‹ Souvenirs de la guerre de l'indépendance de la GrèceChapitre 22 sur 33 · I CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

I CHAPITRE QUATORZIÈME

Arrivée du Président en Grèce. — Installation du nouveau gouvernement. — Organisation administrative. — Con^misftariat extraordinaire dans les Cyclades septentrionales. — Intrigues de l'opposition contre le gouvernement. — Ma démission.

Le 7 janvier 1828, jour où le Président, monté à bord de la frégate anglaise Warspite, commandée par Parker, débarqua dans le port de Nauplie, fut un jour de bonheur pour la Grèce, Ce même jour Grivas était près d'en venir aux mains avec Photomaras, mais l'arrivée de Capodistrias apaisa les esprits, et fit cesser la guerre civile. L'ordre rétabli à Nauplie, Grivas fut envoyé à Egine, où se rendait le Président; cet acte d'autorité de

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Capodistrias, avant de prendre les rênes du gouverne méat, loi codcîIU le respect de tous les Hellènes, qui avaient mis en h leurs dernières espérances, et le considi raient comme le saui'enr de la Grèce. Loi que Capodistrias passa à Egine, civilsj^ soldats, accooms de tontes les parties a la Grèce pour le recevoir, lui. témoignèf les marques du plus grand enthousiasoâ A Egine, en prenant les rênes de l'éU comme âou^-EX<i- EUR de i-\ Grèce (E-jCcp TT,ï EUîwk) ce grand homme, croyant d possible qu'un peuple faible, sortant d'fl| période de trouble et d'anarchie, pût è gouverné par une Constitution, coin celle de Trézène, préparait déjà un naj veau système de gouvernement, ]'a[^IicatioD duquel il commença à s« certer avec les principaux primats, les n litaires et les députés eus-i

A peine le pouvoir législatif fnt-il r que des discussions de préséance entres chambre et le couvernelr commenoi et cela persuada encore davantage à f dernier qu'il était impossible avec i telle constitution que le nouveau gonm nemeut fitdesprogrès.LeGOCVEKNECRs'e

tendit alorsavec une grandepartie des députés et, dans la dernière séance, le président de la chambre proclama, à la majorité des suffrages la dissolution du corps législatif (acte illégal, mais nécessaire), et remit tous les pouvoirs entre les mains du gouverneur pour procéder h la création d'un nouveau régime administratif, jusqu'à la convocation la plus prompte possible d'une assemblée NATlONALn.

La chambre dissoute, Capodistrias institua un collège consultatif, qu'il appela Panmellenium composé de 37 membres, et divisé en trois sections, qui devaient s'oc-

cupe

de matières économi

ques, ju-

diciaires, administratives et militaires.

Chaque section avait un président particulier, appelé TtpipouXcH; ; et celui qui dirigeait la section des affaires économiques, était en même temps président du corps entier. C. Coundouriotis fut nommé Ttpo- Pou^Qî ou Président de la section des Finances, André Zaïmis de la section de l'intérieur, et Piétro Mavromichalis de celle de la guerre, 11 organisa les armées irrégulières en Chiliarchies (régiments de 1,000), fixant la solde et la ration des Chi-

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LiARauES, des officiers, sous-officiers et soldats. Il nomma maréchal Hypsilanti, et lui ordoana, dans tous ses mouvements militaires, de marcher d'accord avec !e général en chef Church. Capodistrias, en outre, régularisa la flotte hellénique, et J nomma André Miaoulis, amiral à la place J de Cochrane, qui était revenu à Londres.

Il créa, de plus, une surintendance gêné- | raie (cfpo'JTiTTiipiiv), dont faisaient partie J Mavrocordato, André Métaxas et Zographos ; il confia h leur soins les affaires de | la marine et de l'armée, et les approvisionnements de vivres et de munitions. 11 institua une Commission sur les matières 1 économiques, composée des membres- 1 mêmes du Panhellenium, et se réserva de J pourvoir par des commissions spéciales* aux autres services publics, selon que les!

circonstances et la nécessité l'exigeraient. T Il procède ensuite a. l'organisation admi-i nistrative, et, d'accord avec le Panhelle-I NiuM, il divisa le Péloponêse en sept par-ties, et donna à chacune d'elles lesanciensi noms d'Argolide, Acbaïe, Élide, Hautel Messénie, Basse Messénie et Arcadie ; les îles, en six, qu'il appela les Sporades 1

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septentrionales, Sporades orientales et Sporades occidentales, Cyclades septentrionales, Cycîades Centrales et cyclades Méridionales. Ilplaçaàlatètedechacunede ces partiesuo Commissariat Extraordinaire dont le principal devoir était d'appliquer la nouvelle organisation administrative. Il ne prit pas de mesure administrative pour la Grèce continentale que les Turcs occupaient encore.

Vers la mi-Février, Ibrahim, après avoir détruit Tripolis jusque dans ses fondements, se retira avec l'armée Égyptienne dans le golfe de Messénie, Ces parages et Fatras étaient les seuls lieux alors occupés par l'ennemi dans le Péloponèse.

Le GouvERNEUK me confia ie commissariat extraordinaire des Cyclades Septen- ■trionales, que j'acceptai surtout pour lui plaire, car je lui avais dît, lorsqu'il me proposa de faire partie de son gouvernement, que je ne pouvais aller d'unlieuà un autre, et que je désirais servir auprès de lui, ou rester sans emploi. C'était le com- .missariat le plus important dans les îles, parce qu'il comprenait les îles de Syra, Micône, Tinos, Andros, Kéa, Thermia et

Sénpbo. rêoâs dsr^ d*étri£r dans chacane de ces îles, par nflage, boaijg et ville d£s DÉMOctaoniK ob manicipalRés, dépendantes tontes d'noe Démogêrontie on monicipalHé centiale de l^e relevant ûnmédiatement dn Commissaire Extraordinaîre. Les élections des Dêmooékontes (primats) avaient lien snï%'ant nne loi que le GOL'VEKXEUX, d'accord avec le rxsmi- LEKiLK, avait promulguée. Ce mode d'administrer n'était pas défini et demeurait suspendu, mais il était laissé au soin des Commissaires Extraordinaires de le déterminer. Le GOKVESsECît fut contraint d'adopter cette mesure, afin de pouvoir envoyer au plus tôt dans les prorinces des représentants qui missent un terme ans abus, aux passions et à l'anarchie, qui résultaient de l'absence complète de toute organisation intérieure. Relativement â l'administration de la justice, il chargea les Commissaires Extraordinaires, présidents des conseils des dêmogéBONTIBS i centrales, de prendre connaissance des diflérentes causes, mais non de les juger, et, s'il n'y avait pas moyen de concilier les parties, de renvoyer la discussion et le

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prononcé du jugement jusqu'à l'époque de l'établissement des Tribunaux. Les Commissaires Extraordinaires avaient encore le devoir de transmettre au gouver- UEUR des renseignements détaillés sur l'état des provinces qu'ils administraient, et surtout de dresser des tableaux statistiques exacts.

Ayant donc accepté la charge de Commissaire Extraordinaire des Cyclades Septentrionales, j'organisai les îles sous mon administration, conformément aux instructions du Gouvernement. Cependant je jugeai nécessaire, de répartir certaines attributions particulières entre les Démogérontes-Eparchiacaux, de donner aux Démogérontes des villages les instructions nécessaires. Je chargeai donc un des Démogérontes-Eparchiacaux, de remplir les fonctions de juge de paix, pour concilier I les affaires de peu d'importance ; un autre, du service de la police ; et le troisième, de la direction delà branche administrative.

Tout acte particulier était exécuté par un [ seul, mais il fallait que la Démogérontie : centrale ait donné son avis auparavant. Les Démogérontes de chaque village e'

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bourg étaient les exécuteurs des décisions delà Démogérontie centrale, qui recevait directement les ordres du commissaire extraordinaire. Une fois parsemaine, certaines affaires judiciaires étaient soumises en séance publique à la Démogérontie centrale que je ne pouvais présider, car j'avais ma résidence à Syra. La Démogérentie se conformait alors aux instructions du gouverneur. Ainsi furent organisées les îles sous mon commissariat et la paix y fut rétablie.

Après avoir parcouru les îles pour les ' organiser, je m'établis à Syra où, à l'occasion de la déclaration de guerre entre la Russie et la Turquie, une multitude de chrétiens de Constantinople, de Smyrne et d'autres pays s'étaient réfugiés. Vers le mois de mai, environ 30,000 habitants étaient entassés dans cette ville.

Je fis, à cette occasion, tous mes efforts pour maintenir l'ordre et la tranquillité, et j'y réussis, carpendant tout le temps de mon administration qui commença en mai i8a8 et finit dans le mois de mars 1829, il ne se passa rien de remarquable, sinon certaines illégalités du gouvernement,

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[ dont la dernière causa ma démission.

Après la déclaration de guerre de la

I Russie contre la Turquie, les hostilités

commencèrent, et les arrivées de grains de

avait un pressant besoin, s'en procurait en Egypte à des prix très élevés. Des personnes, qui n'étaient pas amies ou Gou- I verneur, lui donnèrent à entendre, pour [ le compromettre, que les grains de Syra [ étaient propriété de Méhémet-Ali, et qu'il I pouvait par conséquent les séquestrer, L comme biens appartenant à la Turquie. Le 1 Gouverneur, occupé de questionsplus sé- L rieuses, tomba dans le piège, et, envoya [Georges Glarakis, afin de séquestrer dans F le plus grand secret, tous les blés qui se I trouvaient à Syra. Glarakis était muni [ d'une simple lettre pour moi, afin que je I l'aidasse dans l'exécution des ordres qu'il I avait reçus du gouvernement mais la lettre le me fut pas remise.

La venue de Glarakis, me parut extraor- I dinaire ; je pensai d'abord qu'il avait été \ envoyé pour surveiller ma conduite. Mais l'iui, s'occupait de l'exécution de son man- W4^t, se renseignant sur la quantité de

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grains que les négociants avaient dans leurs magasins et la cargaison des vaisseaux dans le port. Cependant, quelque secrètes que fussent ces recherches, les négociants conçurent des inquiétudes; ils s'adressèrent à moi, comme autorité, pour apprendre ce dont il s'agissait, disant que la contenance de l'envoyé du gouvernement avait fait naître des soupçons, qui portaient préjudice à leurs opérations commerciales. Les justes plaintes des négociants m'obligèrent de m'adresser par écrit à Glarakis, et je lui dis que, j'étais loin de vouloir connaître la cause de son mandat, mais qu'il était de mon devoirde lui faire part des soupçons des négociants et du dommage qu'en éprouvait le commerce. Cette lettre officielle obligea Glarakis à me découvrir le but de sa mission.

Alors il me représenta la grande utilité qu'il y aurait pour le gouvernement de , s'emparer de tous les grains qui se trou- j valent à Syra. Je m'étonnai de cette idée insensée, et je demandai à Glarakis comment un homme de guerre comme lui, et ami du Gouverneur, ne comprenait pas les conséquences d'une telle action ? Si les

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grains dont il s'agissait appartenaient à des sujets étrangers, et même à des Turcs, le gouvernement aurait-il le droit de se les approprier, sans s'exposera d'innombrables difficultés ? La Grèce, alimentée par l'Egypte, ne pourrait-elle pas tirer ses grains d'ailleurs ? Cent mille kilos, déposés à Syra,lui suffiraient-ils, pour l'empêcher mourir de faim, jusqu'à la fin de la guerre?

En outre, siMéhémet-Ali apprenait qu'on le lui volait, permettrait-il encore qu'on envoyât du blé à la Grèce ? Le Gouverneur dis-je à Glarakls, devrait plutôt envoyer des remerciements à Méhémet-Ali, aulieu de chercher à lui enlever sa propriété.

C'est pourquoi je ne te permets pas de faire la moindre tentative, mais, comme autorité, je t'engage à partir immédiatement pour la tranquillité du pays; j'en référerai au gouvernement et je prends tout sous ma responsabilité. Glarakis ayant compris alors que des ennemis du Gouverneur cherchaient à le compromettre, partit le jour même. De mon côté, j'avertis le Gouverneur de tout ce qui se passait, et j'en reçus une lettre de remerciements, qui me satisfit entièrement.

LA GUIRKE DE l'INDËPENOANCE

Peu de temps après la peste éclata dans plusieurs parties du Péloponèse, à Hydra à Egine et dans d'autres îles. Les opposants profitant de cette circonstance pour compromettre le Gouverneur lui représentèrent que les farines venues d'Egypte vieilles et gâtées étaient la cause de la maladie. Les marchands de blé, persuadèrent le Gouverneur lui-même, qui me donna ordre d'empêcher que les farines de Syra fussent mises en usage; leur quantité dépassait un million et demi d'oauES (i). Cet ordre me parut mal fondé; il aurait dû être précédé d'un examen scientifique fait avec soin, pour s'assurer que les farines étaient réellement nuisibles à la santé publique ; et, en outre, je prévoyais que les blés, vendus maintenant à un prix modéré à cause de ces farines, s'élèveraient indubitablement à une valeur exagérée, si ces farines venaient à manquer. C'est pourquoi, avant d'exécuter cet ordre, je nommai une Commission de savants médecins et pharmaciens, chargée d'analyser et d'exa-

(t) Trad. page 15 ,

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er les farines, et je recommandai en I même temps à la Démogérontie ou muni- I cipalité de me donner d'exactes înforma- I tions sur la consommation des farines à [ Syra, afin que je sache si elles avaient oct casionné quelques maladies chez ceux qui aisaient usage. Du rapport des savants I je conclus que les farines étaient vieilles I et un peu amères, mais qu'elles n'avaient ■ jamais nui à la santé de personne ; la Dé- T mogérontie m'apprit qu'autrefois il était I venu aussi de ces sortes de farines à Syra, mais que jamais, ni autrefois ni maintenant, la santé de personne n'en avait souffert. J'envoyai ces rapports au Gouverneur, en lui observant que, si les farines dont il' est question, venaient h faire défaut pendant la guerre, les blés s'élèveraient à un prix exagéré, et que les hommes en viendraient à mourir de faim.

J'avais donc cru de mon devoir de ne pas exécuter l'ordre que j'avais reçu, avant de soumettre au gouvernement les rapports précédents, Capodistrias par sa lettre particulière me remercia, et l'ordre donné fut abrogé.

Mais malheureusement l'opposition

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contre le Gouverneur, prenait des forces ; elle comptait dans ses rangs plusieurs!

membres du gouvernement, et les Ilprlpo'j- ' y^ii eux-mêmes ou présidents du Panhelle- NiUM en paraissaient être les chefs. Ainsi, tandis que l'ordre se rétablissait en tous I lieux, qu'à la prière de Capodistrias l'ex- J pédition française débarquait à Néocastron J (Navarin) et chassait Ibrahim, tandis que de 1 nombreuses provinces étaient affranchies 1 dans la Grèce occidentale, qu'une grande 1 partie de la Grèce orientale était recon-l quise, et que tous ces progrès étaient dus!

à la sagesse et à l'intelligence de ce grand I homme, malgré tout cela, l'opposition ] profitant du vote de la Chambre qui déclarait que le pays n'était pas gouvernéJ coNSTiruTioNNELLEMENT, présentait sans 1 cesse de nouveaux obstacles à un gouver- ■ nement, qui n'avait d'autre intention que 1 de faire le bonheur delà Grèce. Cette opposition grandissait tous les jours. Dans J Syra même, les deux faits que j'ai rapportés, n'étaient dus qu'aux conjurations ] de ce parti, qui cherchait à soulever le J peuple et à renverser l'état présent des f choses, heureusement elles échouèrent.

Mais je ne pus en empêcher une troisième, qui fut quelque temps après, la cause de la révolution de Syra.

Lorsqu'eut lieu l'expédition de Chios, une commission, composée de A. Scaramangas, de L. Rhally et de Z. Psychas, s'était chargée de la fourniture des munitions. L'expédition ayant échoué, la commission se trouva accablée de dettes ; les créanciers présentèrent leurs comptes au gouvernement, qui ne les accepta pas et en rejeta la responsabilité sur la commission ; il m'ordonna en même temps de prendre contre ses membres des mesures sévères, et d'aller jusqu'à l'emprisonnement, pour les obliger à payer. Mais les membres de la commission étaient de puissants Chiotes, et à Syra les Chiotes étaient les premiers des négociants. Cette décision produisit un mécontentement général. Avant de la mettre à exécution, j'en appelai au gouvernement, lui disant que les créanciers devaient prendre patience jusqu'à ce que les actes de la commission fussent examinés, et que s'ils étaient injustes, il serait temps alors de condamner cette Commission. Mes obser-

* au EU HE DB l'indépendance

valions ne furent pas favorablement accueillies, parce que le gouvernement rei"aril.iit l'expédition de Chios comme une affaire particulière. Bien malgré moi, je fus contraint d'emprisonner les membres de lu commission. Je donnai en même temps ma démission, prévoyant que cet acte illégal donnerait à Syra plus de force à l'opposition. J'a^■ais d'ailleurs toujours préféré élre un simple citoyen qu'un haut fonctionnaire en contradiction avec mes principes. En recevant ma démission, le Gouverneur fut très mécontent ; il crut que je m'étais uni avec ses adversaires, mais en particulier je lui en expliquai le vrai motif. Je donnai ma démission au commencement de décembre i8a8, et ce ne fut qu'en mars 1829 que vint le nouveau commissaire extraordinaire, qui me remplaça.

D'après un ordre particulier du Gouverneur je passai a Egine, et dans une con- .

versation particulière jelui représentai que la plupart des grands négociants à Syra étaient de l'opposition, et j'ajoutai qu'il fallait recommander à M. Calergis qui me remplaçait de cesser toute persécution contre les Chiotes, sinon Syra serait le

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premier pays qui se révolterait, l'opposition y étant puissamment soutenue par les étrangers eux-mêmes qui croyaient le Gouverneur partisan de la Russie, ces événements terminèrent Tannée 1828.

Quatrième assemblée nationale à Argos, ses actes, — Bataille de Pétra. — Organisation de l'Administration militaire. — Mon Commissariat extraordinaire dans la Grèce orientale.

Je vivais en simple particulier à Egine, où le gouverne ment devait siéger jusqu'au mois de juillet, lorsque se réunirait la quatrième assemblée nationale des Hellènes. Le Gouverneur ne croyant pas d'abord opportune la convocation de l'Assemblée fit tous ses efforts pour calmer ceux qui lui faisaient injustement de l'opposition, mais ce fut en vain ; il fut contraint de décréter les élections de représentants, et fixa Argos comme siège de la future Assemblée. Le Péloponèse était

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libre depuis le débarquement des Français, il en était de mOme de ia Grèce continentale ; les habitants des provinces et principalement ceux du Péloponèse étaient retournés dans leurs foyers, les abus des soldats avaient cessé, l'ordre et la sécurité étaient rétablis. Le peuple attribuait justemeut tous ces bienfaits au gouvernement et d'un commun accord, les provinces, au lieu d'élire laurs députés, envoyèrent leurs pleins pouvoirs écrits au Gouverneur lui-même, pour qu'il voulût bien les représenter ; tant étaient grandes la reconnaissance et la confiance dont jouissait cet homme vertueux parmi le peuple grec. Le Gouverneur remercia les populations et les exhorta à élire leurs représentants, afin de réglementer l'administration du pays. Les provinces se rendant aux conseils du Gouverneur, commencèrent à s'occuper des élections.

Egine était le foyer de l'opposition. Le général en chef Church, qui, malgré toutes les attentions qu'eut pour lui le Gouverneur, avait résolu de donner sa démission à l'Assemblée prochaine, y était arrivé.

M'étant entretenu avec lui, ie l'entendis

I me dire, contre mon attente, que nous combattions dans des camps entièrement opposés, parce qu'il me voyait dévoué à Capodistrias, tandis que lui, comme Anglais et membre duparti constitutionnel, ne pouvait être partisan d'un gouvernement, quidirigeaiflepayscontrairementà la constitution. Nous eûmes sur ce sujet d'amicales discussions, mais Church, qui connaissait la politique de sa nation et qui restait ferme dans ses principes, parce qu'il avait été suffisamment éclairé par ceux de l'opposition, me donna à entendre qu'il augurait mal de la nouvelle Assemblée.

Cependant, pour rendre vains les projets de l'opposition à Egine, le Gouverneur se transporta à Nauplie où, d'après son ordre, je me rendis aussi avec tous ceux qui lui étaient dévoués. De là nous passâmes à Argos, oJi affluaient déjà les députés et nos adversaires eux-mêmes.

Avant l'ouverture de l'Assemblée, il y eut réunion porticulière des députés du Pélonèse, à laquelle j'assistai comme représentant des combattants de cette province.

On tint conseil, et, il fut décidé qu'on

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