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d'ailleurs en ce moment, que les capitaines aient quelque autorité dans leurs provinces, car, dans le cas d'une invasion, ils peuvent rassembler les habitants, et se trouver à la tête de nombreux hommes armés. Pouvez-vous donner à Macris, par exemple, 200 hommes payés ? Lui, au contraire, comme capitaine de la province de 2ygos, réunira en un instant 500 soldats.
Pourra-t-il le faire, si vous restreignez son autorité ? Et ne détruisez-vous pas la confiance que le peuple a dans ses capitaines rNous sommes maintenant à la fin de Décembre, au printemps prochain les Turcs envahiront de nouveau notre territoire ; sera-t-il possible en deux ou trois mois d'organiser convenablement les milices et les provinces ? Cela me paraît bien difficile, et je crains que vous ne dépensiez beaucoup d'argent inutilement. — Mavrocordato fit ditTérentes observations pour soutenir son projet. Mais le Lord l'interrompant, me dit : « Puisque vous n'êtes pas d'accord, je vous en prie, faitesnous connaître sincèrement ce que vous croyez devoir être fait, pour le bien de la Grècç. » Je lui repondis ainsi : « Plus de
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4.000 soldats sont venus à Mésolonghi, | parce qu'ils ont appris que vous apportiez I de l'argent. Ces Hellènes sontpleins d'enthousiasme, ce serait une occasion d'en profiter pour le bien du pays. Nous n'avons dans la Grèce occidentale d'autres fortifications que celles de Mésolonghi. Les Turcs ont fait deux expéditions pour détruire cette ville, et ils ont échoué, mais, ils en feront d'autres avec des forces plus grandes. Si nous avions une autre citadelle, nous pourrions opposer des obstacles insurmontables aux entreprises de l'ennemi. Naupacle (Lépante) manque de vivres, et sa garnison est composé d'Albanais qui sont facilement corruptibles ; je ne crois pas cette citadelle difficile à prendre, et elle tombera par la force ou par la corruption. Allez, par mer, à Naupacte avec Mavrocordato, tandis que j'irai par terre avec toute notre armée. Cette attaque formidable par terre et par mer épouvantera les ennemis, et la ville tombera en notre pouvoir ; je soutins chaudement mon opinion, et, en terminant, je dis à Lord Byron que s'il acceptait mon projet, je resterais à Mésolonghi, car
DELA GRÈCE 311
I j'aurais alors une occasion de me montrer
[utile à la patrie. » — Byron écouta mes
I raisons avecla plus grande attention, mais
[ Mavrocordato les combattit, objectant, le
I froid de l'hiver, la difticulté pour les sol-
I dats de s'approvisionner, l'impossibilité
I de persuader aux capitaines de se mettre
en campagne, etc., de sortequ'il n'accepta
pas mon opinion. — Pour ne pas entrer en
contestation, j'interrompis la discussion,
et je dis au Lord que c'était à lui mainte-
\ nant de réfléchir et de décider. Pour moi
;urai que je ne resterais à Mésolonghi
I que dans ce seul cas. Puis, saluant le Lord,
I je partis.
Cependant les capitaines, qui comman- I daientdans Mésolonghi, voyant Mavro- [ cordato flatter lesSouliotes, conçurent du [ dépit, et, pour le contraindre à quitter la \ ville, résolurent de le contrarier dans I tous ses projets. Comme ils n'avaient pas 1 de chef, et qu'ils me croyaient mécontent, I ils chargèrent Jean Rhangos, qui était ;z familier avec moi, de m'engager à I me mettre à la tète des opposants, dont I le principal but était d'éloigner Mavrocordato de Mésolonghi. Rhangos, chercha
913 LA GUERRE DE l'iN DÉPENDANCE
de toute manière à me faire accepter ce commandement me disant, que Mavrocordato était la cause de la division dans le Péloponèse, et que tous les capitaines, Colocotroni, Pétro-Bey, Charalambis et les autres étaient contre lui. Je répondis à Rhangos qu'étant venu en Grèce pour aider les Hellènes contre l'ennemi commun, je ne pouvais prendre part à des guerres civiles, pour l'extinction desquelles j'avais accepté ma nomination dans la Grèce occidentale, que, grâce à Dieu, les Turcs étaient partis, et que ma mission finissait avec une pleine réussite.
J'ajoutai que je nuirais mortellement à ma réputation, en prenant part à des divisions, dont la conséquence serait une guerre civile, désastreuse pour les Hellènes de la Grèce occidentale, surtout devant un Anglais, tel que Byron. Je priai Rhangos, pour le bien de la patrie, de renoncer lui-même et de faire renoncer les autres à de pareils sentiments, et lui dis que sa proposition contribuait encore à précipiter mon départ. — Informé bientôt que mon projet concernant Naupacte n'était pas adopté, je me décidai à
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partir, ne voulant pas faire croire que je fomentais des divisions. Vers le commencement de janvier 1834, je partis pour le Péloponèse.