‹ Souvenirs de jeunesse, 1828-1835Chapitre 29 sur 41 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Arrivé à Vienne, je descendis au couvent des Arméniens, où Jarke m'avait procuré une charmante hospitalité, dont ](î jouis ])en(lant plusieurs mois. La vie y était d'une.' admirable simplicité. Les religieux étaient fervents : la règle était parfaitement gardée ; la pauvrct('' évangélique strictement observ(''0. Dans les couvents arméniens, l'ablx'; est ordinairement évéque, on y suit un rite particulier qui ne manque ni de dignité, ni degrandeur, et qui se raj)proclîe])lus de la liturgit! latine (jue des autres rites ih; TOrient. Les Arméniens, si je dois en juger par ceux que j'ai vus dans les deux couvents de Vienne et de Venise, et par quelques familles que j'ai connues en Pologne, sont généralement remarquables par la beauté mâle et sévère de leurs traits, par la noblesse de leurs attitudes et la gravité de leurs mouvements. Leur costume, simph; et long c<^mm(ï tous les costumes orientaux, est parfaitement conforme au caractère de leur ligure et de leur ème. Leur barbe noire et longue, leur teint bistré, leurs yeux larges, noirs

et profonds, leurs lèvres roses et saillantes, leur voix forte et sonore, tout en eux annonce des passions énergiques. Néanmoins, les mœurs des Arméniens sont généralement chastes, parce qu'elles sont graves et dignes, et qu'ils ne connaissent point cette légèreté des peuples occidentaux, qui dispo.-^e plus au libertinage, même avec des passions médiocres, qu'un tempérament ardent.

Je ne tardai pas à me présenter chez le nonce, qui, en me voyant, s'écria : « Ecco il desideraio ! » Cet accueil familier de la part d'un si grand personnage me mit à l'aise et nous causâmes longtemps ensemble du but de mon voyage et des projets qu'il avait formés sur moi. Comme j'étais éloigné du centre de la ville, il poussa l'amabilité jusqu'à me donner un cabinet de son hôtel afin que j'y pusse travailler dans le courant de la journée. 11 y avait dans cet homme un singulier mélange de bonhomie et de finesse, d'abandon et de réserve, de piété et d'ambition. Issu de parents pauvres, il s'était fait connaître à Rome comme professeur d'histoire ecclésiastique sous Léon XII, qui recherchait les hommes graves et pieux, par une tactique opposée à celle de son prédécesseur, ou plutôt du cardinal Consalvi, son ministre, qui confiait de préférence les fonctions diplomatiques à des hommes habiles et préparés par leur éducation et leur position dans le monde à tous les manèges qu'elles exigent. Avec Léon XII avait commencé le règne des Zelanti, etOstini appartenait à cette fraction ; ce qui explique son avancement rapide dans une carrière pour laquelle il n'était point fait. Son esprit manquait d'élévation et sa volonté d'énergie, ses manières étaient communes, sa démarche, sonattitude, saconversation décousue, sesexclamations fréquentes, ses gestes violents : tout en lui annonçait un homme ordinaire. L'ambassadeur russe,

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TatiscliefF, abusait de sa cn'-diilito ju)iir tromper le Saint-Siè;^(î sur les dispositions du czar Nicolas à l'égard de l'Kglise et sur le véritable état des choses on Pologne. On a beaucoup accusé dans le temps les intentions d'(Jstini, à propos du fameux bref qui exaspéra tellement les Polonais eu 1832 et au<|uel, il est vrai, il n'a pas été étranger '. Mais c'était aller trop loin, et si les conseils qu'il lit parvenir à Rome dans cette circonstance furent fâcheux, cela vint uni(|uemeut de ce que son esprit et son habileté n'étaient point à la hauteur de la position qu il occupait à Vienne.

Le prince de Metternich, à qui Jarke avait parlé de moi, df-sirait me voir ; .Jaikc me conduisit cliez lui, où je restai plus d'une heure dans ce premier entretien, La conversation roula pendant tout ce temps sur les sujets les plus variés et les })lus intéressants. Bien dilïérent en cela du prince de Talleyrand, qui parlait peu et se contentait de lancer de temps en temps quelques bons mots, le prince de Metternich causait volontiers, et semblait se rendre parfaitement compte du charme qu'il exerçait par su conversation. Il parlait avec une simplicité, un air de franchise, je dirai presque de bonhomie qui m'aurait rempli d'étonnement, si je navais pensé, comme c'était bien naturel, que tout cela était probablement l'eiïc.'t d'un art merveilleux et d'une très habile diplomatie. Aussi, tout en cherchant à amener

1. Ce bref, paru au moip de juin 1S82, ra|)|)clait aux évoques de Pologne renseiyiiemenl formel de l'ÉKli^e sur luhéissnnce aux pouvoirs élablis, et les invitait à travailler à la pacilicalion de leur pays: « Voire uiagnaninic empereur, leur écrivait Cirégoire XVI. vous accueillera avec l»onl«^, et entendra nos représonlations et nos prières <inns lintérrtl de la relii,'ion calli<)ii(|ue qu'il a toujours promis de proléifer dans ce royaume. " (irégoire XVI a reroimu lui-même plus lard (ju il avait été trompé parla diplomatie russe.

l'entretie.! sur les sujets qui pouvaieut m'intéresser davantage, et sur lesquels je désirais avoir la pensée de ce grand homme, je me tenais en garde contre la séduction de sa parole, bien persuadé qu'il ne se livrerait point à moi. Il fut naturellement question de sa carrière et de son expérience diplomatique, et des complications que la révolution de Juillet avait dû nécessairement apporter dans la politique européenne. Il me parla de tout cela avec beaucoup decalme et d'impartialité, presque comme unhomme étranger aux affaires, ou du moins qui ne s'y intéresse que de loin et en amateur, 11 me dit entre autres choses, et j'ai noté avec soin ses paroles, que la diplomatie avait peu d'attrait maintenant ; qu'à chaque instant les événements prenaient au dépourvu l'homme d'Etat et le forçait à changer ses combinaisons ; qu'avec cette politique au jour le jour, il était impossible de former d'avance des projets avec quelque chance de réussite, et que c'était vraiment faire trop d'honneur aux diplomates que de leur supposer des idées et des plans arrêtés ; que pour lui il confessait en toute sincérité qu'il ne savait pas aujourd'hui ce qu'il ferait le lendemain.

11 fut question aussi des rapports faux et contre nature qui existaient alors entre l'Église et l'État, et qui déjà commençaient à préoccuper sérieusement les hommes d'Etat les plus clairvoyants. Il en déplora les résultats autant que j'aurais pu le faire moi-même, ce qui me surprit beaucoup. Je pensais que dans la haute position qu'il occupait, avec l'influence et le pouvoir qu'il avait, il suffisait de vouloir pour agir. Mais les apparences trompent bien souvent; les rois qu'on appelle absolus ne sont pas toujours aussi puissants qu'on le suppose ; et si leur pouvoir n'est pas limité par une constitution écrite qui en définit exactement les droits et les devoirs,

ils trouvent sotiveiit des obstacles plus grands dans celle; constitution qui lésulti' d'usages consacrés, qui est écrite non sur le papier, mais dans les mœurs et le caractère môme de la nation. Déjà des démarches avaient été faites de la part du Saint-Sièg-e pour tirer ri]glise de l'état de vasselage où (die ('tait réduite; par la h'gislation de J()se|»li II ; et le prince de Metternich paraissait attacher une grande importance à cette question du concordat. Il m'avoua très franchement qu(! l'état de choses qui existait aloi-s lui paraissait déplorable et dangereux ; mais il pensait en même temps qu'il ne pouvait être modifié qu'avec prudence et précaution. « J'esp(''re, me dit-il, qu(! Dieu me fera la grâce de mener à terme cette grande affaire. J'ai du reste, je puis le dire, un illustre complice dans cette noble entreprise, c'est l'Emitereur mon maître. » Je crois qu'au fond il ne se faisait point illusion sur les dispositions de ce dernier, ni sur celles de la plus grande partie du clergé. L'un et l'autre désiraient médiocrement le concordat, et se résignaient assez facilement à un état de choses qui permettait au pouvoir temporel de diriger jus(jue dans les moindres détails les choses eccl(''siasli(pies, et qui affranchissait le clergé séculier et n'-gulier de la surveillance de Rome. Or, quelque humiliante et tracassièi'e que soit pour le chargé l'imniixtiou de l'Ktat dans les choses de l'Eglise, les prêtres lâches et tièdes la préfèrent encore à la direction paternelle mais vigilante du Saint-Siège. La pi-emière n'est gênante, en effet, que pour les prêtres fervents et animés de l'esprit de leur état; car elle met à chaque instant des entraves à leur zèle. La seconde, au contraire, est redoutable poui" C(mx (pii ne vivant pas d'une manière conforme à leur vocation ou (|ui, s'(''cai-tant des r('gl('S tracées par les canons, ont toujours à craindre (rèhc redressés jiai- une autorité dont ils

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ne peuvent nier la compétence. Cette observation peut s'appliquer à tous les pays ; et c'est là, il ne faut pas se le dissimuler, la véritable nuance qui distingue partout la partie romaine du clergé de celle qui ne Test pas. Le nœud de la question est au fond de la conscience, et entre deux maîtres, l'homme, qu'il soit prêtre ou laïque, choisit naturellement celui qui le laissera le plus tranquille dans les choses où il craint le plus d'être dérangé.

Le prince de Metternich a pu voir avant de mourir le concordat qu'il avait désiré et préparé de longue main, et quoiqu'il ne fût plus aux affaires lorsqu'il fut conclu, on peut dire néanmoins que ce concordat est en grande partie son œuvre ^ : et c'est là assurément un de ses plus beaux titres de gloire, car en ce point il n'a suivi que les inspirations de sa conscience, sachant bien qu'il ne pouvait pas compter sur la reconnaissance de ses contemporains, et qu'à part un nombre relativement petit d'esprits distingués ou d'hommes de cœur, soit dans le clergé, soit ailleurs, la plupart accueilleraient sinon avec défiance, du moins avec indifférence, une œuvre qui resserrerait les liens entre la monarchie autrichienne et le Saint-Siège. Trois nonces avaient échoué dans cette entreprise délicate: Spinola, Ostini et Altieri. Il était réservé au quatrième, A iale-Prela, aujourd'hui archevêque de Bologne, de l'amener à terme. 11 était impossible de choisir un homme qui convint mieux pour ce but. Esprit ferme et droit, intelligence large et élevée, le cardinal Viale-Prela joint, à une connaissance étendue et profonde du droit canon et à

1. Le véritalile Concordat entre l'Autriche et le pape ne date que de 1855 ; mais déjà, dès 1850, l'empereur François-Joseph avait supprimé le placet, rendu aux évè({ues la liberté des relations avec Rome et reconnu leur droit de veiller au maintien de la discipline.

I(i6 A Tn.\vi;ris i, allkmagnk

une l'iitontc lUorviMlleiise des affaires, un grand zèle pour l'Eglise, une i>iété fei-vente et un attachement sincère à son devoir. Ajoutez à cela un caractère doux et conciliant, des formes nobles et gracieuses, un esprit souple et délie'', une parole facile et séduisante.

Le prince de Metti.'rnich, sachant (pie j'avais ('lé plusieurs années auprès de M. de Lamennais, me parla beaucoup de lui et ne me cacha pas qu'il s'était toujours défié de ses doctrines et de ses tendances, et qu'il s'en était montré dès le commencement l'adversaire implacable. 11 fit à ce sujet des aveux précieux à constatei'. A l'époque où le système philosophique et politi({ue de M. de Lamennais fut condamné par Grégoire XVI, sans que l'auteur toutefois fût nommé, plusieurs personnes qui se prétendaient bien informées rapportèrent que le Pape avait été poussé à cette mesui-e principalemenl par les instances de l'Autriche ; qu'il avait refus»' longtemps d'y céder, et ([ue, par considération pour l'homme dont les doctrines lui étaient dénonc(''es, il aurait voulu simplement ('toulîer l'affaire, obtenir de lui l'engagement de ne plus rien écrire sur les points en litige, et un acte de soumission générale à l'autorité du Saint-Siège ; mais (|ue le cabinet de Vienne, eft'rayé des dangers que les doctrines de M. de Lamennais pouvaient suscit(3r parmi les populations catholiques, et sui'tout parmi les polonaises, avait insisté auprès du Souverain Pontife pour en obtenir une condamnation formelle. D'autres avaient nié le fait, assurant que le Pap(i en C(!tte affaire n'avait subi aucune pression et avait agi de son plein gré. Le prince de Metternich, loin d(! dissimuler les démarches qu'il avait faites auprès (hi Saint-Siège à C(! propos, s'en fit honneur au contrair(\ « J'ai été oblige', nie dit-il, d'insister à Home [)0Ui' obtenir la condaunialion de

M. de Lamennais et pour empêcher qu'on se contentât de demi-mesures qui n'auraient fait que pallier le mal, sans y porter remède. .l'ai dû dans cette circonstance faire le théologien auprès des cardinaux chargés de l'affaire, afin de leur ouvrir les yeux sur les périls de cette doctrine, et de leur démontrer qu'une condamnation était nécesaire. Au reste, M. de Lamennais sait le rôle que j'ai joué dans cette circonstance, et il ne peut me le pardonner K »

Il me parla ensuite des projets que nous avions formés, Jarke et moi, pour l'établissement d'un journal à Rome, m'engagea à faire un plan et à le lui soumettre, me promettant de l'envoyer au Pape. Il me conseilla même beaucoup d'aller à Rome et de me livrer à la carrière diplomatique, m'offrant sa protection et des lettres pour le cardinal ministre. Si j'avais eu de l'ambition, l'occasion était belle ; mais il eût trop répugné à ma conscience d'entrer dans l'état ecclésiastique pour parvenir aux dignités et aux honneurs.

Le prince de Mette rnich était d'une taille moyenne, ses traits étaient beaux et réguliers. Comme tous les grands seigneurs étrangers, il parlait le français avec une grande perfection, soit sous le rapport de la phrase, soit pour l'accent. Son ton était simple et naturel, quoiqu'un peu uniforme ; sa voix claire et nette, sa phrase correcte et élégante sans affectation. Il parlait lentement et avec gravité, et quelque sujet qu'il traitât, ni sa voix, ni son geste, ni ses traits ne laissaient apercevoir la moindre émotion. Son re-

1. Metternich contribua encore, en 1834, à la condamnation des Paroles d'un croyant. Lamennais écrivait à M. de Coux (6 août 1834) : « La France n"a fait aucune démarche près du Souverain Pontife pour demander la condamnation des Paroles d'un croyant. Ce sont des notes très fortes venues de Saint-Pétersbourg et de Vienne qui ont motivé l'apparition de l'Encyclique. » [Revue trimestrielle, 15 octobre 1881, p. 710.)

gard avait quelque chose de placide et d'immobile qui frappait dès le premier abord. Il était sincèrement reliii^ieux : mais comme la plupart des hommes d'Etat de nos jours, il tenait peu de compte de la religion dans la conduite extérieure des affaires, et ses sentiments, sous ce rapport, n'eurent (pi'une bien légère influence sur sa conduite politique.

L'aristocratie autrichienne est à la fois une des plus anciennes et des plus considérables, sinon par l'influence polititpic, du moins par l'influence morale et sociale à la fois, que lui permettent d'oxei-cer les immenses possessions dont elle jouit. J'ajouterai que c'est probablement l'aristocratie la plus brillante ; car elle n'a ni la raideur de la noblesse anglaise, ni la légèreté et le décousu des grands seigneurs russes, ni le sans-façon et le ton souvent vul^-aire des seigneurs italiens ; mais elle se dislingue par un ensemble de qualités de bon goût, qui exclut tous ces défauts, et qui la maintient dans une certaine dignité simple et aimabh;, qu'on ne retrouve guère ailleurs au même degré. L'aristocratie autrichienne se compose d'éléments très variés. La Hongrie, la Bohème, la Galicie et l'Autriche proprement dite lui fournissent chacune son contingent. Mais le séjour habituel de la capitale et de la cour donne à toutes ces divergences une certaine unité, qui, sans rien leur ôter des charmes de la variété, en fait néanmoins un ensemble lié par des habitudes communes et ces rapports réciproques dont l'intimité varie selon la distance qui sépare les diflerents degi-és de cette hiérarchie. Il est d'usage, en effet, que tous ceux qui sont à peu près au même degré se traitent sans façon et comme des amis acoutumés à vivre ensemble. On pouvait juger du degré de chacun de ses membres par la lamiliarité de s(!S rapports avec le prince de Metternich, et rien (|ue par le nom dont

il se servait pour le désigner. Quelques-uns l'appelaient par le diminutif de son nom de baptême : Clementchen ou petit Clément. D'autres, en plus grand nombre déjà, mais déjà aussi moins heureux que les premiers, se contentaient de l'appeler Clément; d'autres, moins pri\àlégiés encore, l'appelaient Metternich. Ici finissait la familiarité, et aux degrés inférieurs,' on ne l'appelait plus que le prince Metternich ou même simplement le prince ; car il était le seul que l'on put désigner ainsi. Ce qui est vrai du prince de Metternich s'appliquait aux autres grands seigneurs, avec les mêmes nuances et les mêmes variétés, à part toutefois la haute position qu'occupait le premier dans l'Etat.

Je connus la partie jeune et frivole du monde diplomatique à Vienne, par les relations que j'eus pendant quelque temps avec deux familles de banquiers, juives d'origine, et qui, ne pouvant fréquenter la haute aristocratie, recevaient les secrétaires et les attachés d'ambassade. C'étaient les familles Eskelès et Pereira. Le baron et la baronne Eskelès avaient près de quatre-vingts ans. Le premier faisait la banque dans son cabinet; la seconde la faisait dans son salon par les dîners et les soirées où elle réunissait chaque jour une société nombreuse et variée. Car, pour être reçu chez un banquier, il suffît d'entrer en relation d'affaires avec lui, ou de lui être présenté par quelque personne importante, ou d'avoir, soit dans sa personne, soit dans sa position, soit dans sa fortune, quelque chose dont il puisse tirer avantage ou qui puisse donner quelque relief à sa maison. Il consulte surtout ses intérêts dans le choix de ceux qu'il admet, et recherche avec une sollicitude toute particulière les hommes politiques, ceux qui, connaissant avant les autres les événements, peuvent par quelque indiscrétion naturelle ou calculée le mettre

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sur In trace d'un socrut imj)ortiHit et dctfirminer des ochats ou di's viMitns coiisidcTablcs à la liourse. Trop heureux si, eu sondant le terrain, il trouve dans lo caractère on dans la conscience quelfjue endroit bas on faible sur lequel il puisse poser Ui j)i(Ml sans rencontrer de résistance.

C'est stirtout à Vitmnt^ et à Berlin (|uo j'ai i-ccueilli les matériaux de mon Livre despeiipk's et des rois\ J'ai été accusé d'exagération particulièrement à l'occasion des chapitres aux ministres et aux ambassadeurs. Et pourtant je suis reste'" au-dessous de la réalité, et ce; que j'ai dit n'était que la peinture bien pûle des choses que j'ai apprises on dont j'ai été moi-môme témoin.

Je fis chez ht baron Pereira la connaissance de Caroline Pickler, la Femme la plus célèbre en Allemagne, dans ces derniers temps, par la fécondité et la variété de son talent. Car l'édition complète de ses œuvres comprimd une soixantaine de volumes. Par un privilège bien rare aujourd'hui, dans un nombre si considérable de poésies, d'idylles, de drames et de romans historiques, il n'est pas une seule pagiï <jui puisse laisser à l'auteur un remords, et son principal roman, Afjalhuclès, a ])our but de peindre riieureusc inlluence du christianisme sur le développement des facultés humaines. La simjdicitt'; do cette fcmmi^ était admirable, et il fallait (prclle fût réellement bien distinguée pour allier tant de modestie à une si belle réputation. Une femme moins sûre de son talent et de sa gloire se serait crue obligée de l'aire des l'i-ais ])onr ne point jiaraître au-dessous de sa renommée. Pour elle, .iltentive à son tricot, elle suivait la conversaticni sans chercher à la diriger : elle parlait peu,inîns ce (pi elle disait an-

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