CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
Courtillé dit Saint-Paul. — Sa piété exaltée. — Sa sévérité
excessive. Sans-Souci cl le Grand-Francœur. — Saint-Paul
refuse de traiter avec le Gouvernement républicain. — Le comte de Rochecotte, nommé au commandement de l'Insurrection du Maine, se rend au camp de la Vache-Noire. — La guerre se ranime. — Saint-Paul est tué à l'attaque d’un convoi. — Grand-Francœur le remplace. — Remarque à son sujet.
La Chouannerie , dans la Mayenne , ainsi que je l’ai déjà fait observer, se leva par l’impulsion d’un sentiment religieux ; elle était , avant tout, une résistance aux persécutions de l’impiété révolutionnaire. Par suite de cette disposition , les paysans de chaque canton , résignés à mourir pour la défense de leurs croyances , toujours prêts à combattre en vue du clocher de leur paroisse , ne se décidaient qu avec peine à aller chercher au loin leur ennemi. Il y eut des bandes d’Insurgés qui , tout en faisant une rude guerre aux postes républicains
établis dans le pays, restèrent presque toujours isolés. De ce nombre fut celle qui , vers le milieu de l’année 1794, se réunit dans cette partie du Maine qui se nomme la Charnie. Ce canton, couvert de bois, comprend plusieurs paroisses ets’e'tend jusqu’à la forêt de Sillé-le-Guillaume. Là se rassembla une troupe qui compta jusqu’à cinq cents hommes. On l’appelait la bande du Camp de la Pachc-Noire , du nom d’une butte de terre située dans la commune de Saint- Symphorien au milieu d’un taillis. C’était son lieu de rendez-vous habituel. Louis Counillé dit Saint-Paul , dit aussi le Bâtard } la commandait.
Counillé était un enfant naturel élevé par charité dans la paroisse d’Epineux-le-Chevreuil. Quand les Vendéens passèrent dans le Maine , il était garçon de charrue et n’avait pas vingt ans. Il suivit l’armée royale, fut blessé à la bataille du Mans et revint alors dans son canton. Dès que sa blessure le lui permit, il reprit les armes. Son mépris pour le danger, son audace entreprenante surpassaient tout ce qu’on peut imaginer: il portait un chapeau couvert de plumes blanches , et souvent, au plus fort du combat, poussant son cri de guerre : « Au nom de Saint-Paul , en
avant ! » Il allait se placer loin des siens , en vue de l’ennemi, afin d’attirer tous les coups de son côté. Dans une guerre comme la Chouannerie , un tel homme, s’il échappe aux balles , devient chef aussitôt. Il est chef parce qu’il se tient à la tête, et on lui obéit parce qu'il dit : Suivez-moi. Ce fut ainsi que Courtillé le Bâtard fil reconnaître son autorité par ses camarades.
Sa piété comme son courage allait jusqu’à l’excès. Dans son exaltation religieuse il en vint à se figurer que l’apôtre Saint Paul lui faisait des révélations, le protégeait au milieu des dangers , et lui prescrivait ce qu’il avait à faire. Les idées mystiques auxquelles îlsabandonnait n’adoucirent point son esprit naturellement austère; il exigeait de ses hommes la plus stricte obéissance, et punissait sans pitié la faute la plus légère. Jamais iln accordait de pardon : « Il n’y a que Dieu qui ait raison « de faire grâce, disait-il , car Dieu seul voit « dans le coeur du coupable et sait s’il se re- « pent. » Il avait interdit à ses soldats toute espèce de jurements. S’étant aperçu qu on tenait peu de compte de son ordre , il fit assembler sa troupe et lui dit : « Nous tous ici nous « nous sommes dévoués à la défense de la re-
« ligion ; d’après cela, on doit regarder comme « un traître celui qui blasphémera le nom de « Dieu; il sera de mon devoir de le faire fuit siller : ne l’oubliez pas. » Un jeune homme, révolté de sa menace, se récria, et, pour le braver , prononça le jurement défendu. Courtillé, ainsi qu’il l'avait annoncé , le fit fusiller sur-le-champ.
Une seule fois il avait dit : « Je demande « qu’on m’appelle par le nom de Saint-Paul « qui s’est déclaré mon protecteur. » Depuis ce moment , pas un des siens ne manqua jamais à l’appeler ainsi , et leur cri de combat fut : # Victoire à Saint-Paul ! » Dès lors ce nom, connu et redouté par les Patriotes, sembla réellement produire un effet surnaturel.
Ce chef si absolu, si inflexible, était, comme je l’ai dit, un jeune homme de vingt ans. Sa petite taille , sa figure agréable, ses grands yeux bleus, son teint frais et coloré, ses longs cheveux blonds retombant en boucles sur ses épaules , tout son aspect enfin était loin d’annoncer le caractère inexorable qui faisait que les plus hardis ne l’approchaient qu’avec une sorte d’appréhension. Dès le commencement , il avait donné une organisation à sa troupe et nommé des capitaines pour les huit ou dix
paroisses sur lesquelles il étendait son commandement. Ceux-ci avaient défense expresse d’admettre un étranger dans leurs rangs et devaient éviter autant que possible de se joindre aux autres Insurgés. « Je me suis chargé de- « vant Dieu de conduire les hommes du Camp « delà Vache-Noire, avait dit Saint-Paul, j’en « réponds , et je ne les laisserai fauter en rien, « mais personne du dehors ne doit se mêlera « ma bande. »
Ayant appris qu’on accusait les Chouans d’aller pendant la nuit marauder et commettre des désordres , il ordonna à chaque capitaine de paroisse de rassembler ses hommes chaque soir et de les tenir réunis pendant la nuit. Luimême faisait, à la fin du jour, la revue de ceux qui devaient rester près de lui, et il avait déclaré que l’homme qui manquerait à cette revue, sans motif, serait fusillé. Aucun autre chef n’eût osé proposer une telle mesure, Saint- Paul y soumit sa troupe , et , pendant longtemps, personne ne se trouva en faute. Enfin un soir , après la prière récitée à haute voix par le chef, suivant l’usage, il arriva qu’à l’appel du nom de Marin (Sans-Souci) il ne fut pas fait de réponse. Sans-Souci était un jeune soldat de la compagnie de Rouèz-en-Cham-
pagne. Son absence ne fut pas expliquée , cependant le visage de Saint-Paul restant impassible , on put penser qu’il ne l’avait pas remarquée. L’appel terminé, il donna ses ordres avec son sang-froid accoutumé. Il avait passé la journée en préparatifs pour une expédition qu’il projetait, il annonça qu’on se mettrait en marche le lendemain au lever du soleil.
Dès la pointe du jour toute la troupe se trouvait sur pied et Sans-Souci était dans les rangs. Saint-Paul vint se placer devant la ligne et élevant la voix : « Hier, dit-il, un de vous « manqua à l’appel ; s’il a une raison à donner « qu’il parle. « Sans-Souci était allé la veille voir un de ses parents, on l’avait fait boire, il s’était enivré, puis endormi ; il savait que celte excuse ne serait pas admise, il garda le silence. Le chef reprit : « N’as-tu donc rien à dire, « Sans-Souci. » Sans-Souci ne répondit pas. Alors Saint-Paul s’écria : « Que les quatre « premiers soldats de la compagnie de Rouez « saisissent cet homme ! Qu’ils l’emmènent à « cent pas d’ici, qu’ils lui donnent dix mi- « nutes pour recommander son âme à Dieu , « et qu’ils le fusillent puisqu’il a manqué à « son devoir ! »
Les quatre soldats saisirent Sans-Souci, le
tirèrent hors du rang, ils l’emmenaient déjà, quand Turmeau dit Grand- Francœur , capitaine de la paroisse de Rouëz , leur fit signe de s’arrêter. S’avançant vers le chef, il lui dit : « Sans-Souci est un brave, il n’a failli M qu’une fois, il faut lui pardonuer. » Grand- Francœur était camarade d’enfance de Courtillé, seul il osait encore lui parler librement : ils avaient été au catéchisme ensemble , et , par conséquent , se traitaient en amis. Toutefois Saint-Paul , détournant la tête , répéta : « Sans- « Souci a manqué à Fordre, qu’on le fusille! »
« J’ai demandé à notre commandant de lui
« pardonner, reprit le capitaine de Rouëz. » Mais le commandant répéta de nouveau :
« Sans-Souci a manqué à l’ordre , qu on le fu- « sille ! » Toute la troupe des Chouans demeurait immobile et muette , attendant avec anxiété la fin de ce débat. Grand-Francœur alla poser la main sur la tête de Sans-Souci , puis , élevant la voix , il dit : « Ce jeune homme est « mon soldat , j’en réponds pour l’avenir , on « peut lui faire grâce. » A ces paroles , Saint- Paul eut un tressaillement de colere , mais il le comprima aussitôt. Il s’avança lentement vers Grand-Francœur : « Le capitaine répon- « dra-t-il de l’homme corps pour corps, dit-il ? »
— « Oui , j’en répondrai corps pour corps. »
— « Ainsi soit , si tu le veux.. » — « Oui , je le « veux ainsi. « — « Eh bien , il suffît , qu’il « rentre dans les rangs. « Aussitôt, sans plus s’occuper de ce qui venait de se passer, Saint- Paul donna l’ordre de partir. On l’avait averti qu’un convoi de munitions , sorti de Laval avec une escorte peu nombreuse de garde nationale, était dirigé sur Sainte-Suzanne ; il espérait le surprendre au passage et s’en rendre maître.
L’ennemi parut à l’heure annoncée, mais non pas en petit nombre; de plus , il avait fait toutes les dispositions nécessaires pour résister à une attaque. Saint-Paul , l’ayant reconnu , fit retirer sa troupe après une légère escarmouche, et revint occuper la position qu’il avait quittée le matin. L’heure de l’appel arrivée, Sans-Souci ne se présenta pas. « Je « m’attendais à cela , dit Saint-Paul , le traître « manquait hier, parce qu’il était allé porter » un avertissement pour l’escorte du convoi ; « il manque aujourd’hui, parce que, se sen- « tant coupable , il n’a plus osé rester parmi « nous. Au moment où j’ai ordonné la re- « traite, je l’ai vu rester en arrière, puis « disparaître : il sera passé du côté des
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« Bleus. Cela ne finira pas ainsi , je ferai un « exemple afin qu’on ne gêne plus mes vo- « Ion lés. Le capitaine de Bouëz a répondu de « son soldai corps pour corps , je lui laisse « jusqu’à demain pour nous le présenter; si « demain, à l’heure de la prière, l’homme ■* n’est pas là, son capitaine sera fusillé à sa b place. « — J’attendrai demain sans crainte, « répliqua Grand-Francœur; mort ou vivant, « mon soldat se retrouvera. «
Saint-Paul , suivant son habitude , passa la nuit sans se coucher, faisant la ronde à l’entour du bivouac en récitant son chapelet. Le jour commençait à peine à paraître, quand , à travers le brouillard , il entrevit un homme qui , marchant à quatre pieds , s’approchait lentement. Il pense que c’est un espion venu pour observer la position des Chouans; il tire son sabre, court sur lui et le saisit : c’était Sans-Souci. Le pauvre jeune homme ne venait pas pour espionner : dans l’escarmouche de la veille il avait été blessé à la cuisse au moment de la retraite; ayant vainement appelé à son secours, il était resté seul, perdant tout son sang, et ne pouvant pas même se tenir debout. Comprenant pourtant qu’il avait à sauver la vie de son capitaine , même avant la
sienne propre , il s’était mis à se traîner sur les genoux et sur les mains afin d’arriver au rendez-vous. Avec des efforts désespérés, toute la nuit durant, il s’était traîné ainsi. « Ne suis- « je pas arrivé trop tard , dit-il à Saint-Paul « en achevant ces explications? » En disant ces derniers mots, il perdit connaissance et, pendant long-temps , sa vie fut en danger par suite de l’excès de fatigue et d’épuisement.
Après la prière du matin, Saint-Paul, élevant la voix , dit à sa troupe : « Sans-Souci « est un brave, son capitaine avait raison ; « mais moi j’ai eu tort : quand il s’agit d’ordre « et de discipline, on ne doit pas céder. Plus « jamais je ne ferai grâce. » Ceci m’a été raconté dans tous ses détails par Grand-Francœur et Sans-Souci, et j’ai , autant que possible , reproduit leurs propres paroles.
Quelle que fût la vaillance de Courtillé, il y avait dans sa troupe des hommes qui ne lui cédaient point sous ce rapport : « Saint-Paul « est hardi et hasardeux , disait Pierre Robin « le jour du combat de la butte des Fonte- « nelles ; eh bien , aujourd’hui , je promets de « me tenir toujours à dix pas devant lui. » Il tint parole, mais aussi fut-il obligé, par deux fois différentes , de lutter corps à corps avec des
grenadiers républicains qui, sans doute avaient également promis de ne pas reculer. « J’ai « été vraiment chanceux , disait Pierre Robin « après le combat, je n’ai attrappé qu’une « piqûre de baïonnette dans le bras et une » balle dans mon chapeau. Pourtant je laisse- « rai à présent la place à d’autres. » D’autres se trouvèrent pour prendre cette place qui offrait la chance des piqûres de bayonnettes ; mais Saint-Paul s’irrita de ces fanfaronnades: « Je ne suis donc plus le chef de la bande , « dit-il , puisqu’on prétend marcher devant « moi ? Si j’avais connu la vanterie de Robin , « je l’aurais ôté de mon chemin à coups de « sabre. »
Je n’ai pu recueillir beaucoup de détails sur les faits d’armes de la troupe du Camp-dela-Vache-N oire , n’ayant point de relations dans ce canton; cependant, je puis citer un fait qui eut un grand retentissement : un bataillon de troupes de ligne, qui tenait garnison à Sainte-Suzanne, réussit à cerner Saint-Paul dans le bois delà Chapelle-Rainsouin. Celui-ci n’avait que vingt-deux hommes avec lui , et néanmoins il entreprit de résister à l’ennemi , et soutint son feu toute la journée. C’était le 6 janvier 1795 ( le jour des Rois ) ,• une neige
épaisse couvrait la terre ; les Bleus se fatiguèrent les premiers et abandonnèrent l’attaque; mais alors Saint-Paul se lança à leur poursuite et les harcela si vivement qu’à la fin le désordre se mit parmi eux , et, quand ils rentrèrent dans leur cantonnement, leur retraite était devenue une déroute véritable.
Peu de temps après l’afifairedu jour des Rois, un émigré, venu d’Angleterre pour remplir une mission près des chefs Insurgés, passa dans le canton où commandait Saint-Paul ( on a lieu de croire que c’était le comte de Bourmont ). On lui raconta le glorieux combat des vingt-deux Chouans ; il en fit rapport au comte d’Artois et demanda pour leur chef le brevet de chevalier de Saint-Louis.
Saint-Paul ne voulut jamais traiter avec le Gouvernement républicain, ni même consentir à un armistice ; et, pendant près de deux années, il sut se maintenir devant les forces républicaines envoyées contre lui. Vers la fin de 1795, les Chouans de la Mayenne se montraient fort découragés, tant par l’issue malheureuse des expéditions de Quiberon et de lile d Yeu que par la mort de la plupart de leurs premiers chefs; Courtillé seul continua de combattre avec une persévérante énergie.
A cette époque, Rochecolte , jeune officier revenu de l’armée de Condé , reçut de Charrette le brevet de maréchal de camp et fut envoyé par l’agence royaliste de Paris pour prendre le commandement des Insurgés du Maine et ranimer leur zèle belliqueux. l.e nouveau chef prit le camp de la Vache-Noire pour point de départ de ses opérations, et, se confiant dans l’infatigable dévouement de Saint-Paul , il le chargea de donner le signal d une reprise d’armes générale. Celui-ci se porta avec ardeur à justifier la confiance qu’on mettait en lui. Sa troupe était alors fort diminuée, mais il pensa qu’il suppléerait au nombre à force d’audace, et, de ce moment, des combats furent livrés chaque jour , à Sillé, à Valon, à Loué, à Bazougers. Presque toujours l’avantage resta aux Chouans. Rochecolte les animait de son exemple et s’exposait hardiment; aussi fût-il blessé grièvement à l’attaque du poste de Souligné.
Saint-Paul ayant été averti que les Bleus conduisaient un convoi de Brulon à Confie , entreprit de l’enlever. On l’avait prévenu que les forces de l’escorte étaient triples des siennes. Pour compenser ce désavantage , il embusqua sa troupe derrière une haie en talus sur le
bord de la route et alla se placer du côté opposé. Puis, ainsi qu’il l’avait fait impunément tant de fois, quand les Bleus parurent, il se montra devant eux à découvert, agitant au-dessus de sa tête son chapeau tout empanaché de plumes et de rubans blancs , et poussant son cri de guerre ; « A Saint-Paul ! Victoire à Saint- « Paul î » Il attira ainsi sur lui, comme il l’avait voulu , toute la première décharge de l’ennemi ; mais aussi tomba-t-il mortellement atteint d’une balle dans la poitrine. Suivant le désir qu’il avait si souvent manifesté, il mourut à la vue de son clocher : l’action se passait dans la paroisse d’Epineux-le-Chevreuil.
La mort de Courtillé ne fit point perdre courage aux Chouans. Grand-Francœur se mita leur tête, l’escorte républicaine prit la fuite et le convoi fut enlevé.
Je ne dois pas terminer mon récit touchant la bande du Camp-de-la- V^ache-N oire sans ajouter quelques mots au sujet de Grand-Francoeur. Il fut élu tout d’une voix pour remplacer Saint-Paul II l’égalait par son courage et lui fut supérieur par d’autres qualités qui le rendaient cher a ses soldats. J’aurais eu à citer plusieurs de ses faits d’armes si j’avais pu obtenir qu il me permit de les porter à la connaissance
422 SOUVENIRS DE LA CHOUANNERIE, du public ; j’ai dû respecter les scrupules qui lui faisaient éloigner les souvenirs de sa vie guerrière , et l’on comprendra les motifs de cette réserve , que lui-même m'a imposée , lorsqu’on saura que Grand-Francœur n’est autre que l’abbé Turmeau, devenu curé au bourg de Louvigné près Laval.
Il était fils d’un métayer de la paroisse de St-Martin-de-Connée ; à dix-huit ans, sa piété lui fit laisser la charrue pour prendre un fusil, et , quand il déposa son arme , cette même piété encore lui donna le courage de surmonter les difficultés d’études tardives afin de pouvoir consacrer au service de la religion le reste d’une vie qu’il avait vouée à sa défense.
A cette occasion , je ferai remarquer que plusieurs jeunes gens, qu’un zèle pieux avait amenés dans les rangs des Insurgés , embrassèrent ensuite l’état ecclésiastique (*).
Je puis le dire sans crainte d’être démenti , tous ces soldats du Christ se sont montrés les dignes ministres de cette religion pour laquelle ils nvaient combattu. Chez eux l’infatigable dévouement du prêtre de campagne a
(*) MM. Helbert , curé de Saint- Hilaire ; Gougeonde Lucé, curé k Sablé; Meignen, curéde Dompière-des-Landes, etc., etc*
succédé à l’héroïque dévouement du guerrier chrétien , et nos paysans , qui les avaient vus marcher à leur tête quand il fallait affronter la mort , ont trouvé en eux leurs guides pour traverser les misères de la vie.
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424 SOUVENIRS bE LA. CHOUANNERIE.