‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 22 sur 45 · LOUIS CAILLE · texte numérisé non relu

LOUIS CAILLE

J'ai dit que M. Caille était procureur syndic du district de Caen en 1793, et je dois ajouter tout de suite qu'on le jugeait un peu jeune pour un tel emploi. Je ne crois pas qu'il eût au delà de 23 ans.

Il avait tout récemment débuté comme avocat, et promettait un sujet brillant à notre barreau.

Les circonstances en firent un orateur de club, et il

faut dire qu'il le fui dans toute la peifection du genre : — fougue d'imagination, improvisation éblouissante,

élocution facile, bel organe, extérieur agréable, etc

on peut dire qu'il ne lui manqua aucun moyen d'entraînement. Il est heureux qu'il ne lui soit arrivé qu'assez rarement d'en abuser.

Au mois dé juin 1792, époque des conciliabules républicains et des propositions de déchéance, Caille envoyé à Paris, aux fins de prendre connaissance de Tétat des projets débattus, s'y était trouvé dès lors en opposition avec Robespierre, que, des premiers, il soupçonna de marcher vers un but personnel, dans la poursuite de cette grande mesure.

Il fut, de ce moment, en communication constante avec les chefs de parti de Marseille et de la Ghronde, repoussa loin de nous toute autre influence, et dirigea notre société populaire dans ce sens, en la déterminant à renoncer à Taffiliation des Jacobins de Paris.

Après le 31 mai. Caille dut être et fut, en effet, un des plus ardents promoteurs de notre insurrection.

Il s'y jeta personnellement avec ardeur et en monti^a beaucoup à y appeler les autres. Il fut le principal acteur de la demi^-violence faite, en ce sens, à V indisposition de Bougon-Longrais.

L'Assemblée d'insurrection l'employa utilement comme missionnaire de fédération dans plusieurs départements voisins, et en dernier lieu, c^mme commissaire civil, accompagnant le contingent du Calvados, dans la campagne de l'Eure.

Par tmit il inonlra un zèle infatigable, et remplit son devoir avec conscience et talent.

Après le désastre de notœ parti, Caille dut disparaître et devint l'objet des poursuites les plus acharnées.

Nous avons vu, vers la fin de mai 1794, des patroi'iilles armées visiter, maison par maison, toute la viUedu Havre pour s'assurer s il n'y était pas caché.

On ne l'y trouva pas»

11 Vêtait ménagé un asile d'où il ne sortit qu'après le 9 thermidor.

Un peu plus tard, il fut momentanément employé aux affaires étrangères, sous le ministère de Lacroix.

11 a fini par se faire avocat à Paris, où il existe encore présentement * .

Page 1