‹ Souvenirs de jeunesse, 1828-1835Chapitre 15 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous étions arrivé à Paris, avec Tintention d'aller à Rome achever nos études théologiques; les événements qui s'étaient passés dans la Péninsule, les bruits de guerre, et d'autres causes encore, nous empêchèrent d'exécuter notre projet, et portèrent d'un autre côté nos regards et nos espérances. Nous partîmes de Paris pour l'Allemagne dans le mois de mars, le jour même où Casimir Périer fut chargé de composer un ministère qui put lutter sérieusement contre le désordre et l'anarchie^.

Nous nous arrêtâmes quelques semaines à Strasbourg, qui était pour nous comme le vestibule de l'Allemagne, et comme le confluent de ces deux courants d'idées qui parcourent l'Europe, et lui donnent sa forme et son caractère. Je voulais d'ailleurs contempler et étudier à loisir ce magnifique dôme, qui fut pour moi, dans le domaine de l'architecture, ce qu'avait été dans le monde des sons l'oratorio de Judas Macchabée, que j'avais entendu à Paris chez

Page 1