‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 28 sur 45 · SALUT A L'INCORRUPTIBLE ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

SALUT A L'INCORRUPTIBLE ROBESPIERRE

c( La Société de Gaen sait que le përe du patriotisme était à « son poste quand il fallut défendre ses enfants du Calvados u poursuivis par les stylets de la calomnie ; elle le sait..... et c( vient silencieusement ajouter une palme à sa couronne ci- « vique.

« Robespierre, ce nom qui fait ta gloire, ce nom qui porte a Teffroi dans Fâme des tyrans, sera le mot d'ordre qui nous « ralliera pour les combattre.

« Nous ne prétendîmes pas le rendre plus célèbre en te « faisant cette adresse: l'entreprise était au-dessus de nos force3; c( seulement elle est le gage précieux de notre reconnaissance (( et le tribut particulier de l'estime publique.

« Caen, le 7 mars 1792 *. »

Dès la fin de la même année elle revient à la modération. Irritée des excès de la société-mère de Paris, elle consulte la députation du Calvados pour savoir si elle ne doit pas rompre toute relation avec ces hommes exagérés.

La rupture eut lieu ; une lettre du montagnard Bonnet de Meautry, à un de ses amis de Caen, datée du 12 février 1793, indique quelle fut la réponse des députés et fait deviner la façon dont elle fut accueillie ; cette lettre fait voir en outre que les Jacobins de Caen n'avaient plus d'existence sérieuse :

« ...11 fut adressé à la députation, vers la fin de l'année, une « lettre par la Société des Amis, portant une demande qui ten- « dait à provoquer une décision de notre part sur la conduite t( qu'ils avaient à tenir avec la société des Jacobins de Paris. (( Ils ne savaient s'ils devaient rompre, oui ou non, et ils dece mandaient notre avis. La députation s'assembla et il fut « arrêté que Lomont répondrait. Je m'expliquai dès l'instant

• Rapport de Courtois, Papiers saisis chez Robespierre,

« mèQie, et je dis positivement que cette lettre devait être écrite « de manière à ne pas aigrir les esprits, que peut-être il vau- (f drait mieux ne pas répondre du tout. Le lendemain on lut la « réponse et je refusai de la signer ; Dubois-Dubais et Taveau (( la signèrent avec restriction. De mon côté, j'écrivis sur le (( champ à la Société, et ma lettre est datée du 1" de janvier. « J'entrais dans quelques détails et je m'expliquais avec beau- « coup de franchise, car je disais nettement : non, ne rompez « pas. Je m'étendais aussi sur le compte de Roland dont je fai- « sais l'éloge, mais dont je blâmais cependant l'excès de vertu tt qui, dans certains cas, peut être nuisible ; je citais même, « à cet égard, Montesquieu. Je finissais par les protestations « ordinaires d'amitié et de fraternité. Hé bien, frère et conci- « toyen, on rie m'a pas répondu. Ce n'est pas que je me forma- « lise de cette négligence, mon caractère est loin de ces petites (( niaiseries, mais ce qui me serait inûniipent sensible, serait c( de pouvoir croire qu'on me boude parce que je n'aurais pas « eu une opinion, en tout, conforme à celle de mes collègues. « Lisez-la, cette lettre, je vous prie, et dites-moi ce que vous « en pensez. Je ne sais pas si j'avais raison de m' expliquer de « la sorte dans le temps ; mais ce que j'affirme actuellement, « c'est que je suis loin d'avoir changé d'avis. 11 serait peut-être « permis de croire que dans cette circonstance les passions ont c( parlé plus haut que la raison. Or, ma maxime constante est « de consulter, d'après mon jugement particulier, la voix de la a raison, et d'écarter avec grand soin toutes les personnalités.

i( Voilà, frère et concitoyen, ce que j'avais à vous dire, au « sujet de cette lettre restée sans réponse. On m'a assuré que « la Société languit beaucoup ; de là je présume que vous n'y « allez guère. Mais je vous serai obligé de faire un extraordi- « naire et de prendre lecture de ma lettre.

c( Je suis bien fraternellement votre concitoyen.

« BONNET, Député du Calvados*. »

1 Collection de M. Renard.

En 1793, DOS Jacobins prennent définitivement parti pour la Gironde et publient la proclamation suivante :

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