A MM. LES JUGES
du tribunal de première instance de cette yille.
Istuc est sapere , non quod antepedes modo est fidere, sed etiam Ma quoi Jutura sunt Prospicere,
Ce qui s'appelle être sage n*est pas seulement de considérer une affaire sous son véritable point de vue, c'est encore de prévoir ce qui doit en arriver.
TÉREHCK.
Mbssieubs ,
Un auteur français bien riche en souvenirs est venu de nouveau poser le pied sur le sol de vos admirables contrées ! déjà sa muse en avait cbanté la richesse ; elle avait peint , elle avait décrit les moeurs et la franchise hospitalière de ses heureux habitans.
La. terra molle lieta edUettota , SimiM A ee i'miittifP pmehictr^. *
(TjLsaa. )
Elle avait Tante la sagesse, la force et la douceur de sou gouyeruemenL Que de fruits après tant de tourmentes s'était-elle plue à rassembler d'elle-même dans son opuscule du Congrès ^Aixla-Chapelle! ik sont dus aux yeiUes du niMiTeau Charles y**, S. M. Guillaume i^r* > de sa noble épouse et de ses enfans ; tous concourent à la fois au bien général des peuples et à la splendeur du royame des Pays-Bas ! ! !
Jusqu'à Thénûsy à <pii je m'étais plue k rendre mon hommage. . . , mais je suis sous l'empire de la balance , aiTétonS'«nous fort à propos... ? Point de louange, elle me ferait soupçonner de crainte... C'est la justice seule que je réclame; j'ose l'inroquer; il me faut nue absoute générale , et le triomphe m'attend ! ! !
Je jouis noUoneat de m» réputation ; cW le ^niit de mes veilles et de mes longs travaux ! elle doit m^étre trop chère pour la laisser flétrir. Comme tant d'autres auuurs , j'ai aspiré à la gloire littéraire ; où je devais rencontrer des couronnes , j'ai trouvé un éoueil ; mon vaisseau s'est brisé en rade, le pilote a abandonné son gouvernail ; mais il ne reste des juges ! ! !
Considération publique , où étes-vous dans ce moment? faveur si légère, pourquoi avez-vous si rapidement disparu pour moi? hier encore , déesse coquette , vous sembliez me favoriser ; aujourd'hui, je marche seule sur un terrain glissant... sans lumi^^ et sans guide. Livrée à l'étendue de mes réflexions , je dois observer graduellement la marche d'une procédure qui n'offre pas d'exemples.
Heureusement, on n'invoquera pas au dix-neuvième siècle, comme au seizième , les témoignages des génies Astaroth et As-
* Cette terre riante et grftdeose produit des liakîtsns qui l«i rasscmUent. ** CSuries V , Ml de Fraaoe , moi sortir de aùn cabiiiet , ùâsùt réussir Mft dsAaeiKiB
madée. Un noorcau Laubardemont * ne paraftra pas à BnneUes , pour Tenir tout exprès stimuler on eKrayer mes juges...
MiiKnFé préside dam If or saBctnaire , et knr r^gkm est trop éclairée pour ne pas me pcniiettre de dotiner ici toute la latitude lupluspMnièn k bmi têM» et si singulière dtfense I N .
Lie prisonnier chargé de fers . onèli^ quelquefois son cadioi pendant son scnnmei , et ne s'éveille que pour accuser son déaonciateur devant les mondes asêenibiés ; une npUe pudeur m'empédie ici de décliner quel fut le nten !
Dans la ckambiie de réflexion (ou je sois depuis le iS avril), l'épreuve de la grande patience a du le Cure cteuudtre ! ! ! ** il doât me savoir quelque gré de ma généreuse modération ; je lldàse à qui de droit le soin de lui adresser les compUmens les pliis flat* teurs... plus tard je pourrai, s'il m'en prend Ikntaiaie y wvacher le masque de l'intrigiie f il me suffît pouï aujourd'liiti de me désopiler la rate , en disant :
NuUo tkure Utabis ,
Hœreat in stultis brevis ut semuncia recti:
Hœc miscere nef as ***.
** LaubardemoDt , avec douze autres juges , vint pour instruire le procès d'Urbain Grandier , curé de Saint Pierre de Loudun , accusé d'avoir ensorcelé les religieuses ursulines , dont il était lie directeur ; après avoir eiilênd« Astaroth , d« Pimiro des S^a^ÂM ; Asiiiodée , de t\>râre des TlirôiMs s Képhatnm , Cham , Ufi*l , de l'^r^dre d«a Priaeipautés , on 1» condamna à être brûlé vif , comme coupable de magjie et de possession,
( Arrêts notables. )
** Biez , riez , vous dont la nacelle vogue toujours sur une eau douce et tranquille ! Riez d*un malheureux qm , jèCé en jrfènie mer et battu par les flots , cherche à s*accrocher aux herbes qu'il apperçoit sur les bords y si vous partagez un jour son sort cruel , vous connaîtrez Tinfluence dés chagrins sur les esprits mêmes les plus forts , et vous appretidrez que \t% pfeintèi^s cctai^olatious d*im iaforrokié nai)$s«tat de'Ctftta faiblesse de cœur qui le mène à Tespérauce.
( Année la plus mémorable de Kotzbue. )
*** Avec tous les sacrifices du monde , vous n'obtiendrez pilB qu'un sot puisse avoir une once de bon sens : la sagesse ne s'allie pas aviko la sottise.
Dn reste , enseyelie pour ainsi dire dans mes pensées , incertaine je me laisse aller à une yagne rêverie , qui bientôt fait naître en moi les idées les plus sombres et les plus mélancoliques. Le temps, dans son cours insensible, d*un pied lourd détruit tout dans l'unÎTers ; mais il a peine à adoucir les tourmens d'une âme qui sent si fortement la dignité de son être !
Je me demande à toutes les heures si c'est bien moi , moi , qui naguèi^ rendis mes oracles dans le palais des rois... , et reçus au Congrus d' Aix-ia-Chapelle la marque la plus insigne d'une auguste bienveillance, qui me retrouve aujourd'hui à Bruxelles, dans la maison d'arrêt , écrouée en vertu de l'article 4o5 du Code des délits et peines... , dont la malignité ou la stupidité pourrait me croire passible ! ! !
Le pensez-vous, Messieurs? oh ! non assurément , et j'aime à rendre une justice trop éclatante i vos lumières intuitives ; certes, vous êtes loin, dans votre sagesse, de m'appliquer ces propres paroles de l'Écriture :
Qui seminat iniquitatem metet mata , Et *virga irai suas consummabitur. *
Au contraire, Messieurs, la Vérité, cette fille de la raison, doit s'écrier , non du fond de son puits , mais bien par la notoriété publique : Vous pouvez appliquer hardiment cette autre citation, en faveur de l'opprimée :
Difinœ nuncia pacis^ **
Veuillez , Messieurs, me prêter toute votre attention ; je la réclame comme fenmie ; j'en ai le droit comme étrangère : je suis
'" Celui qui sème l'iniquité moissonnera le malheur , et il sera brisé par la verge de sa colère.
** Je porte le symbole de la paix.
ici sur la foi des traités; mcm gouTernement ne peut souffrir une injustice , il est de sa dignité d'aroir les yeux sur moi , de me protéger ! ! ! il est de mon devoir de m'en rendre digne , et de dé« truire entièrement tout cet échafaudage de mensonges obscurs^ fruits si récens de la plus rare et de la plus inconcevable ineptie 1!! Je n^ai point passé à Técoie de la vanité , Messieurs ; j*ai su me i;arantir dans tous .les temps du fléau de l'ambition : je n'ai donc point 9 dans les tristes lieux que j'habite, de leçons étrangères ni amères à recevoir.
Je dois à la réputation que se sont pins à me faire les plus grands de la terre , à mes nombreux amis , à ma qualité d'auteur, de vous faire bien connaître, et surtout de vous justifier , Messieurs, quelles étaient mes vues, mes rapports , et pourquoi j'ai dirigé mes pas vers une ville amie. Bruxelloisl vous m'aviez si bien accueillie lors de mon séjour dans vos murs, à la fin de novembre i8i8, que je n'ai pu résister au plaisir de vous revoir en- ■ core. Hélas l les hommes comme les états sont soumis à une destinée!
Pour se convaincre de ma moralité , il ne faut que feuilleter mes écrits ; c'est l'histoire entière de ma vie. Lisez-la , Jtf essieurs , et veuillez me répondre!
Mon existence ne repose point stir de vaines et ehimértqnes espégérances. Je suis brevetée depuis i8io , et j'appartiens au corps respectable de Messieurs les libraires de Paris ; mes ouvrages sont ma propriété ; j'ai des immeubles. Je n'ai point recherché là fortune à Bruxelles , elle me suit partout ; elle me sourit en France , je n'ai qu'à reparaître ! Non , Bruxellois , ni vous , Messieurs , je ne rentrerai jamais dans ma patrie sous une caution de Soo francs; non, encore une fois, non!!! je veux revenir paisiblement dans mes foyers. Je veux prouver à mes concitoyens que je suis restée pure de toute accusation; que j'ai soutenu la dignité française , que je la suis par le cœur ; et comme l'épouse de César, je ne dois pas même être soupçonnée ! ! !
Ib sont vrais , ils sont honorables les motifs qui m*ont fait quit-
ter mes pénates et renoncer à mes pliA chères affections. Le premier est l'honneur... L'honneur! allez-y ous dire, eh! quoi, c'est une femme qui s'exprime ainsi ; elle deyrait s'occuper du soin du ménage ou de tourner le fuseau. Non, Messieurs, la louange a chatouillé trop délicieusement mes dreilles pour pouyoir quitter désormais les pinceaux... cependant, il ne m'a fallu qn'ime demiseconde pour yoir en quelque sorte s'éyaaouir les songes les plus flatteurs! Ainsi le sort. dispense à son gré la gloire, et ce n'est pas l'écriyain distingué , celui qui en est le plus digne , qui jouit de ses faveurs innocentes où tardives. - -
Je ne suis point acxsoutumée à jeter le gant ^ mais je sais le ramasser ; d'ailleurs mes armes ne sont ni charmées ni même offensives. Mon style est la plume, elle m'a servi à repondre à une lettre de M. Descham** , lettre consignée dans nos journaux français le 7 novembre 1820 ; elle tendait en quelque sorte à obscurcir l'in* térét que les Mémoires de l'impératrice Joséphine semblaient devoir promettre ! "^ Voudrait-on m'en punir, me faire expier tant de succès ! ! ! ou m'en préparer d'autres !
J'arrive enfin au plus noble et au plus efficace de tous mes motifs, la gloire! elle est inconstante comme toutes les saisons; et pourtant j'avais su la fixer. Dès les premiers instans de mon séjour à l'hôtel de Belle-Vue , la foule importune ne pouvait m'assiéger , et les journaux , fidèles échos de la renommée, n'avaient point encore décliné mon nom dans leurs feuilles**. *Un pieux devoir inspiré par la reconnaissance m'avait dirigé vers Bruxelles. Reconnaissance , fille du ciel , ma vertu favorite , mien génie que j'encense à mesure qu'il s'éloigne du globe... ( où nous traînons jusqu'au tombeau, dit Bossuet, la longue chaîne de nos espérances trompées).
* Deux volumes in - 8* de près de 1200 pages , gravures , portrait, fac simile.
** Mon arrivée n*a été annoucée dans les feuilles de Bruxelles , que le 3 ou 4 mars.
Bruxellois , et vous , Messieurs , je suis venue pour mes Mémoires historiques de Joséphine, de cette femme dont la mémoire doit être à jamais précieuse à ceux qui, comme moi , l'ont connue , l'ont pratiquée et ont pu la juger. JTai déposé cet ouvrage aux pieds des personnages les plus augustes; tous ont daigné Ta gréer avec une grande bienveillance ; le succès manque rarement à une volonté ferme ! c'est un capital que je paie avec usure. Il m'est doux cependant de penser que j'ai entre les mains des titres honorables , je les tais par modestie ! c'est aux gens d'une certaine trempe d'esprit , et tout extraordinaire, à vouloir bien le révéler : quant à moi , je veux un instant m'isoler de tout ressouvenir.
L'on m'a interrogée sur l'art divinatoire , que les anciens ont si bien connu, si bien interprété; que répondre aux. modernes? irai-je leur dire avec Socrate ;
Siquis majus qnam sapientia hnmana velic consequi , divinationi det opérant necesseest*. Je m'en garderai bien !! ! pourtant le savant La Mothe le Vayer nous assure que Dieu permet qu^il y ait des devins ; la haute antiquité nous parle des oracles ; rÊcriture même nous désigne particulièrement Michée , Isaîe , Daniel , pour être des prophètes. L'Évangile nous en promet encore ! ! !
Les grandes et importantes relations que j'ai eues au passé , celles que je conserve encore au présent , tout cela , dis-je , m'a fait et du faire de nombreux admirateurs ! ! ! Y trouverai-je des défenseurs ? c'est ce qui m'importe aujourd'hui ! J'ai malhem-eusement stimulé la curiosité des Bruxellois ( naguère mes amis , et qui le seront encore ) ; mais comment les a-t-on signalés , ces gens si paisibles et si bons , qui venaient visiter mademoiselle Le Normand ? Quel maliil génie a pu déposer les avoir vus, les avoir reconnus? Ici je m'arrête encore ! je sais respecter le secret qui m'est confié. Mais comment retenir celui des autres? qui les aurait dénoncés ces malins , pour les avoir vus dans mon temple , s'ils ne l'avaient fait eux-mêmes ? ou bien je pouvais croire , et cela
* Pour parvenir aux sciences plus quliumaines , il faut s'appliquer à Tart de la divinatiou !
me semblait bien permis , de donner le signe du très-sage anx maçons , sans craindre les faux frères.
Qui vous fait donc pAUr ?
Quel, objet effrayant tous a fait trassaiUir.
SbAJJESP£AA£.
M'avez- vous vue, ô vous tous? m'avez- vous vue, armée d'une baguette magique , vous tracer un cercle dont vous ne pouviez sortir -qu'après avoir prononcé plusieurs conjurations et laissé vos meilleurs effets ? ma personne , Messieurs, ni mon langage ne sont point allégoriques ; je ne porte sur mes vétemens ni l'image du soleil , ni même de la lune , encore moins des constellations ; mon habitation n'offre rien de merveilleux ni d'extraordinaire ; la meilleure société s'y rassemble journellement. Venez me visiter à Paris,
prétendus incrédules, vous en verrez la preuve
Aussi , Messieurs ,ni l'esprit de Python , ni le démon familier de Socrate , le bel Ariel , ni même le fameux bâton de Jacob , ne se sont point retrouvés à mon domicile , rue Ducale , n. a , au moment où une perquisition exacte , mais polie , a été faite par M. le juge d'instruction GreindI , qui s^était fait accompagner, à cet effet , des autorités compétentes. Le tout eut lieu sous mes yeux. Rien n'échappa à la surveillante Thémis. Elle ne peut que m'étre favorable. Le trait , je le devine , sera en ma faveur ! ! !
Où étes-vous , méchant homme noir ? vous que Ton présume avoir vu si constamment à mes côtés pendant mon séjour à Fhôtel de Belle- P'ue .'! ! Où étes-vous, M. le Génie noir? Vous me
fuyez Seriez-vous comme tant d'autres ! ! ! N'auriez-vous
point par hasard escamoté la flèche ôiAbaris , la loupe magique , le mystérieux jeux de tharot , où se rencontre un tigre ! ! ! Qoe sont devenus les guinées , les ducats , les quadruples que des trembleurs on des menteurs avaient soi-disant déposés sur ma table? Vous m'en répondrez, hypocrite! "Allez , allez leur rendre. ..... Lors de mon retour à Paris , vous m'en ferez
raison \,
Je me renferme dans mon sujet, et je vous supplie. Messieurs, de vouloir bien me pardonner cette petite digression , en faveur de mon infortune ! ! ! Qui mieux que vous peut penser , qui mieux que vous peut dire :
Des profanes humains la foule impitoyable
Parle et juge eu aveugle , et condamne au hasard *.
Un ouvrage , qui peut paraître léger en apparence , mais , selon moi , d'un grand sens, ** semblerait donner quelques armes contre ma personne. Le respect doit ici m'arréter : je n'ai rien à dire. Il est sous les yeux d'éminens personnages , qui déjà avaient bien voulu me permettre de leur en offrir la dédicace ; eux seuls doivent prononcer ! ! !
Cependant je me permettrai de répondre sur des faits qui ressortent du m^e ouvrage. *** Ceci doit nécessairement établir ma
* PersoBne n'ignore l'histoire de l'escUve aflîranchi de TauGienne Rome , qu'on accusait d*étre sorcier et qui , par cette raison , fut appelé en justice pour y être condamné par le peuple reonain. La fertilité d*uQ petit champ que son mattre lui avait laissé et qu'il cultÎTait avec soin avait attiré sur lui Tenvie de ses voisins ; sur de son inaocence , sans être alarmé de rédile cumle , qui Tavait ajourné à l'assemblée du peuple , il s'y présenta accompagné de sa fille : c'était une grosse paysanne bien nourrie y bien ▼étue ; il Gouduisit à l'assemblée ses bcsufs gros et gras , une eharrue bien équipée et bien entretenue , et tous ses. instromens de labour en fort bon état. Alors se tournant ver» ses juges:
Romains , dit - il , voilà mes sortilèges. Les suffrages ne furent pas partagés , il fut absous d'une commune vmx , et fut vengé de ses ennemis par les éloges qu'il reçnt.
( M. de Jaucour. )
** La Siàjrlle au congrès d'AixIa-Ckapelia , suivi d'un coup d'œil sur celui de Carlsbad, etc. •
*** Page aa!2. le me trouvai soi-disant , vers la fin de l'année 1819 , au congrès de Carlsbad, là j'étais dans une vaste rotonde éclairée par sept lampes, qui me semblaient vaciller; ceUe de Tune des extrémités.
défense , et augmenter, sî faire se peut » toute votre attention ! ! ! De grâce y Messieurs , ne voyez point en moi autre chose qu*ane femme animée des meilleures intentions , et surtout remplie de respect pour les gouvernemens.
J'ai voulu me rapprocher, si faire se pouvait , du doux Féné> Ion ; mais j*étais trop loin de mon modèle ; aussi je devais naturellement succomber ! ! !
he ncc plus uitrà de ma grandiose maladresse est peut-être d'avoir osé dire , d*avoir osé écrire , à la fin de Tannnée 1819 *, que les Grecs allaient entrer çu scène et faire parler d^eux. Ne voilà -t4} ])a8 que , pour me faire pièce à Bruxelles , le prince IpsUanû vient de s'aviser de vouloir intenter un procès au grand Turc f ! ! etc. , etc. , etc. De là les commentaires !
Vous ne pouvez , Messieurs , admettre aucun chef d'accusation contre moi ; je n'ai lésé personne. Où sont mes accusateurs , où sont les témoins ? Qu'ils se montrent en face ! ! ! J'e n'emploirai point un langage mystique pour les effrayer ni poui* les séduire .'!! Je ne leur dirai que ces mots individuellement à chacun d'eux :
TI10U art a person as a light miod s. drum , Is a type-thcc ; it sounding , Because it is cmptf , spectator **,
surtout, ne jetait qu'une lueur sombre ( d*nn rouge pAle) , dont les ctin« ceHes se réfléchissaient cependant vers les monts Pyrénées. ( Que s'est-U passé en Espagne depuis cette époque ?
Page 23a. Borne devait recevoir les fiers Germains.
Page 2 36. Les Espagnols témoignaient de la crainte , les Napolituni redoutaient une nouvelle éruption du Vésuve ; les Russes et les Belges faisaient seuls bonne contenance ! ! ! Comme je ne cherche point à frappes les esprits par le genre merveilleux, je veux en rester là , sauf au lecteur à deviner ou à mVn demander davantage si le cas y échoit ! ! !
* Voyez cl lij>ez en entier l'ouvrage sur les congrès d* Aix-la-Chapelle et de Carlsbad.
** Tu es un homme d'un esprit léger-, tu ressembles au tambour,. il est sonore parce qu'il est vide.
C'est du séjour ou règne une éternelle douleur qu'une femme telle que moi doit attendre son arrêt ! ! ! Elle ne peut paraître a»: grand jour sous le poids d*une accusation ! Non., Messieurs , Tar-. ticle 4o5 ne peut lui être applicable ; elle est '.venue s'asseoir un instant parmi tous ; elle a Voulu revoir les champs fleuris de la. Belgique ; elle se préparait seulement -à faire de nouvelles observa- ^ tions< dans, une seconde édition de ses œuvres. Cet incident va lui fournir en entier unchapitre!!! Non, Messieurs, je ne serai libre de> ma personne que le jour où je serai acquittée honorablement par vous... Je resterai isolée pour l'univers ; mon couragefut à plus d'une épreuve ; mais j'aurai toujours cette consolation, partage inné des grandes âmes , de n'avoir fait souffrir personne pour cette cause. Je ne commencerai pas , dans les plus beaux jours de ma gloire , à la ternir, ni même à altérer cette antique confiance dont le public m'honore et qui a traversé avec moi le vent des révolutions ! ! ! Je suis restée constamment impassible à la crainte ainsi qu'à la menace*; et du sein des tempêtes politiques qui ont tout détruit , tout bouleversé , j'ai su conserver l'estime invariable de mes amis , n'importe la divergence de leurs opinions.
Aussi , Messieurs , dans une prison , j'ai pour seule et unique > compagnie la tranquillité d'une bonne conscience et l'assurance d'être l'objet de l'intérêt et des regrets de la société, même ausein de Bruxelles ! ! !
O Bruxellois! et vous , Messieurs, je me renferme dans ces deux derniers argumens ; ils sont nécessaires à ma cause , ils sont nécessaires à mon repos. C'est le dernier prix de l'âme accablée , . mais non ulcérée. Je me reporte au passé , et je soupire ! au présent, je me tais! à l'avenir, je calcule! Je ne peux qu'attendre avec le calme du s€ige quels seront les fruits de vos délibérations ; mais daignez vous rappeler que je suis étrangère ; que mes affaires me rappellent instamment dans mes foyers ; que j'ai le droit, me reposant sur votre équité, de vous demander bonne et.
* Voir les pages i8i , 182 , etc. , des Souvenirâ prophétiques.
prompte justice !!! Mon écrou est injurieux ; il Test pour ceux qui m'honorent de leur amitié ;. il l'est pour ceux qui ont eu la rare bienveillance de jeter sur mes écrits un regard protecteur; il l'est encore pour ma nation , qui, depuis tant d'années, a too« jours su me rendre justice!!! Je n^ai démérité de personne, Messieucs ; je suis digne de l'estime , même de la louange des gens de bien ! ! I II yous reste maintenant à pronoiioer siu- le tout ! ! !