‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 23 sur 45 · DOM MAUGER · texte numérisé non relu

DOM MAUGER

Le nom du personnage révélerait au besoin sa profession primitive.

Il avait été religieux bénédictin en la grande abbaye de St-Efienne de Caen, où il s'était distingué par sa haute capacité dans l'enseignement.

C'était d'ailleurs un homme d'esprit et de belles manières, accueilli et fêté, comme tel, dans le monde le plus élégant.

11 avait composé quelques opuscules littéraires, et notamment une comédie de satire personnelle (Nos-

< Ceci a été écrit en 1825 ou 1826, M. Caille est mort depuis.

tradamus) contre le vieux professeur chanoine Adam, qu'il avait prétendu y peindre, sous ce nom d'alltksion, à peine différent du sien.

Dom Mauger, rendu à la vie civile après la suppression de son abbaye, vivait tranquillement à Caen, lorsqu'on s'avisa de le mêler aux affaires publiques en le choisissant pour l'un des commissaires chargés de porter à la Convention l'offre du secours des forces départementales contre les violences prévues de la Montagne.

J'ai dit comment ces commissaires n'arrivèrent à Paris que pour être témoins de l'accomplissement des attentats que leur mission avait pour objet de prévenir.

De retour à Caen. leur premier soin fut de se présenter aux sections, pour y rendre compte de leur message, et ce fut Manger qui y lut le rapport des faits qu'il avait aussi rédigé.

Après notre défaite, Manger, qui pour ce seul fait avait été mis hors la loi, ne tarda pas à être saisi, et fut envoyé à l'échafaud.

Manger était de taille médiocre, front large, physionomie in'égulière, et pétillant d'esprit.

vir.

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