‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 5 sur 45 · XX.?I · texte numérisé non relu

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sotnmefs obligé de dire avec M. Trebutien qui Ta revue et qui en a dirigé l'impression: « Le livre « de M. Frédéric Vaultier abonde en détails censée ciencieux, en recherches nouvelles, mais œuvre « dernière et presque inachevée de sa plume, il « laisse beaucoup à désirer sous le rapport du « sentiment et de la description* ».

12** Les Souvenirs de V Insurrection Normande que nous éditons aujourd'hui.

Outre ces publications, M. Vaultier a laissé un assez grand nombre de manuscrits ; la plupart sont relatifs à la littérature grecque, un entr'autres sur Pindare, qu'il regardait comme terminé. D'autres sont des recherches sur les rapports qu'ont entre elles les langues grecque, latine, française et sanscrite ; quelques-unes, enfin, ont trait à l'histoire, et principalement h celle de Normandie. Plusieurs articles de critique littéraire et d'histoire locale ont encore été donnés par lui dans le Mémorial du Calvados, journal qui parut à Caen de 1832 à

Mais c'est surtout le professeur qu'il faut admirer sans restriction dans M. Vaultier. Aucun

* Cacn, précis de son histoire, e te, y par G. S .Trebutien, 2« éd., préface, p. IX.

maître ne fut plus aimé ni plus respecté de ses élèves, tant il y avait de chaleur vive et affectueuse dans son âme, tant il rendait aisé le chemin de la science. Tous ceux qui ont eu le bonheur de suivre ses leçons se souviennent encore de sa facilité à s'abaisser au niveau de tous les esprits pour leur faire saisir les pensées les plus abstraites. Nous laissons à une plume plus éloquente que la nôtVe le soin de retracer son portrait comme membre du corps enseignant et comme homme privé.

Voici ce que M. Bertrand, qui lui a succédé au décanat de la Faculté des Lettres, disait, le 16 novembre 1843, dans le rapport qu'il lut à la séance de rentrée des Facultés de l'Académie de Caen :

« Pour ceux mêmes qui ne connaissaient dans « M. Frédéric Vaultier que l'ancien professeur de « rhétorique du Lycée et le professeur de la Fa- « culte, ce furent do profonds regrets quand sa « santé, affaiblie avant le temps par l'étude et les « travaux du professorat, l'enleva de fait, il y a « quelques années, à la chaire de littérature franco çaise, donl jusqu'à sa fin il est resté titulaire. « Jamais en effet on ne porta dans l'enseignement, « avec une érudition étendue et variée, un esprit <» plus juste, un goût plus pur; ni surtout un ta-

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« lent plus remarquable pour communiquer aux « autres la science. Quelque abstrait que fût l'ob- « jet de son attention vive et pénétrante, l'idée « se formait chez lui sans nuage, ety grâce à sa « merveilleuse facilité d'expression, elle devenait « pour tous saisîssable sans effort. Attentivement « soigneux h la présenter sous la forme la plus^ « naturelle et la plus simple, il croyait avoir atteint « le but du maître, bien moins en se posant lui- « môme dans une sphère supérieure , qu'en s'a- « baissant au niveau commun, et en laissant aux ^< autres le résultat de ses instructions, comme s'il c< eût été une acquisition de leur propre intelligence, a Jamais non plus l'amour du bon, du beau, de « tout ce qui est noble et précieux pour Vhuma- « nité, ne ressortît d'un enseignement littéraire c< avec une puissance plus attrayante et plus per- « suasive, comme jamais il n'y eut de bienveilc< lance plus effective et plus véritablement pater- « nelle que la sienne, pour la jeunesse honnête et c< studieuse. Aussi tous ceux qui ont suivi ses « leçons en conserveront la mémoire, et beaucoup « se souviendront qu'ils ne lui doivent pas seulec< ment une partie de leur instruction, mais encore a le développement des dispositions vertueuses qui « les ont rendus gens do bien.

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« liais c'est pour ceux quî oui eu le bonheur t( de connaître M. Yaultier dans Tintimité de la vie « privée, que sa perte a été le plus doulourause- « ment regrettable. C'est là que, déjà jierdu pour « ses fonctions publiques, il révélait eiK^ore, mal- « gré les infirmités et la souffrance, les trésors « de son âme si aimante et si belle ; c'est là que, « même dans les entretiens les plus familiei*s, se <x répandaient, au profit de ses amis, les fruits de ^ ses longues études, que la mort seule a pu in- « terrompre, et de sa judicieuse expérience. C'est « là que, dans sa libre appréciation des hommes « et des choses, se manifestaient sa scrupuleuse « impartialité et la plus large tolérance pour toutes « les opinions consciencieuses.

« On put remarquer chez lui un trait qui carac- « térise les belles natures. Tandis que la plupart « des hommes perdent, à mesure qu'ils avancent « dans la vie, la fraîcheur des affections, la cha- « leur du dévouement, l'enthousiasme du bien, « et que l'amour du soi s'accroît de tout ce qui « se perd en sentiments généreux, on le vit, jusa qu'aux derniers temps de son existence, toujours « aussi sensible aux liens de la famille et de l'a* « mitié, toujours aussi désireux du bonheur de sa « patrie, toujours aussi soumis aux prescriptions

« du devoir, toujours aussi vivement épris des <c charmes de la beauté morale.

« En un mot, il était de ces hommes dont les « autres ne peuvent se rappeler le souvenir sans « éprouver le besoin de devenir meilleurs. C'est « pourquoi la mémoire de M. Vaultier ne sera pas « seulement honorable pour la Faculté des Lettres, c< dont il fut le doyen ; elle vivra parmi tous ceux « dont il fui le collègue, comme un exemple des « qualités et des vertus qui constituent à la fois « l'homme essentiellement pieux, le bon citoyen, « le chef de famille irréprochable, l'ami dévoué, « et un digne membre, un membre distingué de « l'instruction publique. »

SOUVENIRS DU FEDERALISME.

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