‹ Souvenirs de guerre du général baron PougetChapitre 4 sur 53 · S OU V EX 1RS DE GUERRE · texte numérisé non relu

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donner en déserteur, ce (|ne le sergent comprit; il m'assura des regrets du régiment et des siens en particulier, me salua et rejoignit son poste. Je dis que l'excuse que je fis valoir n'était qu'apparente, le motif réel de mon refus était la juste défiance que j'avais de moimême. Mais que de réflexions me fit faire cette rencontre! Qui sait ce que la fortune me réservait? Je retournai donc rejoindre mes gardes nationaux, à qui je conlai l'aventure, qui les étonna beaucoup; ils me blâmèrent tous de n'avoir pas accepté. Le lendemain nous fumes congédiés par les autorités civiles deXancy sous prétexte qu'il n'y aurait pas de collision. Il y en eut une cependant à Lunéville entre le régiment du Roi et Mestre de camp-cavalerie d'une part et les carabiniers commandés par M. de Malseigne. J'aurais donc pu recevoir mon baptême de feu, dont j'eusse été bien glorieux. Ce jour je vis pour la première fois l'image de la guerre : des cavaliers rentrèrent à Nancy, les uns sans coiffure et la tête ceinte d'un mouchoir ensanglanté ; d'autres le bras ouvert d'un coup de sabre, marchant fort tristement, mais sans être démontés.

Le jour où nous quittâmes Nancy, M. de Bouille et ses troupes se présentèrent devant cette ville. Le régiment Châteauvieux insurgé sortit des portes pour en défendre l'entrée, appuyé par l'artillerie; M. de Bouille attaqua avec la sienne, qui laboura les rues, mais nous n'y étions plus, ce dont j'eus bien du regret. Ce fut à celte époque qu'un faux bruit se répandit rapidement dans les campagnes et y jeta l'alarme. Des émissaires à cheval et se relayant de village en village annonçaient

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qu'une nuée de brigands brûlaient les blés qui étaient presque en maturité. On battit la générale à Craon et je fus bientôt à la tête d'une forte patrouille armée de

fusils, mais sans munitions, et nous voilà battant la campagne à droite et à gauche, ne sachant où diriger nos pas et n'apercevant ni brigands ni incendies. Les plus exaltes voulaient se porter sur les châteaux environnants pour les brûler et les piller, car on accusait les nobles et les seigneurs des prétendus brigandages qui se commettaient, et Ton voulait s'en venger par d'affreuses réalités. Je parvins non sans peine à les calmer et à leur persuader que le moment était mal choisi. J'avais de l'ascendant sur ma patrouille et surtout la ferme résolution de ne jamais me prêter à de pareilles horreurs ; il n'en fut bientôt plus question.

Le 25 juin 1791, c'était fêle patronale à Craon; le maire, décoré de son écharpe, précédé des tambours et accompagné du greffier municipal portant registre, plume et encre, se rendit sur le pré où l'on dansait, fît battre un rappel, puis un ban pour promulguer le décret et faire un appel à la jeunesse pour l'engager à servir la patrie et le Roi ; le maire fit un discours plein de patriotisme et exhorta ceux qui l'entouraient à seconder les intentions de l'Assemblée nationale. Je me trouvais là; toute la jeunesse s'écria : « Si M. Pouget veut s'inscrire nous ferons comme lui ! » Je pris aussitôt la plume, je signai, et tous mes jeunes concitoyens m'imitèrent. Le temps de l'enrôlement était illimité, mais le maire donnait à entendre que ce serait l'affaire de deux ou trois années. Eu juillet même année (1791),

tous les enrôlés reçurent Tordre de se trouver au cheflieu du district (Vézelise) pour répondre à l'appel qui en serait fait par un commissaire du Roi, (jui était M. Jacquinet, de Naucy, lequel jugea nécessaire de nommer un chef conducteur des enrôlés réunis des cantons de Craon et de Neuviller; il me désigna. Nous nous mîmes gaiement en route pour Nancy, et je maintins le bon ordre dans la marche. Ma petite colonne se composait de plus de cent cinquante hommes.

Aussitôt notre arrivée, nous fûmes dirigés sur la caserne Sainte-Catherine; là, on nous fit entrer dans une grande salle où le commissaire royal nous annonça que nous allions procéder à la nomination de nos officiers, et que chacun désignerait sur un bulletin le nom de celui qu'il voulait nommer son capitaine. Toute la jeunesse s'écria : ci A quoi bon? Nous voulons tous M. Pouget ! » Quoique je fusse moins connu des jeunes gens de Neuviller, pas une seule voix ne réclama le bulletin secret, et je fus proclamé capitaine à l'unanimité. M. le commissaire du Roi me félicita et m'embrassa. Ce jour fut un des plus beaux de ma vie; je n'avais pas vingt-quatre ans et j'entrais dans l'armée comme capitaine. Je fis part à ma mère et à mon beaupèrede ma nomination; celui-ci, qui vivait du bien des enfants de ma mère, m'envoya vingt-quatre livres pour faire mes équipages! Je n'avais rien demandé, quoique j'eusse besoin de tout. Avec de l'ordre, je me tirai d'affaire, et j'étais un des officiers les mieux tenus du bataillon. La solde d'un capitaine ne se montait alors qu'à 3 fr. 75 par jour, encore fallait-il laisser à la

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caisse les soixante-quinze centimes pour payer les musiciens (|ni marchaient à notre tête ei qui n'étaient pas à la charge de l'État. On s'occupa très activement de l'instruction des volontaires et de leurs officiers. En deux mois de temps nous exécutions passablement l'école de bataillon. Vous avions eu le bon esprit de nous donner pour chef un ancien militaire qui avait servi en Prusse cl en France eu qualité de capitaine. Il était 1res bien secondé par notre adjudant-major et l'adjudant sous-officier, qui tous deux sortaient de la ligne. J'étais sans cesse occupé de l'instruction, de l'administration et de la pob'ce de ma chère compagnie. Elle ne manœuvrait bien que sous mon commandement, car mes lieutenant et sous-lieutenant étaient totalement privés des grâces de l'état. Mon sergentmajor me secondait bien; aussi avais-je une compagnie modèle tant par la régularité du port d'armes et de la marche d'ensemble que par l'immobilité.

Six semaines après notre formation, le bataillon était habillé et nous reçûmes bientôt l'ordre de quitter Nancy et de nous rendre sur la frontière. Les six premières compagnies devaient aller cantonuer à llarville, près Montmédy (Moselle), les trois dernières devaient occuper le Grand et le Petit-Failly. J'étais du nombre de celles-ci. Après Verdun, notre route fut dirigée sur Maugienne, où nous devions coucher. Xous y trouvâmes le -4e bataillon des volontaires de la Moselle, avec lequel nous fraternisâmes ; la conformité de numéro et d'enrôlement ne contribua pas peu à cimenter une liaison qui s'est maintenue jusqu'à notre amalgame

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avec la ligne, bien longtemps après, entre quelques membres des deux corps. C'est à Mangicnne que je vis pour la première fois le capitaine Molitor. Xous sympatbisàmes promptement, et l'amitié qui nous a étroitement liés dans les grades subalternes a continué jusqu'à ce jour, quoique mon ancien camarade, mon ancien ami, avec qui j'étais à tu et à toi, fut devenu maréchal de France. Cette étroite liaison dura dans les mêmes termes jusqu'au moment où M. Molitor fut nommé général de brigade; je n'étais qu'adjudant général chef de bataillon; il prit alors l'initiative du vous. Je ne m'en plaignis pas, quoique je ne l'aie pas imité à l'égard des amis que j'ai aussi laissés derrière moi.

Nous passâmes l'hiver de 1 791 à 1792 dans nos cantonnements; le 1er avril, nous les quittâmes pour nous rapprocher davantage de la frontière. Les généraux avaient fait tracer un camp près du village de Tiercelet; le 4e bataillon de la Meurthe en fit partie; nous n'étions qu'à quatre lieues de Luxembourg. Les troupes qui devaient le composer étaient tirées moitié de la troupe de ligne, moitié des bataillons de volontaires; ces deux sortes de soldats furent intercalés par bataillon les uns dans les autres. Le camp était commandé par le marquis de Ricé, maréchal de camp. La ligne et les volontaires étaient aussi maladroits les uns que les autres pour dresser et détendre leurs tentes, ce que nous autres soldats improvisés remarquâmes avec plaisir. Je mandai cette nouveauté à ma mère et ne manquai pas de lui faire connaître que c'était assis par

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terre e I un tambour entre les jambes en guise de table que je lui écrivais. Le service du camp s'organisa : garde du camp, grand'garde, poste avancé, patrouilles, rondes de postes, mot d'ordre, reconnaissances, étaient des termes qui me frappaient agréablement l'oreille : ces détails m'exaltaient. Je comparais ma vie nouvelle aux paisibles occupations du barreau, dont j'étais loin de regretter les douceurs. IVous eûmes cependant dès l'origine du camp des temps bien froids sous la lente, couchés sur la paille et à peine couverts. Nous y fumes enterrés sous la neige et éprouvâmes des gelées de quatre à cinq degrés qui furent suivies d'un dégel occasionné par des pluies glaciales et continues qui déterminèrent la levée du camp; le soldat y devenait malade. Le Ie bataillon de la Meurthe fut envoyé à Metz, où nous fîmes le service de la place; nous y restâmes jusqu'au printemps de 1793, époque où nous nous rendîmes en Flandre pour faire partie de Tannée de M. de La Fayette, dont la réunion se fit au camp de Rancines. J'avais fait préparer à Metz mon équipage de campagne; j'achetai deux chevaux, non compris celui que j'avais déjà; en ce temps le gouvernement en accordait trois à un capitaine, un pour lui, un pour son domestique [et le troisième pour porter sa tente, ses vivres et ses effets; ce troisième était appelé le cheval de bat. Le lieutenant et le sous-lieutenant avaient chacun un cheval de monture et un cheval de bat pour deux, parce qu'ils occupaient la même tente. Nous passâmes par Rocroy et Givet; arrivé à Maubeuge, notre bataillon fut détaché du corps d'armée pour aller

faire partie de l'avant-garde, commandée par le général Gouvion. De mon cantonnement je voyais souvent l'ennemi ; ce n'était que des reconnaissances faites par de forts détachements de hussards autrichiens qui ne s'approchaient que d'un quart de lieue de la rive droite de la Sambre; nous occupions la rive gauche. Ma position ne fut point attaquée, mais un matin, par une pluie battante, les autres compagnies du bataillon le furent. Le colonel Grouchy, depuis maréchal de France, qui commandait un régiment de dragons, était cantonné dans le môme village que moi; il m'indiqua la manœuvre à faire conjointement avec la cavalerie en cas d'attaque, pour nous procurer un mutuel secours. J'avais cent cinquante hommes sous mes ordres; le colonel commandait de droit les deux armes; nous nous retirâmes en bon ordre sur Grisenelle sans voir l'ennemi. Ce village est sur la route de Maubeuge à Mons. Nous vîmes près des maisons le corps du général Gouvion qui avait été atteint par un boulet. Les 4e et 5e compagnies de notre bataillon avaient beaucoup souffert; trois officiers et une trentaine d'hommes furent faits prisonniers et conduits à Mons, où ils ne restèrent que quinze jours; on les renvoya sur parole. Cette avant-garde perdit sept à huit cents hommes; un bataillon de volontaires de la Côte-d'Or fut détruit en grande partie. Ainsi que le 4e de la Meurthe, il voyait le feu pour la première fois.

C'était à cette époque que la Convention persécutait Louis XVI. Le général La Fayette, qui était royaliste constitutionnel, voyant le danger que courait ce monar-

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que, lit rentrer son armée dans l'intérieur pour marcher sur Paris, ce que nous autres officiers subalternes ignorions complètement, car le général en chef n'avait fait aucune proclamation, ni donné aucun ordre du

jour à son armée pour lui faire connaître ses desseins.

Une nouvelle armée, sous les ordres de Dumouriez, remplaça en Flandre celle qui venait de quitter cette province. Notre général en chef se rendit isolément à Paris, où des ordres avaient été donnés par la Convention pour le faire arrêter; cette assemblée n'ignorait pas sans doute l'indignation manifestée par AI. de La Fayette sur sa conduite envers le souverain. Quanta nous, qui étions campés dans les environs de LongHyon (Moselle), nous reçûmes Tordre de nous rendre à Thionville pour y tenir garnison. Nous y fûmes vus d'assez mauvais œil par les corps qui nous y avaient précédés et qui nous qualifièrent de fayettistes, nous reprochant notre marche sur Paris, dont nous ne nous doulions pas, non plus que du motif qui nous avait fait quitter la Flandre. Xous fûmes presque obligés de donner des preuves de notre patriotisme, sans comprendre comment on pouvait le suspec'er chez des volontaires. La garnison revint bientôt de ses préventions, et, quelques jours après notre arrivée, il ne fut plus question de fayettistes. La ville de Thionville ne tarda pas à se voir cernée par l'armée prussienne; aussitôt que sa marche fut connue, le général Félix Wimpfen, qui était gouverneur de la place, fît camper notre bataillon sur les glacis; une simple défeuse en palissades nous séparait de l'ennemi, qui se borna

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pendant plus d'un mois à investir la place pour intercepter toute communication avec le dehors. Ou s'était envoyé quelques projectiles de part et d'autre. Le géaéral n'ordonna aucune sortie; il se contenta de quelques reconnaissances faites par la cavalerie légère. Lorsqu'il y allait en personne, ce qui arrivait très souvent, il permettait aux officiers bien montés de l'accompagner indépendamment de son escorte. Je me joignis donc à ses aides de camp aussi souvent que mon service me le permettait. Un jour le général se dirigea sur la route de Bouzenviîle, qu'il quitta pour se porter vers des bois qui étaient sur la gauche, il les fît reconnaître; mais l'ennemi, qui nous avait aperçus, envoya un fort détachement de cavalerie pour nous couper la retraite; averti à temps par une patrouille, le général se retira sous la protection de la place, ce que nous fûmes obligés de faire au grand trot. L'artillerie des remparts fit retirer l'ennemi plus vite qu'il n'était venu; c'était la première fois que je le voyais d'aussi près. Un autre jour, le général se porta sur la route de Luxembourg; son intention n'était pas d'aller insulter les vedettes prussiennes, dont nous étions encore loin, lorsqu'on nous envoya des boulets de canon. Avant la Révolution, il n'était pas d'usage de tirer sur un officier général qui venait reconnaître les positions de son adversaire. Le général regarda ce procédé comme une insulte, un manque d'égards et d'usage; nous retournâmes au galopa la ville, non par crainte des projectiles ni de l'approche de l'ennemi, mais par un transport occasionné par l'indignation. Le

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général se rendit aussitôt sur lo rempart, envoya des boulets de l(> sur le quartier général ennemi qui occupait, à Catnum, un château près de la route de Thionville, et le rendit inhabitable. Je dois mentionner ici, mes enfants, une circonstance singulière qui vous prouvera de quelle protection spéciale m'environnait la Providence. Un jour, après ma descente de garde, je me jetai sur mou lil pour me reposer. Nous étions sur les glacis, près la porte de Luxembourg; j'entendis une forte détonation dans le camp ennemi; je me levai aussitôt, et comme je sortais de ma tente, une seconde détonation, bieu plus rapprochée de moi, se fit entendre; c'était l'éclat d'un bombe lancée sur la ville qui envoya sur ma tente un énorme morceau de fonte, lequel tomba au milieu de mon lit, que je venais de quitter par un simple mouvement de curiosité, et s'enfonça de six pouces dans le sol. Ceci fut le prélude de bien d'autres dangers que cette même Providence me fit éviter.

Un autre jour, étant de garde sur la place d'Armes, on m'amena uu homme que l'on disait être un émigré; il était suivi par deux ou trois cents fanatiques qui voulaient le pendre. Ma troupe se composait de soixante hommes, que je fis former en carré au centre duquel je plaçai le soi-disant émigré, et j'ordonnai à mon lieutenant de le faire escorter ainsi jusqu'à la prison de la ville et de veiller à sa sûreté. Cette populace était fort indisposée contre moi. Je n'ai jamais su le nom de ce prisonnier, ni ce qu'il était devenu depuis.

Le général Wimpfen avait ordonné que l'on apportât

des fusils de rempart précisément sur le point occupé par ma compagnie, qui n'était pas exercée à s'en servir; nous n'en fîmes donc aucun usage. Ce fut précisément dans la nuit qui suivit que l'ennemi résolut d'attaquer sérieusement la ville sans avoir au préalable établi de retranchements ni de ligne de circonvallation. A onze heures du soir, il était en mesure de faire sur la place un feu d'artillerie des mieux nourris; il avait lancé plus de trois cents projectiles, boulets et obus, avant que l'artillerie du rempart y eût répondu; on a prétendu qu'il avait des intelligences clans la ville, parce que les artilleurs de la ligne et de la garde nationale avaient eu dans la journée des réunions où ils avaient bu au point que les uns et les autres étaient hors de service; ce ne fut qu'après un très long intervalle que la place riposta, et son feu était si mal dirigé que plusieurs boulets passèrent au-dessus de la redoute que j'étais chargé de défendre; j'envoyai un sergent pour faire changer la direction du feu, et, une fois l'artillerie de la place bien à l'œuvre, elle prit une revanche éclatante et mal traita tellement celle de l'ennemi qu'elle la fit taire et la força à la retraite. Le prince de Waldek, qui commandait l'artillerie prussienne, y laissa un bras et plusieurs artilleurs gisaient sur le terrain. Les Français ayant continué leur feu jusqu'au jour, les Prussiens ne purent emmener leurs blessés, leurs morts et leurs débris. Ce fut leur seule tentative sérieuse; ils furent contraints de lever le siège à la nouvelle d'une bataille qu'ils venaient de perdre et qui les

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força d'abandonner Verdun el Longwy, qui étaient en

leur pouvoir. Le corps d'émigrés à la suite du prince de IValdek étail si persuadé qu'il ne fallait qu'une démonstration de cette nature pour faire ouvrir les portes qu'on trouva une quantité do lettres venues de l'intérieur qui leur étaient adressées à Thionville.

Après la levée du siège, nous allâmes cantonnera Ayanges, où nous passâmes l'hiver, et que nous (initiâmes pour Taire partie de l'armée de Beurnoniille, qui allait entreprendre une campagne sur Trêves. Yous rencontrâmes l'ennemi au delà de Sarrebourg, près la Montagne Verte; le bataillon le combattit; j'avais placé mon frère, qui était caporal de la création, avec six hommes, sur le revers d'un monticule du coté de la Sarre, pour veiller à ce que nous ne soyons pas tournés et nous faire prévenir à temps. L'ennemi se présenta en effet; mais mon frère, qui n'avait que dix-sept ans, fit un feu si bien nourri avec ses six hommes qu'il le fit rétrograder. Les temps affreux que nous subissions depuis quelques jours décidèrent les généraux français et prussiens à prendre leurs quartiers d'hiver; nous étions à peine casernes à Nancy qu'il fallut se remettre en campagne. Xous fîmes alors partie de l'armée de Houchard, et notre bataillon fut cantonné à Limbach ; c'était la position la plus rapprochée de l'ennemi, qui occupait la petite ville de Hombourg. Cette armée se mit en mouvement pour aller débloquer Mayence, assiégée par les Prussiens, et qui avait une forte garnison française, commandée par le général Aubert Dubayct; mais cette ville ayant capitulé avant

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