tournure favorable lorsque le comte Wolff Metternich, un de mes amis, fut envoyé comme ambassadeur à Constantinople. II comprenait fort bien l’importance de la question qui m’occupait. Avant son départ, qui eut lieu en novembre 1915, un plan d’action avait été dressé dans ses lignes principales. Le comte Wolff Metternich promit de travailler de toute sa force au succès de l’entreprise, de recommander au sultan de mettre le Cenaculum à la disposition de l’empereur d’Allemagne, en retour du bâton de maréchal. Pendant mon séjour à Constantinople, en février 1916, l’affaire fit un progrès considérable. Je pus écrire le 2 mars au Chancelier, alors au Grand Quartier Général :
« Les catholiques allemands attachent à la possession du Cenaculum une valeur sentimentale, et je suis convaincu que les milieux évangéliques se réjouiraient vivement si nous réussissions à assurer aux chrétiens la possession de ce sanctuaire. Le consul général de Jérusalem, dans un rapport en date du 28 décembre, estime que l’acquisition est possible, après avoir cru d’abord le contraire. M. l’ambassadeur comte Wolff Metternich m’a déclaré sous le sceau du secret qu’il
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a entrepris même à Constantinople des démarches pour savoir adroitement s’il y aurait des résistances d’ordre religieux. On lui a déclaré — dit-il — qu’il n’y en avait point. Il ajoute qu’il proposera au Sultan de donner le Cenaculum à Sa Majesté l’empereur d’Allemagne en retour du bâton de maréchal, dès que la somme prévue pour l’opération serait réunie, Cette somme serait — d’après le rapport du Consul général de Jérusalem, — de trois millions de francs. J’ai confiance qu’il me sera possible de réunir ces fonds sans tarder. Après avoir consulté Münich, je pars lundi prochain pour Cologne voir le cardinal von Hartmann, qui est Président de l’Association de la Terre Sainte. Je ne puis encore m’engager définitivement, mais j’estime que c’est pour les catholiques allemands une question de conscience chrétienne et de conscience nationale que de ne pas laisser passer le moment favorable à l’acquisition du Cenaculum pour une simple raison d’argent. La question qui reste à résoudre est celle-ci : Qui sera le propriétaire et le protecteur de ce sanctuaire? Je me permets de proposer la solution suivante : si le sanctuaire est remis à Sa Majesté l’Empereur, Sa Majesté pourrait avoir la grande bonté de le remettre à son tour à Sa Majesté Louis III de Bavière, qui en deviendrait le propriétaire et le protecteur. Je suis fermement convaincu que ce geste de l’Empereur produirait sur les catholiques allemands la meilleure impression. Le sanctuaire serait à l’abri des vicissitudes de la politique et deviendrait pour toujours une propriété chrétienne. Hier matin, j’ai eu l’occasion d’entretenir de ceci Sa Majesté le roi de Bavière. Sa Majesté serait très heureuse si la Maison de Wittelsbach était désignée comme gardienne du Cenaculum. Mais Sa Majesté déclara qu’elle ne pourrait envisager naturellement un pareil règlement de la question que si Sa Majesté l’Empereur s’engageait de sa propre initiative dans la voie indiquée. Les arguments suivants pourraient militer en faveur d’une prise de possession du Cenaculum par la Maison royale de Bavière : un monarque catholique serait un protecteur tout désigné pour ce sanctuaire catholique. Au point de vue international, le passage du sanctuaire en des mains allemandes soulèverait moins de résistances si la Bavière, c’est-à-dire le roi Louis, devenait propriétaire de ce lieu, à la place de l’Empire allemand, c’est-à-dire de l’Empereur. »
Le chancelier de Belhmann-'Hollweg vit aussitôt L’Empereur. Etant venu peu de temps après à Munich, il
informa le roi de Bavière que l'Empereur adoptait tout à fait mes propositions et s'emploierait pour l'acquisition du Cenaculum.
Naturellement, l'affaire ne marcha pas aussi vite à Constantinople que je l'aurais souhaité dans mon impatience. L'Ambassadeur m'écrivit en avril 1916, qu'après les négociations relatives aux Capitulations, il estimait le moment venu d'entamer la question du Cenaculum. « Vous pouvez être sûr que je ne laisserai pas passer le bon moment ». Par des négociations avec la Curie, j'obtins l'approbation de Rome. Plus tard, il est vrai, des gens se mirent à l'œuvre pour faire échouer la combinaison : ils ne voulaient pas que le Cenaculum fût accordé aux catholiques allemands, bien que les négociations diplomatiques relatives à l'achat ne pussent, pendant la guerre, être entreprises que par l'Allemagne et bien que le Saint-Siège ne songeât pas pour lui-même à cette acquisition. Ces manœuvres cessèrent d'ailleurs sur mes démarches instantes en juillet 1916. Le provincial de la province franciscaine bavaroise, qui voyageait en ces temps-là en Palestine, ne pensait pas qu'on dût être trop optimiste. Les Musulmans de Jérusalem ne comprennent pas encore l'erreur qui consiste à croire que sous le Cenaculum se trouve le tombeau de David, objet de leur vénération. Tant qu'ils gardent cette croyance, un sursaut de fanatisme, et en même temps un échec de notre plan sont toujours à craindre. Les traités germano-turcs traînant à cette époque en longueur, on remit à l'automne l'ouverture des dernières négociations avec la Turquie au sujet du Cenaculum. D'ailleurs, à Berlin même, il y avait « des résistances, des timidités, des préjugés » à vaincre. Le comte Wolff Metternich exposa au mois d'août à Talaat Pacha que la question arménienne et l'oppression des institutions chrétiennes en Turquie avaient soulevé bien des rancunes et influencé défavorablement l'humeur des partis allemands. II faudrait que la Turquie fit quelque chose pour apaiser les esprits. La vente du Cenaculum aux catholiques allemands était à cet égard indiquée. Même après sa retraite, le comte Wolff Metter-
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nich n’a cessé de s’employer, oralement et par écrit, pour cette grande cause, et insisté pour que la question fût réglée avant la signature des traités germano-turcs. On profita du séjour à Berlin du ministre de Turquie Halil pour lui faire comprendre que les traités avec la Turquie courraient de grands dangers si nous ne constations pas de bonne volonté dans la question du Genaculum. Le ministre turc promit d’arranger la chose aussitôt après son retour à Constantinople. 11 ajouta que ce serait facile si l’Allemagne se montrait accommodante dans les questions ecclésiastiques et scolaires. Le secrétaire d’Etat von Jagow évita qu’on confondît ces deux sortes d’affaires. L’ambassadeur comte Wolff Metternich me dit en octobre 1916 « que l’acquisition du Genaculum avait de grandes chances d’aboutir. Ce serait déjà chose faite s’il était resté quelques semaines encore à Constantinople. Il avait eu à ce sujet plusieurs entretiens avec Talaat Pacha qui lui avait déclaré qu’il pourrait avoir la moitié de Jérusalem s’il provoquait l’abolition des Capitulations. Ni le ministre du Wakuf, ni le Scheick ul Islam n’avaient fait d’opposition. Le gouverneur de Jérusalem s’était montré très favorable. Il avait déclaré que, dans les milieux ottomans, on ne soulèverait certaines objections que si une église était aussitôt édifiée sur le terrain » . Je pus assurer à l’ambassadeur que les Allemands ne songeaient aucunement à bâtir en cet endroit une église, puisqu’il touchait la Dormitio, où se trouvait déjà une somptueuse église. De pareilles déclarations furent faites au gouvernement turc à Constantinople. Je traitai souvent cette question avec le successeur du comte Metternich, M. de Kühlmann. Je lui faisais remarquer que l’acquisition de la salle de la Cène était hautement désirable pour faire accepter au Parlement les traités germano-turcs qui soulevaient, en présence de certains événements qui s’étaient produits en Turquie, d’assez fortes résistances. M. de Kühlmann considéra bientôt que le succès était très douteux. En effet, Talaat Pacha fit au commencement de 1917 une série de nouvelles observations. Il ne voulait permettre aux catholiques allemands que des exercices religieux réguliers. Il
finit par proposer que les catholiques allemands s’intéressassent à un autre sanctuaire pour ménager les susceptibilités religieuses des Mahométans. Je fis une contre-proposition : ce ne seraient pas les catholiques allemands qui achèteraient le Cenaculum ; on mettrait les fonds à la disposition du Sultan pour qu’il se présentât comme acheteur. En présence des menaces militaires qui pesaient toujours sur Jérusalem, on pourrait éloigner de Sion le sarcophage que les Turcs prenaient pour le tombeau de David, puisque cette partie élevée de la ville était exposée au bombardement. Le Sultan pourrait acheter avec les fonds une nouvelle mosquée et y placer le sarcophage : le tout se présenterait comme une mesure militaire. Les scrupules religieux ne pourraient plus être invoqués. Malheureusement les négociations traînaient en longueur. Elles furent arrêtées quand Jérusalem se trouva menacée. Enfin, la prise de Jérusalem par les Anglais fit tout échouer. Sur mon initiative, on s’accorda avec la Turquie pour que l’évacuation de Jérusalem se passât de telle sorte « que les balles et les obus ne sifflassent point sur la ville. »
En présence des événements qui ont transformé la Palestine, la Chrétienté tout entière doit exiger que les Lieux Saints deviennent sa propriété, sous une forme qui exclue à l’avenir tout différend. Pendant la guerre, j’ai été prié de différents côtés d’insister pour mettre fin au désordre intolérable qui régnait dans l’Eglise du Saint-Sépulcre. C’est le Sultan de Turquie qui est propriétaire. Outre les catholiques latins, les Grecs, les Arméniens et les Coptes ont droit d’utiliser l’Eglise. On proposa que le Sultan cédât l’Eglise du Saint-Sépulcre à l’empereur d’Allemagne et à l’empereur d’Autriche qui, de leur côté, la donneraient au Saint-Père. Jérusalem elle-même a beaucoup souffert de la guerre. Tout les orphelinats catholiques ont été supprimés. Les enfants ont été placés dans le nouvel Orphelinat central, sous l’administration des Mahométans et sous l’autorité de maîtres et de maîtresses mahométans et protestants. Par les démarches que je fis près du gouvernement allemand, j’obviai au danger que
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couraient les établissements catholiques d'être liquidés. A Bethléem également, tous les établissements autrefois ecclésiastiques furent utilisés pour des lins militaires.
La Montagne du Carmel, berceau de l'Ordre des Carmélites, avait été, jusqu'à la déclaration de guerre, sous le protectorat français. Elle courait le risque d'être vendue par le gouvernement turc qui en revendiquait la propriété bien que toute ses propriétés appartinssent sans conteste à l’Ordre des Carmes déchaussés Sur mon initiative, on invita l'ambassade d'Allemagne à Constantinople à prendre les mesures nécessaires pour la protection du sanctuaire. Elles étaient d'autant plus nécessaires qu'une grande partie du mur long de dix kilomètres qui entourait la propriété de l'Ordre des Carmélites fut démolie et que des indigènes, revendiquant la propriété d'importantes portions des biens du couvent, construisaient déjà sur ses terrains. Le gouvernement turc soutenait les indigènes contre le couvent qu'il fit fermer après la déclaration de guerre. Pour renforcer l'influence allemande, nous envoyâmes dans ce pays un assez grand nombre de Pères Carmes allemands. Grâce aux efforts auxquels j'engageai l'ambassadeur d'Allemagne, les institutions de Carmélites ne furent point menacées durant toute laguerre.