CHAPITRE II
Le Consulat. — Je rentre au service comme officier supérieur. — Je suis nommé major du 62e de ligne. — Mon séjour en Italie. — Je deviens colonel du 26e d'infanterie légère. — Le camp de Boulogne.
Napoléon venait d'être nommé premier Consul; le temps était venu de ceindre de nouveau l'épée. Je fus à Paris me présenter au général Lefebvre, qui avait puissamment aidé Napoléon dans son expédition du 18 brumaire; aussi lui avait-on confié le commandement de la 17e division, dont le quartier général était alors à Paris. Il me reconnut aussitôt et me dit : ce Ah ! te voilà! je sais ce qui t'amène; si tu avais voulu dans le temps être mon aide de camp, il y a longtemps que tu serais général de division! » Je lui dis que je venais offrir mes services. « C'est bien; tu dîneras avec moi et nous parlerons de cela. Je suis bien aise de te voir! w II m'attacha provisoirement à Tétat-major général, qui avait pour chef Léopold Berthier et pour sous-chef le colonel CafTarelli. Mais pour être soldé il fallait que je fusse commissionné par le ministre delà guerre, ce que le général Lefebvre obtint dès qu'il en
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lit la demande. Ma Domination ministérielle date du 2\ décembre 1 798.
Le général disait vrai en me parlant de l'avancement que j'avais perdu en n'acceptant pas ses premières offres, car l'aide de camp qu'il avait pris à mon relus était devenu général de division depuis quelque temps; il fut placé au Sénat conservateur a sa création et fut pair de France a la Restauration. Voilà ce que je perdis par mes sentiments de reconnaissance et d'attachement à l'adjudant général Aïoli toi*.
Mes fonctions d'adjoint à l'état-major général de Paris consistaient en écritures, visites d'hôpitaux et de prisons, rondes de jour et de nuit, et à monter à cheval à la suite du général de division, dont je continuai à recevoir de fréquents témoignages d'amitié. Environ six mois après mon admission à l'état-major de Paris, le premier Consul, désirant s'assurer de l'état de défense des cotes maritimes, ordonna qu'il serait envoyé sur différents points des officiers supérieurs pour les inspecter. Je fus désigué pour visiter celles du Calvados et me rendis aussitôt près du général Gardanne, qui commandait la 14e division militaire, dont le quartier général était à Caen. Il me donna le choix du lieu comme siège de mes opérations sur la côte. Je désignai Dive, bourg très voisin de la mer, entre Caen et Honfleur. Ma mission consistait à constater le bon étal et l'armement des redoutes, à m'assurer si leurs feux se croisaient et à reconnaître un emplacement propre à établir un camp. Les côtes du Calvados ont environ trente lieues d'étendue à partir de Honfleur aux Vaix,