CHAPITRE I
Mais, dix ans plus tard, par suite des décrets de l'Assemblée contituanle, ces titres de noblesse devinrent inutiles, et il ne resta à leurs possesseurs que le regret du sacrifice. Je comprends parfaitement qu'ils ne devaient pas être contents.
Quant à la haute noblesse , tout le monde était heureux avec elle , et j'ai appris à la connaître, mon état de peintre et vitrier me permettant de visiter les châteaux. J'ai vu également la vraie noblesse de près lorsque j'étais commislibraire. Elle comptait beaucoup d'hommes instruits, qui ont accepté franchement les événements.
Dans l'hiver qui suivit le sacre de Louis XVI, il y avait six pieds de neige dans le département de l'Aisne. Mon père tua dans notre jardin un lièvre qui mangeait nos choux, et pour ce fait on le menaça des (jalèrcsl Voilà comment on interprétait une loi du bon Henri IV. Comme nous sortions alors des guerres civiles, il avait défendu le port d'armes afin que les Français ne s'égorgeassent pas entre eux. Or, le privilège s'était emparé de cette loi pour avoir seul le droit de chasse. On fera les réflexions que
l'on voudra, mais je dirai que la révolution fut juste et inévitable.
Je viens de parler de Henri IV. Je ne passe pas une seule fois sur le Pont-Neuf sans admirer sa statue, mais cependant avec un regret au fond ducœur.A deux pas, à sa gauche, à cheval et un peu en arrière du bon Henri, il manque Sully, son digne ministre. Henri IV et Sully, c'est un ouvrage en deux volumes. Je sais bien qu'à la place de Sully , dans maintes circonstances, j'aurais abandonné la place; mais je ne suis pas Sully !
L ancien rédacteur de la Minerve disait, lorsque l'on a érigé la statue de Louis XIII sur la Place-Royale : Si vous élevez des monuments à la mémoire des mauvais rois, que ferez-vous donc pour les bons ?
Je fus placé pour quatre ans, moyennant qualité cents francs, en apprentissage à Gandelu, chez M. Ledru, qu'il ne faut pas confondre avec celui qui posait des sonnettes dans le ad.,,de-sac..., au coin de la rue des Quatre- Vents. Ce M. Ledru exerçait, outre la profession de peintre et vitrier qu'il s'était chargé de m' enseigner, celle d'épicier, de marchand, etc., etc.. Les