CHAPITRE III
Levée du camp de Boulogne. — Campagne de 1805. — Prise de Vienne. — Bataille d'Austerlitz. — Je suis nommé commandeur de la Légion d'honneur. — Cantonnements en Bavière. — Campagne de Prusse. — Bataille d'Iéna. — Prise de Lubeck. — Combat de Hoff. — Prise d'Eylau. — Bataille d'Eylau. — Combat d'Heilsberg. — Paix de Tilsitt.
Je ne dirai rien ici de nos succès ; le récit en appartient à Tliistoire. La Grande Armée, conduite par le génie de la guerre, déborda, tourna et cerna en détail l'armée autrichienne, qui s'était avancée jusqu'à Munich, dont elle s'était emparée, la fit prisonnière sans combattre, uniquement par des marches savantes et une stratégie ignorée jusqu'alors par les plus grands capitaines, anciens et modernes. Nous primes Ulm le 17 octobre et finies prisonniers trente mille hommes, leur général en chef Mack et tous leurs généraux. Nous nous emparâmes de toute leur artillerie. Nous fîmes notre entrée à Vienne le 14 novembre suivant; nous trouvâmes un corps d'armée autrichien sur le Danube pour en défendre le passage, soutenu par plus de cent pièces d'artillerie dont le prince Murât, à la tête de la cavalerie française, s'empara sans coup férir. L'armée autrichienne n'eut alors rien de mieux à faire qu'à se replier