‹ Souvenirs de guerre du général baron PougetChapitre 13 sur 53 · SOU VE MRS DE GUE RUE · texte numérisé non relu

SOU VE MRS DE GUE RUE

Ce n'était pas sans quelques regrets cependant que nous nous préparions à quitter le beau ciel de l'Italie, car notre curiosité était loin d'être satisfaite. Nous aurions voulu visiter Rome, IVaples, Venise; mais la fièvre jaune nous bloquait à Livourne, et nous ne pûmes mettre à exécution les agréables projets que nous avions formés. J'éprouvai aussi un véritable chagrin de me séparer des amis que j'avais au régiment, dans tous les grades, j'ose le dire. Je m'étais efforcé de rendre justice à chacun et de maintenir une disciplina sévère, mais paternelle. Les sous-officiers et les soldats étaient surtout l'objet de mon incessante sollicitude; je veillais à ce qu'ils n'éprouvassent pas de vexations dans leur service, et quand il m'arrivait de les punir, ils n'en conservaient point de rancune, parce qu'ils reconnaissaient qu'ils l'avaient mérité.

Notre voiture devait se compléter de MM. Poisson et Dumasbon, chefs de bataillon au 62e régiment; ils avaient sollicité leur retraite et allaient l'attendre, l'un à Paris, l'autre à Toulouse. Nous quittâmes Livourne dans les premiers jours de mars 1805, menant avec nous le jeune Gérard, mon parent, qui était venu me rejoindre à Pise comme volontaire; je ne voulus pas le laisser isolé dans un corps où il aurait été en butte au colonel, qui se serait vengé sur lui de l'opposition que je lui avais faite. Nous voyageâmes en amateurs, visitant à loisir toutes les villes qui se trouvaient sur notre passage. Je revis Florence, dont on ne se lasse pas d'admirer les monuments. Nous visitâmes en détail le palais Pitti, résidence royale, la galerie de peinture et

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de sculpture, les ateliers de mosaïque, la cathédrale, le Baptistère cl plusieurs autres choses remarquables. Vous continuâmes noire route laissant à noire droite Venise, que nous «[émissions de ne pouvoir aller visiter. \ notre arrivée au lazaret <lr Scarica-Lasino, où nous devions nous purifier, nous eûmes le désagrément de ne pas trouver de place; nous (Vîmes obligés de rétrograder <le deu\ milles pour ;;<i;;ner une pauvre hôtellerie du nom de Pietra Mal a, où nous manquions de tout el où nous restâmes huit jours. Nous les mimes à profit pour parcourir les Apennins. Nous visitâmes « il Honte Fuoco a , espèce de volcan sans cratère d'où les flammes sortent par des crevasses et qui ne s'élèvent par un temps serein qu'à nn pied du sol, sur un diamètre de douze à quinze, mais qui s'élancent à la hauteur de huit à neuf pieds quand le temps est à la pluie. Il prit fantaisie à Mme Pouget de franchir ce volcan, qui était alors dans sou calme, ce qu'elle fit en rétrogradant pour prendre son élan. Nous vîmes aussi, près de là, la fontaine de l'Acqua-Buya, dont l'eau s'enflamme à l'approche d'une lumière. Notre jour d'entrée au lazaret arriva enfin ; on nous purifia préalablement ainsi que nos effets; nos purificateurs, revêtus des pieds à la tête d'une robe en toile cirée noire, la tête enveloppée d'un voile épais où des ouvertures étaient pratiquées vis-à-vis des yeux, environnaient des réchauds remplis de charbon enflammés, au-dessus desquels on nous fit passer et repasser, en même temps qu'ils y faisaient jeter des aromates. Cette opération terminée, nous fumes admis dans l'intérieur d'un

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