‹ Souvenirs de la Commune, 1871Chapitre 2 sur 22 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

ses fautes qu'à leurs louanges pour ses bonnes actions.

J'ai donc mis dans ce livre ce qui m'était personnel et ne me suis point égaré dans des considérations générales et dans des polémiques. Pour ne rien écrire qui pût blesser un autre que moi ^'ai passé certaines choses sous silence auxquelles j'avais cependant été mêlé, et je n'ai pas publié une seule des nombreuses pièces qu'un hasard un peu cherché fit tomber entre mes mains. Je n'ai compromis ni perdu personne. Oh I non par bonté d'àme ! je ne suis bon que pour mes amis, à condition qu'ils me rendent un peu de l'amitié que je leur voue et que ce ne soient gens à me tendre la main par devant pour aller m'attaquer par derrière. Non, j'ai écrit ainsi mes Souvenirs pour que mon livre fût plus condensé, plus personnel, et j'attends pour le reste une heure propice, heure à laquelle on a à se venger ou à laquelle les intéressés sont morts, mais heure qui sonne toujours.

On trouvera dans ce livre quelques notes sur le temps de la guerre avec la Prusse qui sont les prolégomènes de mes souvenirs de la Commune.

J'ai raconté comment je me mêlai au mouvement insurrectionnel, et de quelle façon j'exerçai un

commandement assez considérable à la Place de Paris et à la Délégation de la Guerre. Je raconte ensuite mon arrestation et mes prisons. C'est là tout. Rien de plus simple. J'ai dit j'étais là, telle chose m'advint, puissiez-vous croire y être vousmême, c'est mon souhait.

Si je n'avais affaire à des hommes, je souhaiterais peut-être quelque chose de plus : ce serait qu'on déclarât que ce livre est d'un juste. Mais ceci ne se dit plus. On prétend qu'on le disait à Athènes, mais il y a longtemps et c'était loin d'ici. Je ferai sagement de n'oublier pas qu'on attaque encore aujourd'hui Jean-Jacques précisément pour ce qui me le fait aimer, et que ce qu'il y a de moins décevant est de se contenter de sa propre estime. C'est d'ailleurs l'estime de soi qui, à travers les hauts et les bas de la vie politique et littéraire, rend les hommes loyaux et fiers.

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