DE U GRECE S
confiance dans ce camp afin que par sa prudence il sût apaiser les dissensions qui pourraient s'élever. On me proposa en conséquence de me rendre en Élide, sous le prétexte de demander compte à celui qui en était chargé, de la perception des revenus de cette province, et de les employer à l'approvisionnement du camp qui s'y trouvait, mais ma mission était, en réalité, de marcher d'accord avec les capitaines, et de diriger, leurs mouvements militaires. Comme ce service était tout-à- I fait indépendant des discordes civiles I j'acceptai. Mais ce fut en vain que ce camp fut établi, car rien ne fut entrepris par Méhémet-AH, et aucun événement mémorable n'eut lieu, hors le suivant.
Lorsqu'en 1823 Dramali fut battu, un détachement de cavalerie turque sous le commandement d'un certain Délibachi s'était réfugié à Patras. Délibachi, encou- I ragé par une expédition qu'il avait faite depuis peu contre Léchéna, sortit de Patras avec 300 cavaliers, et tomba sur les villages de Tragni et de Marcopoulos, où il fit quinze prisonniers Hellènes, et enleva tous les bestiaux. Nous apprîmes cela à
Gastouni à 3/4 d'heure à peioe de villages. Nous nous mimes aussitôt à la 1 poursuite des Turcs ; Plapoutas avec fantassins prit la directioa de Patras, les | filsdeSissinis, quelques Tripolitains, Cos- 1 tas Botsaris avec un petit nombre de Souliotes et moi-même, tous à cheval, nous | nous avançâmes à travers la plaine. Mais les Turcs, purent se retirer à temps. Cependant, arrivés près d'Ali-Tsélépi, à quatre | heures de Gastouni, nous apprîmes que I les Turcs n'étaient pas loin de nous et que | les fils de Sissinis, qui nous précédaient, les avaient attaqués. Cette nouvelle nous I parut fausse, les Sissinis n'ayant que dix cavaliers, il leur était en effet impossible d'attaquer les Turcs. Nous n'eu pressâmes pas moins notre marche pour voir ce qui | s'était passé. Ayant recommandé à Ali- 1 Tsélépi d'envoyer l'infanterie à notre secours aussitôt qu'elle arriverait, nous primes la direction d'un bois vers les MONTAGNES NOIRES. Peu de tcmps après nous rencontrâmes, sortant de la forêt, les fils de Sissinis, qui nous annoncèrent que là, dans le voisinage, se reposaient les soldats de Délibachi, au nombre
S'environ deux cents, tandis qu'environ 1 autres retournaient à Patras avec le •butin et les esclaves. Nous avançâmes alors ■tous ensemble pour observer les positions ■de l'ennemi et nous vîmes sur une hauteur Pes Turcs assis, et tenant leurs cbevaux 1 bride. Chrysanthos Sissinis me les Bttontra etme dit : « faisons-leur une sur- Bprise. » Je lui répondis de s'adresser à Botsaris, qui lui fit observer qu'il ne de- ?vait être fait aucun mouvement avant 3'arrivée de l'infanterie. Mais les deux Jifrères Sissinis et leurs dix camarades, de Ibonne humeur pour avoir un peu trop bu, pje précipitèrent contre les Turcs ; Botsaris »et moi, les suivîmes avec 40 cavaliers que Jnous avions avec nous. Quand nous fumes ■iirrivés assez près des Turcs, nous commençâmes à faire feu. Ceux-ci, voyant notre petit nombre, furent d'abord stupéfaits ; mais bientôt, revenus de leur stupeu; Bis sautèrent sur leurs chevaux, s'élancè ■ârent contre nous, nous mirent en fuite, e !iïOus poursuivirent 20 minutes environ.
Heureusement qu'au bruit des coups de ■îusil des Turcs, Boucouras comprit ce qui ■se passait, et, accourant avec 100 soldats,
avant-garde de Plapoulas, il ouvrît le feu..! Les Turc5 craignant quelqu'embuscadq fl se retirèrent après avoir tué treize desl nôtres, et avoir fait prisonnier Charalam-1 bopoulos de Patras, qu'ils einpalèreati dans cette ville. Kous eûmes perdus pluA^ de monde si Boucouras ne fût venu iM notre secours ; pour moi, je fus blessé au I pied gauche par une balle de pistolet. T^l fut le résultat d'une folle entreprise.
Les Turcs poursuivirent ensuite leuça marche, et arrivèrent à Patras sans ètral inquiétés. Nous décidâmes que nous lais- I serions un corps de troupes dans cette I position et à Riolo, pour empêcher toute j nouvelle attaque des Turcs. Nous retournâmes à Gastouni,oii je restai jusqu'en Oc>- 1 tobre ; ensuite, ayant reçu la permission f dn gouvernement, je revins à Nauplie, où je vécus oisif jusqu'à la lin de l'année I 1824. Bientôt le camp de l'Elide fut dis et en même temps les soupçons contrel Zaïmis,Londos et Sissinis lui-même ayantï augmenté, le gouvernement fit venir ca dernier à Nauplie, et l'envoya à Hydrs«V Prenant ensuite des mesures contre Zaln et Londos, il envoya Lambros Véïcos aveci
I des hommes armés pour les arrêter ; mais ceux-ci eurent le temps de se réfugier à Mésolonghi.
Dans la Grèce occidentale il n'arriva rien de mémorable pendant l'année 1824.
Byron, saisi d'une fièvre rhumatismale et n'ayant pas voulu se laisser saigner, mourut le 7 avril. Je ne veux point parler de sa mort, mais il est certain qu'elle fut hâtée par l'insuccès de ses projets avec Mavrocordato. Qjii sait si, se rappelant tout ce que je lui avais dit avant mon départ de Mésolonghi, il ne se repentit pas de n'avoir pas adopté mon projet ?
Mavrocordato, après la mortdeByron, quitta Mésolonghi, et remplit les fonctions de Secrétaire-général du Pouvoir Exécutif.
Mais, comme à l'ordinaire, ne pouvant supporter la supériorité de Coletti, il jeta de nouveau dans ce corps, des germes de discorde. — Tels furent en résumé les événements de l'année 1824, auxquels je pris part.