CHAPITRE IV. S
la vérité, mais pour monter un magasin, il faut avoir un fonds de livres considérable ; on veut trop embrasser en commençant. Je sentis le ridicule de ma position, et, en 1796, j'avais le magasin qui fut brûlé en 1828.
Dans cet intervalle, j'avais commencé à imprimer la première pièce de Sevrin : les Loups et les Brebis, du théâtre Louvois, et V Hiver ou les deux Moulins, de Duchaume , célèbre acteur du théâtre du Vaudeville , mort dans la misère , après avoir été directeur à Marseille; V Hiver ou les deux Moulins , représenté sur le théâtre de la Cité, aujourd'hui Prado. J'eus le bonheurde rencontrer, sur ce dernier théâtre, Pigault-Lebrun, qui y fit jouer les Dragons et les Bénédictines , et six semaines après, les Dragons en cantonnement. Pigault voulut me vendre les deux pièces cent louis (2,^00 fr. ), avec les droits d'auteur en province; je me décidai et fis cette première affaire, sur laquelle je gagnai beaucoup d'argent.
Ces deux dernières pièces de Pigault eurent un grand succès partout , ainsi qu'à Paris. M. Maradan , qui m'aimait beaucoup et qui m'appelait son étourdi , m'ouvrit un crédit de cent francs, en m'établissant galerie Vitrée, et
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me vendit plus tard quatre-vingt mille pièces de théâtre, qu'il avait imprimées. Il avait tout le répertoire du bon CoUin d'Harleville et autres: Robert, cliej de brigands, Y Ami des lois, etc., tout cela était très productif, car ce théâtre de la Cité était composé de bons acteurs. J
Gaillard et Dorfeuil avaient fait construire, au Palais-Royal, un théâtre en planches, à côté du théâtre de la République , qu'ils mettaient eux-mêmes en construction. Ce théâtre en planches avait pris le nom de Variétés amusantes , et la troupe était composée de quelques comédiens d'un vrai mérite , parmi lesquels je dois citer : madame Germain, premier rôle, d'un grand talent , mademoiselle Toussaint , soubrette , qui a joué d'origine les Rivaux d'euxmêmes. Pigault-Lebrun disait d'elle que son jeu était meilleur dans ce rôle que celui de mademoiselle Devienne, qui le joua dans la suite avec un si rare talent ; on comptait aussi madame Saint-Clair et son mari, et enfin Frogère. La plupart de ces acteurs passèrent du théâtre en planches, dit les Variétés amusantes, au théâtre delà République; mais comme ils n'étaient pas assez forts pour cette dernière scène , qui