DE L'ESTOURBEILLON
Louis vicomte de l'Estourbeillon, né au Croizic (Loire- Inférieure) le i5 mars 1848, élève du petit séminaire de Guérande et du collège desCouëts, puis de l'école Sainte- Geneviève du 9 octobre 1 866 au 1 3 novembre 1 868, zouave pontitical, tué à la prise de Rome le 20 septembre 1870.
Après avoir terminé ses études et subi heureusement l'examen du baccalauréat es sciences, Louis revint dans sa famille et sollicita la permission Je s'engager dans l'armée pontificale. Depuis l'âge de dix-sept ans, son grand désir était de se dévouer au service du Saint-Siège . Il enviait le sort des héroïques jeunes gens qui avaient combattu à Castelfidardo et à Mentana, et sa foi sincère et profonde s'indi-
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gnait de voir le Père commun des fidèles abandonné par les nations catholiques aux convoitises sacrilèges du gouvernement de Florence. Quand ses parents virent que sa vocation était sérieuse et mûrement réfléchie, ils accordèrent le consentement demandé, et le 2 février 1870 il partait pour Rome.
Dès son arrivée, Louis, qui ne voulait pas être un soldat de parade et mener une vie oisive, recherche avec impatience l'occasion de faire ses premières armes. « Il y a quelques jours, écrivait-il, nous avons cru à une invasion des Italiens; nos sacs étaient prêts; Je me suis hâté d'aller à confesse. J'étais heureux et fier d'aller combattre et peut-être verser mon sang pour la cause de l'Eglise. » Au mois d'août, sa pensée se reporte douloureusement vers son pays, que l'armée prussienne envahissait après nos premiers désastres. « J'apprends avec peine les revers de la France, et je crains que Dieu ne veuille venger sur elle l'abandon du Saint-Siège; mais, quelque chose qui advienne^ je serai toujours le soldat dévoué de Pie IX. » Son amour filial pour l'auguste Pontife lui faisait désirer, comme la plus enviable de toutes les joies, de recevoir sa paternelle bénédiction. « Le Saint-Père, dit-il dans une de ses lettres, allait sortir de l'église pour
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se rendre à pied au Vatican; je me suis empressé d'accourir ainsi que quelques autres; nous nous sommes mis à genoux à son approche, et il nous a bénis. Il paraît si bon que Je me sentais transporté, ainsi que mes camarades, d'un zèle plus grand encore pour sa défense. » Dieu le préparait ainsi au sanglant sacrifice qui allait bientôt s'ac- ' complir; du reste, mainte fois il avait offert sa vie i d'un cœur foyeux pour le triomphe de la sainte Eglise. « Je vous prie, écrivait-il à sa tante, le 3 septembre, de vouloir bien continuer vos prières pour mon frère Henry et pour moi; tous les deux nous sommes armés pour une belle cause. Mon frère est prêt à verser son sang pour sa patrie, et moi je suis décidé à braver la mort pour ma religion. » Dix-sept jours après, il devait tomber sur les remparts de Rome, victime de sa foi et de son dévouement.
Le désastre de Sedan avait été accueilli comme un triomphe par les révolutionnaires italiens, et ils applaudissaient à la chute du gouvernement impérial qui avait fait si longtemps cause commune avec eux. Une armée de soixante-dix mille hommes vint occuper le patrimoine de Saint- Pierre, et le i8 septembre elle se trouvait sous les murs de Rome. Dix fois moins nombreux, les soldats pon-