‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 40 sur 45 · POUR LA VILLE DE CAEN · texte numérisé non relu

POUR LA VILLE DE CAEN

Cité républicaine et fière, Caen, sois la Marseille du Nord; Porte toujours sur ta bannière.

Le règne des Lois ou la Mort.

Dans ton enceinte hospitalière, Tu reçus nos représentants ; Ah ! qu'aux Français reconnaissants.

Ta gloire à jamais sera chère !

Aux armes, Citoyens ! terrassez les brigands : La loi, la loi, c'est le seul cri, Ci'est le vœu des Normands,

M. Louis Dubois, qui probablement a donné le chant de Girey d'après une copie manuscrite, y a ajouté une dernière strophe qu'on ne trouve pas dans l'imprimé, et qui, du reste, est loin de valoir les précédentes.

LE CALVADOS A L'ORNEr

Par l'amitié, par la nature, L'Orne liée au Calvados Baignera de son onde pure Un pays fertile en héros.

Quand les lauriers de la Victoire Auront couronné nos efforts.

Jurons de venir sur ses bords Chanter notre commune gloire.

Aux armes, Citoyens, etc.

Page, 72, vers 1 . — CoUot, lit L'Inconnue.

Allusion à la pièce de CoUot-d'Herboîs, qui a pour litre : L'Inconnu ou le Préjugé nouvellement vaincu, comédie en trois actes et en prose. Cette comédie n'eut aucun succès.

Le noël de Girey-Dupré a été reproduit plusieurs fois, notamment dans Y Histoire- Musce de la République Française par Augustin ChallameP, et dans Charlotte Cordcnf par Louis Dubois 2.

Page 73, lig. 11. — La petite échauffourée locale du 5 novembre 1 79 1 . . • ,

Les jeunes gens de Caen qui appartenaient à l'aristocratie s'étaient constitués en association réglementée, sous le titre de Réunion des Honnêtes Gens. « Leur but, disaient-ils, était de « protéger les personnes et les propriétés et de réclamer l'exé- « cution des lois à chaque instant violées.... Dans le cas où « les autorités se taisent, la voix de l'honneur doit se faire « entendre et c'est aux gentilshommes surtout à professer ce

2 P. 63 et suiv.

« principe souverain. » Ils avaient désigné, pour chaque quartier de la ville, un chef qui devait garder une liste de tous les Honnêtes Gens de son arrondissement, afin que ceux-ci, au premier appel, pussent se réunir aulour de lui. Ce chef devait avoir aussi une liste des Patriotes et des Cluhistes, afin de tenir ceux-là sous une surveillance continuelle. Tous les associés devaient être armés et avoir des moyens de ralliement; ils s'obligeaient à se prêter un secours mutuel, « si quelque hostilité x< particulière nécessitait l'usage delà force publique ou si Té- « motion éiait considérable et pouvait être susceptible dequel- « que suite inquiétante *. » '

Dès le mois d'octobre 1791, des bandes de mécontents, tantôt à pied, tantôt faisant des cavalcades, parcoururent la ville et les environs. Elles semblaient, par leur arrogance, leurs menaces et leurs propos, annoncer des projets hostiles ; elles accompagnaient les prêtres insermentés dans les églises et s'efforçaient de mortifier par leurs actes et leurs paroles les prêtres constitutionnels. Au milieu d'elles, on rencontrait souvent des hommes porteurs de pistolets et d'autres armes. Le U novembre, l'ancien curé de St-Jean, après avoir fait avertir le curé assermenté, son successeur, se présenta dans cette église, à huit heures du matin, pour y dire la messe. Le chœur et le sanctuaire étaient pleins d'ex-nobles, —c'est ainsi que, depuis le décret du 19 juin 1790, on désignait les membres de l'ancienne noblesse,— et de leurs domestiques, qui, après avoir insulté quelques Patriotes, s'entendirent entre eux pour se trouver le lendemain, à une heure fixée, au même rendez-vous. Le conseil général de la Commune, instruit des intentions du curé et de ses partisans, et voulant calmer l'inquiétude des Patriotes, engagea, au nom de la tranquillité publique, le prêtre réfractaire à

* Instruction trouvée dans la poche d'une des personnes arrêtées le 5 7iovembre 1791 et retenues au château de Caen. Pièce justificative d'une consultation, signée Desèze, Vulpian et de la Malle, en date du 21 décembre 1791. (Collection de la Bibliothèque de Caen.)

s'abstenir de toute nouvelle démonstration. 11 y consentit, à la vérité; mais les personnes prévenues la veille, ignorant, ou affectant d'ignorer, la détermination ultérieure du curé, se rassemblèrent à rheure indiquée, entrèrent dans l'église et, ne trouvant pas le prêlre à l'autel, se répandirent en invectives contre plusieurs gardes nationaux accourus pour s'opposer à leurs desseins. Ce furent les valels qui firent les premières provocations. Alors une lutte s'engagea. Un jeune homme, qui tentait de désarmer un citoyen de la milice bourgeoise, fut renversé par les bayonnettes ; des coups de sabre et de fusil furent échangés dans la rue Guilbert. Dans cette collision, deux jeunes gentilshommes furent blessés. Un troisième qui s'était réfugié dans une boutique, fut tué d'un coup de feu.

Pendant ce temps, une autre troupe de mécontents se. réunissait sur la place Saint-Sauveur et se disposait à marcher au secours du premier rassemblement ; mais la générale avait été battue dans les rues ; deux compagnies de grenadiers et de chasseurs avaient pu se former ; tous les citoyens de la garde nationale s'étaient joints à eux. Les rebelles furent entourés et amenés, au nombre de quatre-vingt-quatre, dans la cour de la maison commune, où ils furent dévsarmés. On les renferma ensuite au château. En fouillant les prisonniers, on trouva le plan de la Uéwiion des Honnêtes GenSy dont nous avons parlé, et les preuves d'une ramification avec une association du même genre entre les mécontents de Bayeux, ainsi que celle d'une correspondance avec les princes émigrés *.

* Grand projet de contre^révolution^ suivi d'une liste exacte des personnes arrêtées les armes à la main et constituées prisonnières au château de Caen^ in-^" (Collection de la bibliothèque de Caen). — Consultation délihérée à Paris pour les quatre-vingt-quatre citoyens détenus au château de Caen. Paris, 1791, in-8o (idem); la bibliothèque de Caen possède encore un assez grand nombre de pièces relatives à raffairc du 5. — Moniteur, n** des 12, 13, 14, 15. 3 9 novembre 1791 et 20, 21, 25 et 26 janvier 1792,— CoM/'/t/- (sic) du Calvados (par Picquot), n" des 15 et 19 janvier 1792. — Notes communiquées par un témoin oculaire.

Cette échauffourrée a été généralement désignée sous le nom de V affaire du b.

Page 73, %. 13- — 11 avait, à bonne intention sans doute, détourné exclusivement sur un seul. . . .

Guadet, dans son rapport, qui ne tint pas moins de quatre séances, avait été très modéré. Il avait trouvé des excuses pour presque tous les prévenus ; un seul d'enlr'eux, le jeune François- Einery Gouet de la Bigne, que la correspondance trouvée sur lui compromettait davantage, avait été décrété d'accusation par l'Assemblée Nationale et envoyé dans les prisons de la Haute Cour d'Orléans *. Ramené à Paris, le 9 septembre 1792, en même temps que les autres prisonniers accusés comme lui de liante trahison, il fut massacré, à Versailles, avec les anciens ministres de Lessart et Franqueville d'Abancourt, le commandant-général de la garde constitutionnelle licenciée sous la Législative, de Cossé-Brissac, et cinquante-trois autres malheureux 2,

Page 76, lig. 11. — L'enragé Bergoing et /e /rawc et loyal Kervélégan

Les publications du député de la Gironde sont signées Bergoeing et non Bergoing, comme l'écrit M. Vaullier, dont nous avons cru devoir conserver l'orthographe.

Nous ne savons pas plus que M. Vaultier pour quelle raison WimplTen donne à Bergoing l'épithète d'enrayé; quant à Kervélégan, il est facile de deviner pourquoi il en fait l'éloge. Ce

* Moniteur^ n** du 26 janvier 1792.

2 Pnidhomme, Histoire des Révolatiom de France, Paris, 182/i, in-12 t. 3, p. 298.

fui sur le rapport de celui-ci que, le 21 thermidor ao Ifl, le Comité de Sûreté Générale prit Tarrêlé suivant:

« Le Comité, vu la pétition du citoyen Félix Wimp(ren,etouï a la lecture de la lettre qu'il a écrite, le 18 de ce mois, à Kerc( vélégan, membre du Comité, arrête que ledit citoyen Félix a Wimpffen jouira pleinement de sa liberté, et que les scellés « mis chez lui seront levés, il restera néanmoins provisoire- « ment sous la snrveillance de l'administration du district de « Buyeux, chargé de l'exécution du présent arrêtée »

Page 77 y lig. 1. — députation du calvados.

La plupart des écrivains, surtout à l'époque des réactions politiques, lorsqu'ils ont eu à porter un jugement sur les membres des assemblées délibérantes, ont donné le vote de ces hommes, dans les graves questions qu'ils ont eues à résoudre, comme un moyen certain d'arriver à l'appréciation de leur valeur, de leur mérite ou de leur moralité. Quoique nous n'aimions pas cette méthode qui , en affranchissant l'historien de tout travail de critique, fait qu'il mesure, dans une même balance, des individus de caractères et de tempéraments opposés, sans tenir compte ni du milieu dans lequel ils ont vécu, ni des positions relatives, ni des nécessités du moment, nous croyons qu'on retrouvera ici avec quelque intérêt les différents votes des députés du Calvados dans le procès de Louis XVI.

' Cette pièce qui est écrite de la main de Kcrvélégan, fait partie de la collection de M. Renard.

Premier appel nominal : — « Louis Capety ci-devant roi « des Français^ esl-il coupable de conspiration contre la lihei^té « et d'attentats contre la sûreté générale de l'Etat? Oui

a ou Non ? »

Fauchet : — c( Oui, comme citoyen ; Oui, comme législa- « teur ; comme juge, je n'en ai point la qualité, je ne puis pro- « noncer. »

DuBOis-DuBAis : — « Comme mon opinion ne rentre point (( dans la série des questions arrêtées, je demande à la faire c( connaître. C'est dans ce moment surtout que je sens tout le (( poids du pénible devoir qui m'est imposé, et que je dois « trembler, même en le remplissant avec scrupule; étranger k c< tout parti , à toute faction , je suis toujours resté seul avec <( ma conscience, je n'ai jamais su composer avec elle, et je ne « le ferai pas dans une des circonstances les plus sérieuses de « ma vie. C'est donc ma conscience seule qui m'a diclé la décla- (( ration suivante. Dans l'affaire de Louis, je me regarde « comme juge ; je déclare qu'il est coupable, qu'il m'a touc( jours paru tel avant le 10 août, et que, s'il me fût .resté « quelques doutes sur son compte, les pièces de conviction qui (( m'ont été mises sous les yeux, les auraient entièrement dis- « sipés. Comme législateur ou représentant du peuple, je puis « peser les conséquences de l'existence ou de la mort de Louis ; « j'ai dû examiner les biens ou les maux qui en résulteraient (( pour ma patrie. Le résultat de mes réflexions ne me permet « pas d'autre vœu que celui de l'appel au peuple. »

LoMONT : — (( Tous les efforts qu'on a faits , même à cette (( tribune, pour me faire croire que nous pouvons cumuler tous « les pouvoirs, ne m'ont paru que des sophismes ; ils ne m'ont « pas convaincu ; ils ne m'ont pas persuadé que nous pouvons c( faire des lois, el les appliquer, et cumuler les fonctions de « législateurs et de juges. Je ne crois pas Louis innocent, je le « crois coupable ; mais je ne puis prononcer comme juge. »

Henri Larivière. : « — Je déclare qu'ayant participé au

a décret qui porte que Louis sera jugé , mais non à ramende- « ment qui a décidé qn'il le serait par vous , je ne puis prononce cer dans une affaire où je cumulerais tous les pouvoirs. Je tf déclare ne pouvoir voler que le renvoi au Souverain, »

DouLCET-PoNTÉcouLAN r : — « Je pense que , nommé juge,

<K par la Convention Nalionale, et législateur par le peuple, les

a mesures les plus utiles à prendre sont celles qui peuvent

c( assurer rétablissement de la Répul)lique et Tabolition de la

a royauté. Je déclare que je crois Louis coupable de haute

a trahison , de cons])iration et d'attentat contre la liberté fran-

a çaise. Je vote pour le bannissement à peq)étuité de Louis

a Capet et de sa famille. (11 s'élève des murmures.) Les mur-

« mures que j'entends m'affligent pour ceux qui s'en rendent

a coupables, mais ne m'arrêteront pas. Je recommence : Je vote

a le bannissement de Louis Capet et de sa famille à perpétuité,

« mais je pense qu'il doit être reclus, sous la sauve-garde na-

(c tionale, jusqu'à la cessation de toutes hostilités. Je demande,

« en outre, la ratiûcatiou de ce décret par le Souverain, ainsi

a que de celui qui abolit la royauté. Je signe la présente dé-

<( claration. »

Taveau : — « Louis a attiré nos ennemis, ils ont ravagé nos a frontières, cinquante mille Français ont perdu la vie , je dé- « clare Louis coupable. »

DuMONT : — « Si je croyais que quelque chose eût pu m'ente lever la qualité de législateur, je la réclamerais ; mais je ne tt crois pas pouvoir en être dépouillé, je vote Oui*, »

Les autres députés votèrent Oui sans observation.

Second appel nominal : — « Le jugement qui sera rendu « sur Louis sera-i-il soumis à la ratification du peuple réuni a, dans ses assemblées primaires? Oui ou NoN ? »

* Moniteur, ii* du 18 janvier 1793.

Fauchet : — « Par respect pour le peuple , par respect « pour les principes qui intéressent l'universalité de l'Empire, « par respect pour la li])erté de la patrie, qui n'a rien h « craindre du peuple Français, et qui a tout h craindre des a factions qui nous environnent, je dis : Oui »

Taveau. — (( Je respecte la liberté des opinions; je ne

« crois pas qu'on puisse faire l'injustice à aucuns de nou^, de

« croire qu'ils peuvent influencer la liberté de leurs collègues,

« les forcer de penser de telle ou telle manière : ils sont

c< bien faibles ceux-là qui, par leurs personnalités et leurs

c< sottises, penseraient pouvoir y réussir : ils ne leur rendent

« pas justice, ils ne me la rendent pas à moi-même. Je crois

« que, quelque parti que nous prenions, il y aura des incon-

(( vénients; mais je me plais à rendre hommage h la souve-

c( raineté du peuple; je dis: Oui, »

DuMONT : — (( Citoyens, je suis législateur, et je veux que

« toutes les lois constitutionnelles soient soumises à la sanc-

c( tion du peuple. Celte mesure est surtout utile dans cette

c( affaire. Le tyran puni, je vois derrière lui des traîtres et

« des prétendants qui m'inquiètent. Je veux que le peuple

c( leur apprenne, en proscrivant lui-même celui qui fut son

« roi, ce qu'ils doivent craindre en aspirant à la tyrannie; je

« réponds : Oui, »

DUBOIS-DUBATS, LOMONT, HeNRI LARIYIÈRE, VARDON ,

JouENNE, CussY, Legot, votèrcut Oui, BoiNNET, Doulcet: Non\

Nous n'avons pas trouvé le vote de Philippe Delleville.

Troisième appel nominal : « La question est posée en ces « termes:

« Quelle peine Louis, ci-devant roi des Français ^ a-t-il en- « couruel »

1 Moniteur, n° du 19 janvier 1793.

Fauchet ; — « La Convention n'a pas le droit de cumuler, « de confondre, d'exercer tous les pouvoirs. C'est le droit de « la tyrannie. Je puis le subir, je ne l'exercerai jamais. Je « brave tous les tyrans. Je ne suis pas juge. Je vote, comme « législateur, une mesure de sûreté générale. Je demande donc « la réclusion. »

DuBOis-DuBAis : — « J'ai déclaré que Louis était coupable. « Je ne me considère pas seulement comme juge, mais comme « législateur. Comme juge, je dis : Louis est coupable, qu'on « le mène au supplice ; mais comme législateur, je dois exa- « miner quel degré d'utilité cette peine peut apporter à ma a patrie. Si la mort de Louis est utile, comme il est coupa- « ble, qu'il la subisse ; mais si son existence peut nous être a utile, qu'il reste dans les fers. Je demande la peine de mort, « mais à condition qu'il sera sursis à l'exécution jusqu'à ce « que les puissances ennemies mettent le pied sur notre terce ritoire, ou que d'autres se joignent à elles pour nous faire « la guerre. »

LoMONT : — (( Je vole pour la réclusion. »

Henri Larivière : — a Ce ne peut être par humanité qu'on c( épargne un coupable. La pitié pour les scélérats est une c< cruauté envers les gens de bien. Je n'ai jamais douté que « Louis ne fût un grand criminel ; et, si je ne l'ai pas ainsi « prononcé sur le fait^ c'est parce qu'il m'a paru injuste d'être c( tout à la fois législateur et juré.

« Mais à présent qu'il s'agit d'employer contre Louis une « mesure politique, et que je puis comme législateur prononce cer sur son sort, je déclare en cette qualité et d'après ma <t conscience, qui m'élève au-dessus de tous les dangers, que (( l'intérêt de la patrie exige que Louis soit détenu pendant la « guerre, et exilé à la paix. »

Bonnet : — « Je vote pour la mort, avec l'amendement de Mailhe *. »

* Le vote de Mailhe, député de la Haute-Garonne, était : « Par une con- << séquence qui me paraît naturelle, [ ar une conséquence d^ Topinion que

Vârdon : — « Je me renferme dans les bornes de ma miser sion. Je me déclare incompétent pour prononcer la peine «r qu'a méritée le coupable. Je vote pour la détention. »

DouLCET-PoNTÉCOULANT : — « J'ai manifesté mon opinion, « il y a deux jours. Tout ce que j'ai entendu depuis m'y fait « persister. Je prononce la détention provisoire et l'expulsion a à la paix. »

Tavkau. — a II faut prouver aux rois qui régnent encore (( pour le malheur des peuples, que leurs têtes peuvent tomber « sous la hache des lois, comme sous la faulx de la Mort. Nous « avons déclaré à l'unanimité Louis convaincu du crime de c( haute trahison. Ce crime mérite la mort ; mais, après l'avoir « prononcée, gardons-le comme un otage, et suspendons Vexéa cution jusqu'au moment où les ennemis tenteraient une inva- « sion sur notre territoire. Mon opinion n'a de force que parce a qu'elle est indivisible. »

JouENNE : — « Je demande la peine de mort, sauf à statuer a l'époque où l'exécution aura lieu. »

DuMONT : — « Je vote pour la réclusion et l'exil. »

CussY : — « Intimement convaincu que la gloire du peuple (( Français est inséparable de ses intérêts, et ne croyant pas c( qu'ils lui permettent de frapper un ennemi vaincu, je vote i< pour la réclusion et le bannissement. »

Legot : — c( Je crois que Louis mérite la mort, mais je la « crois contraire à l'intérêt de ma patrie. Je vote pour la dé- « tention. »

Fhilippe-Delleville. — « La détention pendant la guerre, et le bannissement à la paix *. »

« j*ai déjà émise sur la première question, je vote pour la mort. Je ferai « une simple observation. Si la mort a la majorité, je crois qu'il serait n digne de la Convention Nationale d'examiner s'il ne serait pas utile de « retarder le moment de l'exécution. Je reviens à la question et je vote « pour la mort. »

« Moniteur^ n** du 20 janvier 1793.

Page 81, lig. 21. — « Les tyrans sont morts. »

Le Sermon sur V Accord de la Religion et de la Liberté *, auquel M. VauUier fait allusion, se termine par la formule « les tyrans sont mûrs » que Faucliet adopta pour devise. Il y a évideniment un laysus calami dans la copie que nous avons entre les mains.

Page 83, lig. 3. — Le premier acte des électeurs fut de déclarer non avenus les effets de la procédure

M. Pezet ^, en racontant ces luttes entre la municipalité de Bayeux et Claude Faucliet, paraît vouloir mettre tous les torts du cùté de Vévêque du Calvados. Nous avons lu avec attention les pièces relatives à celte affaire qui s(»nt conservées aux archives du Département; l'opinion qui nous est restée après cette lecture, est que Faucliet agit avec modération, nous dirons même avec une certaine humilité chrétienne, pendant tous ces débals ; tandis que ses adversaires s'y montrèrent agressifs et taquins.

Page SI ^ lig, 1. — Un petit prêtre gascon nommé Chaix-d' Est-Ange

Chaix-d'Est-Ange était né à Apte en 4758, On assure que son véritable nom était Chaix-de-St-Ange et qu'il le modifia «n celui de Ghaix-Destange à l'époque de la Révolution. Plus tard, ajoute-t-on, son fils, aujourd'hui procureur-général

< Publié par les Amis de la Constitution de Caen, 1791, iii-8* (CoUection de la bibliothèque de Caen).

2 Bayeux à la fin du XVIW siècle, p. 179.

à la Cour Impériale de Paris, aurait fait subir au nom de famille une nouvelle modification en y ajoutant une apostrophe et un trait d'union.

Nous ne pouvons nous prononcer sur Tauthenticilé de cette anecdote, toutes les lettres que nous avons vues de Cliaix-d'Est- Ange sont simplement signées Ghaix. il est quelquefois, mais rarement, désigné sous le nom de Destange dans diverses pièces que nous avons eues entre les mains ^ LJabbé Ghaix était arfivé dans le Gai v ados avec Fauchet qu'il accompagnait en qualité de grand vicaire. Nommé président de la Société des Amis de la Constitution de Bayeux, ce fut la direction qu'il donna à ce club qui servit de prétexte aux attaques que la municipalité de cette ville dirigea contre l'évêque. Ghaix-d'Est- Ange était curé de St-Etienne de Gaen au moment de l'insurrection du Calvados, et nous avons dit, page 206, qu'il fut envoyé avec Caille dans les départements de la iManclie et de l'illeet- Vilaine pour y faire de la propagande. Incarcéré dans les premiers jours d'août 1793, il ne sortit de prison qu'en 1794. Il remplissait les fonctions d'accusateur public à Rlieims, lorsqu'il épousa, en 1799, une demoiselle Lorge, qu'on nous a affirmé être la sœur du général, baron de l'Empire, Lorge, dont la famille était Gaennaise. Chaix-d' Est- Ange est mort avocat à la Cour Royale de Paris, le 28 mars 1820 \ j

Page 88, lig. 1. — L'administration du Déparlement avait pour président Al. Lévêque....

-Pierre-Jean Levôque était médecin; il fut détenu pendant

* Collection de M. Renard. — Archives du Calvados. ' Notes communiquées.

quelque temps * et ne prit ensuite aucune part aux affaires publiques.

Page 88, lig. 11. — L'administration du district de Caen était présidée par M. Lhonorey.

Cet administrateur resta caché jusqu'après le 9 thermidor *. Il n'a rempli aucune fonction publique depuis ce temps.

Page 89, lig. 18. — 11 était secrétaire-général de Tadministration du Département en 1791 .

Jean-Charles-Hîppolyte Bougon-Longrais était né à Caen en 1765. H était encore secrétaire du Département lorsqu'il publia, en 1792, un ouvrage intitulé, Réflexions sur la guette, qui eut un certain retentissement et dont le succès contribua à le faire élire procureur-général-syndic à la fin de la même année.

Page 89, lig. 21. — Après le massacre de M. Bayeux.

Te meurtre de Bayeux eut lieu le 6 septembre 1792.

Georges Bayeux, avocat célèbre dans la Province et homme de lettres distingué,' était parvenu, par son seul mérite, à la place de premier commis des finances sous Necker, dont ensuite il fut le secrétaire et dont il adopta, sans restriction, les principes constitutionnels. On le vit dans tous ses actes également dévoué au trône et au peuple, mais son caractère sembla en même temps se modeler sur celui de son chef. Faible et indé-

• Archives du Calvados.

' Archives du Calvados.

cis comme lui, il resta comme lui, honnête homme. Celte conduite, indépendamment de Tenvie que ses talents lui suscitaient, avait dû, dans ces temps d'effervescence générale, lui créer une multitude d'inimitiés. Bayeux, dans ses fonctions de procureur-général-syndic du Calvados, s'était surtout rendu suspect par son opposition aux décisions de la Commune. Fauchet le dénonça à la tribune comme T objet non-seulement de Tanimadversion, mais encore de la haine publiques ; il lui reprocha sa condescendance « pour les gentilshommes et les autres ennemis de la Constitution *. » Les Révolutionnaires Taccusaienl en outre de tendances réactionnaires. Us ne lui pardonnaient pas d'avoir, en 1787, dans un livre intitulé : Reflexions sur le règne de Trajan ', fait l'éloge de la cour de Louis XVI, et de s'être montré, en 1789, favorable aux privilèges et à Taristocratie, lorsqu'il avait été chargé, en qualité de commissaire du Roi, de rédiger les procès verbaux des assemblées bailliagères de la Basse-Normandie \ La journée du 10 août 1792, en achevant la ruine de la Royauté, décida du sort de Bayeux. Arrêté comme correspondant des émigrés, accusé de complicité avec les ministres Montmorin et de Lessart, désavoué également par les Royalistes et les Républicains, il fut emprisonné dans la citadelle de Caen. Kn

* Moniteur^ n" des 14 et 19 novembre 1791.

2 Paris, 1787, în-^'.

* ProcèS'Verbaux de la séance préliminaire et des séances de l'Assemblée Provinciale de Basse-Normandie. « Caen, 1787, in-A". — Outre les deux écrits que nous citons ici, Bayeux à publié plusieurs Discours^ une brochure (S. L. N. D.) intitulée Essais Académiques^ par M. B. et une traduction des Fastes d'Ovide, Paris, 1783-1788, qui est justement estimée par l'élégance et la noblesse du style, et surtout pour le discours préUminaire et les notes qui raccompagnent ; cette version des Fastes d'Ovide a été réimprimée en 1789, dans les œuvres complètes d'Ovide; 7 vol. în-S"*. Bayeux commença en 1789, un journal sous le titre de Histoire de la résolution présente, mais sur l'invitation do Necker il no continua pas cette publication. Il a laissé un grand nombre de manuscrits.

tonte autre circonstance, sa détention n*eût pu avoir de suites graves. Ses amis et sa femme avaient même obtenu du Comité de Surveillance et de Sûreté Générale un ordre d'élargissement. Ce fut ce qui le perdit,

La sortie de Bayeux devait avoir lieu le 5 septembre. Sa famille trop conOante dans la force des lois en ces moments de trouble, exigeait sa mise immédiate en liberté. La Municipalité, après avoir longtemps hésité dans la crainte d'un malheur, avait fini par obtempérer à lu demande qui lui était faite, et par envoyer trois de ses membres et cinq autres personnes notables pour ouvrir au détenu les portes de sa prison; lorsque tout-à-coup, loin d'être obéis, les envoyés se virent entourés des soldats du poste niême et retenus prisonniers. Le lendemain, une foule furieuse, appelée par les cris: Aux armes! On nous trahit ! partis des remparts, pendant la nuit, se trouvait réunie aux abords du ch coteau Les gardes nationaux accoururent en même temps, mais le plus grand nombre d'entre eux paraissaient aussi irrités que le reste de la multitude. A dix heures et demie, lîayeux était entre leurs mains. Voici ce qui aiTivait. La prise de Longwy par les Prussiens, annoncée depuis plusieurs jours, avait, par une déplorable coïncidence, causé dans la ville une agitation générale; tout le monde croyait à une conspiration des Royalistes et à la correspondance de ces traîtres avec l'ai'mée envahissante. Sur ces entrefaites, parvient à Caen la nouvelle des massacres des prisons pendant les journées des 2 et 3 septembre. Elle est accompapagnée de la fameuse circulaire du Comité de Surveillance, qui engage les départements «i suivre l'exemple de Paris. En ce moment un cri général se fait entendre ; chacun court à ses armes. C'est alors que l'on apprend que Rayeux va quitter le château. C'est le seul prisonnier de quelque importance qui ait pu prendre part aux complots ténébreux qu'on cherche partout et qu'on ne découvre nulle part. La peur donne à la foule aveugle la conviction d'une culpabilité qui n'existe pas, et le procureur- général-syndic est décidément un traître sur le-

quel la vengeance populaire doit éclater. Dès Fabord Bayeux reconnut sa situation. Les uns demandaient sa tête ; d'autres, plus humains, voulaient qu'il fut préalablement jugé. Saisissant ce dernier moyen de salut, fiayeux se fait conduire à r Abbaye- Aux-Hommes, oii doivent se trouver réunis les membres du directoire du Département et ceux du Comité Central de la Commune. H embrasse son fils à^é de douze ans, que le hazard à jeté à sa rencontre, lui remet ses bijoux, et se laisse traîner à travers les rues Saint-Pierre et Ecuyère, jusque sur la place des Tribunaux. Ses collègues, l'inquiétude peinte sur le visage, étaient venus à sa rencontre. Là des explications sont échangées. Une grande paitie de la garde nationale, émue de la fermeté de Bayeux, disposée d'ailleurs par d'honorables sentiments, demande sa grâce. Mais des hommes furibonds se précipitent vers les administrateurs en brandissant leurs armes. Ceux-ci reculent épouvantés et abandonnent ainsi à ses bourreaux l'accusé, qui, après avoir essayé de fuir, vient tomber, atteint d'un coup de bayonnette dans les reins et d'un coup de feu à la tête, sur la place Saint- Sauveur, contre la porte d'une maison dans laquelle il cherchait un refuge. On assure qu'une servante effrayée, ferma celte porte au moment où il allait y entrer, et que, chose incuie ! il ne se trouva pas dans la milice bourgeoise, un seul homme qui osât venir à son secours. Des lâches, au contraire, se jetèrent sur son cadavre; le tambour-major lui porta un coup de sabre au milieu du visage. Les gardes nationaux s'étant ensuite retirés, les assassins s'emparèrent du corps, lui coupèrent la tête et deux d'entre eux la portèrent par la ville au bout de deux morceaux de bois. Cette orgie atroce ne fut pas de longue durée. Le peuple atterré à la vue du sang répandu, se prit à avoir honte de l'excès commis en son nom, et il chassa ignominieusement de la ville le tambour-major qui avait frappé la victime terrassée, « cet tt homme qui, disait-on, n'était bon qu'à tuer des morts *. »

* Registre des délibérations du Conseil de la ville de Caen^ année

Page 90, lig. 17. — 11 fut délégué pour présider rassemblée fédérée de l'Eure

Au moment même où il présidait l'assemblée insurrectionnelle de TEure, Bougon recevait encore des ordres du Tribunal Révolutionnaire de Paris. M. Renard possède, dans sa riche

collection d'autographes un avis, adressé pour affaire de service, au procureur- général-syndic du département du Calvados^ actuellement à Vernon, par Faccusateur public Fouquier-Tinville. Doit-on conclure de ce fait que les Montagnards espérèrent, jusqu'à la fin, ramener à eux, sans combat, les insurgés du Calvados?

Page^ 90, lig. 20. — Bougon mis hors la loi. . . . finit par être accueilli par le prince de Talmont, qui l'employa en qualité de secrétaire.

« M. Allard, dit M*"^ de La Rochejaquelein dans ses Mémoires^ « éd. Berville, p. 285, avait fait prisonnier un avocat de Nor- « maodie, qu'on avait enrôlé par force dans un bataillon : cet « homme offrit de rendre un grand service aux Vendéens; il. <( raconta qu'il était fort lié avec M. Bougon, procureur-syndic « du Calvados, qui avait pris une grande part à la révolte de « ce département, au mois de juin 1793; il dit que M. Bou- « gon serait heureux de rejoindre Tarmée, et qu'il serait « sûrement très-utile par ses talents, son courage et son in-

1792, f* 67 et suiv. (Arcliives municipales de la vUle de Gaen). — Moniteur^ ip du 14 septembre 1792. — Notice sur la vie et les ouvrages de feu M. Bayeux^ par O. Bayeux, Paris 1803, in-8°. — Le Remède d'Amour d'Ovide^ tr. par Grainvillc, Paris 1797, in-18 ; la dt^dicace de ce livre, Aux Mânes de Bayeux, contient de curieuses notes biographiques. — Notes de témoins oculaires.

* Arcliivos du Calvados.

« fluence dans le Calvados ; il demandait un sauf-conduit pour « aller le chercher : on hésita longtemps; enûn on le lui ac- (i corda. M. Bougon arriva ; c'était en effet un homme de (( beaucoup d'esprit; il parlait facilement et semblait aussi « propre à l'exécution qu'au conseil. Il proposa de marcher « en Normandie, et assura qu'on y exciterait facilement une « insurrection. Son projet séduisit plusieurs chefs. M. de Tal- « mont surtout s'engoua beaucoup de M. Bougon.... »

Que Bou^on-LoDgraye, fuyant devant la vengeance de la Montagne, traqué, de village en village *, par les troupes envoyées à sa poursuite, ait cherché un refuge en Vendée, on le conçoit jusqu'à un certain point. Mais l'histoire ne saurait pardonner à l'homme qui, trois mois après que son parti avait été écrasé, réclamait l'amnistie en déclarant qu'il ùe s'était pas « démenti ud seul instant du caractère de vrai républicain » et qui écrivait aux représentants du peuple : « Lisez tous mes c( discours, réquisitoires, conclusions, etc, vous jugerez que (( tous respirent le républicanisme pur et l'amour ardent de la « liberté * » ; l'histoire ne lui pardonnera pas d'être allé proposer à un chef vendéen des plans d'invasion en Normandie et d'avoir pris l'engagement d'y susciter une insurrection. Cette accusation, justifiée depuis par M"" de la Rochejaquelein, parut, à l'époque de la mort de Bougon tellement invraisemblable, que Louvet n'hésita pas à dire que les Terroristes « fidèles à leur « méthode de calomnier ceux qu'ils égorgeaient * » l'avaient

inventée.

Page, 90, %. 28. — Il fut conduit à Rennes et livré au dernier supplice le 4 janvier 1794.

Bougon était à peine âgé de 28 ans lorsqu'il fut livré au

* Lettre autographe, en date du 9 octobre 1793 (Archives du Calvados).

2 Quelques notices pour l'histoire et le récit de mes périls^ éd. orig. p. 171.

Vengeur du Peuple pour être mis à tnort;^ce sont les termes mêmes de son jugement. — Son compatriote, ancien receveur de la contribution patriotique, Richer, qui l'avait suivi, fut condamné et exécuté avec lui. Le jugement fut affiché à Caen avec la nouvelle de l'exécution , par ordre de la Commission Militaire Révolutionnaire des côtes de Brest *.

Page 91, liy. 23. — Je ne crois pas qu'il eût audelà de 23 ans

Louis Caille avait 26 ans, il était né le 2 avril 1767.

Page 91 , ligne dernière. — Les circonstances en firent un orateur de club

a Ce Caille , dit Puisaye ^, k une vivacité extraordinaire , (( assez naturelle à son âge, unissait toutes les qualités qui « peuvent donner à un homme quelque ascendant sur ses « semblables dans les temps de troubles. Une belle flgure, un « organe sonore et gracieux, une extrême facilité de parler, « et une éloquence tout à la fois insinuante et véliémente, lui « avaient donné un grand crédit sur l'esprit de ses conci- « toyens. »

Les vieillards racontent que les salles des clubs n'étaient jamais assez grandes pour la foule, lorsqu'on savait à l'avance que Louis Caille devait y prendre la parole.

Page 93, lig. 13. — II a fini par se faire avocat à Paris

Caille fut inscrit au tableau des avocats de Paris, le 24 mai

* Archives du Calvados.

^Mémoires, t. II, p. 107.

18)2, et n'a pas cessé de faire partie de Tordre jusqu'il sa mort, arrivée le 21 mai 18/i8.

Les opinions politiques de Caille ont continuellement varié avec les circonstances : en 1806, le girondin de 1793 fit imprimer une Ode sur la campagne de l* Empereur des Français et Roi d'Italie en 4805, Paris, Didot, in-8*', et, en 181/4, une Ode au Roi à l'occasion de la rentrée de Sa Majesté le 3 mai 181/1, in-8".

Page 93, ligne dernière. — Une comédie de satire personnelle (Nostradamus).

Nostradamus ou le physicien plaideur^ comèàid en un acte et en vers par ]\1. E. M. B. G. D. S. M. { Etieune Mauger, bénédictin de la congrégation de St-Maur), Leyde (Caen), 1779, in- 12.

Mauger avait aussi publié plusieurs odes palinodiques , notamment une Of^e sur Cherbourg, en 1786. Celle ode fut violemment attaquée, en 1785, par Midy, dans deux pamphlets : Le Cierge de la Chandeleur, présenté à doni Mauger, chevalier de la Vierge et professeur de philosophie, par le fils du docteur Mathanasius et Les cendres, à dom Mauger, (Voir sur Midy notre note, p. 129.)

Page 94. liçj. 18. — Mauger... ne tarda pas à être saisi, et fut envoyé à Féchafaud

Etienne Mauger avait été professeur de physique à Funiversité de Caen et était curé assermenté de Villy au moment de rinsurrection. Il fut condamné le 1k floréal an II , comme « auteur de manœuvres pratiquées dans le département du « Calvados , tendantes à favoriser les progrès des ennemis

« de l'intérieur et provoquer la dissolulion de la Représenta- « tioii Nationale *. »

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