‹ Souvenirs de la guerre de l'indépendance de la GrèceChapitre 2 sur 33 · PREFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

PREFACE DE L'AUTEUR

Je ne suis pas historien, et, lorsque je pris des notes pendant la guerre de 1 indépendance, je ne pensais nullement les publierun jour. Dans ma vieillesse, m'étant adonné à la lecture des auteurs nationaux et étrangers qui se sont occupés de l'histoire de notre révolution, je reconnus que, soit ignorance, soit écart de leur imagination, ils avaient notablement altéré la vérité, confondu les dates, les personnes et même les événements ; je me suis alors décidé à écrire ces mémoires.

Je me suis borné à raconter uniquement les événements dont je fus le témoin oculaire, et auxquels j'ai pris part. Il serait à souhaiter que tous ceux qui ont combattu pour la révolution, fissent, comme moi, connaître la part qu'ils ont prise dans la lutte. On pourrait composer ainsi la véritable histoire de cette lutte glorieuse, exemple unique dans les annales des nations, de la renaissance, après des siècles de servitude, d'un peuple qui ne vivait que par son illustre passé.

J'aurais peut-être dû omettre, dans ces Souvenirs, certains événements de peu

d'importance, mais défigurés par d'autres écrivains, je tenais à les rétablir sous leur véritablejour. D'ailleurs, comme je mesuis proposéde décrire scrupuleusement, année par année, tout ce que j'ai fait, d'après les notes que j'ai conservées, mes Mémoires embrassent nécessairement l'histoire de ma vie, tant civile que militaire, pendant la guerre de l'indépendance.

Jamais je n'ai prétendu être mis au rang des héros de notre révolution, d'autant mieux que mon éducation n'avait été aucunement militaire. Après être resté à Cephalonie, jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans, occupé uniquement de mes études, j'avais été dans l'Europe occidentale, oii durant quatre années, je m'étais consacré a l'étude du droit. Je revins dans les Iles, me destinant à la carrière judiciaire, mais un an flus tard, j'entrais dans la Sociètédes Amis. avais alors vingt-cinq ans, et renonçant àThémis,j'embrassaiavecenthousiasmela carrière de Mars, car il s'agissait de l'affranchissement de ma patrie, et j'eus le bonheur de voir se réaliser ces désirs enthousiastes, que m'inspirait la lecture de l'histoire de nos aïeux.

Céphalonie, i8 Décembre, 1860.

Constantin MÉTAXAS.

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