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(( Maratisme veut lever sa tête sauguinaire dans celte ville, « mais la prudence et le. bon esprit des autorités constituées « surveillent cette lie d'hommes qui ne veulent que sang et « pillage, et les braves Carabols sont armés de la massue con- « tr'anarchique, et leurs bras sauront assommer cette canaille « populacière *. »
Mais les Carabols étaient déjà désunis. Une fraction, h la tête de laquelle se trouvaient le président et le secrétaire de la société, avait, dès le 19 juillet, lacéré les registres, s'était ralliée au parti de la Convention et avait accepté l'acte constitutionnel ^, tandis que l'autre, continuant à s'insurger, faisait afficher par la ville les arrêtés suivants, dont la rédaction avait été confiée à l'ex-député de l' Il le-et- Vilaine à la Constituante, Boutidoux *.
« Gaen, le 22 juillet 1793, Tan II" delà République une et indivisible.
« Plusieurs membres ont instruit l'Assemblée, qu'en l'ab- (( sence des vrais Carabots, des traîtres, usurpant leur nom, « ont tenté de déshonorer la société par des arrêtés pusilla- « nimes et liberticides pris dans les nuits des 19, 20 et 21 (( présent mois, et colportés dans les sections. Sur quoi, la so- « ciété, s'élant fait représenter ses registres, elle n'a pu voir « sans une profonde indignation, que diverses feuilles en « avaient été arrachées, celles notamment où était consigné « l'état d'insurrection légale et de résistance à l'oppression, (( dans lequel les Carabots s'étaient constitués, et celles ence core où devaient se trouver partie des arrêtés à elle dé- « nonces.
« La société considérant : l*» Que sa devise est Vencécution (( de la Loi ou la Mort ;
* Affiches du Calvados, 21 juillet 1793.
2 La société des vrais Carabots opprimés pour avoir accepté l'acte constitutionnel le 19 juillet, aux représentants du peuple français, (Mst. Archives du Calvados.)
' Interrogatoire dv citoyen Barbot Vaine, (Mst., Arcliives du Calvados.)
f( 2° Que la loi ayant été violée dans les représentants du « peuple, elle s'était déclarée en insurrection légale ;
« 3° Que cet arrêté, par un délit qu'on ne peut caractéria ser d'une manière assez infamante, se trouve ne plus exister (( sur ses registres lacérés ;
« 4° Qu'au contraire, plusieurs arrêtés, ouvrages de la perce fidie et de la lâcheté, ont été colportés publiquement et près ({ des autorités constituées et près des sections de cette ville, « lesquels arrêtés n'existent également pas sur les lambeaux « de ses registres.
« Considérant que les principes n'ont point changé depuis <( la première résolution de la société ; que les principes ne « peuvent dépendre des circonstances ; que des événements c( malheureux ne devraient qu'ajouter à l'énergie de la société, « et que sans doute ils ne feront qu'y ajouter.
« Considérant que Tunion seule peut faire notre force, tant (i Tunion entre les administrateurs et les administrés, que « l'union entre nous, les sociétés populaires et nos frères des « autres départements :
« Arrête : 1" Qu'il sera nommé des Commissaires près de « l'Assemblée centrale de résistance à l'oppression, près de ({ l'Assemblée générale des autorités constituées du Calvados, (( près des sections et du général Wimpffen, pour leur décla- « rer que les Carabots de 1789 persistent dans leur précédent « arrêté d'insurrection légale, désavouant tous autres con- « traires, et notamment ceux des 19, 20 et 21 présent mois ;
« 2** Que les mêmes Commissaires se transporteront demain (( près des chefs militaires du Finistère, d'Ille-et-Vilaine, du « Morbihan, de la Mayenne, du sixième bataillon du Calvados, c( des chasseurs du 22* régiment, des dragons de la Manche, « de la gendarmerie et autres, pour leur porter copie du préce sent et leur demander leur adhésion ;
« 3° La société en masse se rendra demain h la société des « Amis de la République, pour lui faire part du présent ar- « rêté.
<c Considérant de plus que l'iiospitalilé esl la première « vertu des hommes libres, la société déclare prendre sous sa a sauve-garde spéciale tous citoyens qui sont ou seraient perce sécutés pour cause des principes expiimés dans le présent « arrêté, et autres y relatés, pour garant de quoi, copie d'icelui « sera remise, par le président, aux représentants du peuple, a réfugiés dans le Calvados.
« Et de suite, la société délibérant sur les insultes à elle (( faites par des quidams se prétendant de ladite société, « arrête :
« 1" De vouer à l'infamie les individus lacérateurs et profau nateurs de ses registres, dont les noms, sitôt qu'ils seront a connus, seront remis à l'accusateur public, avec les déposi- « tions à Tappui ;
« 2° Que les président et -secrétaire qni ont assisté aux « séances des 19, 20 et 21 présent mois, et autres individus « provocateurs des arrêtés pris auxdites séances, seront man- « dés à la société, pour rendre compte de leur conduite et de « la lacération des registres ;
« 3** Seront dévoués à Tinfamie ceux qui refuseraient de se « rendre à l'invitation portée en l'article précédent, et leurs « noms seront envoyés aux sections, au Comité de Salut Pu- « blic et à celui de Surveillance ;
« 4° Seront invités l'Assemblée Centrale, les autorités cons- « tituées, le général Wimpffen, à déployer la plus grande surce veillance et la plus grande vigueur, pour découvrir et pource suivre les agitateurs de toute espèce, la société des Carabots c( s' offrant à faire, pour ce sujet, avec nos frères des départe- « ments et tous les bons citoyens, tel service que le bien puce blic exigera.
« 5' Les présents arrêtés seront individuellement signés « par les Carabots ; et ceux qui refuseraient de le faire seront « expulsés du sein de la société.
« 6° Les arrêtés ci-dessus seront imprimés et affichés en « nombre suffisant, envoyés à toutes les sociétés affiliées, à
« toutes les municipalités du Calvados et aux cinq sections de « Caen * »
Une semaine s'était à peine écoulée que le journal même qui avait tant présumé du dévouement des Carabots, effrayé de l'arrivée à Caen des Montagnards victorieux, et tout tremblant de voir qu'on faisait courir le bruit dangereux que ses concitoyens leur avaient opposé une légère résistance, se laissait dicter par la peur ces lignes où il s'efforçait de mettre de l'ironie: « il ne reste plus... qu'à faire insérer dans les pa- « piers publics que la ville de Caen a vu avec douleur la des- « truction ordonnée de sa citadelle, qu'elle s'est opposée au « renouvellement de ses corps administratifs et qu'elle a pris le tt deuil k l'occasion de la dissolution de la société des Cara- « bots ^. »
Barrère, effectivement, dans la séance de la Convention du 6 août, avait fait décréter que le donjon et le château de Caen seraient démolis et que l'administration du Calvados et la municipalité seraient remplacées.
Homme, mis en liberté depuis peu, demanda aussitôt la part rôle : Citoyens, dit-il ; il existe à Caen une société année, o connue sous le nom de Carabots, qui, mettant ses arrêtés a h exécution , paialyse la garde nationale et les autorités c< constituées, et, qui, malgré les patriotes qu'elle renferme <( dans son sein, perpétue l'anarchie dans cette cité. Je de- « mande que cette société soit dissoute, afin que la ville de <c Gaen n'ait plus qu'une force armée, obéissante aux autorités « constituées. »
Prieur ajouta : « J'appuie la proposition de Bomme ; je « sais combien est monstrueuse la société des Carabots, mais « je ne veux pas qu'elle soit détruite comme société délier bérante, mais seulement comme corps armé portant des mar- « ques distinctives et séparées de la garde nationale* »
^ Archives du Calvados.
2 Afficher du Cnlvndos, il août 1793.
La Conveiitioft prononça la dissolution des Carabots et déclara que ceux qui tenteraient de les rétablir seraient poursuivis et punis comme convaincus d'attentats contre la liberté publique ^
C'est ainsi que disparut une société dont jusquà co jour, même à Gaen, on paraît avoir méconnu la marche et les tendances. Son existence n*avait pas duré six mois.
Page 10, lig. 24 : La population d'accord avec les aulorités constituées . . .
Nous croyons devoir donner ici la série des actes par lesquels les administrateurs et la population de Gaen avaient manifesté leur indignation contre la Montagne.
Dès le 20 octobre 1792, la Convention recevait l'adresse suivante envoyée par les administrateurs du Département.
a Citoyens, représentants du peuple, un grand projet de dés- « organisation parait se faire sentir dans le sein de la Répu- « blique. A en juger par ses effets, le foyer est Paris ; de là des c< ramiQcations nombreuses s'étendent dans tous les départe- <v ments. Des mouvements extraordinaires, des insurrections « partielles, des prétextes vagues et colorés, au moment où des « agitateurs provoquent une nouvelle explosion, usent d'un « nouveau moyen pour assouvir des vengeances et pour rem- « plir le but d'un plan depuis longtemps combiné. Les prosc< criptions ne seraient elles pas finies? Méditerait-on toujours <c rétablissement d'un triumvirat ; ou prétendrait-on mettre les « têtes sous la hache d'un dictateur? Législateurs, le sang inno- « cent a coulé; sur le cadavre d'un scélérat, on a vu le corps « ensanglanté de l'honnête homme. Des vampires, dont les
« MonUpur, 8 août 1793.
(( noms font reiïroi des Français, et vont devenir l'opprobre (( de ]a postérité, calculent encore, à n'en pas douter, dans le « silence du crime, la vie et la mort des citoyens.
« Législateurs, vous veillerez ; les méchants vous sont con- « nus ; déjà vous les avez désignés aux Français ; les Français « vous ont entendus ; ils feront leur devoir et veilleront avec a vous. Forts de votre conscience et de Topinion publique, « forts des bras et de la volonté de vos commettants ; repré- (( sentants d'un grand peuple, dites à ceux qui voudraient « encore employer les rumeurs d'un peuple égaré, pour tâcher (( de semer le trouble dans vos délibérations, ou jeter la dis*- « corde parmi vous : Quatre-vingt-deux départements préten- « dent que nous soyons libres et respectés; partout la Convention « nationale a le droit de former les destinées de la République, « et chaque point du sol de la patrie peut être un lieu de rallie- « meut pour les délégués du souverain.
« Législateurs, Paris a fait les plus^ grands efforts pour la « Révolution. La nation a été généreuse, Paris a été récompensé. c( Ses habitants ont mérité notre reconnaissance ; nous nous tt plaisons à l'accorder aux premiers enfants de la liberté. Pour « notre estime et notre confiance, nous ne les accorderons « qu'autant qu'on voudra les mériter ; nous les donnons l'une « et l'autre avec justice ; nous les retirons avec équité. Toujours (( l'estime et la confiance d'hommes libres ne sont dues qu'à « ceux qui savent n'en pas abuser. Législateurs, les habitants <( de Paris «ont nos frères d'armes ; avec eux nous appartient « le droit de vous garder. Dans peu, nos concitoyens seront à (( h leur poste, ils veilleront aussi h votre sûreté. Malheur à une c( section de la République, si elle prétendait tout gouverner, « tout diriger à son gré ; elle apprendrait bientôt qu'il n'y a <i plus dans la grande famille qu'une seule volonté, à laquelle « tout intérêt partiel est forcé de céder. Des républicains n'é- « coûtent et ne suivent que les lois : l'égoïsme et les factions « leur sont inconnus. Quiconque désormais ne saura pas les « respecter, doit trouver des Scévola, s'il ne rencontre pas les
« faisceaux des préteurs. Législateurs, à Paris, soyez des Gaa tons; ici, nous serons des Brutus ^ »
Voici en quels termes Ph. Dumont rendit compte, aux administrateurs du Calvados, de l'incident soulevé par cette adresse :
• Paris, 21 octobre 1793, an I*' de la République française.
« Citoyens administrateurs,
« Votre adresse, concernant la garde des quatre vingt-trois a départements, dont ta Convention Nationale doit s'environner, a fut remise vendredi au président de la Convention, par la « députation du Calvados : elle avait pensé qu'il était bon d'en a différer la lecture jusqu'au moment où l'on s'occuperait de a cette question qui divise en ce moment l'Assemblée et agile u le peuple de Paris. Mais les citoyens Buzot, Gensonné et Barce baroux, secrétaires, à qui je la communiquai, crurent qu'il a était important de faire connaître, sans délai, les principes (c vrais et la mâle énergie qu'elle exprimait. Hier matin à la a suite du procès-verbal, la Convention en entendit la lecture ; « les applaudissements couvrirent longtemps les murmures ; le « trouble augmenta. D'un côté, on demandait à grands cris «^rimpressioD et l'envoi aux quatre-vingt-trois départements ; « de l'autre, on réclamait l'ordre du jour, et, dans ce choc d'o- « pinions, il était difficile de distinguer le parti dominant. Ma- « nuel avait obtenu la parole pour appuyer l'ordre du jour; (( plusieurs orateurs célèbres la demandaient pour le combattre, ce Enûn, après avoir inutilement tenté de rétablir l'ordre dans c( l'Assemblée, le président, ne pouvant obtenir le silence des Cl orateurs, mit aux voix, sans discussion, l'ordre du jour, et, « après une épreuve (qui me parut fort douteuse), il "prononça ce que la Convention passait à l'ordre du jour. Peut-être était-ce « le seul parti que l'Assemblée eût à suivre, afin de ne pas pa-
< Bûchez et Roux, Hisf. parlementaire^ X, XIX.
« rattre préjuger une question non encore disculée. Au reste, « Citoyens Administrateurs, votre adresse produira un excellent « effet ; elle sera imprimée mot à mot dans le bulletin de T As- « semblée, les secrétaires me l'ont promis ; à ce moyen, elle « sera affichée h Paris, et envoyée aux quatre vingt-trois déparrt tements; vous aurez des imitateurs, et les Parisiens appren- « dront enfin qu'ils ne sont qu'une partie d'un tout, une portion « de la République ; ils apprendront que les citoyens des dépar- (( tements les surveillent, et qu'ils n'ont pas applaudi à la chute (( d'un tyran pour ramper sous le despotisme municipal de Paris, a Recevez, citoyens administrateurs, l'assurance de mon « estime et de mon dévouement entiers.
« Ph. Dumont,
« Député du Calvados à la Convention nationale '. »
Gussy faisait encore allusion à la même adresse dans le billet qu'il faisait parvenir au corps municipal de la ville, après l'orageuse séance du 29 octobre.
« Paris, 3t octobre 1792, Tan 1'' de la République.
(( Le citoyen Gussy prie ses concitoyens officiers municipaux « de faire lire dans la séance publique le discours du citoyen « Louvet contre Robespierre. On verra si c'est faire injure aux « Parisiens de réclamer une garde prise dans les quatre vingt- « trois départements de la République. Gependant, Citoyens, ne « soyez pas inquiets, l'Assemblée est courageuse et probe, sept « à huit scélérats sont dans son sein, il faut une fermentation M pour rejeter de son sein cette écume impure. Elle sera pu- « rifiée. Encore quelques jours et la vérité fera disparaître « l'erreur d'une partie du peuple de Paris abusé et subjugué c( par de lâches conspirateurs ; mais jamais la crainte n'ap- « prochera du cœur de ceux qui vous représentent.
a II faut une force pour en imposer aux méchants et rassurer (( les faibles.
* Collection de M. Renard.
a Mais jamais la masse du peuple de Paris, qui est bonne» « n'osera attenter à vos députés *. m
Cette adresse et ces lettres font déjà présager la pensée du Fédéralisme. Elle se formule, le 2 janvier 1793, dans une seconde adresse des administrateurs composant le Conseil Général du Département. Un des signataires, nommé Thibout, se chargea de la porter lui-même ; on travailla toute la nuit h Timprimer au nombre de douze cents exemplaires et l'envoyé du Département promit d'en faire la distribution à tous les membres de la Convention, môme à Marat et à Robespierre ^.
« Caen, le 2 janvier 1793, Tan 2«de la AépuUiquc Française.
c( Représentants du peuple français,
(( La République et les lois, telle est notre devise. Guerre « aux rois, aux factieux et aux agitateurs ; tel est le cri unice versel, qui retentît dans tous les points du Calvados.
« Législateurs , cette énergie mâle et républicaine , cette « fière indépendance qui nous animent, vous seraient-elles « donc devenues étrangères ? N'auriez-vous plus le courage « d'être libres, et une poignée méprisable de scélérats pour- M rait elle faire trembler le sénat qui juge les monarques ?
« On vous peint comme exposés sous la hache des bour- « reaux ; Paris, le berceau de la liberté, est rempli d'agitateurs « orgueilleux et sanguinaires : on veut gêner vos opinions : des « hommes lâches et cruels prêchent le carnage. Eh bien t les « citoyens* du Calvados sont levés, impatients, ils s'empressent « de tracer leurs noms dans des registres civiques ; ils veutf lent partir, venger votre liberté menacée, la souveraineté « du peuple avilie, et rendre Paris digne de sa gloire ; ils sou- « tiendront l'ouvrage de leurs représentants, ou ils mour-
* Arcliives municipales de Gaen.
2 Affiches du Calvados^ 6 janvier 1793.
c( ront ! Le feu qui les embrase se commumque à tous les « départemens, et le sénat français jouira bientôt, malgré ceux Cl qui souillent son enceinte , du calme nécessaire à la for- (f mation des bonne lois.
« Nous pouvons les contenir encore... mais que la liberté (c outragée pousse un cri ; ils sont auprès de vous, et les lâches a agitateurs n'existeront plus.
Joignant Faction à la menace, le Conseil imprimait à la suite de son adresse un appel h la résistance.
a Le Conseil Général du déparlement du Calvados, informé « qu'un grand nombre de citoyens, dans différentes communes ce du département , manifestent le désir de se fédérer pour se c( rendre k Paris, y concourir , avec la garde parisienne, au « maintien de Tordre et y assurer l'en lié re liberté des reprén sentants du peuple Français :
c( Considérant que les dispositions généreuses de ces ci- « toyens ne peuvent que mériter des éloges, et qu'il est du <( devoir d'une administration républicaine d'encourager cette « mesure, qui semble, dans les circonstances actuelles, néces- (( saire au salut de la liberté publique ;
« Voulant d'ailleurs diriger, de la manière la plus avanta- « geuse, le zèle civique de ces bons citoyens :
(( Arrête ce qui suit, le Procureur-Général-Syndic entendu :
« Article premier. — Tout citoyen qui désirera se fédérer « pour se rendre à Paris, par les motifs ci-dessus énoncés, « sera tenu de s'inscrire dans un registre qui sera .ouvert, à « cet effet, au secrétariat du Directoire du District.
« IL — Nul ne sera admis à s'inscrire, s'il ne justifie de cerc( tificats de ciWsme, délivrés par le conseil général de la com- « mune et par les chefs de la garde nationale du lieu, vérifiés « et approuvés par les directoires de district; lesquels certifi- (( cats seront transmis au directoire de département, pour être (I examinés lorsque le dépôt desdits citoyens sera jugé néces- « saire; l'administration du Département se réservant de statuer
« à cette époque,lant sur le nombre desdits fédérés qui devront « être envoyés à Paris, que sur le taux de Findemnité qui « pourra leur être accordée.
c( Arrête, en outre, que le présent sera adressé à toutes les « municipalités du Département, publié, affiché, lu aux prônes « des messes paroissiales et à la tête des bataillons de la garde H nationale \
Dès le /i, la députation du Calvados répondit : « Citoyens,
« Il est vrai qu'un parti désorganisateur se manifeste dans la « Convention: cette cabale, dont les vues sont mesquines, soua vent révoltantes et sanguinaires, nous paraît soutenue au de- « hors par des intrigants, dont les principes tendent à perpé- « tuer Tanarchie et tous les malheurs qui en sont l'effet; Pache « même, le ministre de la guerre, est très-suspect aux vrais « amis de la République; une foule innombrable de probalités « s'accumulent pour l'accuser d'une criminelle coalition.
« Quoiqu'il en soit, cette réunion d'hommes trompeurs et a trompés, ne fera d'autre mal à la chose publique (au moins a nous osons l'espérer) , que de retarder la marche et les trace vaux de la Convention Nationale; une majorité bien imposante « fera toujours une entière justice des projets liberticides d'une a minorité turbulente.
« Si des forcenés violaient encore l'asile des prisonniers « (ce qu'on nous fait craindre), ou insultaient à la souveraineté « du peuple dans ses délégués, nous ne doutons pas que ces a excès ne partissent de la source impure dont nous venons « de vous entretenir.
« Vous nous avez demandé la vérité, citoyens administra- « teurs, la voilà sans fard, et sans déguisement : nous ne vous « celons pas même nos inquiétudes^.
< Archives municipales de la ville de Gaen.
> Collection de M. Renard.
Toute la députalion du Calvados, sans en excepter le montagnard Bonnet de Meautry *, avait signé cette lettre écrite par
Lomont.
Cependant la Commune, les Jacobins et les Cordeliers de Paris, ne dissimulaient plus le projet d'asservir la Convention Nationale par la terreur et de réduire les département» à subir le joug de leurs opinions. Le Calvados écrivit un nouveau manifeste, il est daté du 19 avril et cette fois, non seulement signé des administrateurs du Département, mais accompagné de Tadhésion des administrateurs du District, de celle des membres du Tribunal Criminel et de celle de la société populaire des Amis de la Constitution.